Robert Devereux

Roberto Devereux
Robert Devereux
Description de cette image, également commentée ci-après
Genre Tragédie lyrique
Nbre d'actes 3
Musique Gaetano Donizetti
Livret Salvatore Cammarano
Langue
originale
italien
Sources
littéraires
Élisabeth d'Angleterre (1829),
tragédie de Jacques-François Ancelot
Durée (approx.) 128 min.
Dates de
composition
1837
Création
Teatro San Carlo, Naples
Création
française

Théâtre italien de Paris

Personnages

  • Elisabetta, Regina d'Inghilterra (soprano)
  • Lord Duca di Nottingham (baryton)
  • Sara, duchessa di Nottingham (mezzo-soprano)
  • Roberto Devereux, conte di Essex (ténor)
  • Lord Cecil (ténor)
  • Sir Gualtiero Raleigh (basse)
  • Un paggio (contralto)
  • Un familiare di Nottingham (basse)

Airs

  • « All' afflitto è dolce il piante » (Sara) – Acte I, 1er tableau
  • « L'amor suo mi fe 'beata » (Elisabetta) – Acte I, 1er tableau
  • « Ah ! Ritorna qual ti spero » (Elisabetta) – Acte I, 1er tableau
  • « Forse in quel cor sensibile » (Nottingham) – Acte I, 1er tableau
  • « Un perfido, une vile, un mentitore, tu sei » (Nottingham, Roberto, Elisabetta) – Acte II
  • « Come une spirito angelico » (Roberto) – Acte III, 2e tableau
  • « Vivi, ingrato, a lei d'accanto » (Elisabetta) – Acte III, 3e tableau
  • « Quel sangue versato al cielo » (Elisabetta) – Acte III, 3e tableau

Roberto Devereux (Robert Devereux) est une tragédie lyrique en 3 actes de Gaetano Donizetti sur un livret de Salvatore Cammarano créé le au Teatro San Carlo de Naples[1]. Après Elisabetta al castello di Kenilworth (1829) et Maria Stuarda (1834), c'est le troisième et dernier des opéras de Donizetti où apparaît la reine Élisabeth Ire d'Angleterre.

Historique[modifier | modifier le code]

Le livret de Roberto Devereux est vaguement inspiré d'un épisode historique : le complot fomenté contre Élisabeth Ire d'Angleterre par son favori Robert Devereux, 2e comte d'Essex, exécuté le . Cette affaire avait inspiré quatre pièces de théâtre en France : trois intitulées Le comte d'Essex (La Calprenède, 1637 ; Thomas Corneille, 1678 ; Claude Boyer, 1678) et une intitulée Élisabeth d'Angleterre (1829) par Jacques-François Ancelot (1794-1854) qui est la source du livret de Salvatore Cammarano.

En vérité, celui-ci procède encore plus directement d'un livret de Felice Romani, Il conte d'Essex (1833), mis en musique par Saverio Mercadante et représenté le à la Scala de Milan avec peu de succès. La composition de l'œuvre, commandée par le Teatro San Carlo de Naples, intervient dans une période particulièrement difficile de la vie de Donizetti puisque celui-ci, après avoir vu disparaître son père et sa mère en 1836, voit sa femme accoucher pour la troisième fois d'un enfant mort-né puis la perd quelques semaines plus tard en juillet 1837 et achève l'opéra alors que Naples est dévastée par le choléra : « pour moi, écrit-il le 4 septembre, ce sera l'opéra de mes émotions »[2]. Aussi est-il persuadé que Roberto Devereux est de mauvais augure. Comme pour lui donner raison, la prima donna, Giuseppina Ronzi de Begnis, et le titulaire du rôle du duc de Nottingham, le basque Paul Barroilhet, tombent d'ailleurs malades durant la première série de représentations qui doit, pour cette raison, être interrompue prématurément après le très grand succès de la création à Naples le .

L'ouvrage est rapidement repris dans les principales villes italiennes avant d'être monté un peu partout en Europe. Il est créé à Paris au Théâtre des Italiens le avec Giulia Grisi dans le rôle d'Elisabetta, puis à Londres (1840), Bruxelles (1840), Amsterdam (1840), New York (1849, 1863), La Havane, Buenos Aires... La première représentation en langue française (Robert Devereux) a lieu le au Théâtre des Arts de Rouen. L'ouvrage est régulièrement joué jusque dans les années 1880 avant de disparaître du répertoire[3], comme tant de partitions bel cantistes.

