Fréhel
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Fréhel par le studio Harcourt en 1941.
Biographie
Naissance
Décès
(à 59 ans)
Paris (France)
Sépulture
Nom de naissance
Marguerite Boulc'h
Surnom
Pervenche, puis Fréhel
Nationalité
Activités
Actrice, chanteuse, artiste d'enregistrementVoir et modifier les données sur Wikidata
Période d'activité
Prononciation

Marguerite Boulc'h, dite Fréhel, née à Paris le et morte dans cette même ville le , est une chanteuse française qui a marqué la période de l'entre-deux-guerres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fréhel en 1908.

Née le à Paris, au numéro 109 du boulevard Bessières[1], Marguerite Boulc'h est la fille d'un couple de Bretons originaire de Primel-Trégastel[2], hameau de la commune de Plougasnou (Finistère). Son père Yves Marie Boulc'h est un ancien cheminot devenu invalide, ayant perdu un bras, happé par une locomotive, tandis que sa mère Marie-Jeanne Daniel, concierge, se livrait accessoirement à la prostitution. À neuf ans, elle chante déjà dans des estaminets, vit avec ses parents au 14 rue Vallier (actuelle rue Louise-Michel) à Levallois-Perret et travaille pour l'entreprise de sel Cérébos, où elle fait des livraisons pour les restaurants. La jeune Marguerite grandit dans les quartiers les plus populaires de Paris. À quinze ans, elle est vendeuse de cosmétiques de porte à porte. Son travail lui permet de rencontrer la Belle Otero, artiste alors adulée, qui admire son audace et ses formes ainsi que sa voix particulière, lui propose de chanter sous le nom de « Pervenche ».

Son répertoire « réaliste » commence à la faire connaître entre 1905 et 1910.

Fréhel est la première chanteuse à graver son 78 tours en 1908 (C'est une gosse / Odéon)[3].

Le , elle épouse dans le 2e arrondissement de Paris Robert Hollard (alias Roberty), un jeune comédien amateur de music-hall qu'elle avait rencontré à la taverne de l'Olympia. Le couple donne naissance à un enfant, qui meurt en bas âge, et la jeune mère est rapidement abandonnée par son séduisant compagnon qui lui préfère Damia. Leur divorce est prononcé le . Elle noue ensuite une relation de courte durée avec Maurice Chevalier, qui décide de la quitter pour Mistinguett.

Bien qu'auréolée de succès, Fréhel (ainsi surnommée désormais en référence au cap breton du même nom) fuit une vie sentimentale désastreuse et finit par plonger dans l'alcool et la drogue. Elle quitte la France pour l'Europe de l'Est et la Turquie. On la retrouve en Russie, hôte de la duchesse Anastasia de Mecklembourg-Shwerin, cousine du tsar Nicolas II. Elle se produit également au Majestic de Bucarest, en Roumanie.

Durant la Première Guerre mondiale, Fréhel séjourne dans une ferme à Piatra-Neamt, en Roumanie. À la fin du conflit, après une tournée en Russie, l'ambassade de France s'occupera de son rapatriement, en 1923, dans un état lamentable.

Accueillie à Paris par son ex-mari Robert Hollard, l'« inoubliable inoubliée », complètement transfigurée par les excès, remonte sur les planches de l'Olympia en 1925, pour le plus grand plaisir d'un public qui ne se lasse pas de ses couplets réalistes. Son physique méconnaissable — elle s'est considérablement empâtée — lui ouvre paradoxalement les portes du cinéma. Elle tourne notamment dans Cœur de lilas en 1931, Le Roman d'un tricheur en 1936, La Maison du Maltais en 1938, interprète Où est-il donc ? dans Pépé le Moko en 1936 et La Java bleue dans Une java en 1939.

En 1932, elle se produit au cabaret Le Bosphore, rue Thérèse[4].

Le , elle épouse à Paris Georges Boettgen.

Elle se produira durant toute la Seconde Guerre mondiale et effectuera trois tournées en Allemagne. Elle avait pourtant enregistré en 1935 une chanson où elle se moquait d'Hitler : Il n’est pas distingué (p : Marc Hély – m : Paul Maye).

Après la Libération de 1944, elle est concierge d'un immeuble situé à l'angle de la rue Ballu et de la rue Blanche, dans le 9e arrondissement de Paris[5].

En 1950, Robert Giraud et Pierre Mérindol inviteront Fréhel à se produire devant le public parisien dans une ancienne salle de bal, les Escarpes, située près de la place de la Contrescarpe. Ce seront les dernières apparitions publiques de la chanteuse.

