St. James Infirmary est une chanson folk américaine d'origine inconnue, bien qu'elle soit parfois attribuée à Irving Mills (en) (sous le pseudonyme de Joe Primrose). Son enregistrement par Louis Armstrong en 1928 l'a rendue célèbre.
St. James Infirmary est basée sur une chanson folklorique traditionnelle anglaise du XVIIIe siècle, appelée The Unfortunate Rake (également connue sous le nom The Unfortunate Lad ou The Young Man Cut Down in His Prime), qui raconte l'histoire d'un soldat qui gaspille tout son argent pour se payer des prostituées, puis meurt d'une maladie vénérienne.
Il existe de très nombreuses versions des paroles de cette chanson, comme c'est souvent le cas pour les standards de folk traditionnels.
L'une des versions de St James Infirmary, chantée par Cisco Houston, Janis Joplin ou Moriarty, rapporte le récit de Big Joe McKennedy, qui, attablé dans un bar, raconte aux personnes présentes qu'il s'est rendu à l'infirmerie St. James pour voir sa femme, allongée sur une table, froide et douce - vraisemblablement morte. La chanson est toutefois ambiguë quant à cet élément : si les couplets rapportent l'histoire d'une visite de morgue puis d'un enterrement, le refrain semble être une réponse des compagnons du conteur, l'invitant à « la laisser partir » (let her go), ce à quoi il semble rétorquer « Elle peut fouiller le monde entier, elle ne trouvera jamais un autre homme comme moi » : ainsi, sa compagne n'est peut-être pas réellement morte, mais l'a tout simplement quitté. D'autres versions, comme celle de Cab Calloway, rapportent les volontés de McKennedy pour son propre enterrement.
Il existe de très nombreuses versions studio ou live de cette chanson :
La chanson est utilisée dans l'animé Metropolis. Albert Camus y fait allusion dans son roman La Peste. Jean-Paul Sartre l’évoque dans L'Âge de raison . Une version instrumentale accompagne la séquence finale du film Le Goût de la cerise d'Abbas Kiarostami, Palme d'or au Festival de Cannes 1997.En 2019, la version de Jon Batiste clôt le 8e et dernier épisode de la Saison 3 de True Detective. Une version de la chanson apparaît dans l’épisode 3 de la saison 3 de la série télévisée The Vampire Diaries, dans un flashback d’un speakeasy des années 20.