Alexandre GuilmantFélix-Alexandre Guilmant
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Portrait d'Alexandre Guilmant. 1883

Naissance
Boulogne-sur-Mer, Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Décès (à 74 ans)
Meudon, Drapeau de la France France
Activité principale Compositeur, organiste, concertiste, professeur
Activités annexes éditeur de musique d'orgue ancienne
Éditeurs Durand (Paris), Schott (Bruxelles & Londres)
Maîtres Jacques-Nicolas Lemmens
Enseignement Schola Cantorum, Conservatoire de Paris
Ascendants Jean-Baptiste Guilmant
Photo de Guilmant au Steinway Hall en 1898 (à côté de lui, Clarence Eddy.)

Félix Alexandre Guilmant, né à Boulogne-sur-Mer le et mort à Meudon le , est un organiste, improvisateur, compositeur et professeur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Élève de son père Jean-Baptiste Guilmant (1794-1890), il prend des leçons d'harmonie auprès de Gustave Carulli à Boulogne. En 1860, il se perfectionne à Bruxelles auprès de Jacques-Nicolas Lemmens. Il devint organiste et professeur au conservatoire de sa ville natale. En 1871 il fut nommé à l'orgue de l'Église de la Sainte-Trinité, à Paris, poste qu'il occupera pendant trente ans. En 1878, il tient l'orgue du Trocadéro construit pour l'Exposition universelle. Dès lors, sa carrière de concertiste virtuose démarre : il se produit en Europe comme en Amérique et au Canada.

Il fonde en 1894 la Schola Cantorum (avec Louis-Lazare Perruchot, Charles Bordes et Vincent d'Indy), et succède à Charles-Marie Widor à la classe d'orgue du Conservatoire de Paris en 1896. Avec André Pirro, il publie une collection de partitions, les Archives des Maîtres de l’Orgue, rassemblant les compositions de nombreux auteurs classiques français (en 10 volumes, de 1897 à 1910). Il procède de la même façon pour des maîtres étrangers avec L’École classique de l’Orgue (25 volumes en tout, de 1898 à 1903).

En 1902, il démissionne de son poste à la Trinité car on avait, sans son accord, procédé à des travaux sur l'orgue Cavaillé-Coll, durant son absence pour une tournée de récitals aux États-Unis. À la suite de la recommandation de Louis Vierne, il est nommé organiste honoraire de Notre-Dame de Paris.

Parallèlement, il se consacre à la composition, et particulièrement pour son instrument. On peut citer ses Pièces dans différents styles (18 collections en tout), ses 8 Sonates, ou dans un registre plus liturgique ses Noëls op. 60, ses Soixante interludes dans la tonalité grégorienne, les 12 cahiers de L’Organiste pratique, les 10 cahiers de L’Organiste liturgiste … Ce qui laisse au total une œuvre très importante, d’autant plus qu’outre la musique pour orgue, Guilmant a composé de la musique de chambre, de la musique vocale (notamment des messes pour chœur et orgue), une symphonie cantate (Ariane), ainsi qu'une scène lyrique (Bethsabée).

Il convient de souligner que ses sonates pour orgue, bien que baptisées ainsi par son auteur, sont en réalité des symphonies pour orgue dont elles suivent la forme et la structure. Dans le domaine de l’orgue symphonique, on lui doit Légende et Final symphonique en ré mineur, opus 71 composé en 1888, et Morceau symphonique en la mineur, opus 75, composé en 1892.

Il a également transcrit pour orgue, Le Cygne, tiré du Carnaval des Animaux de Camille Saint-Saëns.

Parmi ses élèves, on peut citer Joseph Bonnet, Nadia Boulanger, Marcel Dupré, Émile Poillot et l'organiste américain William Carl.

Il est inhumé au cimetière Montparnasse, (20e division).

Son rôle dans le renouveau de la musique d’orgue à la fin du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Alexandre Guilmant représente une figure aussi importante que César Franck dans le renouveau de l’école française d’orgue, tant pour son œuvre de musicologue dans la période classique française (les Archives des Maîtres de l’orgue), que pour son travail de compositeur.

Guilmant était un travailleur infatigable. Il a écrit énormément de musique, tant pour la liturgie que pour les concerts. Il a aussi arrangé des pièces grégoriennes et des Noëls. Guilmant appelait ses grandes pièces pour orgue Sonates, et elles sont issues non tant de la tradition française que de la tradition allemande, Bach et Beethoven.

L’influence de Guilmant s’exerce encore aujourd’hui chez ses étudiants, non seulement en France mais surtout en Angleterre et en Amérique, car il avait beaucoup d’étudiants anglophones. Il est en partie responsable du fait que J. S. Bach est depuis considéré comme le compositeur fondamental pour la formation organistique.

Catalogue chronologique des pièces pour orgue et harmonium[modifier | modifier le code]

Alexandre Guilmant laisse une centaine d'œuvres.