Elle ne se relèvera jamais de ses drames passés. C'est dans une chambre sordide d'un hôtel de passe, au 45 de la rue Pigalle, qu'elle meurt seule le . Une foule importante assistera à son enterrement. Elle est inhumée au cimetière parisien de Pantin (division 23)[6].

Depuis, nombre de chanteurs se réclament de son influence : Charles Trenet, Mano Solo, Jacques Higelin, Serge Gainsbourg ou Renaud.

Discographie[modifier | modifier le code]

Si tu n'étais pas là.

La discographie de Fréhel s'étend de 1908 à 1939. Elle grava son 1er disque chez Odéon en juin 1908 sous le nom de Pervenche-Fréhel. Elle ne retrouva le chemin des studios qu'en 1926, soit 18 ans après son 1er phonogramme. Elle grave dès lors chez Idéal, Inovat, Ibled, Odéon saphir, Parlophone, puis chez Polydor et Columbia Records dans les années 1930. Son dernier disque fut La Java bleue, réédité chez Columbia en 1951, année de sa disparition. Son activité cinématographique s'étale de 1931 à 1949. On l'entend une dernière fois en 1950 sur Radio-Lausanne, un disque Pyral de cette ultime intervention a été conservé.

Chansons[modifier | modifier le code]

Les dates sont données par recoupage entre plusieurs sources[7].

1908

1926

1927

1928

1929

1930

1931

1932

1933

1934

1935

1936

1938

1939

Reprises et hommages[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de Paris, V4E 7388, acte no 2388.
  2. La Chanson française et francophone, Éd. Larousse, 1999.
  3. [1]
  4. « Cabarets », L'Intransigeant,‎ , p. 7 (lire en ligne, consulté le 25 octobre 2018).
  5. Jean-Paul Rouland, La vocation du bonheur, éditions Charles Corlet, novembre 2007, (ISBN 978-2-84706-260-1), p. 61, 62 : « Je vais rester près de six mois dans cette teinturerie presqu'à l'angle de la rue Ballu(...) voilà la concierge de l'immeuble d'à côté. Vous la reconnaissez ?(...) Hé oui c'était Fréhel(...) La voir là, concierge, après avoir été une des reines de Paris me fait mal aux feux de la rampe qui brûlent en moi. »
  6. FRÉHEL (Marguerite Boulc’h : 1891-1951), par Philippe Landru, sur le site Cimetières de France et d'ailleurs.
  7. Disques
    Fréhel - La Java bleue - Ohé ! Les copains - Disques Colombia DF 2769 - Shellac 10, 78 RPM.
    CD
    Disques Chansophones - Série succès et raretés - Label : Mel.GP
    Fréhel, l'inoubliable et inoubliée :
    (1990) - Numéro 100. 1909-1930. Code barre : 3307517010025. ASIN : B000027ZJE. On peut y trouver les deux titres de 1908 qui y sont datés de 1909.
    (1991) - Numéro 105. 1927-1934. Code barre : 3307517010520. ASIN : B000027ZJ1.
    (1991) - Numéro 113. 1926-1936. Code barre : 3307517011329. ASIN : B000027ZID.
    (1999) - Numéro 125. 1933-1939. Code barre : 3307517012524. ASIN : B000027ZH3
    EPM Musique - Anthologie de la chanson française - Fréhel l'immense tragédienne. 1930-1939. Réf. R217.
    Frémeaux et associés - Fréhel. Anthologie 1930-1939. Direction artistique Eric Rémy. 2CD. Réf. FA 165.
    Sites consultés :
    Chansons françaises d'hier et d'avant-hier
    Fréhel et Yvonne George, Muses contrastées de la chanson réaliste de l'entre-deux-guerres, thèse de Doctorat soutenue le 8 septembre 2016 par Audrey Coudevylle-vue. Université de Valenciennes-Université Lille Nord de France.
  8. Encyclopédisque donne comme indication : Disque 78 tours. Août 1927 chez Idéal (8084). De Lenoir - Fréhel accompagnée par l'orchestre Julien Rousseau. Encyclopedisque - Fréhel - Comme une fleur
  9. Comme une fleur interprétée en 1929 par Mistinguett ; partition sur le site Le temps des chansons.
  10. Ce titre n'apparaît pas dans les différents disques consultés.
  11. Reprise par Renaud dans l'album de 1981 Le P'tit Bal du samedi soir et autres chansons réalistes

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Roman biographique[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]