| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture |
Ancien cimetière juif (d) |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activité | |
| Période d'activité |
Depuis |
| Père |
Johann Schnitzler (en) |
| Fratrie | |
| Enfant |
Heinrich Schnitzler (d) |
| Parentèle |
Markus Hajek (d) (beau-frère) |
| Domaine | |
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| Adjectifs dérivés |
schnitzlerien, schnitzlérien |
| Distinctions |
Prix Bauernfeld Prix Franz Grillparzer (en) () |
| Archives conservées par |
Bibliothèque nationale autrichienne (LIT 372/09: L. und A. Schnitzler / Sammlung Heinrich Schnitzler) |
La Nouvelle rêvée, La Ronde, Mademoiselle Else, Le Sous-lieutenant Gustel (d), Amourette (d) |
Arthur Schnitzler, né le à Vienne, où il meurt le , est un écrivain et médecin autrichien.
Il est l'un des auteurs les plus importants de la littérature de langue allemande de la première moitié du XXe siècle en Autriche-Hongrie.
Arthur Schnitzler naît à Leopoldstadt, 2e arrondissement de Vienne, dans une famille juive : sa mère Luise, née Markbreiter (1838–1911), est la fille d’un médecin localement réputé qui dirigeait une revue médicale et son père Johann Schnitzler (de) (1835–1893), d'origine hongroise, est un laryngologue renommé, dont la patientèle, principalement constituée de comédiens et cantatrices, donne au jeune Arthur le goût du théâtre. À treize ans, il a déjà écrit près de vingt pièces de théâtre dans différents genres mais il poursuit la vocation familiale en devenant médecin à 23 ans puis laryngologue ; son frère Julius devient chirurgien, et sa sœur Gisela épouse un médecin du nom de Markus Hajek. Seul le grand-père paternel, Josef Schnitzler « était un bon menuisier-charpentier, mais ivrogne notoire, quelque part en Hongrie »[1].
De 1879 à 1882, il étudie à la Faculté de médecine, tout en accomplissant un travail éditorial (rémunéré 20 gulden par mois) dans la revue médicale de son père[2]. En 1882-1883, il accomplit un « service militaire d'un an comme “volontaire” à Vienne (Hôpital militaire no 1) »[2]. Il obtient son doctorat de médecine en 1885. En 1886, « déclaré tuberculeux, il est envoyé à Meran » où il rencontre Olga Waissnix qui l'encourage dans ses débuts littéraires[2]. Il commence de publier dans des revues des poèmes et de brefs textes en prose[2].
Après plusieurs emplois (1887-1888) dans différents services (neurologie, psychiatrie, dermatologie et maladies vénériennes, chirurgie) et un stage de laryngoscopie à Berlin, il entre « à la Polyclinique générale comme assistant de son père » en . « Il expérimente l'hypnose »[2].
Durant son emploi comme assistant en psychiatrie (service du Professeur Meynert) en , il a rendu compte « des Leçons sur les maladies du système nerveux, de Charcot, ouvrage traduit par Sigmund Freud »[2].
À la mort de son père, qui survient le , à l'âge de cinquante-huit ans, « il quitte la Polyclinique et ouvre un cabinet médical », il achète une bicyclette qui va représenter une nouvelle liberté pour lui. Il voyage (pour des randonnées à pied ou à bicyclette) en Autriche, en Allemagne, en Suisse et Italie du Nord, souvent en compagnie d'amis comme Beer-Hofmann et Hofmannsthal[3].
Les femmes occupent une très grande place dans sa vie : Olga Waissnix (1862-1897), Marie Reinhard (1871-1899), Olga Gussmann (1882-1970) [qu'il épouse en 1903]. En 1928, à la suite d'un mariage malheureux, sa fille Lili se suicide à 18 ans à Venise. Arthur Schnitzler mourra le à Vienne d'une hémorragie cérébrale. Il est enterré au cimetière central de Vienne[4].
Arthur Schnitzler est l'auteur de pièces de théâtre, de nouvelles et de romans. Les sujets qu'il traite sont souvent sentimentaux. La complexité psychologique de ses personnages le rapproche de la psychanalyse. Freud disait d'ailleurs : « Je pense que je vous ai évité par une sorte de crainte de rencontrer mon double »[5],[6]. Parmi les premiers psychanalystes, Theodor Reik est l'auteur d'une étude en psychanalyse appliquée sur Arthur Schnitzler als Psycholog (1913).
Certaines de ses pièces et de ses nouvelles le firent avoir affaire à la censure en raison de thèmes abordés comme la sexualité, l'antisémitisme ou la critique de l'Armée (Le Sous-lieutenant Gustel). Sa pièce La Ronde (Der Reigen), écrite en 1896, déclencha un scandale à sa première représentation en 1921 à Berlin et donna lieu à un procès.
Jacques Le Rider le situe dans « le groupe Jeune Vienne » dont font également partie Hugo von Hofmannsthal et Stefan Zweig. Il estime que « l'œuvre considérable du romancier et dramaturge Arthur Schnitzler », qui « fut aussi l'auteur d'un des journaux personnels les plus considérables du XXe siècle », fut « dans toutes les phases de sa production, un moraliste sans indulgence et analyste pessimiste de la dégradation des valeurs individuelles et culturelles »[7].
Selon Isa Schwentner, professeur de germanistique à l'université de Vienne, « Arthur Schnitzler est très populaire en Autriche, car la trame historique de son œuvre s'appuie sur la monarchie des Habsbourgs et la Première République, avec des récits et des drames qui se réfèrent à l'histoire du pays »[8].
En France, l'œuvre théâtrale d'Arthur Schnitzler est moins connue — mis à part La Ronde — que les nouvelles de l'écrivain : « Sur la quarantaine de pièces qu’il a écrites, combien en connaît-on, en France ? Sur son rapport à l’écriture dramatique, à la représentation théâtrale, que sait-on ? », interroge Heinz Schwarzinger en 1989[9].
L'étude de Karl Zieger « centrée sur une première période de la réception de Schnitzler en France, de 1894 à 1938 » montre que la reconnaissance de l'auteur Arthur Schnitzler en France « ne fut pas immédiate ». C'est à partir des années 1980 que Schnitzler commence d'être abondamment traduit, estime Jacques Le Rider dans un compte-rendu de l'ouvrage de Zieger qui, selon lui, est destiné à devenir non seulement « un ouvrage de référence de la Schnitzler-Forschung [la “recherche sur Schnitzler”] », mais également un ouvrage « incontournable pour tous les travaux consacrés à l’histoire interculturelle du voisinage européen France-Autriche ». Le Rider considère que la découverte par le public français de l'importance de l'œuvre d'Arthur Schnitzler depuis les années 1980 coïncide avec celle de la « modernité viennoise », à l'occasion par exemple de l’exposition « L’Apocalypse joyeuse » du Centre Pompidou. Parmi les auteurs autrichiens les plus connus, Arthur Schnitzler ne serait plus à présent « surpassé dans la faveur du public français que par Stefan Zweig »[10].
Les œuvres de Schnitzler ont fait l'objet de plusieurs adaptations, principalement cinématographiques :
L'adjectif associé à son œuvre et à sa pensée est « schnitzlerien » ou « schnitzlérien ».
Arthur Schnitzler est le grand-père de l'écologiste et du violoniste Michael Schnitzler.
« Une question me tourmente : pourquoi, en vérité, durant toutes ces années, n’ai-je jamais cherché à vous fréquenter et à avoir avec vous une véritable conversation ? [...] La réponse à cette question implique un aveu qui me semble trop intime. Je pense que je vous ai évité par une sorte de crainte de rencontrer mon double. »