| Face A | Leave Me Alone |
|---|---|
| Face B | Human Nature |
| Sortie | |
| Enregistré |
1987 |
| Durée | 4:40 |
| Genre | Funk |
| Format | CD (pas de sortie aux États-Unis) |
| Auteur | Michael Jackson |
| Compositeur | Michael Jackson |
| Producteur |
Michael Jackson Quincy Jones |
| Label | Epic Records |
Singles de Michael Jackson
Pistes de Bad
Leave Me Alone est une chanson composée par Michael Jackson et coproduite avec Quincy Jones. Cette chanson figure sur l'album Bad sorti en 1987. Elle a été le huitième single de l'album, sorti en .
Les paroles de la chanson dénoncent l'acharnement médiatique dont le chanteur est victime depuis le milieu des années 1980 ainsi que les rumeurs à son sujet qui apparaissent fréquemment dans les tabloïds et la presse à scandale[1].
La chanson a été un succès, atteignant le Top 10 dans plusieurs pays (Espagne, Royaume-Uni, Italie, Nouvelle-Zélande). Leave Me Alone a de plus été généralement bien accueillie par la critique.
La chanson se veut une contre-attaque de Michael Jackson face aux journaux de la presse à scandale. En effet, à partir du milieu des années 1980, les tabloïds et autres journaux de la presse à scandale ont commencé à publier une multitude de fausses histoires au sujet de Jackson.
Par exemple, l'une des premières affirmait que Jackson dormait dans un caisson hyperbar pour ralentir son vieillissement. Une image de lui dans la presse le montrait effectivement couché dans un caisson hyperbar. Jackson ayant été brûlé au cuir chevelu lors du tournage d'une publicité pour Pepsi le , il s'agissait en fait d'un traitement qu'il subissait à l'hôpital car ce type de caisson permet une meilleure cicatrisation des peaux brulées.
Michael Jackson a parfois joué de son image en se créant un personnage à la fois mystérieux et fascinant dans le but de faire parler de lui. Dans ce sens, il a défini le marketing artistique moderne, grâce à des coups médiatiques et des apparitions rares mais maîtrisées[2]. S'ajoute à cela une personnalité extravagante et unique qui a construit son propre univers autour d'elle (ex : avec le ranch de Neverland[3]).
Cependant, cette stratégie de communication s'est également retournée contre Jackson. Des médias sensationnalistes et sans complaisance envers le chanteur ont fait leurs choux gras en écrivant fausses histoires et exagérations en tout genre sur ce dernier, tout cela afin d'en faire un personnage bizarre mais très vendeur. C'est ce qui est arrivé avec l'histoire du caisson hyperbar, histoire qui s'est retournée contre Jackson qui voulait au départ publier la photo pour en faire un « coup » médiatique.
Leave Me Alone fait partie du premier groupe de chanson travaillées avec Matt Forger et John Barnes au sein du studio familial d'Encino. Le morceau, qui n'est pas sélectionné pour figurer dans la tracklist originale de l'album, arrive en bonus exclusif sur l'édition CD et reste quelque temps confidentiel pour une large partie du public non encore équipée de lecteur. Si Micheal Jackson exhorte une fille dans The Way You Make Me Feel à entendre son amour, il tonitrue dans Leave Me Alone des supplications pour qu'on le laisse tranquille:
«La chanson traite d'une relation entre un garçon et une fille, mais ce que je dis vraiment s'adresse aux gens qui me dérangent.» -Micheal Jackson
Ce sont les médias qu'il interpelle ici, eux qui s'acharnent plus que jamais sur lui dans cette seconde moitié des années 1980. Il s'agit d'un règlement de compte avec la presse. Le short film tourne en dérision les rumeurs stupides qui circulent à son propos. Du caisson à oxygène dans lequel il dormirait jusqu'à une prétendue tentative d'acheter les ossements de Joseph Merrick, l'Elephant Man. Le comble du paradoxe est que nombre de ces inepties ont pour origine Frank DiLeo, son manager, qui pensait de la sorte entretenir l'omniprésence médiatique du génie musical... Certaines de ces rumeurs ont encore cours aujourd'hui. Leave Me Alone tente d'emprunter le chemin de la rationalisation.
Musicalement, le titre est un funk synthétique sur lequel Larry Williams et Greg Phillinganes s'amusent. Seuls maîtres à bord, leurs synthétiseurs dictent au morceau leurs lois purement numérique. Les riches accords poussent une réverbération des sons très intéressante que même la voix de Micheal nourrit, passée au filtre de l'écho et de sa superposition en plusieurs couches. le seul véritable instrument est la guitare de Paul Jackson Jr. qui, dans tout ce délire musical spatio-temporel, conduit le morceau avec brillance et rationalité.
Leave Me Alone connaît une sortie en single surtout en Europe, notamment au Royaume-Uni, et fait le bonheur des fans qui n'ont pas encore lâchés leur platine vinyle. L'Irlande honore le morceau d'une première place dans ses classements pendant que le Royaume-Uni, qui s'accroche encore à Belfast Child des Simple Minds, lui réserve seulement la deuxième position[4].
