Jonas Kaufmann est un chanteur d'opéraallemand, ténor lirico-spinto, né le à Munich. Après une longue carrière en Allemagne, puis sur les scènes internationales, il s'impose comme l'un des chanteurs d'opéra les plus demandés, du fait d'un répertoire très varié, d'une grande musicalité. D'une excellente présentation et bon acteur sur scène ou en récital, il jouit d'un grand prestige auprès du public du monde entier. Il se produit surtout sur les scènes d'opéra et les salles de concert en Europe[1] mais aussi aux USA, en Chine, au Japon, en Australie[2].
Jonas Kaufmann est né à Munich en 1969 dans une famille de musiciens amateurs[3] ; atmosphère propice à la musique qui le conduit rapidement à faire partie d'une chorale d'enfants avant de se décider à embrasser la carrière de ténor.
Lors de sa scolarité secondaire, il chante dans des chœurs, parfois même en soliste. Une jeune femme, en stage de préparation au professorat de musique dans son école, le remarque. Elle lui prodigue ses premières leçons, puis l'encourage jusqu'à ce qu'il entreprenne ses études de chant à l'École supérieure de musique et de théâtre de Munich (Hochschule für Musik und Theater München), sanctionnées par le diplôme de chanteur de concert et d'opéra en 1994. En 1993, il remporte le Premier Prix de Concours Meistersinger de Nuremberg.
Il participe également aux master-classes de James King, Hans Hotter et Josef Metternich.
« Les enregistrements de ténors allemands ont été une source d'inspiration pour le jeune Jonas, et notamment ceux de Fritz Wunderlich, disparu prématurément dans un accident trois ans avant la naissance de Kaufmann. « C'était le dernier représentant de la lignée royale », déclare-t-il au sujet de l'une de ses idoles, « et peut-être pas typiquement allemand, dans la mesure où c'était toujours son cœur qui parlait à travers sa voix. » Le chant de Wunderlich a appris à Kaufmann qu'« une fois qu'on maîtrise la voix à cent pour cent, il faut alors y faire passer une telle émotion que les auditeurs seraient prêts à parier tout leur argent qu'on ressent vraiment les sentiments exprimés. Ce n'est pas quelque chose qu'on invente simplement pour impressionner le public : ça semble vrai »[4]. »
En 1994, il est engagé, pour une durée de deux ans, comme ténor au Théâtre national de la Sarre où il chante Berg, Bizet, Mozart, Offenbach, Ramírez, Strauss, Verdi. Durant ces années « de galère », pour reprendre le terme de son biographe, agent et ami, Thomas Voigt, il connait la difficile expérience du « ténor de troupe », bon à tous les rôles, qui ne peut guère imposer ses choix et rencontre sa fameuse « crise vocale » (aphone sur scène lors d'un Parsifal) qui le conduit à changer l'orientation de sa carrière et à modifier sa technique vocale.
Il choisit alors de mener une carrière indépendante. Invité par les théâtres allemands — notamment les opéras de Francfort et de Stuttgart —, et suisses (Soleure), il interprète son premier rôle sur une grande scène internationale, le au Festival de Salzbourg, dans Doktor Faust de Ferruccio Busoni.
Dès le début de sa carrière, il chante beaucoup Mozart, de Tamino dans La Flûte enchantée à Ferrando dans Così fan tutte. Peu de rôle de ténors mozartiens lui ont échappé. On peut regretter qu'il reste si peu de traces de cette période : quelques airs chantés dans son premier CD, un enregistrement de Cosi Fan Tutte issu d'une des représentations de la mise en scène de Georgio Strehler au Piccolo Teatro de Milano (1998) et un DVD de La Clémence de Titus.
C'est son succès au Met dans La Traviata en 2006, avec Angela Gheorghiu, qui est le moteur de son accession à un rang mondial et les engagements internationaux se multiplient alors. Il confirme son exceptionnel talent de chanteur et d'acteur, sa modernité alliée à un grand sens musical des nuances et du chant racé, avec une interprétation à nulle autre pareille de Don José dans Carmen (Bizet), d'abord à Londres puis à la Scala de Milan en 2009. Jonas Kaufmann devient rapidement le ténor le plus demandé au monde[11], et sa discographie explose[12].
