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Lindisfarne
Port et château de Lindisfarne.
Port et château de Lindisfarne.
Géographie
Pays Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Localisation Mer du Nord
Coordonnées 55° 40′ 48″ N, 1° 48′ 09″ O
Géologie Île continentale
Administration
Nation constitutive Angleterre
Démographie
Population 142 hab. (2001)
Autres informations
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Lindisfarne
Lindisfarne
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Lindisfarne
Lindisfarne
Île en Angleterre

Lindisfarne est une île située en Angleterre, sur la côte de la Northumbrie. Accessible à marée basse par une chaussée submersible, elle abrite un monastère et un château en ruines.

Histoire[modifier | modifier le code]

Manuscrit de Lindisfarne.

Le monastère de Lindisfarne est fondé en 635 par le moine irlandais Aidan, envoyé de Iona, à la demande du roi Oswald de Northumbrie. Il devient la base de la christianisation du nord de l'Angleterre et envoie également une mission couronnée de succès en Mercie avec la fondation du monastère double de Whitby. Des moines de la communauté de Iona s'établissent également sur l'île. En 664, Colman, troisième abbé de Lindisfarne, représente au concile de Whitby le parti des abbés gaels. Le saint patron de la Northumbrie, Cuthbert de Lindisfarne, a été membre puis abbé du monastère, avant de devenir évêque de Lindisfarne.

Le manuscrit enluminé connu sous le nom d'Évangiles de Lindisfarne, une copie illustrée en latin des Évangiles de Mathieu, Marc, Luc et Jean, est probablement réalisé à Lindisfarne au début du VIIIe siècle. Eadfrith, qui est ensuite devenu évêque de Lindisfarne, en est probablement l'auteur. Dans la deuxième moitié du Xe siècle, un moine nommé Aldred ajoute une glose en anglo-saxon au texte latin, produisant les plus anciennes copies en vieil anglais des Évangiles. Le manuscrit est illustré dans un style insulaire contenant un mélange d'éléments celtes, germaniques et romains. Les Évangiles de Lindisfarne se trouvent actuellement à la British Library, à Londres.

Le monastère est pillé par les Vikings le , plongeant le monde chrétien occidental dans la consternation[1]. Il s'agit d'un des premiers raids vikings relatés par la Chronique anglo-saxonne[2],[3] et cette date est souvent utilisée par les historiens pour distinguer le début de l'époque viking. La date du 8 janvier figurant dans cette chronique est toutefois improbable, les Vikings ne partant jamais en expédition en hiver. Le 8 juin serait beaucoup plus probable[4]. Cet évènement est également décrit par le moine northumbrien Alcuin dans cinq lettres qu'il envoie à diverses personnalités anglaises de l'époque, ainsi que dans son poème De clade Lindisfarnensis monasterii. Les moines fuient l'île en emportant avec eux les reliques de saint Cuthbert. Ils finissent par s'établir à Durham en 995.

Le prieuré de Lindisfarne est rétabli durant la période normande sous la forme d'un établissement bénédictin. Il est supprimé sous le règne de Henri VIII, en 1536, dans le cadre de la dissolution des monastères.

De ce monastère, serait venu saint Ivi, le saint éponyme de Saint-Ivy, en Cornouaille bretonne, de Saint-Divy dans le Léon breton, de Loguivy-Plougras, Loguivy-de-la-Mer et Loguivy-lès-Lannion dans les Côtes-d'Armor, etc.[réf. nécessaire]

Géographie[modifier | modifier le code]

Selon le recensement de 2001, 142 personnes y vivent.

Phare[modifier | modifier le code]

Trinity House exploite deux phares actifs pour aider à l'entrée du port, Guile Point East et Heugh Hill.

Article détaillé : Phares de Guile Point.

Réserve naturelle[modifier | modifier le code]

De larges parties de l'île, ainsi que toute la zone d'estran adjacente, sont protégées et forment la Réserve naturelle nationale de Lindisfarne (en), participant ainsi à la préservation des importantes populations d'oiseaux qui y passent l'hiver. Au total, près de 300 espèces d'oiseaux ont été recensées sur l'île et la réserve adjacente.

Enfin, les phoques gris sont des visiteurs fréquents à marée haute.

Lindisfarne vue de la côte.

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Cinéma et séries télévisées[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Jeux[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans sa relation des évènements, Alcuin décrit des « présages » annonçant la catastrophe dans les mois qui la précèdent, dont des « cieux enflammés couleur de sang » et des pluies noires, qu'il interprète comme un « avertissement divin » : cf. (en) Joanna Story, « The Viking Raid on Lindisfarne », sur English Heritage (consulté le 9 août 2019), et qui, aux yeux des volcanologues modernes, concorde avec les manifestations du volcanisme d'Islande : cf. Jacques-Marie Bardintzeff, Connaître et découvrir les volcans, Genève, Suisse, Liber, , 209 p. (ISBN 2-88143-117-8), p. 153-154 et (en) « Histoire éruptive » « https://volcano.si.edu/world/volcano.cfm?vnum=1703-01=&volpage=erupt »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Global Volcanism Program consulté le 29 mai 2011. Les Vikings ont pu interpréter ces mêmes signes comme fastes pour leur expédition, ou bien y être poussés par les effets d'un « hiver volcanique » sur leurs ressources : cf. (en) M. McCormick et P. Dutton, « Volcanoes and the Climate Forcing of Carolingian Europe, A.D. 750-950 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Speculum, , p. 865-895 [PDF].
  2. Cf. Lucie Malbos, « Les raids Vikings à travers le discours des moines occidentaux. De la dénonciation à l'instrumentalisation de la violence (fin VIIIe-IXe siècle) », Hypothèses, 16e série, no 1,‎ , p. 315-325 (DOI 10.3917/hyp.121.0315, lire en ligne).
  3. Cf. (en) Nick Attwood, « The Vikings are coming! », sur lindisfarne.org.uk (consulté le 9 août 2019).
  4. Régis Boyer parle d'une « erreur manifeste » de la part du rédacteur de la Chronique (Régis Boyer, Les Vikings, Paris : Pocket, 1992, p. 14).
  5. « Lindisfarne », sur Runes Éditions (consulté le 31 janvier 2019).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]