| Sortie | |
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| Enregistré |
Mars à août 1970 Studios Abbey Road, Londres |
| Durée | 52:44 |
| Genre | Rock progressif |
| Producteur | Pink Floyd |
| Label |
Harvest, EMI (UK) Harvest/Capitol (US) |
| Classement | 55e (The Billboard 200)[1] |
| Critique |
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Albums de Pink Floyd
Atom Heart Mother est le cinquième album studio du groupe rock progressif et psychédélique britannique Pink Floyd. Paru le sur le label Harvest, il se vend à plus de 350 000 exemplaires en France.
Cet album, pour certains de ses titres, est encore marqué par le côté psychédélique du groupe, mais s'inscrit résolument dans la dimension progressive du rock.
Il débute par le titre instrumental Atom Heart Mother de plus de vingt-trois minutes. On ne pouvait, à l'époque, faire de pièce de musique plus longue car la face d'un 33 tours durait difficilement plus de vingt-cinq minutes. Atom Heart Mother se distingue des productions floydiennes précédentes par une orchestration complexe et l'utilisation d'instruments classiques tel que des cuivres et des chœurs contemporains. Atom Heart Mother est l'un des très rares morceaux du groupe, à cette époque, à avoir été coécrit avec un membre extérieur, le musicien avant-gardiste Ron Geesin : c'est à lui principalement que l'on doit l'orchestration de ce mélange d'harmonies et de dissonances classiques, de chants quasi-grégoriens (John Alldis (en) Choir) voire « Carl Orffiens », et de rock.
« C'est un album moyennement enregistré mais l'idée est très intéressante, travailler avec Ron Geesin, un orchestre et le John Aldiss Choir. Roger [Waters] et moi étions assez amis avec Ron. Je pense que je l'ai rencontré par l'intermédiaire de Robert Wyatt. Ce que Ron nous a le plus appris, ce sont les techniques d'enregistrement et toutes ces astuces que l'on fait avec un rien. Nous avons appris à nous passer des « hommes en costards blancs » et faire les choses nous-mêmes à la maison, comme éditer. Ron nous a enseigné comment utiliser deux magnétophones pour créer une boucle d'écho. Cela a été très déterminant pour ce que l'on a fait plus tard. Maintenant, j'écoute cet album avec beaucoup d'émotion car la base du morceau a été faite par Roger et moi, du début à la fin, en une seule fois. Du coup, le tempo monte et descend. C'était une pièce de vingt minutes et nous étions assez contents d'elle[5]. »
— Nick Mason, Mojo Magazine, mai 1994
Cette composition qui était déjà jouée sur scène en quatuor depuis janvier 1970 sous le titre The Amazing Pudding, ne connaitra qu'une vingtaine de représentations avec orchestre, dont une en janvier 2012 au Théâtre du Châtelet sans Pink Floyd mais dirigée par Jean Jacques Justafré avec Ron Geesin au piano.
La pièce est également jouée sur scène en France, en 1972, en fond musical d'un ballet de Roland Petit, avec les membres de Pink Floyd jouant en arrière-plan des danseurs.
La seconde face de l'album comprend trois chansons et un enchevêtrement de sons et de musique instrumentale, les chansons sont de très calmes ballades chantées par chacun des trois musiciens du groupe :
« Sur l'autre face, Alan's Psychedelic Breakfast était une autre bonne idée. Les bruits de cuisinière à gaz, les crépitements, les marmites en ébullition, tout ça n'a pas vraiment marché sur le disque mais c'était très amusant à faire. Je n'ai jamais entendu Roger revendiquer ce morceau, ce qui me fait penser que ça devait être une idée de groupe[5]. »
— Nick Mason, Mojo Magazine, mai 1994
La pochette de cet album représente une vache nommée Lulubelle III, blanche avec des taches marron, vue de trois quarts arrière, la tête dirigée vers l'objectif, dans une prairie verdoyante. Le nom du groupe n'apparaît pas, ni le titre de l'album (hormis sur certaines versions). Le groupe lui ayant demandé « quelque chose de simple », Storm Thorgerson déclare avoir simplement pris sa voiture et s'être rendu à la campagne pour photographier la première chose qu'il a vue.
« À l'époque, nous pensions que Atom Heart Mother, comme Ummagumma, était une étape vers quelque chose d'autre. Maintenant, je pense que nous avancions à l'aveuglette dans le noir[5]. »
— David Gilmour, Mojo Magazine, mai 1994
Stanley Kubrick demande la permission d'utiliser l'album pour son film Orange mécanique mais Pink Floyd refuse, non sans regrets, après visionnage de l'œuvre[7].
L'album est remasterisé en 1994: l'édition contient en plus de l'album, une fiche de deux recettes de petit-déjeuner (recettes humoristiques) une en anglais "Bédouin" et une en allemand faisant référence à la piste Alan's Psychédelic Breakfast. Cette fiche de recettes n'est sortie que sur l'édition remasterisée de 1994.
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