En 2010, sa prise de rôle en Werther à Paris[13] lui vaut une consécration sans précédent[14], spécialement au sein du public français, qui l'avait assez peu remarqué jusque-là[15]. La même année, il fait également ses débuts sur la scène du Festival de Bayreuth dans le rôle-titre de Lohengrin (mise en scène de Hans Neuenfels), dont il apparaît très vite comme un interprète idéal rajeunissant l'image du ténor wagnérien.
Sa carrière se poursuit sur toutes les places d'opéra célèbres, à commencer par le Metropolitan Opera où il interprète successivement Faust de Gounod puis Siegmund dans La Walkyrie de Wagner lors de la même saison, deux productions qui donnent lieu à des sorties en DVD après des retransmissions en direct au cinéma.
Il ouvre la saison de la Scala en avec un Lohengrin[17] dirigé par Daniel Barenboïm, et fête l'année Wagner avec un Parsifal magistral au Met[18] et un disque spécialement consacré au compositeur, qui s'est vu octroyer tous les prix internationaux disponibles, notamment l'Opera Award International et le Diapason d'Or de l'année.
Depuis, il enchaîne les prises de rôles, ces derniers se faisant plus imposants mais toujours adaptés à son évolution vocale.
Pendant l'année 2013, il ajoute à son répertoire trois des rôles verdiens plus "dramatiques" : Don Carlo dans l'opéra éponyme à Munich[19], Londres puis à Salzbourg lors du festival, Manrico dans Il Trovatore et Alvaro dans La Forza del Destino. Il chante alors ses nouveaux rôles avec les plus prestigieux chefs d'orchestre, Antonio Pappano notamment et retrouve souvent des partenaires avec qui il a plaisir à chanter : Ludovic Tézier qui lui rendra hommage plusieurs fois (et réciproquement) et bien sûr, la complice de ses débuts, Anja Harteros. Il participe également au Requiem de Verdi dirigé par Daniel Barenboim à la Scala de Milan, avec Anja Harteros, Elina Garanca et René Pape, qui donne lieu à une édition DVD.
Durant l'année 2014, il reprend le rôle de Werther[20], toujours avec Sophie Koch mais dans une nouvelle production[21] au Metropolitan Opera avant d'aborder sa première véritable tournée européenne. Sa notoriété immense lui permet une expérience assez rare pour les chanteurs d'opéra : il donne successivement 10 récitals avec piano dans différentes capitales d'Europe des Winterreise (cycle de Lieder de Franz Schubert pour lesquels il a enregistré un CD) puis presque autant de concerts avec la prestigieuse formation du Kammerorchester Wien-Berlin où il chante les Lieder eines fahrenden Gesellen de Gustav Mahler. Durant l'été 2014, il retourne au Royal Opera House de Londres pour une nouvelle prise de rôle, celle de Des Grieux dans le Manon Lescaut de Puccini sous la baguette de l'un de ses chefs d'orchestre préférés, le prestigieux directeur musical du ROH, Antonio Pappano. Cette production où sa partenaire Kristine Opolais et lui font sensation, donne lieu à la sortie d'un DVD. Il doit reprendre ce rôle dans sa ville de Munich, au Bayerische Staatsoper en , cette fois avec la célèbre soprano Anna Netrebko. Mais celle-ci en désaccord avec la mise en scène, déclare forfait et c'est à nouveau Kristine Opolais qui chante avec lui.
