João Domingos Bomtempo
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João Domingos Bomtempo en 1814 (auteur anonyme, Museu da Música, Lisbonne).

Naissance
Lisbonne, Portugal
Décès (à 66 ans)
Lisbonne, Portugal
Activité principale Pianiste et hautboïste
Activités annexes compositeur et pédagogue

João Domingos Bomtempo (Lisbonne – Lisbonne, ) est un compositeur, pianiste, pédagogue et hautboïste portugais. Il est le premier compositeur portugais à composer des symphonies et des œuvres de musique de chambre.

Biographie[modifier | modifier le code]

João Domingos Bomtempo est le sixième des dix enfants d'un musicien d'origine italienne, Francesco Saverio Bomtempo, hautboïste à l'Orchestre royal de la cour à Lisbonne et Mariana da Silva († 1838)[1]. Son père est son premier professeur. Il lui enseigne son instrument, le piano et le contrepoint. Il poursuit ses études musicales à la Fraternité Sainte-Cécile où il est petit soprano et peut-être au Séminaire patriarcal de Lisbonne[2] et en 1792, il est toujours chanteur à la chapelle royale.

Après la mort de son père le , il lui succède au poste de premier hautbois, le , avec un salaire identique. Il abandonne le poste en 1801, lorsqu'il s'installe à Paris pour s'y perfectionner. Contrairement à ses collègues musiciens contemporains, il n'a pas d'ambition pour l'opéra. À partir de 1804, il y démarre une carrière de pianiste virtuose à la Salle Olympique sous la direction de Kreuzer (concert du ). Il publie ses premières œuvres chez Leduc et sont joués son premier concerto () et sa première symphonie ( avec le troisième concerto pour piano), salués par Le publiciste, le Journal général de la France et le Courrier de l’Europe[3]. En revanche le Allgemeine musikalische Zeitung en 1810[4], critique son « jeu de bras »[1],[5]. Après son dernier concert en France, le , avec son quatrième concerto et de nouveau sa première symphonie, la presse le salue encore :

« Il suffit d'avoir entendu sa première symphonie pour le mettre déjà au rang des plus célèbres compositeurs. »

— Journal général de la France, 17 janvier 1810.

Il poursuit sa carrière à Londres, où il s'établit à l'automne la même année, en raison de la situation politique et du revers militaire au Portugal de Napoléon[3]. Il y retrouve d'autres collègues pianistes, dont John Field et Muzio Clementi rencontrés à Paris dès 1802. Ce dernier, avec lequel il se lie d'amitié, sera l'éditeur de sa musique outre-Manche[2] (une dizaine d'œuvres, dont une méthode de piano en 1816). Il lui dédie ses trois sonates opus 9[1] (1811).

En 1811, il retourne au Portugal, mais effectue plusieurs voyages à Londres (1816 et 1819) et Paris (1818–1820) — époque où il compose sa messe de requiem — avant de se fixer à Lisbonne en 1820. Il fonde en , une Société philharmonique (Sociedade Philarmónica), destinée à promouvoir la musique de son temps, tels Haydn, Mozart et Beethoven et ses propres compositions et où, lors de concerts publics, se retrouve la bonne société[1],[3]. L'activité en est troublée par la période du mouvement Vilafrancada et se poursuit irrégulièrement jusqu'à l'avènement du régime absolutiste en 1828 ; puis la société est dissoute.

Après avoir vécu cinq années au consulat de Russie sous la protection du consul, à partir de 1833 avec le retour des libéraux, il est professeur de la jeune Marie II et il est décoré de l'ordre du Christ. Le , est fondé le conservatoire de Lisbonne, sur le modèle parisien (destiné à remplacer le vieux Séminaire patriarcal créé en 1713). Il y enseigne le piano et en est le premier directeur, jusqu'à la fin de sa vie[2].

Il se marie en , avec Maria das Dores Almeida, avec qui il a un fils, Fernando Maria Bomtempo, né le et dont le roi Fernando et la reine sont parrains.

Œuvres (sélection)[modifier | modifier le code]

En tant que compositeur João Domingos Bomtempo laisse des pièces pour piano — influencées par Muzio Clementi[2] — (dont onze sonates), de la musique de chambre, des œuvres pour orchestre (dont quatre concertos pour piano imprimés et deux symphonies), ainsi que des œuvres chorales et un opéra inachevé. Son requiem dédié à la mémoire de Luís de Camões, est sans doute son œuvre maîtresse et la plus connue de ses compositions.

Certaines œuvres sont sans numéro d'opus.

Piano[modifier | modifier le code]

Les onze sonates pour piano sont composées pendant ses séjours à Paris et Londres.

Sonates

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

Bomtempo est un adepte de la formation piano et cordes et plus particulièrement pour le quintette. Il laisse onze œuvres pour cette formation, dont deux partitions inachevées.

Orchestre[modifier | modifier le code]

Avec voix[modifier | modifier le code]

Pédagogie[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (pt) « João Domingos Bomtempo (1775-1842) », sur arlindo-correia.com, .
  2. a b c et d Vignal 2005, p. 107.
  3. a b et c Grove 2001.
  4. (de) « Concert. Hr. Bomtempo… », Allgemeine musikalische Zeitung,‎ , colonne 332–333 (lire en ligne).
  5. Lire aussi en [1823] : « Dans l’ensemble, la musique de Bomtempo n'est pas, bien entendu, sans mérite, un fait également reconnu par les connaisseurs, même si ici et là cela rappelle Mozart, entre autres. ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]