Roberto Devereux n'est exhumé que dans les années 1960 à l'occasion de la fameuse « Donizetti renaissance ». Il est repris à Naples en 1964 avec Leyla Gencer dans le rôle d'Elisabetta. Montserrat Caballé chante le rôle aux États-Unis et à Venise et triomphe au Festival d'Aix-en-Provence en 1977, aux côtés de José Carreras dans le rôle-titre. Beverly Sills grave la première intégrale en studio. Plus récemment, Edita Gruberová est une interprète remarquée du rôle d'Elisabetta.

Nombreux sont les commentateurs qui trouvent à Roberto Devereux une intensité dramatique et musicale rarement atteinte par le compositeur, certains la rattachant aux circonstances personnelles dramatiques qui ont entouré la composition de l'ouvrage. D'autres, plus critiques, ont décrit Roberto Devereux comme « un Lucia sans airs ». De fait, la musique de cet opéra apparaît étroitement liée à l'action dramatique, d'une manière qui semble renouer avec celle que Donizetti avait précocement expérimentée dans Anna Bolena (1830)

Distribution[modifier | modifier le code]

Rôle Type de voix Interprètes lors de la première le [1]
(Chef d'orchestre : - )
Elisabetta, Regina d'Inghilterra
Élisabeth Ire, reine d'Angleterre
soprano Giuseppina Ronzi de Begnis
Lord Duca di Nottingham
Le duc de Nottingham
baryton Paul Barroilhet
Sara, duchessa di Nottingham
Sara, duchesse de Nottingham
mezzo-soprano Almerinda Manzocchi Granchi
Roberto Devereux, conte di Essex
Robert Devereux, comte d'Essex
ténor Giovanni Basadonna
Lord Cecil
Lord Robert Cecil
ténor Timoleone Barattini
Sir Gualtiero Raleigh
Sir Walter Raleigh
basse Anafesto Rossi
Un paggio
Un page
contralto
Un familiare di Nottingham
Un serviteur de Nottingham
basse Giuseppe Benedetti
Dame della corte reale. Lords del parlamento, cavalieri e armigeri. Comparse, paggi, guardie reali, scudieri di Nottingham.
Dames de la Cour royale. Lords du Parlement, chevaliers et gens d'armes. Courtisans, pages, gardes royaux, serviteurs de Nottingham.

Argument[modifier | modifier le code]

L'action se déroule à Londres en 1598.

L'ouverture a été écrite à l'occasion de la première parisienne en 1838. Elle comporte une variante pour bois de God Save the Queen, passablement anachronique puisque cet air ne remonte pas au-delà du XVIIIe siècle, mais qui en fait le principal intérêt et a justifié qu'elle soit mise au programme des concerts dirigés par Richard Bonynge vers 1970.

Acte I[modifier | modifier le code]

Premier tableau[modifier | modifier le code]

Au Palais de Westminster.

Second tableau[modifier | modifier le code]

Les appartements de la duchesse au Palais Nottingham.

Acte II[modifier | modifier le code]

Une splendide galerie du Palais de Westminster.

Acte III[modifier | modifier le code]

Premier tableau[modifier | modifier le code]

Au Palais Nottingham.

Deuxième tableau[modifier | modifier le code]

Le cachot de Roberto à la Tour de Londres.

Troisième tableau[modifier | modifier le code]

Au Palais de Westminster.

Productions notables[modifier | modifier le code]

Dates Distribution
(Elisabetta, Roberto, Duco de Nottingham, Sara)
Chef d'orchestre,
Orchestre et chœur
Lieu,
Théâtre
Metteur en scène
1838 Caroline Unger,
Napoleone Moriani


Venise,
La Fenice
1838 Giulia Grisi,
Giovanni Battista Rubini,
Antonio Tamburini

Paris,
Théâtre-Italien
automne 1839 Giuseppina Armenia,
Lorenzo Salvi,
Ignazio Marini,
Rosina Mazzarelli
Milan,
Teatro alla Scala
1841 Giulia Grisi,
Giovanni Battista Rubini


