Gaston Serpette
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Portrait photographique de Serpette par Nadar.
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Gaston SerpetteVoir et modifier les données sur Wikidata
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Prix de Rome ()
Pensionnaire de la villa Médicis (d) ()
Chevalier de la Légion d'honneur‎ ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Henri Charles Antoine Gaston Serpette, né le à Nantes et mort le à Paris[1], est un compositeur, chef d'orchestre et critique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de l’industriel nantais Henri Serpette (1821-1887)[2],[3], Gaston Serpette est élève à l’externat des Enfants nantais, où il fut le condisciple de Waldeck-Rousseau, et commença par faire ses études de droit et fut reçu licencié, mais avant de se tourner, la vocation musicale étant la plus forte, vers la musique[4]. Il entre en 1868 au Conservatoire de Paris dans la classe de composition d’Ambroise Thomas et d’harmonie de Jules Duprato puis obtient, en 1871, le prix de Rome avec une cantate intitulée Jeanne d’Arc[5], sur un livret de Jules Barbier, qui est jouée à l’Opéra de Paris en novembre de la même année. Cependant, il s’intéresse déjà au genre « léger » et profite de son séjour à la villa Médicis pour composer une opérette, ce qui n’est pas « sans causer le désespoir des membres de l’Institut [des Beaux-Arts] », certains l’accusant d’avoir « mal tourné »[5].

De retour à Paris, il persiste dans cette veine et fait représenter en aux Bouffes-Parisiens (le théâtre créé par Jacques Offenbach), un opéra-bouffe en trois actes, sur un livret d'Adolphe Jaime et Jules Noriac : La Branche cassée. Adapté très librement en anglais pour l'Opéra-Comique de Londres par Richard D'Oyly Carte, elle y remporte un certain succès en , bien que le critique du Morning Post note qu'étant donné les nombreux ajouts à la partition, « à peine la moitié des numéros sont de la plume du compositeur » et que la musique, « bien que pas particulièrement originale, est au-dessus de la médiocrité ambiante et surpasse de loin ce que l'on a l'habitude d'entendre dans les opéras-bouffes[6] ». Cette pratique suscitera d'ailleurs une polémique par voie de presse en 1892 entre Serpette et le compositeur anglais Edward Solomon, ce dernier déplorant le « saccage » des partitions des opérettes françaises lors de leur adaptation en anglais. Ce à quoi Serpette, pragmatique, répond qu'étant donné la différence entre les publics français et anglais, le meilleur choix est encore de laisser les connaisseurs du West End adapter les œuvres au goût de celui-ci[7].

S'ensuivent Le Manoir de Pic-Tordu (1875), Le Moulin du Vert-Galant (1876) et La Petite Muette (1877), première œuvre du compositeur à être représentée à New York… mais seulement pour 5 représentations. La pièce connaît le même échec à Londres en raison d'un sujet défini par le journal The Era (en) comme trop scabreux pour un public anglophone[8] Le Carnet du diable (1895) fera à son tour l'objet d'un article intitulé « Indécence à Paris[9] ».

En revanche, le public parisien, extrêmement friand de ce même répertoire, assure le succès des opérettes du compositeur. Créées aux Variétés, à la Renaissance ou aux Nouveautés, elles comptent parmi leurs librettistes des dramaturges aussi respectés qu'Henri Meilhac, Eugène Leterrier, Albert Vanloo, Paul Ferrier, Robert de Flers et le jeune Georges Feydeau. De même, en Angleterre, La Demoiselle du téléphone (1896) remporte beaucoup plus de succès que les adaptations précédentes, tournant à travers le pays durant trois ans sous le titre The Telephone Girl avec une musique additionnelle de J. M. Glover (en)[10], tout comme Cuvée réservée 1810, créé sur un livret en anglais en 1903.

Malgré cela, le critique anglais Andrew Lamb estime que « Serpette était destiné à rester, avec Varney, Vasseur, Roger et Lacome, dans l'ombre de compositeurs tels que Planquette, Audran et, plus tard, Messager[11] ». Par son métier et son charisme, il est considéré comme « le plus fantaisiste des Parisiens et le plus Parisien des fantaisistes[12] ».

