Am stram gram (ou ams tram gram ou bien amstramgram) sont les premiers mots d'une comptine enfantine :
Am, stram, gram,
Pic et pic et colégram,
Bour et bour et ratatam,
Am, stram, gram.
On peut aussi la trouver sous cette forme :
Am, stram, gram,
Pic et pic et colégram,
Bour et bour et ratatam,
Am, stram, gram ; pic ! dam.
ou encore:
Am, stram, gram,
pic et pic et colégram,
Bour et bour et ratatam,
Am, stram, gram ; pic ! monsieur ; pic ! madame.
On peut aussi parfois ajouter les paroles suivantes à la fin de la comptine pour changer le processus de sélection et le faire apparaître moins déterminé.
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Cette comptine dont les mots n'ont aucun sens (ni aucune graphie exacte) en français, est la déformation phonétique d'une ancienne comptine allemande. Comme de nombreuses comptines, elle commence par l'énumération première « Un, deux, trois », soit « Eins, zwei, drei » en allemand contemporain.
La traduction de la comptine germanique donne à peu près ceci (on remarquera la ressemblance phonétique entre Reiter (cavalier en allemand) et rata dans ratatam)[1] :
Une, deux, trois,
Vole, vole, hanneton,
Cours, cours, cavalier,
Une, deux, trois.
Une autre interprétation l'apparente à la persistance d'une incantation chamanique d'origine nordique en vigueur dans les veillées funèbres chez les Francs. Elle permettrait la possession de l'officiante par l'esprit loup. Les paroles originales auraient été[2] :
Emstrang Gram Bigà bigà ic calle Gram Bure bure ic raede tan Emstrang Gram
ce qui se traduirait par :
Toujours fort Grain
Viens donc viens, j'appelle Grain,
Surviens car je mande au brin,
Toujours fort Grain.
À manger ! (Mos- incantation finale)
Le brin (tan) étant la baguette des sorts, et Grain le « Grain de la Lune », le loup céleste. À rapprocher de Ysengrin, le nom du loup dans le roman de Renart.
En 1968, la chanteuse Isabelle sort un EP se nommant Dis-moi Poupée qui contient la chanson Amstramgram, avec paroles de Jean Albertini et Johnny Rech avec l'orchestre de Jacques Denjean.
En 1987, Claudia Phillips sort une chanson nommée Quel souci Montaigne et La Boétie qui contient plusieurs fois « Am et Am et Amstramgram, pic et pic et colégram, bour et bour et ratatam, Am et Am et Amstramgram, bour et bour et ratatam ».
Mylène Farmer a fait une chanson qui s'appelle L'Âme-Stram-Gram qui reprend les lignes de cette comptine mais de manière détournée et avec une connotation psychologique, voire sexuelle : « Âme-Stram-Gram, pique, pique-moi dans l'âme ».
L'album Le Québec est mort, vive le Québec ! du groupe québécois Loco Locass comprend des variantes de cette comptine : on retrouve « Iniminimanimo » dans la chanson [Wi] puis « Amstramgram, pic et pic et colégram » dans la chanson La Trahison des Marchands.
La conteuse Dominique Gaillot-Monville crée, en 1995, la compagnie Amstramgram qui propose des spectacles de contes, des formations de conteurs et des animations pédagogiques « contes ».
En 2013, 1789 : Les Amants de la Bastille propose dans son intégrale la chanson collégiale Pic et Pic, rappelant ce célèbre air. Par ailleurs, on peut entendre lors du dernier refrain « Pic et pic et amstramgram… ».
En 2014, l'auteur anglais M.J. Arlidge publie son premier roman, Am stram gram, thriller dont les évènements ont lieu à Southampton.
En 2016, à la fin de la saison 6 et au début de la saison 7 de The Walking Dead, Negan chantonne « Eennie Meenie Miney Moe » pour décider de la mort d'un des personnages principaux de la série.
En 2017, la version anglaise d'Am, Stram, Gram est chantée sur la fin de la chanson Exit du groupe U2 lors de la tournée des trente ans de l'album The Joshua Tree.
En 2013 dans le film Gravity, Sandra Bullock récite la comptine tandis qu'elle essaie de démarrer la capsule de secours chinoise.
En 2017, dans la série espagnole La casa de papel, Berlin chante « Pito, pito, gorgorito » lorsqu'il est face à Nairobi dans l'épisode 4 de la partie 2.
En anglais, la version « Eennie Meenie Miney Moe » a pu prendre une connotation raciste après la colonisation, au XIXème siècle[4]’[5]. En effet, « tiger » a pu être remplacé par « nigger », et « holler » faisait référence à un type de chanson des esclaves des plantations.
↑Georges Ifrah, Histoire universelles des chiffres : l'intelligence des hommes racontée par les nombres et le calcul, vol. 1, Paris, France Loisir, , 1042 p. (ISBN2-7242-8461-5), p. 518