| Genre | son jarocho dans la version originale, (rock 'n' roll pour des reprises) |
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| Auteur | traditionnel repris par Ritchie Valens, Los Lobos et d'autres interprètes |
La bamba est un air traditionnel mexicain, originaire de l'État de Veracruz, dans l'est du Mexique, d'un rythme proche de la cumbia. Le genre musical correspondant est le son jarocho (jarocho est le gentilé pour la ville de Veracruz).
La bamba a fait l'objet de nombreuses reprises, notamment celle de 1958 par Richie Valens.
D'après un certain Ramón Río García, qui se base sur des entretiens menés par d'autres avec des anciens de la région de Veracruz[1], La bamba serait inspirée d'une chansonnette créée par un vagabond joueur de jarana (sorte de guitare) surnommé « El Guaruso ». Celui-ci l'aurait composée dans l'hacienda de doña Beatriz del Real situé à Malibrán en mai 1683 alors que le pirate hollandais Laurent de Graff approchait Veracruz. Les cloches furent sonnées pour signaler l'arrivée des pirates et chacun se prépara à se défendre. La maîtresse des lieux, qui proposait de partir pour se cacher dans les marais, demanda à son majordome ce qu'il comptait faire et celui-ci lui répondit : « Yo no soy marinero, pero aquí serré » (« Je ne suis pas marin, mais je le serai ici »). Finalement, le pirate accostera sur une autre plage et l'on n'eut pas à se battre. La chanson est ainsi :
Quitilan, quitilan, / Ding-dong, ding-dong,
que suenan las campanas de Malibrán / que sonnent les cloches de Malibrán
qué vienen los piratas que no vendrán... / car les pirates viendront, viendront pas...
Quitilín, quitilín, / Ding-dong, ding-dong,
que suena la campana de Medellín / que sonne la cloche de Medellín
y que suena y suena a rintintín. / qu'elles sonnent et résonnent
Plus généralement, on présume que La bamba a été créée à la fin du XVIIe siècle. Initialement, la chanson moque les efforts tardifs et inutiles du vice-roi du Mexique pour défendre les citoyens du port de Veracruz contre les pirates.
Une hypothèse est que le mot dérive de « bambarria », action inutile car elle arrive trop tard. Comme indiqué plus haut, la chanson aurait été une chanson satirique qui se moquait des efforts employés pour engager des soldats dans la marine après le siège de Veracruz en 1683 par le pirate hollandais Laurent de Graff, dénonçant ainsi le fait qu'il aurait fallu s'en préoccuper avant.
Le mot « bamba » pourrait aussi venir du verbe espagnol (la langue parlée au Mexique) « bambalear » (« se dandiner », « se balancer »), à moins que ce ne soit l'inverse. Le nom peut également faire référence à une danse d'origine espagnole appelée Bamaba qui était populaire à l'époque.
Enfin, « Bamba » était le nom de la capitale d'un duché de l'Empire Kongo s'étendant de l'actuelle République du Congo (Brazzaville) à l'actuelle République démocratique du Congo (Kinshasa) (on trouve dans un couplet « subsidiaire » (Ay Lilongo[2], el sombrero me lo quito y me lo pongo) le mot « Lilongo » qui pourrait être aussi un toponyme du Kongo (un toponyme voisin, « Libongo », est attesté). Une danse locale porterait ce nom et aurait été importée au Mexique par les esclaves.
Les paroles étaient improvisées en fonction des circonstances. Il existe d’innombrables variantes, mais la plupart parlent d'une danse populaire et les paroles commencent ainsi : « Para bailar la bamba se necesita una poca de gracia » (« Pour danser la bamba il faut avoir un peu de grâce »).
Le « clou » de cette danse réside dans le fait que l’écharpe (rouge en général) d’un des danseurs est jetée sur la piste de danse et transformée avec grâce en nœud par un jeu de pieds du danseur. Comme apothéose, ce nœud est jeté en l’air[réf. nécessaire]. En général, il y a une compétition entre les danseurs pour savoir lequel a noué et lancé l'écharpe avec le plus d'agilité et de grâce.
C’est Andres Huesca qui en a réalisé le plus ancien enregistrement connu, aux alentours de 1908, mais sous le titre El jarabe Veracruzano (« Le Mariage à Vera Cruz »)[3].
En 1946, un candidat à l'élection présidentielle mexicaine avait utilisé l'air de la chanson pour sa campagne.
En 1958, Ritchie Valens enregistre une version rock 'n' roll de La bamba en face B du single Donna. Il était accompagné de la guitariste Carol Kaye de l'équipe Wrecking Crew de Phil Spector. Rien qu’aux États-Unis, quelque cent cinquante artistes vont l’imiter.
La chanson Twist and Shout en est presque un plagiat puisqu'elle possède une structure mélodique identique et le même début. Johnny Rivers a d'ailleurs enregistré le medley La Bamba/Twist And Shout.
Le chanteur québécois Gilles Brown a adapté les paroles en français à l'époque des yéyés, sous le titre C'est la bamba, qui disent en résumé ceci :
C'est une danse qui vient du Mexique et elle est fantastique.
