| Directeur Groupe Lagardère | |
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Jade Foret (depuis ) |
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Arnaud Lagardère, né le à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), est un chef d'entreprise français, dirigeant actuel du groupe Lagardère.
Il est le fils unique de Jean-Luc Lagardère, ancien président de Matra et Hachette, et de Corinne Levasseur. Il est gérant et associé commandité de Lagardère SCA, société holding du groupe Lagardère.
Sa fortune et celle de sa famille est estimée à 185 millions d'euros en 2020 (448e de France) par le magazine Challenges[1].
Élève au cours privé Saint-Louis de Monceau[2], titulaire d’une maîtrise d’économie appliquée[3] et du DEA politique générale et stratégie des organisations de l'université Paris-Dauphine, le fils de Jean-Luc Lagardère effectue la majeure partie de sa carrière au sein du groupe familial Lagardère. Il est nommé Administrateur (1986) puis Directeur Général (1989) de la société MMB, devenue Lagardère SCA en 1996. Il occupe alors différentes fonctions au sein du groupe, dont la présidence de Grolier Inc. aux États-Unis (1994-1998), et celle d’Europe 1 - Communication (1999-2007). En 1999, il est ainsi nommé PDG de Lagardère Media (né de la fusion de Matra et Hachette en 1992) et Directeur Général de Lagardère Active, groupe audiovisuel réunissant, entre autres, Europe 1, Virgin fm, RFM et MCM[3].
Depuis 2003, il dirige le groupe Lagardère en qualité de gérant[4] et associé commandité et recentre celui-ci dans les médias.
En 2006, il crée une nouvelle entreprise, Lagardère Sports[4], devenue Lagardère Unlimited[5] en , spécialisée dans le sport et le divertissement, avec les acquisitions successives de Sportfive, IEC in Sports, World Sport Group ou encore Best. En , Lagardère Unlimited devient Lagardère Sports and Entertainment.
Par la suite le groupe Lagardère, sous la volonté d’Arnaud Lagardère, travaille au déploiement de ses activités numériques, en particulier dans l’édition et la presse.
Au cours de sa carrière, Arnaud Lagardère est temporairement administrateur de France Télécom (2003-2008), de LVMH (2003-2009), de Fimalac (2003-2006) et membre du Conseil de surveillance du journal Le Monde (2005-2008).
Le , Arnaud Lagardère décide de prendre la présidence d’Europe 1 afin de relancer la station[6].
La transformation du groupe Lagardère, société en commandite par actions, en une société anonyme plus classique est officialisée en [7]. Lors des négociations avec les autres actionnaires, Arnaud Lagardère a obtenu d’être nommé président statutaire pendant six ans pour une rémunération de 5 à 6 millions d’euros par an auxquels s’ajoutent les dividendes afférents à sa position d’actionnaire. Il bénéficiera également après son départ d'une retraite estimée à plusieurs millions d'euros par an[8].
Arnaud Lagardère est associé-commandité et gérant de Lagardère SCA[9], dont il est seul maitre à bord par l'intermédiaire de la holding Lagardère Capital & Management et des parts de Qatar Investment Authority, fonds d'investissement lui apportant son soutien ; cette holding possède 7,33 % des parts du groupe et plus de 10 % des droits de vote (pratiquement 20 % pour Qatar Investment), ainsi que les dettes contractées par Arnaud Lagardère lors de son achat d'actions[10]. Jusqu'en , par le statut de société en commandite par actions, Arnaud Lagardère contrôlait son groupe sans qu'il ne soit nommé par les actionnaires[10]. Depuis , la société a été transformée en Société Anonyme dont Arnaud Lagardère est le président pour 6 ans avec une rémunération annuelle de 5 millions d'euros.
Il occupe aussi les fonctions suivantes : président-directeur général de Hachette SA dont le nom commercial est Lagardère Media, président exécutif de Lagardère Sports and Entertainment, président du Conseil de surveillance des sociétés Lagardère Active et Lagardère Travel Retail, administrateur de Hachette Livre (Lagardère Publishing). Arnaud Lagardère est aussi président de la Fondation Jean-Luc Lagardère.
