| Vol American Airlines 77 | ||||
Le trajet du vol 77 d'après la commission d'enquête officielle. | ||||
| Caractéristiques de l'accident | ||||
|---|---|---|---|---|
| Date | 11 septembre 2001 | |||
| Type | Attentat-suicide | |||
| Causes | Détournement d'avion | |||
| Site | Pentagone | |||
| Coordonnées | 38° 52′ 16″ nord, 77° 03′ 29″ ouest | |||
| Caractéristiques de l'appareil | ||||
| Type d'appareil | Boeing 757-200 | |||
| Compagnie | American Airlines | |||
| No d'identification | N644AA | |||
| Lieu d'origine | Aéroport international de Washington-Dulles, Dulles, Virginie, États-Unis | |||
| Lieu de destination | Aéroport international de Los Angeles, Los Angeles, Californie, États-Unis | |||
| Passagers | 58 (dont 5 pirates de l'air) | |||
| Équipage | 6 | |||
| Morts | 189 (dont 125 au sol) | |||
| Blessés | 106 (au sol) | |||
| Survivants | 0 | |||
| Géolocalisation sur la carte : Washington
Géolocalisation sur la carte : États-Unis
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Le vol American Airlines 77 est un vol intérieur de passagers qui a été détourné par cinq terroristes d'Al-Qaïda dans le cadre des attentats du 11 septembre 2001. Les kamikazes font délibérément s'écraser l'avion contre le Pentagone à Washington, tuant les 59 autres personnes à bord et 125 personnes au sol. L'avion impliqué, un Boeing 757-200, faisait la liaison transcontinentale quotidienne entre les aéroports internationaux de Dulles, à Washington DC et de Los Angeles en Californie.
D'après les conclusions de l'enquête officielle, trente minutes après le décollage, les pirates entrent de force dans le poste de pilotage et maîtrisent le commandant de bord et le premier officier. Hani Hanjour, un membre d'Al-Qaida et pilote entraîné, reprend le contrôle de l'aéronef. Le vol 77 éteignit son transpondeur à 8 h 56 et disparut des écrans radars pendant 36 minutes.
L'appareil s'écrase sur le quartier général du département de la défense des États-Unis à 9 h 37, heure locales. L'impact et l'incendie qui en résulte causent l'effondrement d'une partie du bâtiment. Pendant les travaux de recherches sur le site, les travailleurs trouvent et identifient la quasi-totalité des restes des victimes et des terroristes du vol 77 ainsi que ceux des personnels du Pentagone tués dans l'attentat.
Hanjour fut le premier des terroristes à venir aux États-Unis en 1991, bien avant de se radicaliser. Après plusieurs cours de pilotage cette même année aux États-Unis à Scottsdale, il reçut sa licence de pilotage commerciale en .
| « Je n'avais pas le sentiment qu'il me détestât ou qu'il détestât les Américains. [...] Il était très gentil envers mon fils, qui avait trois ans. » |
| — Susan Khalil, qui a hébergé Hanjour lors de son séjour en Arizona à partir de 1996[trad 1] |
| « Le personnel pensait que c'était un type très sympathique... Il n'y avait aucun soupçon aussi loin que ses sentiments malsains. » |
| — Marilyn Ladner, vice-présidente de l'académie aéronautique internationale de Pan Am[trad 2] |
| « On pensait qu'il aimait les États-Unis... Je pensais qu'il donnerait sa vie pour sauver des vies, pas pour en détruire. » |
| — Abul-Rahman Hanjour, frère aîné d'Hani[trad 3] |
Il voulait devenir pilote de ligne pour Saudia mais fut recalé après une mauvaise performance à l'école civile d'aviation de Djeddah. Le frère d'Hanjour expliqua des années plus tard qu'il se radicalisa à la suite de cet épisode. Hanjour quitta de nouveau l'Arabie saoudite fin 1999, prétextant chercher du travail chez une compagnie aérienne aux Émirats arabes unis mais en réalité se rendit en Afghanistan pour s'entraîner comme combattant au service d'Al-Qaïda où il fut recruté pour former le commando d'un des avions à pirater aux États-Unis du fait de ses compétences en matière de pilotage.