Allons les copains, apprenez ce rythme, ça ira très vite, c'est dans le vent.
Cette danse nouvelle rend les filles plus belles, profitez-en mes demoiselles.
En 1960, le groupe de chanteurs folkloriques Los Machucambos popularisa cette chanson en France, leur disque devenant un succès qui lancera la popularité de leurs concerts et nombreux disques à tendance mexicaine ou brésilienne.
Une version de La Bamba par la chanteuse mexicaine Lila Downs dans son album One Blood, una Sangre sorti en 2004 réorganise cette chanson en fusionnant des éléments de musique pop, de son jarocho, de musique électronique et des rythmes afro-mexicains[4],[5].
Para bailar la bamba se necesita / Pour danser la bamba il faut
Una poca de gracia y otra cosita / Un peu de grâce et une autre petite chose
Ay arriba y arriba, Y arriba y arriba, arriba iré / Aïe en haut et en haut, en haut et en haut, en haut j'irai
Yo no soy marinero por tí seré / Je ne suis pas marin, pour toi je le serai
Para subir al cielo se necesita / Pour monter au ciel il faut
Una escalera grande y otra chiquita / Une grande échelle et une autre petite
Yo no soy marinero, soy capitán / Je ne suis pas marin, je suis capitaine
Una vez que te dije que eras bonita / Une fois où je t'avais dis que tu étais jolie
Se te puso la cara coloradita / Ta figure est devenue toute rouge
Una vez que te dije que eras muy guapo / Une fois où je t'avais dis que tu étais très beau
Se te puso la cara color de sapo / Ta figure est devenue couleur crapaud
En mi casa me dicen el inocente / Chez moi on m'appelle l'innocent
Porque tengo muchachas de quince a veínte / Parce que j'ai des filles de 15 à 20
Quisiera tener la dicha, la dicha que un gallo tiene / J'aimerai avoir la veine, la veine qu'un coq a
De tener muchas pollitas y a ninguna las mantiene / D'avoir plein de poulettes et de n'en entretenir aucune.
Gorilon, gorilon, gorilongo
El sombrero me lo quito y me lo pongo / Le chapeau, je me le quitte et je me le mets.
Gorilongo es una negrita que se parece al carbón / Gorilongo est une négresse qui ressemble à du charbon
No diré que es muy bonita, tiene grácia de a montón / Je ne dirai pas qu'elle est jolie, elle a un paquet de grâce.
Gorilongo vamos a misa a que nos bendiga el padre / Gorilongo allons à la messe pour que le Père nous bénisse
Te vas a casar conmigo aunque no quiera tu madre / Tu vas te marier avec moi bien que ta mère ne le veuille pas.
Ay cupido te pido de compasión / Aïe, cupide, je te demande par pitié
Que se acabe La bamba y venga otro son / Que La bamba finisse et vienne un autre son
Que bonita la bamba de madrugar / Quelle jolie bamba de bon matin
Cuando todo' la bailan en la enramada / Quand tous la dansent dans le feuillage
Arriba arriba arriba y arriba ire / En haut j'irai
Como la palomita volando ire / Comme la colombe j'irai en volant
De La Habana han venido nuevos pintores / De La Havane sont venus de nouveaux peintres
Que pintaron La Virgen de tres colores / Qui ont peint La Vierge en trois couleurs
Arriba y mas arriba y arriba iré / En haut et plus haut j'irai
La paloma que traiba ya se me fué / La colombe que j'apportai et qui s'en est allée
Pa' lo' campo' florido' de San Andrés / Par les champs fleuris de San Andrés
Aunque soy chiquitita de aspiración / Bien que je sois toute petite d'aspiration
Yo le canto a la bamba de corazón / Moi je vous chante la bamba de tout mon cœur
Arriba y más arriba y arriba van / En haut et plus haut elles vont
Itiling itilang itiling ting tang / Ting Ting Ting Tang
Repican las campanas de Malibran, de Malibran, de Malibran / Sonnent les cloches de Malibran
Ay morena, morena, yo quiero verte, que el son de la bamba / Aïe brune, brune, je veux te voir car le son de la bamba
Porque el son de la bamba me hace quererte / Parce que le son de la bamba me fait t'aimer
Ay arriba y arriba y mas arribita como la palomita / En haut et un petit peu plus haut comme la petite colombe
Como la palomita que viene y va, que viene y va, que viene y va / Comme la petite colombe qui vient et va
Para bailar la bamba se necesita una poca de gracia / Pour danser la bamba il faut un peu de grâce
Una poca de gracia y otra cosita / Un peu de grâce et une autre petite chose
Ay arriba y arriba, ay arriba y arriba ire / En haut et en haut j'irai
Yo no soy marinero, yo no soy marinero ni lo seré / Je ne suis pas marin ni le serai
Se lo pido mi amigo de corazón que se acabe la bamba / Je te le demande mon ami de cœur, que la bamba se finisse,
Que se acabe la bamba y venga otro son... / Que la bamba se finisse et vienne un autre son.