L'année 2015 lui offre également la possibilité de nombreuses prises de rôle. Il commence par son premier Andrea Chénier (Giordano) au Royal Opéra House[22] en janvier (édité en DVD), un rôle où il excelle et qu'il a beaucoup repris depuis. Puis il enchaine avec Aida[23], à l'Académie Santa-Cecilia de Rome en version concertante, sous la direction d'Antonio Pappano, avec sa partenaire privilégiée Anja Harteros, mais aussi avec Ludovic Tézier, Erwin Schrott et Ekaterina Semenchuk, plateau vocal prestigieux et enregistrement en studio d'une intégrale avant le concert. Le CD sort chez Warner Classics en et, unanimement salué[24], rafle tous les prix. Puis il réussit le doublé « Cav/Pag » (Cavalleria rusticana et Pagliacci), double rôle[25] où il triomphe au Festival de Salzbourg à Pâques 2015 (avec à nouveau un DVD) avant de se lancer dans une tournée Opérettes, Du bist die Welt für mich où il rend hommage aux grands compositeurs et interprètes d'opérettes autrichiennes et allemandes, de Vienne à Berlin, de l'entre-deux-guerres. Le CD et le DVD qui accompagnent la tournée d'une dizaine de concerts. Il donne sa première tournée au Japon et en Corée puis donne un concert Puccini mémorable à La Scala de Milan, où il aborde son premier Nessun dorma, obtient des rappels interminables et offre de nombreux « bis », puis remplit pour trois soirs l'immense amphithéâtre en plein air des Chorégies d'Orange avec son Don José dans Carmen, avant d'aborder une nouvelle mise en scène (de son ami Claus Guth) de Fidelio au festival d'été de Salzbourg (encore un DVD), puis de reprendre le rôle de Radamès dans Aida, à la rentrée, mais cette fois dans une version scénique à Munich. Le , il donne un concert consacré au compositeur Puccini à la Scala de Milan, où il sera acclamé et bissé longuement, notamment après son premier "Nessun dorma"[26].
Mais après une tournée en Amérique Latine, marquée par son premier passage au Théâtre Colón de Buenos Aires (dont il déclare qu'elle est la salle à la meilleure acoustique au monde) et alors qu'il réalise la promotion de son nouveau CD de chansons italiennes Dolce Vita à Turin, il s'aperçoit d'un problème sur sa voix qui se révèle être un hématome sur les cordes vocales, le conduisant à annuler nombre de ses engagements de à , notamment une prise de rôle très attendue dans Les Contes d'Hoffmann à l'Opéra de Paris. Les chanteurs d'opéra ne sont que rarement à l'abri de ces problèmes qui peuvent se révéler dramatiques pour ceux ou celles qui ont trop forcé sur un instrument qui reste fragile. Jonas Kaufmann a dû annuler plusieurs fois des prestations durant ces années de très grande sollicitation et lors de cet épisode qui le contraint au repos forcé durant plus de quatre mois, beaucoup craignent un problème plus grave. Mais il n'en est rien et Jonas Kaufmann fait finalement un retour triomphal en , sur la scène de l'Opéra de Paris, dans le rôle-titre de Lohengrin (rôle de ses débuts au Festival de Bayreuth), sous la direction de Philippe Jordan, dans la mise en scène de Claus Guth, déjà donnée en à La Scala, sous la direction de Daniel Barenboim. Il décide cependant de se ménager davantage pour ne pas mettre en péril à nouveau sa voix, de moins souvent se produire sur scène et de rester, autant que faire se peut, à son port d'attache qu'est Munich.
Cela ne l'empêche pas de chanter son deuxième Andrea Chénier à Munich avec sa partenaire, Anja Harteros, avec qui la complicité est flagrante, dans une production donnée en mars-avril, puis en juillet et reprise en décembre 2017, qui donne lieu à une édition DVD en . Il reprend Andrea Chénier au Grand théâtre du Liceu de Barcelone pour sa première apparition scénique dans ce théâtre, puis à Vienne en , toujours avec Harteros. Il reprend également ce rôle du poète révolutionnaire pour trois versions concerts à Sydney et Melbourne (Australie) en , avec sa partenaire de Londres, Eva-Marie Westbroek et avec Ludovic Tézier, le grand baryton français[27].
Retour aussi à l'Opéra de Paris dans la version française de Don Carlos de Verdi en qui rassure tout le monde sur sa santé vocale. Surtout, il aborde enfin les deux rôles qui le fascinent depuis longtemps mais qui nécessitaient du temps et de la maturité : Otello, où il triomphe en à Londres, et Tristan, dont il n'a encore donné qu'une version concertante de l'acte 2 à Boston puis à New York au Carnegie Hall en . Il proposera l'acte 3 dans le même cadre en [28].