Michael Jackson fut une personnalité harcelée par les journalistes, d'où également une volonté de se protéger, et plus tard, de protéger ses enfants. Le travail de désinformation des médias sur Jackson sera particulièrement visible lors des affaires d'abus sexuel sur mineur de 1993 et de 2003[5], accentué par une certaine naïveté chez le chanteur. Celui-ci a ainsi pu interroger quant à sa manière de vivre, par exemple, lors du reportage de Martin Bashir Living with Michael Jackson en 2003, où Michael assumera partager sa chambre avec des enfants dans une volonté caritative, amicale, et avec l'autorisation des parents.
Outre Leave Me Alone, d'autres chansons de Michael Jackson dénonceront le système médiatique et le harcèlement qu'il subissait à cause de sa célébrité, notamment par la presse à scandale : Why You Wanna Trip On Me (1991), Scream, This Time Around et Tabloid Junkie[6] (1995), Ghosts et Is It Scary (1997), ainsi que Privacy (2001).
Durée:
4'39
Équipe:
Réalisateur: Jim Blashfield
Producteurs: Jim Blashfield, Paul Diener, Micheal Jackson, Frank DiLeo
Acteur principal: Micheal Jackson
Figurant: Bubbles
Tournage:
Lieu: Culver City, Californie
Date: janvier 1988
Genèse et réalisation:
Le réalisateur Jim Blashfield, connu pour ses univers surréalistes et sa technique d'animation d'objets, est sollicité pour mettre en scène les affreuses excentricités dont Micheal Jackson se rendait coupable au regard des médias. Si trois jours de tournage suffisent pour mettre en boîte les différentes séquences filmées de la vidéo, neuf mois de postproduction seront nécessaires pour créer l'imagerie, les dessins et les effets. Car, dans l'ombre, de petites mains s'affairent à détourer au couteau X-Acto, sr la pellicule original 35 mm, les nombreux personnages, animaux et objets qui serviront à créer les animations de l'univers riche et étrange du vidéoclip.
En 2014, Jim Blashfield détaille la postproduction:
«Micheal était vraiment très ouvert à l'idée de mettre en scène ses interventions de chirurgie plastique en faisant apparaître un nez et un scalpel; c'était juste génial.[...] Vous voulez savoir pourquoi cela a duré neuf mois?[...] Parce que chacun des éléments [qui interviennent dans le clip - paon, plante verte, théière...] est réalisé à partir d'images fixes empilées les unes sur les autres et collées sur un morceau de verre [puis photographiées pour être incrustées dans la vidéo]. Dans n'importe quelle scène, regardez combien d'objets différents se mettent en mouvement: chacun devait avoir son propre tournage. Le détourage du "splash" qu'on voit tout au long de la vidéo nous a pris un temps si considérable que nous n"en avons réalisé qu'un seul, que nous avons dupliqué.[...] Un gars ne s'est occupé que de ce "splash"; il a travaillé dessus pendant des semaines, je pense. Il était également responsable des cheveux [de Micheal].[...] Il était assis sur un grand tabouret, courbé, avec ces lunettes bizarres que les bijoutiers portent, et il découpait la pellicule millimètre par millimètre.»
Les métaphores s'enchaînent et se superposent, la séquence de danse avec le squelette d'Elephant Man restant la plus fameuse. Bubbles, le chimpanzé du chanteur, s'invite dans le clip et tournoie autour de l'avion ridicule que pilote son maître à travers un parc d'attractions dont il est à la fois le spectateur, le décor et le monstre de foire. À la fin de la vidéo, qui rend par ailleurs un fervent hommage à Elizabeth Taylor, un Micheal Jackson géant s'anime, brise la structure du parc qui l'enserre et se libère de l'emprise de ce délire savamment organisé.
Afin de rendre honneur à la qualité impressionnante de ce travail, la vidéo est incluse dans le film Moonwalker, où elle vient ponctuer les deux séquences principales[7].
Leave Me Alone, enregistrée en 1987 pendant les sessions de l'album, ne fut pas retenue pour la sortie du disque, comportant originellement 10 titres, sur l'album vinyle 33 tours et cassette audio. Ce titre ne parut que fin 1988 dans Moonwalker, un film musical et fantastique qui regroupe entre autres quelques-uns des clips les plus fameux de Michael Jackson, et en 1989 en tant que bonus sur les pressages CD de l'album. En effet, un album 33 tours vinyle ne peut contenir qu'entre 20 et 22 minutes de musique par face, et l'ajout de Leave me alone sur le support analogue était alors impossible. Les fans qui se procuraient le CD, ce nouveau support numérique révolutionnaire mais plus coûteux, pouvaient profiter de ce titre rare sur leur platine. La chanson Leave Me Alone fut par la suite intégrée à tous les pressages CD, sans que soit mentionné le terme « bonus ».
Écrit et composé par Micheal Jackson.
Musiciens:
Enregistrement:
Westlake Studios, Studio D, Los Angeles: 1985-1986
Équipe technique: