Claude Balbastre
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Portrait de Balbastre
Miniature sur ivoire (Musée de Dijon).
Biographie
Naissance
Décès
(à 74 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
française
Activités
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A travaillé pour
Mouvement
Instrument
signature de Claude Balbastre
Signature de Claude Balbastre.

Claude Balbastre (parfois cité comme Claude Bénigne Balbastre), né le à Dijon[1] et mort le à Paris[1], est un organiste, claveciniste et compositeur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est baptisé en l'église Saint-Michel de Dijon le , fils de Bénigne Balbastre, organiste, son premier professeur, et de Marie Millot. Son parrain est maître Claude Fyot, correcteur à la chambre des comptes, et sa marraine demoiselle Pierrette Tortochaut, épouse de Pierre Phosson conseiller et notaire royal.

Il étudie avec Claude Rameau, frère de l'illustre Jean-Philippe Rameau qui est natif de la même ville. Il bénéficie de l'aide bienveillante de ce dernier lorsqu'il s'installe à Paris en [2] et peut ainsi se faire connaître de la haute société : le , il débuta au Concert Spirituel par un concerto d'orgue fort admiré[3]. Admis, en 1756, comme organiste à Saint-Roch[2], il accède progressivement aux postes les plus prestigieux : organiste à Notre-Dame de Paris[2], claveciniste à la Cour de France où il enseigne à Marie-Antoinette[2], et devient l'organiste du comte de Provence et de la Chapelle royale.

Le , en l'église Saint-Roch à Paris, il épouse Marie-Geneviève Hotteterre, fille de Jacques-Martin Hotteterre et descendante de cette célèbre famille de musiciens normands. Le compositeur et biographe anglais Charles Burney visita Balbastre en 1770, dans ses appartements rue d'Argenteuil et mentionna dans une lettre le magnifique clavecin Ruckers en possession du musicien :

« [J'ai pu] voir et entendre un remarquable clavecin Rucker qui est en tout point un bijou … Il est peint et vernis comme une tabatière. Sur l'extérieur se trouve la naissance de Vénus ; l'intérieur du couvercle, l'histoire de l'opéra le plus fameux de Rameau, « Castor et Pollux » ; la Terre, l'Enfer et l'Élysée y sont représentés ; en Élysée, assis sur une berge, ce célèbre compositeur lui-même tient une lyre à la main … Le son de cet instrument est plus délicat que puissant ; l'un des registres est en buffle[4], mais très doux et agréable ; le toucher est très léger en raison des becs qui en France sont toujours faibles »

— Charles Burney

Veuf, il épouse en secondes noces en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois à Paris, le 17 novembre 1767, Marie-Antoinette Boileau, nièce du grand écrivain, qui lui donnera deux enfants : Anne-Louise, née en 1773, et Antoine-Claude en 1774.

À partir de 1776, il est organiste de Monsieur frère du roi, professeur du duc de Chartres, de la reine Marie-Antoinette, et tient l'orgue à l'abbaye de Notre-Dame aux Bois. Enfin, il reçoit un quartier à l'orgue de la Chapelle royale à Versailles.

En 1777, il est signalé comme organiste à l'église Saint-Roch de Paris[5].

Malgré ses états de service, il parvient, en se ralliant – au moins en apparence – aux idées nouvelles, à traverser la Révolution et à conserver son poste à Notre-Dame (transformée en temple de la Raison), où il exécute ses adaptations des hymnes révolutionnaires à l'orgue. Il est vrai que son jeu a toujours été prisé du public : sa fantaisie est telle, même à l'église, qu'en , l’archevêque de Paris lui fait interdiction de jouer pendant la messe de minuit « à cause la multitude qui venait entendre l’organiste et qui ne conservoit pas le respect dû à la sainteté du lieu[6]. ». En 1766, le même prélat interdit ses Te Deum de la veille de saint Roch, « parce qu'ils attiraient trop de monde à l'église[3] ».

Il meurt à Paris, 181 rue d'Argenteuil (sur la paroisse Saint-Roch) le 20 floréal an VII (), oublié de tous.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Les Hommes et leurs œuvres. A-K, t. 1, Paris, Bordas, , 1232 p. (ISBN 2-04-010721-5), p. 63
  2. a b c et d Dictionnaire de la musique : sous la direction de Marc Vignal, Paris, Larousse, , 1516 p. (ISBN 978-2-03-586059-0), p. 74
  3. a et b Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle : français, historique, géographique, mythologique, bibliographique, littéraire, artistique, scientifique, etc., vol. 2, Paris, Larousse & Boyer, , p. 93.
  4. one of unisons of buff... aujourd'hui peau de buffle. Ce registre était apparu en 1768 chez Pascal Taskin.
  5. Voir le Journal de Paris du , no 169, p. 1.
  6. Jean Duron et Centre de musique baroque de Versailles, Regards sur la musique au temps de Louis XV, vol. 3 de Regards sur la musique en France aux 17e et 18e siècles, Paris, Mardaga, coll. « Regards sur la musique », , 167 p. (ISBN 978-2-87009-978-0, lire en ligne)

Œuvres[modifier | modifier le code]

Compositions pour l'orgue[modifier | modifier le code]

Fichier audio
Joseph est bien marié
  • « Joseph est bien marié », noël varié pour orgue ou clavecin; Jean-Luc Perrot, orgue.

Registrations :

  • Variation 1 : Récit de Cornet.
  • Variation 2 : Petit Plein Jeu
  • Variation 3 : Basse de Basson en duo avec les fonds 8', 4', 2' du Grand Orgue
  • Variation 4 : Duo de Cromorne
  • Variation 5 : Petites flûtes avec tremblant doux
  • Variation 6 : Grand Jeu (avec Contre-Bombarde de 32' sur le dernier accord)
Des difficultés à utiliser ces médias ?
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Marche des Marseillois.

Curieusement, les noëls, qui sont clairement dans la tradition de l'orgue français, sont édités par lui pour « le clavecin et le piano-forte ». C'est sur ce dernier instrument qu'il les joue avec grand succès dans les milieux de l'aristocratie.

Compositions pour le clavecin[modifier | modifier le code]

Deux livres de pièces de clavecin :

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

  1. Quatuor I en si bémol majeur
  2. Quatuor II en fa majeur
  3. Quatuor III en ut majeur, sans cors (la célèbre Romance constitue le mouvement central)
  4. Quatuor IV en ré majeur

Musique vocale - airs & parodies[modifier | modifier le code]

Partitions[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Orgue[modifier | modifier le code]

Clavecin[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]