Nawaf al-Hazmi et Khalid al-Mihdhar étaient tous deux des djihadistes respectés aux yeux d'Oussama ben Laden. Ils arrivèrent tous deux aux États-Unis en . Ils s'inscrivirent à une école de pilotage mais se montrèrent peu performants lors de leurs leçons et à ce moment-là Hanjour fut désigné comme le pirate-pilote.
Ils furent rejoints par Majed Moqed et Salem al-Hazmi au printemps 2001.
| « ' Nous devons en parler au Bureau. Ces gars sont vraiment mauvais. Un d'entre eux au moins possède un visa d'entrée aux États-Unis. Nous devons en parler au FBI.' Et ensuite l'officier de la CIA m'a dit : ' Non, ce n'est pas du ressort du FBI. ' » |
| — Mark Rossini, agent du FBI[trad 4],[1] |
Le vol 77 était un Boeing 757 en service depuis 1991. L'équipage était composé du commandant Charles Burlingame (diplômé de la Marine et ancien pilote de chasse), du premier officier David Charlebois et des hôtesses de l'air Michelle Heidenberg, Renee May et Jennifer Lewis ainsi que le steward Kenneth Lewis, époux de cette dernière. L'avion pouvait accueillir 188 personnes mais avec seulement 58 passagers le , il n'était même pas rempli à un tiers de sa capacité. American Airlines confirma que les mardis étaient les jours où il y avait le moins de passagers, avec le même taux de remplissage les mardis depuis trois mois pour le vol 77.
Khalid al-Mihdhar et Majed Moqed furent les premiers des terroristes à enregistrer leurs bagages à l'aéroport international de Washington-Dulles à 7 h 15. Ils se rendirent ensuite au point de contrôle à 7 h 18. Les frères al-Hazmi passèrent peu après le point de contrôle, à 7 h 29, suivis d'Hani Hanjour à 7 h 35. Hanjour, Mihdhar et Moqed furent sélectionnés par le Computer-Assisted Passenger Prescreening System mais les cinq terroristes embarquèrent finalement à bord de l'avion sans problème entre 7 h 50 et 7 h 57. Les bagages de Moqed et Salem al-Hazmi furent retenus jusqu'à ce que l'on soit assuré qu'ils aient embarqué.
À bord du vol 77, Hanjour et les frères al-Hazmi s'installèrent en première classe tandis que Moqed et Mihdhar étaient en classe économique. En dehors des cinq terroristes, il y avait parmi les passagers 26 hommes, 22 femmes et 5 enfants âgés de trois à onze ans.
John Thompson devait prendre le vol 77 pour se rendre à Los Angeles comme invité à un show télévisé et se rendre le à l'anniversaire d'un ami à Las Vegas. Cependant l'équipe du show changea ses plans au dernier moment afin qu'il voyage le même jour que le show, en l'occurrence le 12.
L'avion devait décoller à 8 h 10 mais du fait du fort trafic le , il ne reçut la clairance pour être poussé qu'à 8 h 09. L'avion décolla finalement à 8 h 20.
À ce moment-là, la Federal Aviation Administration de Boston devait faire à une situation de crise ; le vol 11 American Airlines, lui aussi à destination de Los Angeles, venait d'être détourné.
Pendant que le vol 77 grimpait paisiblement pour atteindre son altitude de croisière, les contrôleurs aériens de Boston entendirent les voix des pirates de l'air du vol 11 dans un message adressé aux passagers contenant la phrase : « Nous détenons des avions. » Mais ils n'avaient pas encore remarqué cet avertissement. Le trafic aérien suivait son cours, il n'était pas encore question d'état d'alerte.
À 8 h 40, le vol 77 entra dans l'espace aérien d'Indianapolis. L'avion atteignit à 8 h 46 son altitude de croisière. Au même moment le vol 11 percuta la tour Nord du World Trade Center à New York. Les pilotes et les passagers du vol 77, tout comme les autres appareils en l'air, n'ont pas encore été informés de ce qui semblait être un "accident aérien".
La dernière transmission radio de routine du vol 77 eut lieu à 8 h 50 min 51 s. Au même moment, les contrôleurs aériens de New York réalisèrent que le vol 175 United Airlines venait d'être détourné.
La Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis estime que le vol 77 fut détourné entre 8 h 51 et 8 h 54, une demi-heure après son décollage. À 8 h 54, l'avion commença à dévier de sa trajectoire vers Los Angeles et à 8 h 56, le transpondeur de l'avion fut coupé : l'appareil disparut alors des écrans du radar d'Indianapolis. L'avion se dirigeait vers Washington DC.
Les pilotes peuvent signaler une urgence en composant un code approprié sur le transpondeur (7500 pour un détournement d'avion, 7600 si la radio est en panne et 7700 pour toute situation de détresse), ce qui ne prend pas plus de 2 ou 3 secondes. Il faut donc supposer que le pilote, Charles Burlingame, n’a pas eu le temps de composer ce code.
Contrairement aux trois autres vols détournés, il n'y eut aucun rapport de violence envers l'équipage et les passagers ou aucune menace de bombe, et il est possible que les pilotes furent envoyés à l'arrière de l'avion avec le reste des passagers[2].
L'Indianapolis Center avertit American Airlines à 8 h 58 de la disparition de l'appareil puis prévint d'autres centres de contrôle à 9 h 00, leur demandant de regarder attentivement leurs écrans radar. À ce moment-là il n'était pas encore au courant que les vols 11 et 175 avaient été détournés. À 9 h 09, un communiqué de l'Indianapolis Center annonça que le Boeing 757 s'était probablement écrasé en Virginie occidentale.
American Airlines fut mis au courant de la disparition du vol 77 à 9 h 05, à ce moment-là les vols 11 et 175 s'étaient écrasés dans le World Trade Center. American Airlines émit l'hypothèse que le vol 77 était le second avion qui s'était écrasé sur la tour sud du World Trade Center (en fait il s'agissait du vol 175). Constatant qu'il s'agissait du deuxième incident impliquant un Boeing d'American Airlines, la compagnie ordonna à tous ses avions de ne pas décoller.
Au même moment, le vol 77 réapparut sur les écrans du radar d'Indianapolis au-dessus de la Virginie occidentale, mais les contrôleurs aériens ne le remarquèrent pas car ils pensaient qu'il se trouvait dans le Kentucky. Il entra dans le Washington Center à 9 h 10.
À 9 h 08, l'autopilote du vol 77 fut brièvement désengagé avant d'être reconnecté à 9 h 11.
Informé à 9 h 14 du détournement du vol 11 peu après son départ de Boston, l'Indianapolis Center commença à douter du crash du vol 77 et suspecta un détournement.
À 9 h 20, la FAA fut informée de la disparition du vol 77. Elle établit à 9 h 24 une ligne ouverte avec d'autres centres de contrôle pour en discuter.
À 9 h 21, la FAA demanda à la tour de contrôle Reagan de l'aéroport de Dulles de chercher un avion non identifié sur le radar primaire.
À 9 h 25, la FAA fut informée du possible détournement du vol 77.
À 9 h 29, Hani Hanjour réussit à désengager l'autopilote de l'avion. L'avion était à ce moment à 7 000 pieds.
Détecté à l'ouest de Washington par la tour Reagan à 9 h 32, l'avion se dirigeait droit sur la zone protégée incluant la Maison-Blanche, le Capitole et le Pentagone. Le contrôle aérien prévint la Présidence (en l'occurrence le vice-président Dick Cheney, George W. Bush se trouvant alors en Floride) de l'approche de cet aéronef inconnu :
| « Un avion se dirige vers vous et ne communique pas avec nous » |
| — Un des contôleurs aériens de la tour Reagan[trad 5] |
À 9 h 33, la tour de contrôle constata que le vol 77 venait de changer de direction et se rapprochait de l'Aéroport national Ronald Reagan.
| « La rapidité, la manœuvrabilité, la façon dont il tourna, nous pensions tous dans la tour, tous des contrôleurs aériens ayant de l'expérience, qu'il s'agissait d'un avion militaire. On ne vole pas ainsi avec un Boeing 757. C'est beaucoup trop dangereux. » |
| — Un des contôleurs aériens de la tour Reagan[trad 6] |
À 9 h 35, le vol 77 changea de nouveau de direction et se rapprocha du District de Columbia. Au même moment le Secret Service ordonna l'évacuation de Dick Cheney de la Maison Blanche. Il fut évacué par des agents du Secret Service dans le bunker du Presidential Emergency Operations Center (PEOC) de la Maison Blanche[3].