Londres
1849



New York
1964 Leyla Gencer,
Ruggero Bondini,
Piero Cappuccilli,
Anna Maria Rota
Mario Rossi Naples,
Teatro San Carlo
1968 Montserrat Caballé,
Bernabé Martí,
Piero Cappuccilli
Blanca Berini
Carlo Felice Cillario Barcelone,
Liceu
1970 Beverly Sills,
Placido Domingo
Louis Quilico
Susanne Marsee
Julius Rudel New York,
New York City Opera
1977 Montserrat Caballé,
José Carreras,
Vicente Sardinero,
Susanne Marsee
Julius Rudel,
Orchestre et chœur du Capitole de Toulouse
Aix-en-Provence,
Festival d'Aix-en-Provence
Alberto Fassini
automne 2000 Lauren Flanigan,
Fernando De La Mora
Mark Delavan,
Jane Dutton
George Manahan New York,
New York City Opera, Lincoln Center
Mark Lamos
20 et
Maria Pia Piscitelli,
Stefano Secco,
Laurent Naouri,
Enkelejda Shkosa
Evelino Pidò,
Orchestre et Chœurs de l'Opéra de Lyon
Lyon, Opéra de Lyon
Paris, Théâtre des Champs-Élysées
Version de concert

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Année Distribution
(Elisabetta, Roberto, Nottingham, Sara)
Chef d'orchestre,
Opéra et orchestre
Label
1964 Leyla Gencer,
Ruggiero Bondino,
Piero Cappuccilli,
Anna Maria Rota
Mario Rossi,
Orchestre et chœur du Teatro San Carlo de Naples
Audio CD: Opera d'oro
Cat: OPD-1159
Enregistrement public
1968 Montserrat Caballé,
Bernabé Martí,
Piero Cappuccilli,
Blanca Berini
Carlo Felice Cillario,
Orchestre et chœur du Liceu de Barcelone
Audio CD:
Cat:
Enregistrement public
1969 Beverly Sills,
Robert Ilosfalvy,
Peter Glossop,
Beverly Wolff
Charles Mackerras,
Royal Philharmonic Orchestra
et Ambrosian Opera Chorus
Audio CD:
Cat:
1970 Beverly Sills,
Placido Domingo,
Louis Quilico,
Susanne Marsee
Julius Rudel,
Orchestre et chœur du New York City Opera
Audio CD: Universal Classics
Cat: HRE-374-3
1994 Edita Gruberova,
Don Bernardini,
Ettore Kim,
Delores Ziegler
Friedrich Haider
Orchestre philharmonique de Strasbourg
et Chœur de l'Opéra du Rhin
Audio CD: Nightingale
Cat: 190100-2
1998 Alexandrina Pendatchanska,
Giuseppe Sabbatini,
Roberto Servile,
Ildikó Komlósi
Alain Guingal,
Naples, Teatro San Carlo
DVD : Studio: Image Entertainment
2002 Nelly Miricioiu,
José Bros,
Roberto Frontali,
Sonia Ganassi
Maurizio Benini,
Chœur et Orchestre du Royal Opera House de Covent Garden
CD Audio : Opera Rara
Cat: ORC24
2008 Dimitra Theodossiou,
Massimiliano Pisapia,
Andrew Schroeder,
Federica Bragaglia
Marcello Rota,
Chœur et Orchestre du Bergamo Musica Festival
CD Audio : Naxos

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Piotr Kaminski, Mille et un opéras, Fayard, coll. « Les indispensables de la musique », , 1819 p. (ISBN 978-2-213-60017-8), p. 374
  2. cité par Philippe Thanh, Donizetti, Éditions Actes Sud / Classica, 2005, p. 98
  3. La dernière représentation répertoriée au XIXe siècle a lieu en 1882.
  4. amante d'Henri II Plantagenêt, morte empoisonnée dans des circonstances mystérieuses, dont le destin a inspiré Chaucer et qui est l'héroïne d'un autre opéra de Donizetti, Rosmonda d'Inghilterra (1834)
  5. Piotr Kaminski (Op. cit. p. 375) cite à juste titre Rigoletto et la scène d'Ulrica dans Un ballo in maschera.
  6. Op. cit., p. 262

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]