Au titre de ses fonctions et de sa qualité d'actionnaire, ses revenus cumulés en dix ans d'activité, depuis 2009, dépassent le demi milliard d'euros[10],[n 1].
En plus de ces mandats, Arnaud Lagardère a été administrateur et président de la Société de gestion de l’aéronautique, de la défense et de l’espace (Sogeade-Gérance) de 2007 à 2013, membre du Conseil d’administration de la société EADS N.V de 2003 à 2013, et membre du Conseil stratégique des technologies de l’information de 2004 à 2007, organisme placé auprès du Premier ministre.
Les luttes internes dans la société EADS, à la suite du décès de son père, qui opposent notamment Jean-Louis Gergorin, Jean-Paul Gut, Philippe Camus, Fabrice Brégier, Noël Forgeard et lui-même, semblent avoir nui à son autorité de par son mutisme[11].
En , il apparaît aux côtés de sa compagne, le mannequin belge Jade Foret, dans une vidéo tournée à Rambouillet[12] pour l'hebdomadaire belge Le Soir Magazine. Rapidement relayé sur internet, ce document réveille également de nombreuses critiques quant aux compétences d'Arnaud Lagardère dans ses activités professionnelles[13],[14]. À la suite de la publication dans La Tribune d'un article exposant les inquiétudes des salariés du groupe Lagardère sur leur dirigeant, considérant cette « déclaration d'amour télégénique » comme « une nouvelle illustration de la désinvolture avec laquelle Arnaud Lagardère, 50 ans, conduit son groupe »[15], Arnaud Lagardère a fait savoir par communiqué de presse[16] qu'il poursuivait La Tribune pour « diffamation publique »[17].
Selon le quotidien La Tribune en 2010, Arnaud Lagardère serait depuis des années en situation financière difficile[18]. Ces difficultés expliqueraient le fait qu'il a gagé l'essentiel de ses actions dans son groupe auprès de banques pour emprunter afin de renforcer sa participation dans son groupe. Arnaud Lagardère aurait utilisé les sommes prêtées pour acheter des actions Lagardère, à une période où le cours était élevé, soit de 57,9 € à 61 € par action. Le cours de l'action s'étant effondré, la valeur des titres détenus par Arnaud Lagardère compenserait à peine les sommes empruntées auprès des banques. Ses parts (servant de garantie face aux créanciers) comme ses dettes, sont détenues par sa holding Lagardère Capital & Management (LC&M)[10]. Quelques années après, l'opacité de cette holding est reprochée par le troisième actionnaire du groupe, le fonds britannique Amber Capital qui attaque frontalement Arnaud Lagardère sur de multiples points[10].
Début 2020, le Groupe Lagardère confirme que la holding LC&M d'Arnaud Lagardère est endetté à hauteur de 164 millions d'euros en 2019[19]. Une dette divisée par trois et compensée par la solvabilité d'Arnaud Lagardère, car inférieure au montant des actions qu'il possède[20] ; il s'estime victime d'une « campagne de déstabilisation » de la part d'Amber Capital[21]. Le dirigeant assure également que son groupe n'est pas en danger[20].
La stratégie « médias » du groupe Lagardère connaît certains échecs significatifs. Jean-Luc Lagardère avait connu le cuisant échec de la chaîne La Cinq[22] survenu après l'attribution de TF1 lors de sa privatisation au groupe Bouygues ; son fils, Arnaud investit également dans la stratégie « médias » du groupe du même nom.
Arnaud Lagardère, désormais seul capitaine à bord à la suite du décès de son père, ne parvient pas à redresser la barre et à retrouver les victoires obtenues par Jean-Luc Lagardère, notamment pour Europe 1.