Les contrôleurs aériens demandèrent à Steven O'Brien, pilote d'un avion cargo C-130 Hercules non-armé de la National Guard, de suivre cet avion. Il obtempéra et leur signala qu'il s'agissait d'un Boeing 767 ou 757 d'American Airlines. O'Brien eut des difficultés à suivre le vol 77, ce dernier volant beaucoup trop vite. Il le perdit de vue avant d'apercevoir une énorme "boule de feu". Il pensa d'abord que l'avion s'était écrasé au sol. Il vit alors un trou béant dans la façade Ouest du Pentagone puis rapporta à la tour de contrôle à 9 h 38 :
| « Il semble que l'avion s'est écrasé dans le Pentagone, Monsieur. » |
| — Steven O'Brien[trad 7] |
Juste avant de s'écraser, le vol 77 a arraché avec ses ailes plusieurs lampadaires du Washington Boulevard.
Deux personnes à bord contactèrent l'extérieur par téléphone.
À 9 h 12, l'hôtesse de l'air Renee May appela ses parents pour les avertir du détournement de l'avion par six individus[a]. Elle leur demanda de prévenir American Airlines, qui était déjà au courant du détournement.
Entre 9 h 16 et 9 h 26, la journaliste Barbara Olson contacta à deux reprises son époux Theodore. Elle l'avertit que les terroristes portaient des couteaux. Elle lui dit que les pirates de l'air n'étaient pas au courant de son appel et que les pilotes étaient à l'arrière à ses côtés. Enfin elle lui rapporta que le "pilote" (probablement Hani Hanjour) avait annoncé le détournement de l'avion sur la radio de l'avion. Ted Olson lui demanda où elle se trouvait et elle lui répondit que l'avion survolait une zone résidentielle. Il l'informa ensuite des attaques contre le World Trade Center ; elle ne présenta pas de signe de panique.
Ted Olson confiera à Newsweek :
| « Barbara était calme et rassemblait des informations pour me dire que les terroristes portaient des cutters et des couteaux pour prendre les commandes de l'appareil et avaient repoussé les passagers et l'équipage à l'arrière. Elle m'a demandé : Ted, qu'est-ce que je peux faire ? Qu'est-ce que je peux dire au pilote ? Puis, sans explication, elle a coupé. » |
| — Ted Olson[trad 8] |
Pensant que le vol 11 était toujours en l'air au-dessus de Washington, le NORAD fit décoller à 9 h 30 trois chasseurs F-16 du 119th Fighter Wing du North Dakota ANG de la base aérienne de Langley, située à 210 km au sud de Washington.
Selon la Commission Kean, les trois F-16 ne furent jamais dirigés par leur base pour atteindre leur « cible », bien que le NEADS leur ait donné l'ordre de rejoindre Washington. Ils y arrivèrent à 9 h 49, douze minutes après le crash du vol 77 dans le Pentagone.
À 9 h 34, la FAA prévint le NEADS que le vol 77 était "manquant". Deux minutes plus tard, le NEADS fut informé qu'un avion non identifié se dirigeait vers Washington :
| « Laissez-moi vous dire ça. Nous l'avons cherché. Nous avons aussi perdu l'American 77... Ils ont perdu le contact. Ils ont tout perdu. Et ils ne savent pas où il est ni ce qui s'est passé. » |
| —La FAA du Washington Center, au NEADS[trad 9] |
À 9 h 37 min 46 s, le vol 77 percuta la façade ouest du Pentagone, le seul secteur du complexe qui était en rénovation, à une vitesse proche de 850 km/h. Les travaux en cours sur le point de s'achever consistaient principalement dans le renforcement de la structure de la façade (poteaux d'acier, couverture de kevlar) contre une éventuelle attaque terroriste. 188 personnes furent tuées sur le coup. Le crash créa une boule de feu, allumant un incendie qui ravage la façade ouest du bâtiment. Plus de 18 000 personnes travaillaient au Pentagone au moment du crash.
