Béhémoth
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Béhémoth et Léviathan, aquarelle préparatoire de William Blake pour les Illustrations du Livre de Job.
Créature
Autres noms B'hemot, Bahīmoūth ou بهموت (Bahamūt)
Origines
Origine Bible hébraïque
Première mention Livre de Job

Béhémoth ou B'hemot (Bəhēmôthhébreu : בהמות) est une créature biblique mentionnée dans le Livre de Job (40:10-19).

Métaphoriquement, le nom désigne toute bête de grande taille et/ou puissante. Il est connu en arabe comme بهيموث (Bahīmoūth) ou بهموت (Bahamūt).

Origine[modifier | modifier le code]

Le mot « Béhémoth » est la forme plurielle de (bəhēmāh : désigne en hébreu biblique les animaux domestiques, le bétail, mais c'est un pluralis excellentiae, une méthode hébraïque pour exprimer la grandeur en « pluralisant » le nom (cf. Elohim), ce qui indique que le Béhémoth est la plus grande et puissante créature terrestre.

Métaphoriquement, le nom désigne toute bête de grande taille et/ou puissante. Un rorqual est donc parfois qualifié de « béhémoth marin ».

Le Béhémoth est présenté dans le livre de Job comme la Bête, la force animale que l'homme ne peut domestiquer. Son apparence est imprécise, les uns en font un taureau énorme, les autres un hippopotame[1] ou un rhinocéros. Selon une tradition rabbinique, Béhémoth et Léviathan sont réservés pour le festin des justes qui aura lieu à la fin du monde.

L'origine mythique du Béhémoth, comme celle du Léviathan, autre monstre de la création originelle, pourrait se trouver dans les légendes babyloniennes où ils représentent les deux monstres marins primordiaux du chaos originel, respectivement nommé Apsû et Tiamat. Le Béhémoth perdra, au seuil de l'ère chrétienne, ses attributs marins et deviendra un monstre terrestre.

Dans l'Apocalypse syriaque de Baruch (XXIX, 4), il est dit que les deux monstres, apparus au cinquième jour de la Création, seront servis en nourriture aux justes au grand banquet après la fin des temps. La même idée se retrouve dans le IVe Livre d’Esdras (VI, 47).


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Le Béhémoth dans l'art et la culture populaire[modifier | modifier le code]

La Pêche du Behemot (morse ?) se fait dans le golfe du Len, (aujourd'hui, mer de Laptev), selon une carte de Guillaume Delisle.

Poésie[modifier | modifier le code]

Dans son poème « Le Bateau ivre », Rimbaud assimile le Béhémoth à un monstre marin :

« Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maëlstroms épais »

Dans le même poème, il avait employé, quelques strophes avant, le mot Léviathan :

« J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan ! »

Littérature[modifier | modifier le code]

Aimé Césaire fait de son propre verbe épique un nouveau béhémoth : « ma parole béhémot entre les grands fûts blancs du silence ou du mensonge » ; puisant son énergie à même l'origine violente du souffle, ce verbe est véhément, condensé dans les mots (à noter la graphie « béhémot » et non « béhémoth », qui renvoie aux mots) et il exprime la révolte contre les non-dits et les interdits qui frappent la mémoire historique de la traite et de l'esclavage.

Musique[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Manga[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En russe, le terme de бегемот (bégémot) désigne un hippopotame.
  2. Victor Hugo, Les Misérables Tome II, Cinquième Partie « Jean Valjean », Livre deuxième « L'intestin de Léviathan », III-Bruneseau, p. 1693, Les Classiques de Poche.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]