Leur père médecin, sportif (rugbyman) et mélomane, fait partie du chœur de l'Opéra de Bordeaux. Leur mère, qui leur donne leurs premières leçons, est la pianiste italienne Ada Cecchi, elle-même élève de Marguerite Long[1]. Après une formation musicale classique en piano solo dans la classe de Lucette Decaves, Katia et Marielle Labèque obtiennent chacune un premier prix du CNSM de Paris[2] en 1968.
Leur carrière internationale décolle lorsqu'elles enregistrent la version originale de Rhapsody in Blue (version écrite par George Gershwin pour deux pianos), vendue à plus d’un million d’exemplaires et premier disque d'or chez le label Philips Records en 1980.
Au-delà des concerts, de nombreuses œuvres sont écrites spécialement pour elles, comme Linea pour deux pianos et percussions de Luciano Berio, Water Dances pour deux pianos de Michael Nyman, Battlefield[26] pour deux pianos et orchestre de Richard Dubugnon, Nazareno[27] pour deux pianos, percussions et orchestre d'Osvaldo Golijov et Gonzalo Grau, The Hague Hacking[28] pour deux pianos et orchestre de Louis Andriessen, Capriccio de Philippe Boesmans, Concerto pour deux pianos[29] de Philip Glass créé a Los Angeles avec Gustavo Dudamel et l'Orchestre philharmonique de Los Angeles, Concerto pour deux pianos du guitariste Bryce Dessner (membre du groupe The National), Concerto pour deux pianos de Nico Mulhy.
Katia et Marielle enrichissent le répertoire pour deux pianos et percussions d'œuvres, comme dans les années 80 avec la première version instrumentale de West Side Story, transcrite par Irwin Kostal (l'orchestrateur de l'œuvre), ou encore avec la version pour deux pianos et percussion basques du Boléro de Ravel[30] dans les années 2010. Puis, elles créent, à la demande d’Igor Toronilalich, au King's Place de Londres en , le projet 50 Years of Minimalism[31] qui leur fait aborder un nouveau répertoire, le minimalisme, avec des œuvres de John Cage, David Chalmin, William Duckworth[32], Arvo Part, Michael Nyman, Terry Riley, Steve Reich, Howard Skempton, etc.
Puis, elles s'arrêtent d'enregistrer pendant dix ans avant de créer en 2007 leur propre label de musique classique KML Recording, basé en Italie[33]. Au-delà de leurs propres disques, elles produisent de jeunes groupes de musique et musiciens dans des domaines aussi divers que le rock expérimental (B for Bang, DimensionX, Dream House, Red Velvet) ou les musiques traditionnelles (Mayte Martin[34], Kalakan).
Elles produisent par exemple le premier disque du trio basque Kalakan[35] avec lequel elles collaborent de 2009 à 2016 et le présentent à leur amie Madonna[36] en 2011, la rencontre donnant lieu par ailleurs à la participation du trio à la tournée mondiale MDNA tour 2012.
Elles créent également en 2005 la Fondazione Katia e Marielle Labeque à Rome. Cette structure a pour but de promouvoir les rapports entre musique et image, et le soutien de groupes de musique expérimentale. Leur premier projet en 2009 soutient le jeune vidéaste Tal Rosner.
En 2012, dans une ancienne école de Rome, elles montent leur propre studio d'enregistrement, le Studio KML. Dans ce lieu de rencontre et de création de tous les musiciens de la Fondazione Katia é Marielle Labeque et du label KML Recording, le premier enregistrement réalisé est le projet Minimalist Dream House[37].
Elles signent en un nouveau contrat avec le label Deutsche Grammophon[38] pour la distribution de leur label KML Recording.
Katia Labèque a pour compagnon David Chalmin(en), compositeur, chanteur et guitariste du groupe Triple Sun et producteur. Elle a vécu avec le guitariste de jazz John Mc Laughlin et fait partie de son groupe au début des années 1980.
Marielle Labèque a épousé le chef d'orchestre Semyon Bychkov en 1999.
Les deux sœurs ont vécu longtemps ensemble. Elles s'installent à Londres en 1987 près de leur agent artistique, puis dans un palais à Florence, en 1993, et, depuis 2005, vivent à Rome dans un des palais ayant appartenu à la famille Borgia[1]. Marielle passe une grande partie de son temps sur la Côte-Basque. Le compagnon de Katia Labèque, David Chalmin a également installé son studio d'enregistrement dans la région. [39]
1985 : Bartók, Sonate pour deux piano et percussion ; Concerto pour deux pianos, percussion et orchestre - avec Sylvio Gualda et Jean-Pierre Drouet, percussion ; l'Orchestre symphonique de Birmingham, dir. Simon Rattle (, EMI) (OCLC992571048)
2008 : De fuego y de Agua : Ravel, Rapsodie espagnole ; Ma mère l'Oye ; Boléro ; Stravinsky, Concerto pour deux pianos, etc. ; Debussy, En blanc et noir ; Schubert, Fantaisie en fa mineur ; Mozart, Sonate pour deux pianos, K.448 ; Satie, Trois morceaux en forme de poire ; Trois petites pièces montées, etc. ; Joan Albert Amargós, Capricho por bulerías ; Acaríciame por dentro ; Canción de amor ; Las morillas que me enamoran, etc. ; Joaquín Rodrigo, Adela ; Pastorcito santo - avec Mayte Martín, chant (2006/, 5 CD KML Recordings 1126) (notice BnF noFRBNF42323121)