La rangée de colonnes d'acier fut détruite sur une largeur d'une dizaine de mètres à hauteur du rez-de-chaussée. Tout un ensemble de colonnes de soutien des étages en béton fut également détruit immédiatement en arrière de l'impact, mais aussi à une distance importante, sectionnées à la base, d'où l'effondrement de la section d'étages une demi-heure plus tard. À cent mètres de l'impact, exactement dans l'axe de vol, une perforation circulaire de 2,3 mètres de diamètre avait été faite par l'un des réacteurs dans le mur interne de l'anneau C du bâtiment, marqué au-dessus de l'orifice d'un important dépôt de résidus gazeux de combustion et de traces d'une onde de choc (vitres brisées).
Donald Rumsfeld, le Secrétaire à la Défense, en poste au Pentagone (mais dans l'aile Nord-Est, face au Potomac), confirma n'avoir été mis au courant des attentats contre les tours jumelles qu'à 9 h 22 — soit 36 minutes après le premier impact — et pas du tout pour ce qui est du détournement du vol 77.
Les principales chaînes télévisées furent informées peu après du crash. Elles rapportèrent par erreur qu'une voiture piégée avait également explosé. À 9 h 53, CNN confirma le crash d'un avion sur le Pentagone.
À 9 h 42, la FAA ordonna à tous les avions en vol d'atterrir sur l'aéroport le plus proche. L'espace aérien des États-Unis fut ainsi fermé jusqu'au .
À 9 h 43, la Maison-Blanche et le Capitole furent évacués et fermés.
| « Je ne veux alarmer personne, mais apparemment – je crois qu'il y a eu une explosion il y a quelques instants ici, au Pentagone. » |
| — Jim Miklaszewski, correspondant de NBC au Pentagone[trad 10] |
| « J'étais en train de couper l'herbe lorsque j'entendis un bruit incroyable. J'ai ressenti l'impact. Le sol avait été secoué et toute la zone était en feu. Je ne pensais pas qu'une telle chose puisse arriver là. » |
| — Omar Campo[trad 11] |
| « J'ai regardé à ma fenêtre et j'ai vu arriver cet avion de ligne d'American Airlines. Et j'ai pensé : ' C'est incroyable comme il vole bas. ' C'était comme un missile de croisière avec des ailes. Il s'est ensuite écrasé en plein dans le Pentagone. » |
| — Mike Walter, qui roulait sur le Washington Boulevard[trad 12] |
John Thompson ressentit également l'impact de sa maison.
Les boîtes noires du vol 77 furent retrouvées le à 3 h 40. Elles étaient endommagées par l'incendie du Pentagone. L'enregistreur phonique du cockpit était inutilisable tandis que l'enregistreur de paramètres était légèrement endommagé. Il fut utilisé lors du procès de Zacarias Moussaoui en 2006.
L'incendie consécutif à l'impact fut relativement violent mais circonscrit à la partie nord de l'aile frappée (dans le sens de l'axe de vol). À 10 h 10 puis à 10 h 50, une partie du bâtiment s'effondra à cause de l'incendie.
Les pompiers ne purent jusqu'à 13 h 00 approcher la zone d'impact en raison de son intensité[5] et il était encore actif dix-huit heures plus tard[6]. Il a été constaté que des vitres ont été liquéfiées[7] [réf. incomplète], du béton fendu[8] et qu'un camion pompier, à poste face à l'héliport au moment de l'impact, eut l'arrière partiellement fondu[9] [réf. incomplète], témoignages d'une température élevée (proche de 1 500 °C).
Pour honorer les 184 victimes, 184 bancs éclairés ont été organisés selon les âges des victimes, en commençant par Dana Falkenberg, 3 ans, à John Yamnicky Sr., 71 ans, sur un terrain paysagé de 1,93 acres (7 800 m2). Chaque banc est gravé avec le nom d'une victime.
Les bancs représentant les victimes qui étaient à l'intérieur du Pentagone sont agencés de sorte que ceux qui lisent les noms doivent faire face à la façade sud du Pentagone que l'avion a percutée.
Les bancs réservés aux victimes qui se trouvaient à bord de l'avion sont disposés de telle sorte que ceux qui lisent le nom gravé ont le regard tourné vers le ciel le long du chemin parcouru durant le vol. Un bassin peu profond éclairé dans lequel coule de l'eau est placé sous chaque banc[10]. Si plus d'un membre d'une famille est mort lors de l'attaque, les noms de famille sont répertoriés dans le bassin réfléchissant sous le banc, en plus des bancs séparés qui ont été créés pour chaque individu[11].