En il donne à nouveau un concert à la Scala de Milan[29] à nouveau triomphal dans le cadre d'une tournée de Lieder[30].
En , il retourne au MET après plusieurs années d'absences (certaines dues à des annulations pour problèmes de santé), dans la Fanciulla del West (Puccini) pour trois séances, accompagnant son retour d'un concert à Carnegie hall autour des airs d'opérettes allemandes et autrichiennes des années 30 qu'il a déjà enregistrées et chantées plusieurs fois en Europe. Puis il se plonge à nouveau dans le rôle d'Otello (Verdi) cette fois à Munich pour finir l'année par deux prestations au Semperoper de Dresden, dans le rôle encore inédit d'Eisenstein dans la Chauve-souris, die Fledermaus, l'opérette de Johann Strauss.
À la rentrée, en , il ouvre la saison[38] de son "port d'attache" le prestigieux Bayerische Staatsoper de Munich avec trois séance d'Otello[39] (Verdi) avant de lancer la promotion de son nouveau CD "Wien"[40] par un concert prestigieux le au Wiener Konzerthaus[41]. Le concert est filmé et sera projeté dans les cinémas du monde entier en . Il est également retransmis sur Arte Concert en et . Le "Wien-tour", véritable tournée de 10 concerts à travers l'Europe commence à Munich (Philharmonie) le et se poursuit ensuite jusqu'au 1er février à Baden Baden[42].
Reprenant la scène, à nouveau au Bayerische Staatsoper, il triomphe dans une prise de rôle très attendue, celle de "Paul" dans Die Tote Stadt de Korngold, dans la magnifique production de Simon Stone sous la direction de Kiril Petrenko avec lequel il réalise, dans une très grande complicité, une véritable performance de chanteur et d'acteur salué dans le monde entier[43]. Sa partenaire Marlis Peterson est elle aussi idéale dans le double rôle de Marie et de Mariette[44].
Après une tournée en janvier 2020 autour de son CD "Wien" et une dizaine de concerts en Europe, Jonas Kaufmann prend pour trois représentations seulement, le Fidelio mis en scène par Simon Stone au Royal Opera House de Londres sous la direction de Antonio Pappano et avec la soprano Lise Davidsen dans le rôle-titre. La crise du coronavirus stoppe net toutes les performances, les salles d'opéra ferment leurs portes depuis la mi-février 2020, Londres sera parmi les dernières capitales à observer ce véritable arrêt total.
Jonas Kaufmann donne cependant très rapidement des concerts sans public puis avec un public restreint pour observation des règles sanitaires de distance physiques imposées : au Bayerische Staatsoper avec le cycle des "Dichterliebe" de Robert Schumann, accompagné du pianiste et ami Helmut Deutsch, puis celui du "Chant d'un compagnon errant" de Gustav Mahler accompagné de l'orchestre de l'Opéra de Munich sous la direction de Kiril Petrenko, ou encore le cycle "Die Schöne Muhlerin" de Schubert pour la réouverture du Grand Théâtre de Genève. Il participe au grand gala virtuel du MET donné en avril avec une vingtaine de stars de l'opéra chantant depuis chez elle, en plein confinement, avec les moyens du bord et interprète alors Rachel, quand du seigneur extrait de la Juive d'Halevy.
Un CD d'un enregistrement studio de l'Otello de Verdi sort également en juin chez Sony, et Antonio Pappano et Jonas Kaufmann en assure la promotion par une série d'entretien filmés et diffusés. Jonas Kaufmann aura réalisé l'un de ses rêves : graver le rôle intégral de l'Everest des ténors, celui d'un maure tourmenté et grandiose qu'il incarne à présent depuis trois ans sur diverses scènes du monde entier[45].
Il ouvre également la série de récitals de grandes stars du lyrique, organisée par le MET, toujours sans public mais dans des lieux divers en rapport avec les origines du chanteur. Il donne un récital le 18 juillet dans l'Abbaye de Polling en Bavière, douze airs d'opéra avec accompagnement piano (Helmut Deutsch). L'accès à la retransmission, assurée en direct mais valable douze jours, est payante (20 dollars)[46].
