| Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat | |
| Situation | |
|---|---|
| Création | 1988 |
| Type | organe intergouvernemental créé par l'ONU |
| Siège | |
| Langue | anglais |
| Budget | 6 millions d'euros (en 2018) |
| Organisation | |
| Membres | 195 États |
| Effectifs | Bureau : 36 membres dont un président et trois vice-présidents |
| Président | |
| Personnes clés | |
| Site web | ipcc.ch |
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Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC ; en anglais : Intergovernmental Panel on Climate Change, IPCC) est un organisme intergouvernemental ouvert à tous les pays membres de l'Organisation des Nations unies (ONU).
Il regroupe actuellement 195 États.
Ce groupe, créé en 1988 à la suite d'une initiative politique de nature internationale, dépend de l’Organisation météorologique mondiale et du Programme des Nations unies pour l'environnement.
« [Il] a pour mission d’évaluer, sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les risques liés au réchauffement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation[1]. Il n’a pas pour mandat d’entreprendre des travaux de recherche ni de suivre l’évolution des variables climatologiques ou d’autres paramètres pertinents[2]. »
Bien que contestées, notamment pour des raisons politiques, « les évaluations de ce groupe sont principalement fondées sur les publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est largement reconnue »[3].
Une présentation détaillée du GIEC et de ses travaux, est disponible sur le site du ministère français de la Transition écologique et solidaire[4].
Le GIEC a été créé en [5], à la demande du G7[6][réf. non conforme], par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et sous le patronage du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE)[7].
Le GIEC est une organisation intergouvernementale autonome constituée d'une part de scientifiques apportant leur expertise et d'autre part de représentants des États participant au GIEC. Cette structure hybride a été décidée par le G7 sous la pression de Ronald Reagan et Margaret Thatcher, la crainte de ces derniers étant de voir l'expertise climatique relever d'une agence de l’ONU constituée uniquement de scientifiques soupçonnés de militantisme écologique[8]. La création du GIEC a été validée par un vote de l'Assemblée générale des Nations-Unies.
D'après Nigel Lawson, secrétaire à l’Énergie puis chancelier de l’Échiquier dans le gouvernement de Margaret Thatcher, sa motivation était de contrer les syndicats britanniques des mineurs de charbon tout en soutenant le nucléaire en tant que source d'énergie propre pour remplacer le charbon[9].
Le météorologiste suédois Bert Bolin a joué un rôle important lors de sa création et l'a dirigé de 1988 à 1997[10]. Les autres membres fondateurs sont le Canadien Maurice Strong et le Britannique John T. Houghton[11].
En trente ans, de 1988 à 2018, le GIEC a émis plusieurs rapports d'évaluation, dont le deuxième rapport d’évaluation, publié en 1995 et qui a fourni aux négociateurs d’importants documents avant l’adoption du protocole de Kyoto en 1997. Le troisième rapport d’évaluation a été publié en 2001 et le quatrième en 2007.
À la suite des menaces de baisse de financement de la part du nouveau président des États-Unis élu en 2016, Donald Trump, le gouvernement français a annoncé, en , augmenter sa contribution au GIEC d'un million d'euros par an ce qui porte son soutien à hauteur de 15 % des contributions des États[12].
En 2007, le prix Nobel de la paix a été conjointement attribué au GIEC et à l'ancien vice-président Al Gore[13], l'année qui suivit la diffusion du film An Inconvenient Truth, documentaire présentant les effets dramatiques du réchauffement climatique sur la planète.
Le GIEC a pour mission d'évaluer les informations scientifiques, techniques et socio-économiques disponibles, de façon neutre et objective en rapport avec la question du changement du climat. Le GIEC travaille à rendre compte des différents points de vue et des incertitudes, tout en dégageant clairement les éléments qui relèvent d'un consensus de la communauté scientifique. Il a donc pour mission d'« établir régulièrement une expertise collective scientifique sur le changement climatique »[5].
Le GIEC n'est donc pas un organisme de recherche, mais un lieu d'expertise visant à synthétiser des travaux menés dans les laboratoires du monde entier[14], en fonction d'un problème précis, pour lequel les États, membres de l'ONU, l'ont mandaté.