Les analystes du secteur financier comme la presse économique tirent un bilan négatif de la stratégie du groupe dirigé par Arnaud Lagardère[35]. Au cours de la crise financière affectant le marché publicitaire, Arnaud Lagardère attend, lui-même, un bilan significativement négatif[36].
Le , Arnaud Lagardère annonce les résultats en hausse de son groupe[37].
En , Arnaud Lagardère se sépare de nombreux titres de presse. Il revend notamment Télé 7 Jours ou ELLE au milliardaire tchèque Daniel Křetínský[38]. Il se sépare aussi progressivement de ses sites internet et vend, par exemple, boursier.com au Groupe Les Échos-Le Parisien (LVMH)[39]. Cette volonté de vendre ses titres de presse s'inscrit dans une stratégie de désengagement des médias par le groupe Lagardère Active. Entre juillet et , la branche média du groupe a représenté 196 millions d'euros, soit seulement 10 % de l'activité.
Les salariés d'Europe 1 votent une motion de défiance à son encontre en [40].
Arnaud Lagardère est intervenu à plusieurs reprises dans les médias qu'il possède.
Concernant l'indépendance des médias, il déclare : « C’est quoi l’indépendance en matière de presse ? Du pipeau. Avant de savoir s’ils sont indépendants, les journalistes feraient mieux de savoir si leur journal est pérenne »[41].
Certains journalistes, sous couvert d'anonymat, le soupçonnent d'avoir bloqué en 2007, la publication d'un article du Journal du dimanche indiquant que l'épouse du président de la République nouvellement élu, Nicolas Sarkozy, n'était pas allée voter au second tour de l'élection présidentielle[pertinence contestée][42].
En , il se plaint de la « une » du Journal du dimanche consacrée à Marine Le Pen la trouvant « trop empathique » et donne un « avertissement » au directeur du journal[43],[44].
Arnaud Lagardère cède une grande partie de ses actions EADS peu avant que l'action ne chute en bourse, à la suite de l'annonce des retards dans le programme A380. Cela lui vaut d'être auditionné par l'Autorité des marchés financiers (AMF) le , dans le cadre d'une enquête sur un possible délit d'initié[45].
Le Canard enchaîné du cite que les enquêteurs de l'AMF ont trouvé, lors d’une perquisition au siège du Groupe Lagardère, un calepin instructif dans le coffre du bureau de Raymond Lévy, président du Conseil de surveillance de Lagardère SCA. Ce calepin démontre que les déboires de l'A380 étaient connus d'Arnaud Lagardère avant la revente des actions pour 890 000 000 € de plus-values, comme le révèle le même article du Le Canard enchaîné. Ce possible délit d'initié éclaire d'un nouveau jour la phrase d'Arnaud Lagardère de : « J’ai le choix entre passer pour quelqu’un de malhonnête ou d'incompétent, qui ne sait pas ce qui s’est passé dans ses usines, j’assume cette seconde version ». Le mercredi , Le Figaro fait sa une avec l'affaire ainsi dévoilée par l'Autorité des marchés financiers.
Dans sa notification des griefs établie à la suite de ces faits, l'AMF ne formule aucun reproche : ni à l'encontre d'Arnaud Lagardère, ni à l'encontre de Lagardère SCA au sujet de l'A380 ; l'autorité clôt le dossier EADS sans aucune sanction[46],[47].
Depuis les années 2000, Nicolas Sarkozy le considère publiquement comme « un frère »[48]. Parmi le réseau de relations d'Arnaud Lagardère, on compte des personnalités appartenant au monde des entreprises ou de l'univers politique comme Henri de Castries, Martin Bouygues, Bernard Arnault, François-Henri Pinault (fils de François Pinault), Nicolas Sarkozy, Thierry Breton, Tony Blair ou Dominique Strauss-Kahn.
Époux en premières noces le de Manuela Erdödy[49], d'une vieille famille autrichienne, dont il divorce en 2010[50], après avoir eu deux fils.
Il épouse en secondes noces à Paris le [51] le mannequin belge Jade Foret[52], avec qui il a eu deux filles et un fils.