Jonas Kaufmann annonce offrir 5 000 dollars pour l'aide aux jeunes artistes de son pays qui n'ont pas la chance de pouvoir se produire en ces temps très difficiles. Il fait ce don à www.saengerhilfe.de[47], officine d'entraide créée par le magazine allemand "Oper".
Lorsque les salles de concert et d'opéra rouvrent fin août, début septembre, l'épidémie est loin d'être terminée et les conditions sanitaires imposent des limites drastiques qui concernent les obligations pour les chanteurs de se faire régulièrement tester et pour les spectateurs d'observer des distanciations physiques importantes et/ou de porter un masque en permanence. Certaines salles renoncent purement et simplement à leur saison 2020-2021 comme le MET de New York.
Jonas Kaufmann bénéficie de sa notoriété et reste très mobilisé en toutes circonstances malgré les annulations de nombre de ses engagements par les salles de spectacle pour qui la quadrature du cercle d'un équilibre financier avec une jauge réduite de spectateurs imposée, devient le plus souvent un casse-tête permanent.
L'enregistrement réalisé par Jonas Kaufmann et Helmut Deutsch durant le confinement, sort début septembre :un récital de Lieder en langue allemande, qui puise dans un répertoire varié et riche que les deux compères avaient pour coutume de ci de là, de choisir pour leurs nombreux "Bis" de concert[48].
Amazon Prime Vimeo produit également en exclusivité un film tourné lui aussi chez les Kaufmann à Munich pendant le confinement, et qui trace un portrait intime de l'artiste, en famille et avec ses amis "'Ein Weltstar ganz privat".'
Côté scènes, outre de nombreux récitals dont la liste s'allonge sans cesse en fonction des possibilités qu'ont les scènes de rouvrir leurs salles au public, Jonas Kaufmann reprend la version française de Don Carlos (Verdi) au Wiener Staatsoper pour quelques séances début octobre et la Bohème au Bayerische Staatsoper de Munich, qui ont fait l'objet l'une et l'autres de captations vidéo largement diffusées.
La rentrée 2021 se fait encore sous de sombres auspices pour l'art lyrique puisque toutes les salles restent fermées entre janvier et avril, l'Espagne faisant cavalier seule et lui offrant d'ailleurs un beau récital de Lieder en janvier à Madrid, l'occasion d'une conférence de presse où il lancera un vibrant appel à la réouverture des salles, se faisant le témoin du désespoir des jeunes artistes tout particulièrement touchés par la crise[49].
Mais comme il le dit lui-même "je suis personnellement «privilégié» de pouvoir encore donner des concerts. «On est peut-être deux douzaines de chanteurs dans le monde dans cette position, à qui on va faire appel quoi qu'il arrive».
Il sera sur scène successivement dans Aida (Verdi) , nouvelle production de Lotte de Beer à l'Opéra de Paris (Bastille) aux côtés de Sondra Radvanovsky et Ludovic Tézier en février [50] puis surtout dans Parsifal (Richard Wagner) à l'Opéra d'état de Vienne le 11 avril lors d'une rerpésentation unique sans public[51], avec Elina Garança, Ludovic Tézier, Georg Zeppenfeld, sous la direction de Philippe Jordan et dans une mise en scène saluée par les critiques du dissident russe Kiril Serebrennikov, qu'il a dirigé depuis Moscou où il est assigné à résidence. Ce Parsifal a été retransmis sur la radio autrichienne, la TV autrichienne ORF, et sur ARTE concert [52]
En mai 2021, l'épidémie de coronavirus recule partout dans le monde et les salles de spectacle rouvrent les unes après les autres. Jonas Kaufmann réserve son premier concert avec public à "sa" maison d'Opéra, le Bayerische Staatsoper de Munich, le 13 mai en offrant le premier acte de la Walküre aux côtés de la Sieglinde de Lise Davidsen et du Hunding de Georg Zeppenfeld, avec l'orchestre de la BSO dirigé par Ascher Fisch. Ce concert fait l'objet d'une retransmission le soir même, disponible pendant un mois. Les critiques enthousiastes se multiplient devant la beauté et l'émotion qui se dégagent de ce retour sur scène avec public[53].
Le ténor enchaine alors les concerts et représentations d'opéra : récital de Lieder avec le piano de son vieux complice et ex-professeur Helmut Deutsch autour du CD "Selige Stunde", au Konzerthaus de Vienne le 20 mai, puis Tosca en version concertante semi-scénique au festival de pentecôte de Salzbourg le 24 mai avec Anna Netrebko, Luca Salsi, Cecilia Bartoli, sous la direction de Zubin Mehta le 24 mai. Unanimement considéré comme l'événement du retour du public, cette Tosca est couverte d'éloges et une standing ovation de plus d'un quart d'heure l'accompagne[54].
Mais c'est la préparation du Tristan und Isolde (Richard Wagner) qui débute le 29 juin à Munich pour l'ouverture du festival d'été qui retient toutes les attentions. Il est quasi-impossible d'avoir des places, l'ensemble des représentations ayant été prises d'assaut et toutes les demandes n'ayant pas pu être satisfaites. La mise en scène est assurée par Warlikovski et ce nouveau Tristan et Isole réunira pour leurs prises de rôle, un couple de chanteurs jugée très souvent comme idéale, Jonas Kaufmann et Anja Harteros sous la direction de Kiril Petrenko qui fera ses adieux au théâtre pour se consacrer ensuite à l'orchestre de la philharmonie de Berlin. La Première du 29 juin est un triomphe comme en témoignent les multiples articles soulignant la réussite, l'originalité et l'osmose entre le chef d'orchestre Kiril Petrenko, le Tristan de Jonas Kaufmann et l'Isolde de Anja Harteros.[55]
Le ténor aura d'ailleurs un programme d'été très chargé : deux Tosca au Teatro Real de Madrid et une Tosca au festival du Castel de Peralada en juillet, entre l'avant dernière et la dernière de Tristan et Isolde, qui aura lieu le 31 juillet, clôture du festival au lendemain d'un concert ouvert à tous où il se produira parmi d'autres artistes.
On l'attendra ensuite en Août pour divers concerts : Vienne, Ljubljana, arènes de Vérone en plus de deux Tosca à Graz.
Rentrée prévue ensuite le 13 septembre avec un concert à Athènes puis l'ouverture de la saison de l'Opéra de Munich avec un concert pour la Bavière le 17 septembre et trois reprises de la Forza del destino dans cette mise en scène de Kuzej qu'il est manifestement le seul ténor à l'heure actuelle à pouvoir assumer !
Tournée aux USA, puis ouverture de la saison du San Carlo de Naples avec Otello, puis reprise de tournée annulée l'an dernier autour de son CD "Noël", avant un nouveau rôle en janvier-février au Staatsoper de Vienne, avec le Peter Grimes de Benjamin Britten[56]. Tournée à nouveau, avec Diana Damrau, autour d'un nouveau CD à venir (Brahms et Schumann). Le reste est à suivre !
Parallèlement à sa carrière de chanteur d'opéra, il se produit en récitals où il est, entre autres, un chanteur de Lieder expérimenté, accompagné de son complice pianiste Helmut Deutsch. Ils ont ensemble aidé à la redécouverte de bon nombre d'œuvres de Britten, Schubert, Schumann, Richard Strauss, Liszt, entre autres. Outre les tournées où il se produit régulièrement avec un répertoire très varié de ces Lieder, il a abordé avec Diana Damrau au début de l'année 2018, une tournée d'une dizaine de concerts des Italienisches Liederbuch d'Hugo Wolf, chanté à plusieurs reprises en tournée Le Chant de la terre (Gustav Mahler) en assurant les deux voix, ainsi que deux répertoires célèbres généralement réservés aux voix de femmes : le cycle des Wesendonck Lieder (Wagner) et les Quatre derniers Lieder (Richard Strauss) soit avec un accompagnement de piano soit avec un orchestre.