Selon Valérie Masson-Delmotte, chercheuse française en paléoclimatologie au Commissariat à l'Énergie atomique et aux Énergies alternatives (CEA) et co-présidente du groupe de travail no 1 : « Le Giec ne fait pas ses propres projections, il évalue celles publiées par la communauté scientifique. » Deux communautés travaillent donc en parallèle au sein du groupe, d'une part, les climatologues, qui tentent de simuler l’évolution du climat, et, d'autre part, les socioéconomistes qui tentent de simuler l’évolution des activités humaines[15].
Selon le site officiel du GIEC, le groupe se réunit en sessions de séances plénières avec comme membres les représentants des gouvernements de tous les pays adhérents à l'ONU, chaque membre comptant pour une voix.
En 2021, le GIEC compte 195 membres, pays qui se réunissent généralement une fois par an. Des centaines de fonctionnaires et d'experts de différents ministères et d'instituts de recherche compétents des pays membres ainsi que des organisations observatrices assistent à ces sessions.
En 2021, le GIEC compte 181 organisations observatrices. Les décisions majeures sont prises par le groupe lors de la session plénière, telles que[16] :
Le GIEC fait appel à des centaines d’experts éminents, spécialistes des divers domaines traités dans ses rapports, qui consacrent du temps à établir des évaluations en tant qu’auteurs coordonnateurs principaux et auteurs principaux. Des centaines d’autres experts apportent des contributions ponctuelles en qualité d’auteurs collaborateurs et formulent des observations sur les chapitres en qualité d’examinateurs. Ces experts sont sélectionnés par appel à candidatures lancés auprès des gouvernements et des organisations ayant le statut d’observateur auprès du GIEC ; des curriculum vitæ détaillés sont ensuite remis et les auteurs sont sélectionnés en fonction de leurs compétences. Le GIEC s’efforce de réunir des équipes d’auteurs représentatives de la diversité des points de vue et des qualifications scientifiques, techniques et socio-économiques[17].
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Selon le site de l'IPCC (acronyme anglais du GIEC), le secrétariat de cet organisme est situé dans les locaux de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), situé à Genève, en Suisse.
L’assemblée plénière du GIEC qui comprend l'ensemble des représentants des gouvernements des nations constituant l'ONU, choisit le président du groupe.
En , Hoesung Lee, enseignant d’économie du changement climatique à l’École supérieure de l’énergie et de l’environnement de l'Université de Corée a été élu par 78 voix, contre 56 qui avaient choisi le docteur en sciences physiques belge Jean-Pascal van Ypersele de Strihou. Au total, six candidats étaient en lice pour occuper cette fonction[19].
Jean-Pascal van Ypersele de Strihou a ensuite démissionné de tous ses postes à responsabilité au GIEC, mais celui-ci a immédiatement déclaré être prêt à continuer de servir la communauté internationale, mais d'une autre manière[20].
| Portrait | Identité | Période | Durée | |
|---|---|---|---|---|
| Début | Fin | |||
| Bert Bolin ( - ) | 9 ans | |||
| Robert Watson (né en ) | 5 ans | |||
| Rajendra Kumar Pachauri ( - ) | 13 ans | |||
| Ismail El Gizouli (né au XXe siècle) | 8 mois | |||
| Hoesung Lee (né en ) | ||||
Les membres du bureau du GIEC sont généralement élus pour la durée de l’établissement d’un rapport d’évaluation, soit environ cinq à six ans.
Le bureau se compose du président du GIEC, des coprésidents des trois groupes de travail et du bureau de l’équipe spéciale pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre, des vice-présidents du GIEC ainsi que les coprésidents des groupes de travail. En 2015, le bureau du GIEC se composait d'une trentaine de membres[21].
Le GIEC est organisé en trois groupes de travail[22] :
Un rapport spécial a été publié sur les scénarios d'émission[23], qui a été la base de certaines simulations dans les travaux des groupes de travail.
S'y ajoute une équipe spéciale pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre, qui a produit des guides pour ces inventaires[24].
Chaque groupe de travail (et l'équipe spéciale) a deux coprésidents, l'un représentant les pays développés, l'autre les pays en voie de développement.
Le budget annuel du GIEC s'élève à environ 6 millions d'euros, celui-ci étant financé par les 195 États membres de l'ONU qui y contribuent de « manière indépendante et volontaire ».
