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Anne et Patrick Poirier, nés tous les deux en 1942, forment un couple d'artistes français qui réalisent ensemble une œuvre commune. Issus tous deux d'un « monde en ruines », où l'Ange de l'Histoire de Walter Benjamin voit « la violence qui s'accumule », ils ont centré leur travail sur la mémoire comme lieu d'interrogation inépuisable de l'identité individuelle ou collective, et réalisent de grandes maquettes qu'ils présentent le plus souvent sous forme d'installations.
Anne et Patrick Poirier font leurs études à l'École des arts décoratifs de Paris.
Marqués par leur séjour à Rome comme pensionnaires à la villa Médicis de 1967 à 1972[3], ils sont tour à tour archéologues, architectes, photographes, sculpteurs ou paysagistes. Leurs installations font resurgir la Théogonie d'Hésiode, ou « l'Ombre de Gradiva » (à partir de Pompéi). Ils offrent une reconstruction de sites antiques, le port romain d'Ostia Antica ou la Domus aurea (villa de Néron à Rome), et ils explorent aussi bien « le Labyrinthe de la mémoire » que les vestiges imaginaires du futur, ou des villes utopiques comme Ouranopolis ou La Planète blanche qui résisterait aux ouragans.
En 1978, ils réalisent le surtout, Ruines d'Égypte, en biscuit de porcelaine, en collaboration avec la manufacture nationale de Sèvres. Composé de neuf éléments (colosses, temples, escaliers, bassins et pyramide) il s'inspire du surtout égyptien produit par la Manufacture en 1808 pour Napoléon Ier. Une partie des anciens moules a été utilisée pour produire certaines pièces nouvelles.
Depuis quelques années, ils prolongent leur travail d'architecture paysagiste en réalisant aussi de grands jardins en Italie.
Anne Poirier a été élue membre de l'Académie des Beaux-Arts (Institut de France), le , dans la section sculpture.