  1. Livraison 1 : 1. Offertoire en la mineur ; 2. Impression grégorienne en fa majeur ; 3. Fughetta sur les initiales de Félix Alexandre Guilmant en fa majeur.
  2. Livraison 2 : 1. Lamento en do mineur ; 2. Deuxième marche nuptiale en fa dièse majeur ; 3. Deux interludes en mi bémol majeur et ré mineur.
  3. Livraison 3 : 1. Fugue en fa mineur ; 2. Intermezzo en la bémol majeur.
  4. Livraison 4 : 1. Élégie ; 2. Canzona alla Schola Cantorum del Seminario Vaticano en do majeur ; 3. Méditation-prière en mi mineur et majeur.
  5. Livraison 5 : 1. Troisième marche nuptiale (Sortie) en do majeur ; 2. Prélude fugué en sol majeur.
  6. Livraison 6 : 1. Communion en mi bémol majeur ; 2. Paraphrase sur un chœur de «Judas Macchabée» de Hændel en sol majeur.
  7. Livraison 7 : 1. Prélude en fa majeur ; 2. Introduction et Allegro sur une basse de F. Fenaroli en fa majeur.

Éditions historiques[modifier | modifier le code]

Archives des maîtres de l’orgue des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, publiées d’après les manuscrits et éditions authentiques avec annotations et adaptations aux orgues modernes par Alexandre Guilmant, organiste de la Trinité, professeur d’orgue au Conservatoire de Paris, avec la collaboration, pour les notices biographiques de André Pirro. (10 vol.). Paris, Durand, 1897-1910.

École Classique de l’Orgue - Morceaux d’Auteurs Célèbres / Publiés et annotés / par / Alexandre Guilmant, professeur d’Orgue au Conservatoire National de Paris. Paris, Durand, Londres et Bruxelles, Schott, 1900 et suiv. :

  1. Georg Friedrich Händel - Onze fugues (1er volume)
  2. Dietrich Buxtehude - Prélude et Fugue en sol mineur
  3. Nicolaus Bruhns - Choral
  4. Johann Gottfried Walther - Prélude et Fugue en La
  5. Johann Pachelbel - Chant de Noël (Chorals)
  6. Jan Pieterszoon Sweelinck - Fantaisie en ré mineur
  7. Girolamo Frescobaldi - Fugue en sol mineur
  8. Wilhelm Friedemann Bach - Concerto
  9. Domenico Zipoli - Canzona en sol mineur
  10. Johann Ludwig Krebs - Deux trios
  11. Georg Muffat - Toccata en Fa
  12. Johann Kaspar Kerll - Canzona en sol mineur
  13. Joseph Seeger - Fugue en fa mineur - C. Kopriwa - Fugues en La bémol et en fa mineur
  14. Samuel Scheidt - Cantilena Anglica Fortunæ
  15. Johann Ludwig Krebs - Fugue en Sol
  16. Franz Xaver Murschhauser - Praeambulum, Arpeggiata, Fuga
  17. Girolamo Frescobaldi - Quatre courantes
  18. François Roberday - Fugue en ré mineur - Bohuslav Matěj Černohorský - Fugue en ré mineur
  19. Johann Philipp Kirnberger - Deux caprices, Fugue, Choral
  20. Carl Philipp Emmanuel Bach - Fantaisie et Fugue en ut mineur
  21. Joseph Seeger - Prélude en Ré
  22. Dietrich Buxtehude - Fugue en Ut
  23. Johann Ludwig Krebs/ Johann Sebastian Bach - Prélude-Choral «Wir glauben all’ an einen Gott, Vater»
  24. Giovanni Battista Martini - Sonate en fa mineur
  25. Jean-Henry d'Anglebert - Cinq Fugues et un Quatuor
  26. Girolamo Frescobaldi - Quatre hymnes: «Iste confessor», «Lucia creator optime», «Exsultet orbis gaudiis», «Ave maris stella»

Répertoire des Concerts du Trocadéro - arrangements pour orgue seul de diverses pièces d’auteurs baroques et classiques, en 4 livraisons.

  1. G. F. Handel, Concerto pour orgue et orchestre en ré mineur, HWV 297.
  2. Padre G. –B. Martini : Gavotte en fa majeur.
  1. F. Couperin, Sœur Monique (3e Livre de clavecin).
  2. G. F. Handel, Concerto pour orgue et orchestre en ré mineur, HWV 309.
  1. J. S. Bach, Sinfonia de la Cantate BWV 29.
  2. A. Corelli, Preludio de la 9e Sonate pour violon et basse continue, Op. 5.
  3. B. Marcello, Salmo XIX, 1er mouv.
  4. J. S. Bach, Sonatina de la Cantate BWV 106.
  5. F. Couperin, Sarabande et Fuguette (Les Goûts-Réunis, 14e concert).
  1. B. Schmid, Gagliarda.
  2. G. F. Handel, Sinfonia de Saül.
  3. F. Couperin, Sarabande grave (Les Goûts-Réunis, 5e concert).
  4. J. Ph. Rameau, 3 Pièces : I. Prélude (Dardanus), II. Musette en rondeau (Les Indes Galantes), III. Air majestueux (Zoroastre).
  5. J. S. Bach, Presto (Sinfonia de la 2de partie) de la Cantate BWV 35.

Écouter une œuvre[modifier | modifier le code]

Fichier audio
Fugue alla Haendel
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Discographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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