Du fait de cette indépendance, le gouvernement des États-Unis, dont le financement s'élevait à environ 1,6 million d'euros, a décidé de cesser celui-ci dès l'année 2016, à la suite de l'élection de Donald Trump à la présidence de ce pays, malgré les réticences du Sénat américain, tandis que la France a réévalué en 2018 sa contribution à un million d'euros jusqu'en 2022[25].
Le GIEC organise régulièrement une séance plénière annuelle, chaque pays membre disposant d'une voix lors de ces séances. Les petits pays (Monaco, Andorre, le Luxembourg) ayant donc autant de pouvoir décisionnel que les grands (Inde, Chine, États-Unis).
En 2018, la France accueille la séance plénière du 13 au . Cette réunion s'organise au palais de l'UNESCO, organisme international lié au groupe, du fait de son implication dans l'éducation, la science et la culture. Le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, le ministre de la Transition écologique et solidaire, la ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation ont, tous les trois, participé le premier jour à la cérémonie d’ouverture de la réunion qui marqua le trentième anniversaire de la création du groupe[26].
Le GIEC réunit également des ateliers d'experts sur les différentes questions touchant au changement climatique et peut apporter ses compétences à l'occasion de conférences, par exemple sur les hydrates de gaz[27].
Ses activités sont principalement la production des rapports (rapport d'évaluation, rapports spéciaux)[28], de directives méthodologiques et de documents techniques.
Ces six rapports[Note 1] sont souvent désignés sous les acronymes suivants :
Les rapports d'évaluation se décomposent en trois documents de contenus scientifiques très différents : le rapport, en tant que tel, qui contient trois volumes de 1 500 pages chacun ; un rapport de synthèse de 30 à 50 pages ; un résumé pour les décideurs de 5 à 10 pages. Ces deux derniers documents, rédigés dans un style non technique adapté aux décideurs, sont élaborés par l'équipe de rédaction[30], puis sont soumis à un examen simultané de la part des experts et des gouvernements ; ils sont ensuite révisés par les auteurs principaux, aidés par les éditeurs-réviseurs, puis sont soumis aux gouvernements et aux organisations ayant le statut d’observateurs, et enfin à l'examen du Groupe d'experts réuni en session[31]. Le dernier mot reste donc aux experts.
Dans ce premier rapport[32] de 1990, le GIEC observe que les émissions dues aux activités humaines accroissent sensiblement la concentration dans l'atmosphère des gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, chlorofluorocarbones, oxyde nitreux) et renforcent l'effet de serre naturel. Le GIEC établit quatre scénarios d'émissions futures qui vont du scénario A (aucune mesure n'est prise) aux scénarios B, C, D (correspondant à des degrés de réglementation croissants). Il prévoit un doublement des concentrations équivalentes de dioxyde de carbone par rapport aux niveaux pré-industriels entre 2025 et 2050 pour les scénarios A à C, et 2100 pour le scénario D.
Dans le cas du scénario A, le GIEC prédit une augmentation de température d'environ 3 °C d'ici 2100, ainsi qu'une augmentation du niveau des mers de 65 cm. Dans le cas du scénario D, l'augmentation de température sur un siècle ne serait que de 1 °C.
Le GIEC souligne les incertitudes relatives à ces prévisions, dues à une méconnaissance des sources et des puits de gaz à effet de serre, et aux réactions des nuages, des océans et des calottes polaires face à un changement du forçage radiatif provoqué par l'augmentation des gaz à effets de serre. En particulier, les phénomènes de rétroaction sont mal connus.
Le GIEC observe que, depuis 1900, la température a augmenté d'environ 0,5 °C et que le niveau de la mer a monté d'environ 15 cm. Ces variations sont du même ordre de grandeur que les variations naturelles du climat, mais il est possible également que ces variations naturelles aient contribué à réduire le réchauffement dû à un effet de serre anthropique. Le GIEC se donne 10 ans pour pouvoir confirmer le renforcement de l'effet de serre.
Le rapport essaie également d'évaluer quels impacts aurait un tel réchauffement sur l'agriculture, les écosystèmes, les ressources en eau, la santé publique. Il examine quels moyens pourraient être mis en œuvre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Ce rapport a incité l'ONU à établir une « Convention-cadre sur les changements climatiques » adoptée en 1992 et entrée en vigueur en .