Un mur le long du bord du Mémorial commence à une hauteur de 3 pouces et culmine à une hauteur de 71 pouces, correspondant aux âges des victimes la plus jeune et la plus âgée de l'attaque[12]. Environ 85 érables ont été plantés sur les terrains adjacents[13].
Pour commémorer le tragique évènement, un drapeau américain est accroché sur la section du Pentagone frappé par l'avion du vol 77. La nuit, cette section du bâtiment est éclairée.
Des services commémoratifs ont lieu le de chaque année avec un service dans un auditorium du Pentagone pour les employés. Un service plus intime est tenu au mémorial pour les familles et les amis des victimes tuées au Pentagone ce jour-là.
Le vol 77 est celui sur lequel les premières théories du complot à propos des attentats du 11 septembre 2001 se sont appuyées. Ainsi Thierry Meyssan dans son livre L'Effroyable Imposture a avancé, dès , que le Pentagone n'avait pas été frappé par un avion mais par un missile. Selon lui, les dégâts de la façade prise en photo quelques minutes après le crash ne correspondent pas à ceux d'un avion de ligne.
À ceci, d'autres opposent le fait qu'une centaine de personnes témoignent et confirment avoir vu un avion de ligne percuter le Pentagone[14]. Certains confirment avoir vu les couleurs de la compagnie American Airlines sur l'avion et d'autres disent avoir identifié l'avion comme un Boeing 757[14],[15],[16]. De plus, il serait difficile d'expliquer comment cinq lampadaires situés latéralement par rapport à la trajectoire du supposé missile ont été arrachés et d'où proviennent les éléments d'avion, comme le nez, les trains d'atterrissage, des sièges et les deux boîtes noires, retrouvés à l'intérieur du bâtiment[17],[18],[19],[20]. Enfin on a pu formellement identifier par leur ADN la quasi-totalité des passagers, ainsi que des hôtesses de l'air et les pilotes[21],[22],[23]. Des effets personnels des passagers, identifiés par les familles des victimes, ont également été trouvés à l'intérieur du bâtiment[24].
Les témoignages directs et les photos montrant les débris éparpillés ne manquent pourtant pas ; par exemple, l'expert en explosions Allyn E. Kilsheimer :
| « J’ai vu les marques des ailes de l’avion sur la façade du bâtiment. J’ai ramassé des morceaux d’avion avec des identifications de la compagnie d’aviation sur eux. J’ai tenu de ma main la queue de l’avion et j’ai retrouvé la boîte noire. [...] J’ai tenu dans mes mains des morceaux des uniformes de l’équipage, avec des morceaux de corps. C’est bon, maintenant. » |
| — Allyn E. Kilsheimer[trad 13] |
Le correspondant de CNN Jamie McIntyre (en) (qui avait affirmé en direct qu’aucun débris d'avion n'était visible sur le sol autour du Pentagone, mais que les débris étaient bien visibles autour et dans le bâtiment[25]) affirme également avoir vu des morceaux de l'avion :
| « Je pouvais voir des bouts de l'avion qui s'est écrasé dans le bâtiment, de très petites parties de cet avion. » |
| — Jamie McIntyre[trad 14] |
En , Victoria Clarke, assistante de Donald Rumsfeld, fut l'une des premières personnalités à répondre aux théories du complot concernant les attentats du :
| « Il n'y a pas de question, il n'y a aucun doute sur ce qui s'est passé ce jour-là. Et je pense que c'est inacceptable que quelqu'un puisse tenter de diffuser ce genre de mythe. Je pense également que c'est inacceptable pour quiconque de donner à ce genre de personne quelque forme de publicité que ce soit.
– C'est insultant ? [lui demanda un journaliste] – C'est bien plus qu'insultant. » |
| [trad 15] |
Note : Cette liste ne comprend pas la nationalité des cinq terroristes.
| Nationalité | Passagers | Équipage | Total |
|---|---|---|---|
| 47 | 6 | 53 | |
| 2 | 0 | 2 | |
| 1 | 0 | 1 | |
| 1 | 0 | 1 | |
| 1 | 0 | 1 | |
| 1 | 0 | 1 | |
| Total | 53 | 6 | 59 |