Il collabore également comme critique musical à différentes revues dont le Gil Blas pour lequel il couvre notamment la création du Pelléas et Mélisande de Claude Debussy en 1902.

Il est fait chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur en 1898. Après avoir travaillé comme chef d'orchestre à Londres notamment au Palace Theatre of Varieties[13], il s'installe à Alger où il a acheté des vignobles[5], mais continue à fréquenter Paris pour créer ses œuvres. Lors d’un de ses voyages en mer entre Alger et Marseille, une violente vague anormale l’ayant renversé et lui ayant cassé la jambe, il boitera pour le restant de ses jours[14].

Serpette était souffrant depuis plusieurs années, mais il continuait son œuvre grâce au ressort de sa volonté. Il venait s’applaudir du succès de Monsieur de La Palisse[15], auquel il n’était pas étranger. La veille de son anniversaire, le jeudi , vers cinq heures, Paul Ferrier, qui était son voisin, voulut lui rendre visite, et trouva la domestique en pleurs : elle avait trouvé son maitre étendu sur une chaise longue, mort subitement d’une embolie au cœur[16]. Ses obsèques célébrées à l’église de la Trinité ont rassemblé le « tout-Paris »[5]. Il est inhumé au cimetière de Sainte-Marie-sur-Mer[17],[18].

Jugements[modifier | modifier le code]

« Gaston Serpette était très aimé, non seulement à Nantes, mais à Paris et à Londres, où il faisait de longs séjours, Il était doué d’une verve extraordinaire et était célèbre par la finesse de ses réparties. »

Œuvre[modifier | modifier le code]

Opéras-bouffes, opérettes
Musique vocale (mélodies, etc.)
Musique instrumentale

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de décès 15/31, « 099D », sur Archives de Paris (consulté le 1er septembre 2020).
  2. Henri Charles René Serpette (né en 1821 à Louvencourt et mort en 1887 à Nantes) a notamment créé la savonnerie Serpette-Lorois à Rezé (Trentemoult). Voir Savonnerie de l’Atlantique, un patrimoine industriel nantais.
  3. Yves Rochcongar (préf. Jean-Pierre Machelon), Capitaines d’industrie à Nantes au XIXe siècle, Nantes, MeMo, , 335 p., 25 cm (ISBN 978-2-910391-46-1, OCLC 470250757, lire en ligne).
  4. « Mort d’un compositeur nantais », L’Ouest-Éclair : journal quotidien d’informations, politique, littéraire,‎ (lire en ligne, consulté le 12 novembre 2018).
  5. a b c et d Dominique Boulay, Musica, novembre 1904, cité sur Musica et Memoria
  6. (en) « Opera Comique », The Morning Post, 24 août 1874, p. 6.
  7. (en) « Musical Notes », The Pall Mall Gazette, 24 décembre 1892.
  8. (en) « The Drama in Paris », The Era, 14 octobre 1877, p. 13.
  9. (en) The Era, 26 octobre 1895, p. 13.
  10. « The Telephone Girl », The Era, 30 mai 1896, p. 11 ; 29 juillet 1899, p. 8.
  11. (en) Andrew Lamb, « Gaston Serpette », Grove Music Online.
  12. Albert Vanloo, Sur le plateau, souvenirs d'un librettiste, chap. 6, 1913.
  13. (en) « The Theatres », The Daily News, 28 novembre 1892 ; « Music Hall Gossip », The Era, 3 décembre 1892, p. 17.
  14. « Prix de Rome 1870-1879 : Gaton Serpette », sur Musica, (consulté le 15 novembre 2018).
  15. Opéra-bouffe de Claude Terrasse, livret de Robert de Flers et Arman de Caillavet.
  16. « Nécrologie », Le Monde artiste : théâtre, musique, beaux-arts, littérature, no 45,‎ 44e année, p. 719 (lire en ligne, consulté le 12 novembre 2018).
  17. Section E 109.
  18. « Les obsèques de M. Gaston Serpette », Le Pays de Retz, Paimbœuf, no 94,‎ , p. 2 (lire en ligne sur Gallica, consulté le 1er septembre 2020).
  19. « Le Capitole : opéra-comique en trois actes et quatre tableaux », sur Bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris (consulté le 3 mars 2018)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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