Ivan Wyschnegradsky
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Le compositeur à Paris en 1930.

Naissance
Saint-Pétersbourg, Empire russe
Décès (à 86 ans)
Paris, France
Activité principale compositeur

Ivan Wyschnegradsky[1] (en russe : Иван Александрович Вышнеградский, Ivan Aleksandrovitch Vychnegradski) est un compositeur français d'origine russe, né le à Saint-Pétersbourg et mort le à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ivan Wyschnegradsky est né à Saint-Pétersbourg le . Son père est banquier et sa mère écrit des poèmes. Son grand-père est un mathématicien célèbre qui a été ministre des finances d'Alexandre III, de 1888 à 1892. Après ses études au Premier lycée classique de Saint-Pétersbourg et son baccalauréat, Wyschnegradsky entre à la Faculté de mathématiques de l'université de Saint-Pétersbourg. Il suit les cours d'harmonie, de composition et d'orchestration (1911-1915) auprès de Nikolaï Sokolov, professeur au Conservatoire de Saint-Pétersbourg. À partir de 1912, il entre à la faculté de droit. Sa première œuvre publique Andante religioso et funèbre est créée au théâtre Pavlovsk sous la direction d'Aslanov, en présence de César Cui qui « le félicite pour sa modération ».

En 1916, il compose la Journée de Brahma, qui deviendra la Journée de l'Existence, pour récitant, grand orchestre et chœur mixte ad libitum. En 1917, à la veille de la révolution, il termine ses études de droit. En novembre, son père est arrêté. Ivan adhère à l'idéal de la révolution russe et compose l'Évangile rouge, opus 8. En 1919, il élabore son premier projet de notation des douzièmes de ton. L'année suivante, il émigre à Paris. La maison Pleyel lui fabrique un piano à transmission pneumatique qui ne le satisfait pas entièrement (1921). Il souhaite faire construire un vrai piano à quarts de ton et pense qu'il ne peut le faire qu'en Allemagne. Il commande chez Straube un harmonium, type Mœllendorf, à quarts de ton. En 1922 et 1923, il se rend à plusieurs reprises en Allemagne où il rencontre R. Stein, Aloïs Hába, J. Mager et W. Mœllendorf. L'année suivante, il se marie avec Hélène Benois[2]qui lui donne un fils, Dimitri (1924). En 1926, il divorce puis il commande un piano à quarts de ton chez Fœrster (1927). Le quatuor Vandelle crée le Prélude et fugue, opus 15. En 1929, le piano Fœrster arrive à Paris. Il rencontre Lucille Markoff (Gayden), sa future femme. Il publie le Manuel d'harmonie à quarts de ton (1932) et compose les Vingt-quatre préludes dans tous les tons de l'échelle chromatique diatonique à treize sons, pour deux pianos à quarts de ton (1934).

Le , à un concert entièrement consacré à sa musique, il rencontre Olivier Messiaen, puis plus tard Henri Dutilleux et Claude Ballif. Il enregistre le mouvement lent de la symphonie Ainsi parlait Zarathoustra pour quatre pianos à quarts de ton. En 1942, il est arrêté par les Allemands et transféré à Compiègne où il reste deux mois. Sa femme, de nationalité américaine, est arrêtée et transférée à Vittel. Le , Gisèle Peyron et Mady Sauvageot, sopranos, Lili Fabrègue, alto, Yvette Grimaud, Yvonne Loriod, Pierre Boulez et Serge Nigg, pianos donnent un concert d'œuvres de Wyschnegradsky. Atteint de tuberculose, il séjourne au sanatorium de St Martin-du-Tertre. André Souris donne en première belge, la symphonie Ainsi parlait Zarathoustra pour quatre pianos en quart de ton, (Bruxelles, ), enregistré audisque dès 1938 par Monique Haas. Pierre Boulez, Yvette Grimaud, Claude Helffer et Ina Marika donnent en création le Deuxième fragment symphonique, opus 24 (Paris, ). La Revue musicale publie un numéro spécial sur Ivan Wyschnegradsky et Nicolas Oboukhov. En 1977, Martine Joste organise un grand concert à Radio-France. Au Canada, Bruce Mather fait de même. En 1978, Alexandre Myrat, à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Radio-France, crée la Journée de l'Existence. Il est invité par le DAAD comme compositeur en résidence à Berlin. Il ne peut s'y rendre pour des raisons de santé. Radio-France lui commande un trio à cordes.

Il meurt le , à l'âge de 86 ans, et est inhumé au cimetière parisien de Bagneux (division 33).

Une « Association Ivan Wyschnegradsky » est fondée à Paris en 1983 sous la présidence de Claude Ballif.

Œuvres[modifier | modifier le code]

La Journée de l'existence, pour récitant, orchestre & chœur ad. lib., sans Op. (1916-1917, révision 1927 & 1939)
L'automne (texte de F. Nietzsche, traduit en russe), pour baryton-basse & piano, Op. 1 (1917) Ed. Belaieff.
Préludes (2), pour piano, Op. 2 (1916) Ed. Belaieff.
Le soleil décline (textes de F. Nietzsche), pour baryton-basse & piano, Op. 3 (1917-1918) Ed. Belaieff.
Le scintillement des étoiles (textes de Sophie Wyschnegradsky, mère du compositeur), pour soprano & piano, Op. 4 (1918)
Quatre fragments, pour piano (1re version), Op. 5 (1918)
L'Évangile Rouge (textes de Wassili Kniaseff), cycle pour voix & piano (1re version), Op. 8 (1918-1920)
Le mot, pour soprano & piano, Op. 36 (1953)
Prélude, pour piano, Op. 38a (1956)
Quatuor à cordes n°3, Op. 38b (1945-1958)
Étude sur le carré magique sonore, pour piano, Op. 40 (1956) Ed. Belaieff.
Prélude et danse, pour piano en tiers de ton de Julián Carrillo, Op. 48 (1966)
Quatre fragments, pour 2 pianos en quarts de ton (2e version), Op. 5 (1918)
L'Évangile Rouge, cycle pour voix & 2 pianos en quarts de ton (2e version), Op. 8 (1918-1920)
Chants sur Nietzsche (2), pour baryton & 2 pianos en quarts de ton, Op. 9 (1923)
Variations sur la note Do, pour 2 pianos en quarts de ton, Op. 10 (1918-1920)
Dithyrambe, pour 2 pianos en quarts de ton, Op. 12 (1923-1924, version révisée par Bruce Mather, 1991)
Quatuor à cordes n°1, Op. 13 (1923-1924)
Deux Chœurs (textes d'A. Pomorsky), pour chœur mixte, 4 pianos en quarts de ton & percussions, Op. 14 (1926)
Prélude et fugue sur un chant de l'Évangile rouge, pour piano en quarts de ton, version pour quatuor à cordes (perdue), Op. 15 (1927)
Prélude et danse, pour 2 pianos en quarts de ton, Op. 16 (1926)
Ainsi parlait Zarathoustra, symphonie, pour 4 pianos en quarts de ton (début d'orchestration à la Bibliothèque Nationale, Paris), Op. 17 (1929-1930, révisée 1936, Ed. L'Oiseau-Lyre)
Quatuor à cordes n°2, Op. 18 (1930-1931)
Deux Études de concert, pour 2 pianos en quarts de ton, Op. 19 (1931)
Étude en forme de scherzo, pour 2 pianos en quarts de ton, Op. 20 (1931)
Prélude et fugue, pour 2 pianos en quarts de ton, Op. 21 (1932)
Deux Pièces, pour 2 pianos en quarts de ton, sans Op. (1934)
24 Préludes dans tous les tons de l'échelle chromatique diatonisée à 13 sons, pour 2 pianos en quarts de ton, Op. 22 (1934, révision 1960) Ed. Belaieff.
Premier fragment symphonique, pour 4 pianos en quarts de ton, Op. 23a; pour orchestre, Op. 23c (1934, version d'orchestre 1967)
Deuxième fragment symphonique, pour 4 pianos en quarts de ton, timbales & percussions, Op. 24 (1937)
Poème, pour 2 pianos en quarts de ton, sans Op. (1937)
Linnite, pantomime en 1 act & 5 scènes, pour 3 voix& 4 pianos en quarts de ton, Op. 25 (1937)
À Richard Wagner, pour baryton & 2 pianos en quarts de ton, Op. 26 (1934)
Acte chorégraphique, pour baryton-basse, chœur mixte, 4 pianos en quarts de ton, percussions & instruments ad. lib. (alto, clarinette en do & balalaika), Op. 27 (1937-1940)
Cosmos, pour 4 pianos pianos en quarts de ton, Op. 28 (1939-1940) Ed. Belaieff.
Deux Chants russes, pour baryton-basse & 2 pianos en quarts de ton, Op. 29 (1940-1941)
Troisième fragment symphonique, pour 4 pianos en quarts de ton & percussions ad. lib., Op. 31 (1946)
Deux Fugues, pour 2 pianos en quarts de ton, Op. 32 (1951)
Variations sans thème et conclusion (5), pour orchestre, Op. 33 (1951-1952)
Sonate en un mouvement, pour alto & 2 pianos en quarts de ton, Op. 34 (1945-1959)
Transparence I, pour Onde Martenot & 2 pianos en quarts de ton, Op. 35 (1953)
Quatrième fragment symphonique, pour 4 Ondes Martenot & 4 pianos en quarts de ton, Op. 38c (1956)
Polyphonies spatiales, pour piano, harmonium, Onde Martenot, percussions & orchestre à cordes, Op. 39 (1956)
Études sur les densités et les volumes, pour 2 pianos en quarts de ton, Op. 39b (1956)
Dialogue à deux, pour 2 pianos en quarts de ton, Op. 41 (1958-1973)
Dialogue, pour 2 pianos en quarts de ton à 8 mains, sans Op. (1959)
Composition en quarts de ton pour quatuor à cordes, Op. 43 (1960) Ed. Belaieff.
Études sur les mouvements rotatoires, pour 2 pianos en quarts de ton à 8 mains, Op. 45a.; pour orchestre de chambre, Op. 45c (1961) Ed. Belaieff.
Composition II, pour 2 pianos en quarts de ton, Op. 46b (1960)
Transparence II, pour Onde Martenot & 2 pianos en quarts de ton, Op. 47 (1962-1963)
Intégrations, pour 2 pianos en quarts de ton, Op. 49 (1962)
L'Éternel Étranger, opéra, pour voix, chœur, 4 pianos en quarts de ton, percussions et orchestre (orchestration incomplète), Op. 50 (1940-1960)
Symphonie en un mouvement, pour orchestre, Op. 51b (1969)
Composition, pour quatuor d'Ondes Martenot, Op. 52 (non daté)
Trio à cordes, Op. 53 (1979, inachevé, complété par Claude Ballif)
Trauergesang, Epigrammen, Ein Stück, pour piano en quarts de ton, sans Op. (non datées, trouvées par M. Smolka dans les archives d'Alois Hába en 1992)
Étude ultrachromatique, pour l'orgue tricésimoprimal Fokker, Op. 42 (1959)
Prélude et fugue, pour 3 pianos en sixièmes de ton, Op. 30 (1945)
Poème, pour piano en sixièmes de ton de Julián Carrillo, Op. 44a (1958)
Études sur les mouvements rotatoires, pour 3 pianos en sixièmes de ton & orchestre, Op. 45b (1961)
Composition I, pour 3 pianos en sixièmes de ton, Op. 46a (1961)
Dialogue à trois, pour 3 pianos en sixièmes de ton, Op. 51 (1973-1974)
Méditations (2), pour 3 pianos en sixièmes de ton, sans Op. (non datée)
Arc-en-ciel, pour 6 pianos en douzièmes de ton, Op. 37 (1956)
Étude, pour piano en douzièmes de ton de Julián Carrillo, Op. 44b (1958)
Chant douloureux et étude, pour violon & piano, Op. 6 (1918) (tiers, quarts, sixièmes & huitièmes de ton dans la partie de violon)
Méditation sur deux thèmes de la Journée de l'existence, pour violoncelle & piano, Op. 7 (1918-1919) (tiers, quarts & sixièmes de ton dans la partie de violoncelle)
Chant nocturne, pour violon & 2 pianos en quarts de ton, Op. 11 (1927, révision 1971) (quarts, sixièmes & huitièmes de ton dans la partie de violon)
Œuvre sans titre, pour 3 pianos en sixièmes de ton & piano en quarts de ton, sans Op. (non datée)

Enregistrements[modifier | modifier le code]

Écrits (sélection)[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon les conventions de transcription du russe en français, l'orthographe serait Vychnegradski, forme quelquefois rencontrée, mais qui reste d'emploi peu fréquent, l'usage ayant imposé en France la transcription employée par le compositeur lui-même Wyschnegradsky.
  2. Hélène Benois, peintre

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Dictionnaire de la musique, Marc Vignal, (ISBN 2-03-575040-7), édition 2005.