En 1992, le GIEC a produit un rapport supplémentaire destiné aux négociateurs de cette convention-cadre au Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, la même année.
Entre les années 1990 et 1995, des études ont été menées afin de parvenir à distinguer les influences naturelles qui s'exercent sur le climat et celles qui relèvent d'une activité anthropique. Le rapport[33] de 1995 estime que l'évolution du climat depuis un siècle s'explique mieux en tenant compte d'une influence anthropique, et que cette évolution n'est vraisemblablement pas d'origine naturelle. Il reprend les prévisions du précédent rapport, tout en rappelant les incertitudes portant sur ces prévisions.
Ce rapport a fourni les bases de négociation du protocole de Kyoto.
Il comprend les trois rapports des groupes de travail et un rapport de synthèse sur les questions scientifiques directement liées avec les politiques à suivre.
Selon ce rapport[34], les années 1990 auront été la décennie la plus chaude sur la période 1860-2000. Les changements concernant le niveau de la mer, la couverture neigeuse, la superficie des glaces et les précipitations sont révélateurs d'un réchauffement du climat. Une responsabilité humaine à ce réchauffement est davantage soulignée que dans les précédents rapports. Le rapport prévoit une augmentation de température entre 1,4 °C et 5,8 °C entre 1990 et 2100 et estime que le rythme du réchauffement est sans précédent depuis les dix derniers millénaires.
Alors que les précédents rapports étaient passés relativement inaperçus au sein du grand public, c'est essentiellement à la suite de ce rapport et entre 2000 et 2005 que la question de l'existence d'un réchauffement climatique et d'une éventuelle responsabilité humaine sont massivement traitées dans les médias[35]. C'est également à partir de 2000 que se développe une vive opposition aux conclusions et prévisions alarmantes du GIEC. C'est également vers cette époque que la question climatique entre dans les débats politiques.
Le quatrième rapport d'évaluation (AR4) a été publié le . Il compile les travaux de chacun des groupes de travail présentés lors de trois sessions échelonnées au cours de l'année :
Le cinquième rapport d’évaluation se décompose en trois parties : « éléments scientifiques », « conséquences, adaptation et vulnérabilité » et « atténuation du changement climatique ».
La responsabilité de ce rapport repose sur trois groupes de travail, ainsi qu’un rapport de synthèse.
La contribution du groupe de travail I a été acceptée et approuvée en . La contribution du groupe de travail II a été adoptée en mars et celle du groupe III, en [43]. Le rapport de synthèse définitivement approuvé a été publié le (texte intégral[44] et résumé pour décideurs[45]).
Un document avait été diffusé en avance de phase dès [46] par un des réviseurs, sans l'accord du GIEC. En réaction, le GIEC a publié un « démenti » en forme de mise au point[47], à la suite de quoi, les projets des différents chapitres du groupe de travail II ont été publiés à leur tour[48].
Chacune de ces trois parties est accompagnée d'un « Résumé à l’intention des décideurs » (summary for policy-makers, SPM) qui récapitule dans un format condensé les conclusions du groupe de travail pour des non-experts, et en particulier les décideurs politiques. L'AR4 sert ainsi de base aux négociations de la Conférence de Copenhague de 2009 sur le climat.
Les conclusions principales de ce rapport sont[54] :
Lors de sa 43e session, en , le GIEC est convenu que le rapport de synthèse afférent au sixième rapport d'évaluation serait achevé en 2022 ; il sera lié au premier bilan mondial prévu au titre de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques établi en 2012 pour une période de dix ans.
Le but de ce rapport est de permettre aux pays membres d'évaluer les progrès accomplis en vue de réaliser leur objectif de contenir le réchauffement mondial en deçà de 2 °C, en poursuivant l'action menée pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C. Les contributions des trois groupes de travail devraient être prêtes pour l'année 2021[55].
En outre, le groupe d'experts du GIEC s'est réuni en février 2020 dans le but de préparer le sixième rapport d'évaluation 2022 et ainsi fournir aux décideurs politiques « les données scientifiques les plus récentes sur le changement climatique ». À cette occasion, une table ronde sur le thème du rôle des systèmes de connaissances pour améliorer les actions en faveur du climat a été organisée[56].
La première partie du sixième rapport d'évaluation, à savoir la contribution du groupe de travail 1 dédié aux bases physiques du climat a été approuvé vendredi après une session d’approbation des différents membres du 26 juillet au 6 août et a été rendue publique le [57],[58].
| AR4[62] | Objectifs plus économiques |
Objectifs plus environnementaux |
| Mondialisation (monde homogène) |
A1 Croissance économique rapide (trois groupes : A1T, A1B, A1Fl) 1,4 - 6,4 °C |
B1 Durabilité environnementale globale 1,1 - 2,9 °C |
| Régionalisation (monde hétérogène) |
A2 Développement économique avec une orientation régionale 2,0 - 5,4 °C |
B2 Durabilité environnementale locale 1,4 - 3,8 °C |
Lors de sa 43e session qui s'est déroulée à Bangkok, en , le GIEC a décidé de réviser l'édition 2006 des lignes directrices pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serres et d'élaborer un nouveau rapport méthodologique pour actualiser et compléter ces lignes directrices[63].
La réduction des gaz à effet de serre peut s'opérer sur des secteurs très variés de l'économie et de l'environnement de vie humain. Les scientifiques du GIEC ont fait la synthèse des différentes études présentant des scénarios d'émissions, classés par gamme d'augmentation de température à l'équilibre.
En particulier, pour la catégorie de hausse de température comprise ente 2 et 2,4 °C, cette synthèse montre que dans la grande majorité des études le pic d'émissions mondiales se situe avant 2015[64].
Pour infléchir sur le long terme la tendance du réchauffement et atteindre une stabilisation des taux de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, il est ensuite nécessaire de diminuer fortement les émissions (dans la gamme de -50 à -85 % en 2050 par rapport à l'an 2000, pour une température à l'équilibre de 2 à 2,4 °C).
Selon le rapport du GIEC à venir (dévoilé par l'AFP) « la vie sur Terre peut se remettre d'un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces [...], l'humanité ne le peut pas" »[65],[66].
Publié à l'intention des dirigeants des pays adhérents à l'ONU, en prévision de la conférence de Katowice de 2018 sur les changements climatiques (COP24) et rendu public par l'intermédiaire de la presse, ce résumé du nouveau rapport du GIEC a été présenté le .
Les collaborateurs scientifiques du groupe d'étude y exposent de nouveau les conséquences du réchauffement déjà en cours, et particulièrement la menace de dépassement au-delà de 1,5 °C de réchauffement par rapport aux niveaux pré-industriels. Des vagues de chaleur répétées, une extinction de nombreuses espèces, voire la déstabilisation des calottes polaires entraînant une montée des océans y sont présentées sur le long terme[67],[68].
Le résumé pour les décideurs a été traduit par des citoyens sur Wikisource en .
Les rapports spéciaux du GIEC portent sur l'évaluation d'une thématique particulière ou visent à répondre à une question précise.
| Date | Titre (court) du rapport spécial | Article wp | Traduction officielle en français |
Traduction non-officielle en français | ||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Titre original anglais Special Report on… |
Titre en français Rapport spécial sur… | |||||
| 1994 | IPCC Technical Guidelines for Assessing Climate Change Impacts and Adaptations | |||||
| 1994 | Climate Change 1994: Radiative Forcing of Climate Change and An Evaluation of the IPCC IS92 Emission Scenarios | |||||
| 1997 | The Regional Impacts of Climate Change: An Assessment of Vulnerability | Incidences de l'évolution du climat dans les régions : Évaluation de la vulnérabilité | ||||
| 1999 | Aviation and the Global Atmosphere | L'aviation et l'atmosphère planétaire | ||||
| 2000 | Emissions Scenarios | (SRES) | Les scénarios d'émissions | wp | ||
| 2000 | Methodological and Technological Issues in Technology Transfer | Questions méthodologiques et technologiques dans le transfert de technologie | ||||
| 2000 | Land Use, Land-Use Change, and Forestry | L’utilisation des terres, le changement d’affectation des terres et la foresterie | ||||
| 2005 | Carbon dioxide capture and storage | Piégeage et stockage du dioxyde de carbone | ||||
| 2005 | Safeguarding the ozone layer and the global climate system | Préservation de la couche d’ozone et du système climatique planétaire : Questions relatives aux hydrofluorocarbures et aux hydrocarbures perfluorés | ||||