Jonas Kaufmann est considéré comme l'un des plus grands ténors actuels[57] pour la diversité de ses rôles, la richesse de ses interprétations et la qualité de son jeu scénique. Sa voix est d'une très grande flexibilité, profonde et sombre, de graves dramatiques comme d'aigus très bien projetés et qui créent une intense émotion. Il est désormais l'un des plus recherchés sur les scènes internationales pour l'ensemble de ces qualités[58].
Jonas Kaufmann est un ténor dramatique : sa voix revêt la couleur (plus sombre) d'un baryton avec des aigus lumineux. On peut également le dire ténor spinto (par exemple dans ses rôles de Don José, Calaf, Manrico, Maurizio…).
Mais son expérience des rôles Mozartiens et du Lied, lui permet aussi de briller dans la plupart des rôles de ténor héroïque de Wagner ou de Strauss.
Tournée "Wien" avec Johanni van Oostrum 18.01.2020 in Nürnberg, Meistersingerhalle 22.01.2020 in Hamburg, Laeiszhalle 28.01.2020, in Düsseldorf, Tonhalle 30.01.2020, in KKL, Luzern. avec Rachel Willis-Sørensen 07.01.2020 Philharmonie im Gasteig, Munich 10.01.2020 MüPa Budapest 12.01.2020 Liederhalle, Stuttgart 15.01.2020 Philharmonie, Berlin 20.01.2020 Théâtre des Champs-Élysées, Paris 26.01.2020 Palais des Beaux Arts, Brussels 01.02.2020 Festspielhaus, Baden-Baden.
Fidelio (Beethoven) au Royal Opera House, 1er/3/6 mars 2020 - Direction Antonio Pappano, avec Lise Davidsen.
PREMIER LOCKDOWN
Concerts virtuels sans public à Munich et au MET.
RETOUR DU PUBLIC
2. Juli 2020, Liederabend, Die schöne Müllerin, Genève, Grand Théâtre[69]
Aida pour trois représentations en version concert avec Anna Pirozzi et Anita Rachvelishvili, Piazza del plébiscito, San Carlo, Naples les 25-28 et 31 juillet[70].
Met Star live in concert, 18 juillet : récital sans public avec Helmut Deutsch au piano, retransmis en direct de Polling en Bavière[71].
16. Aout 2020, Grafenegg Festival, Liederabend
19. Aout 2020, Budapest, Eröffnung des Eiffel Art Studios Parks
24.Aout 2020, Liederabend, open air, Theater im Park, Wien (am Belvedere)
26. Aout 2020, Ljubljana - Festival, Concert avec orchestre
6 septembre 2020 - "Die Schöne Mulhlerin", cycle de Lieder de Schubert, Bayerische Staatsoper (Munich), avec Helmut Deutsch
16 septembre 2020 - Arias - open air, Theater im Park, Wien (am Belvedere)
18 septembre 2020 -Concert d'une nuit d'été de l'Orchestre Philharmonique de Vienne à Schönbrunn, sous la direction de Valery Gergiev, arias sur le thème de "l'amour". Un DVD sort début octobre.[72]
du 27 septembre au 11 octobre : Don Carlos (Verdi), version française au Wiener Staatsoper.
14 Janvier : Concert de Lieder "Selige Stunde" avec Helmut Deutsch au piano, au Teatro Real de Madrid précédé d'une conférence de presse où Jonas Kaufmann lance un appel pour la réouverture des salles au public[75].
11 et 18 février : deux représentations sans public de Aida (Verdi) à l'Opéra de Paris, Jonas Kaufmann, Sondra Radvanovsky, Ludovic Tézier. Retransmission sur ARTE TV.
11 avril : représentation de Parsifal, nouvelle mise en scène de Kiril Serebrennikov, Direction musicale de Philippe Jordan, Avec Jonas Kaufmann, Elina Garança, Georg Zeppenfeld, Ludovic Tézier, Wolfgang Koch, Wiener Staatsoper. Retransmission sur ARTE
13 et 16 mai : Réouverture du Bayerische Staatsoper au public avec deux concerts "Die Walküre, acte 1" (Wagner) avec Jonas Kaufmann, Lise Davidsen et Georg Zeppenfeld[76].