| 2011 | Renewable energy sources and climate change mitigation | (SRREN) | Sources d’énergie renouvelable et atténuation du changement climatique | |||
| 2012[71] | Managing the risks of extreme events and disasters to advance climate change adaptation | (SREX) | Gestion des risques de catastrophes et de phénomènes extrêmes pour les besoins de l’adaptation au changement climatique | |||
| 2018 | Global Warming of 1.5 °C | (SR15) | Les conséquences d'un réchauffement planétaire de 1,5 °C | wp | TO | |
| 2019[72],[73] | Climate Change and Land | (SRCCL) | Changement climatique et terres émergées | wp | TNO | |
| 2019 | The Ocean and Cryosphere in a Changing Climate | (SROCC) | Les océans et la cryosphère dans un monde dont le climat change | wp | TNO | |
Les publications officielles du GIEC ont pour objet de proposer une synthèse des connaissances scientifiques. Ces synthèses comprennent les publications qui font l'unanimité et celles qui sont contestées par des scientifiques. Ces rapports sont le fruit d'un long débat qui aboutit à un consensus : l'approbation de la version finale du rapport par tous les scientifiques et tous les gouvernements faisant partie du GIEC (la quasi-totalité des pays du monde sont représentés et ont signé l'approbation de la version finale, y compris les États-Unis)[74].
L'affaire du « Climategate » (selon une dénomination journalistique qui l'a présenté comme un scandale scientifique, à l'instar du Watergate ou du Monicagate), dénommée plus prosaïquement « l'incident des courriels du Climatic Research Unit », est une affaire résultant de la divulgation, après un piratage en , d'un ensemble de courriels et de fichiers datés entre 1996 et le et attribués à des responsables du Climatic Research Unit (CRU) de l'Université d'East Anglia et à leurs correspondants[75]. Les accusations portaient sur la manipulation de données sur le réchauffement climatique. Ces recherches sur les changements climatiques naturels et anthropiques sont parmi les plus influentes et un certain nombre des correspondants concernés font partie de l'encadrement du GIEC, qui a dès lors été directement mêlé à l'affaire.
Le président du GIEC Rajendra Pachauri, aux moments des faits, a fait une déclaration annonçant que le « Climategate » ne pouvait rester ignoré et que le GIEC conduirait des investigations avant de prendre position[76]. Après six mois d'enquête, une commission indépendante, menée par le Pr Muir Russel, a écarté les soupçons sur les scientifiques britanniques accusés[77].
Un argument populaire concernant la prévision climatique, telle que peuvent l'effectuer les chercheurs du GIEC, est[78] : « comment peut-on prévoir le climat à long terme et pas le temps qu'il va faire dans cinq jours ? ».
Dans un document publié par le GIEC, la réponse est présentée dans ce sens :
« Si le temps et le climat sont étroitement liés, il s’agit en fait de réalités différentes. Défini comme l’état de l’atmosphère à un moment et en un lieu donné, le temps est susceptible de changer d’une heure à l’autre et d’un jour à l’autre. Le climat, pour sa part, se réfère généralement aux statistiques des conditions météorologiques sur une décennie ou plus. »
La prévision météorologique consiste donc à prévoir le temps qu’il fera sur une période précise (jour, semaine) et en un secteur donné (pays, région), tandis que l'étude du climat se propose de décrire et prévoir l'évolution à moyen et long terme de la distribution statistique des températures, des précipitations et des vents dans un secteur. Non seulement les valeur moyennes mais aussi les valeurs et phénomènes extrêmes (canicules, vagues de froid, sécheresses, pluies exceptionnelles, tornades, cyclones...) évalués en fréquence et intensité.
De plus, les modèles climatiques élaborés par les chercheurs du GIEC sont fondés sur des programmes informatiques très complexes. Ceux-ci effectuent des simulations en tenant compte des interactions entre l’atmosphère, les surfaces maritimes, la surface des terres émergées, la neige et la glace et l’ensemble de l'écosystème mondial[79].
Le troisième rapport du GIEC, en 1998, présente la reconstitution climatique du climatologue et géophysicien américain Michael E. Mann dite « MBH98 » et connue sous le nom de graphique en « crosse de hockey ».