20 mai : Liederabend, Wien Konzerthaus
24 mai : Tosca (version concert), Salzburg, Pfingstfestspiele, avec Anna Netrebko et Luca Salsi, direction musicale Zubin Mehta.
29 juin, 4, 8, 13 et 31 juillet, Tristan und Isolde (Wagner), direction musicale Kiril Petrenko, Mise en scène de Krzysztof Warlikowski, avec Jonas Kaufmann (Tristan), Anja Harteros (Isolde), Wolfgang Koch (Kurnewal), Okka Von der Damerau (Brangane)[77].
11 juillet ; Liederabend au Bélvédère de Vienne avec Helmut Deutsch.
Omniprésent dans le paysage musical actuel, Jonas Kaufmann est l’invité des plus grandes scènes internationales : ses performances remarquées recouvrent un répertoire vaste, de Mozart à Wagner, sans oublier Verdi, Puccini, Massenet et Berlioz[78].
Wien : airs d'opérettes et mélodies viennoises, avec la participation de Rachel Willis-Sorenson, accompagnement par le Wiener Philharmoniker sous la direction de Adam Fischer, Sony Classical, sortie en .
Otello (Verdi) : enregistrement dans les studios de Santa Cecilia à Rome, orchestre de la Santa Cecilia, direction Antonio Pappano, avec Jonas Kaufmann (Otello), Federica Lombardi (Desdemona), Carlos Alvarez (Iago) - Sortie en juin 2020 - Sony Classical[87].
Selige Stunde : album de choix de Lieder de Schubert, Beethoven, Liszt, Brahms, Chopin, Wolf, etc., accompagnement par Helmut Deutsch au piano. Sony Classical, sortie le 4 septembre 2020[88].
It's Christmas : album d'air de noël de tous les pays, CD Sony Classical, sortie novembre 2020[89].
2010, Thomas Voigt, Jonas Kaufmann, Meinen die wirklich mich?, Henschel-Verlag, Leipzig (ISBN978-3-89487-669-2).
2010, Evelyn Rillé, Johannes Ifkovits, Die Oper kocht ", Opera Rifko Verlag (ISBN978-3950295603).
2014, Karin Jacobs-Zander, Lebenslotsen - Wie Vorbilder und Werte uns leiten, Ellert und Richter Verlag (ISBN978-3-8319-0573-7).
2015, Thomas Voigt, Jonas Kaufmann Tenor Henschel Bärenreiter, Leipzig 2015 (ISBN978-3-89487-938-9).
2019, Thomas Voigt, In conversation with Jonas Kaufmann (with contributions from Placido Domingo, Antonio Pappano, Anja Harteros, Weidenfeld and Nicholson, first edition in 2017, paperbook in 2019.
Le , le site officiel de Jonas Kaufmann annonce publiquement que le couple formé avec Margarete Joswig se sépare[92]. Le ténor déclare toutefois que lui et son ex-femme restaient en bons termes. Le couple a trois enfants, une fille et deux fils.
En , le magazine Classica se fait l'écho d'une compagne : Christiane Lutz[93], assistante du metteur en scène Claus Guth.
En la presse annonce un heureux événement pour . Sur son compte Instagram le ténor publie deux annonces sous une photo de son deuxième mariage : l'année 2018 s'est achevée sans la moindre annulation et il s'est engagé pour la vie[94] :
En , Jonas Kaufmann et sa femme Christiane Lutz ont annoncé la naissance de leur fils Valentin[95].
↑(en-US) Anthony Tommasini, « Things End Badly for a Poet, but Quite Well for the Tenor », The New York Times, (ISSN0362-4331, lire en ligne, consulté le 21 janvier 2019)
↑(en-GB) Andrew Clements, « Verdi: Aida review – Pappano brings gorgeous colours and textures to a spectacular studio recording », The Guardian, (ISSN0261-3077, lire en ligne, consulté le 21 janvier 2019)
↑(en-GB) Rupert Christiansen, « La Forza del Destino, Royal Opera review: Anna Netrebko and Jonas Kaufmann are in magnificent voice », The Telegraph, (ISSN0307-1235, lire en ligne, consulté le 28 mars 2019)