Ce graphique était la première reconstitution de la température nord-hémisphérique durant les 1 000 dernières années ; il différait d'un premier rapport schématique qui montrait des températures plus élevées durant la période médiévale qu'aujourd'hui. La présence de MBH98 dans le TAR a largement contribué à démontrer que la période de réchauffement actuelle est inhabituelle en comparaison aux températures de 1000 à 1900, jusqu'à ce que la méthodologie utilisée pour produire ce graphique soit la cible de critiques[80],[81].
Lors de l'AR4, ces différentes critiques émises à l'encontre de la reconstitution de Mann ont été évaluées par le Groupe de travail I[82]. Cette réévaluation basée notamment sur l'ajout de nouvelles données paléoclimatiques rendues disponibles depuis le précédent rapport, aboutit à un graphique relativement similaire à celui de la crosse de hockey[83] dans lequel il apparaît, selon le texte du rapport, qu'« il est très probable que les températures moyennes dans l’hémisphère Nord ont été plus élevées pendant la seconde moitié du XXe siècle que durant n’importe quelle autre période de cinquante ans au cours des cinq derniers siècles et il est probable qu’elles ont été les plus élevées depuis 1 300 ans au moins ».
Bien que cette conclusion soit répétée dans le rapport de synthèse de l'AR4[84], le nouveau graphique, lui, n'y est pas repris.
En 2007, dans le résumé technique de son quatrième rapport, le groupe II du GIEC avait estimé que les glaciers de l'Himalaya reculaient plus vite que les autres glaciers du monde et « pourraient disparaître d'ici 2035, voire avant »[85]. Absent des travaux de synthèse du GIEC[86] et initialement peu repris dans les médias[87], ce chiffre sera mis en avant de façon alarmiste à la fin de l'année 2009, avec la perspective de la Conférence de Copenhague sur le climat et la médiatisation du thème du réchauffement climatique. Dès lors, plusieurs enquêtes journalistiques[88],[89] vont montrer que cette projection est erronée. Et finalement, le le GIEC publie un communiqué de presse qui reconnaît une erreur concernant ce point précis mais qui maintient l'intégralité des conclusions présentées par ailleurs dans les rapports de synthèse (notamment sur la fonte des glaciers)[90].
Le communiqué souligne aussi que cette erreur ponctuelle est le résultat d'une mauvaise application des règles de validation scientifique. En effet, cette date inexacte provient d'un rapport du WWF qui l'attribue erronément à une étude de la Commission internationale de la Neige et de la Glace alors qu'en réalité elle est issue d'un article du New Scientist[91], une revue de vulgarisation scientifique britannique qui ne fait pas l'objet d'une évaluation par les pairs comme c'est le cas pour les revues proprement scientifiques. La date de 2035 serait une coquille sur un chiffre plus réaliste mais controversé : 2350, date à laquelle le géographe russe Vladimir Kotlyakov a calculé que les glaciers extra-polaires pourraient avoir disparu à 80 % si le rythme du réchauffement se maintenait[92]. Fred Pearce, l'auteur du New Scientist, a de son côté confirmé que ce chiffre lui avait été donné lors d'une interview par un scientifique indien, Syed Hasnain, qui rédigeait à l'époque une étude sur la question qui resta non-publiée[89]. Après la finalisation du texte de 2007, mais avant sa publication officielle, cette erreur avait été signalée par Georg Kaser, glaciologue et membres du groupe I du GIEC mais trop tard, semble-t-il, pour être corrigée[93],[94].
Fin 2009, une étude du ministère indien de l'environnement et des forêts avait alimenté la controverse en critiquant la vitesse de fonte des glaciers himalayens suggérée par le rapport du GIEC et en niant la conclusion plus générale que ces glaciers fussent menacés par le réchauffement climatique[95]. Le président du GIEC, Rajendra Pachauri y avait d'abord répondu sévèrement, en reprochant à cette étude de n'avoir pas de solides bases scientifiques pour nier le rôle du réchauffement dans la fonte glaciaire[96]. Au mois de janvier suivant, un groupe de scientifiques, dont Georg Kaser, feront paraître une lettre pour rectifier le paragraphe incriminé du rapport du GIEC et expliquer l'origine de l'erreur concernant la date de 2035 tout en confirmant les conclusions générales[97]. Ces auteurs accréditent l'hypothèse d'une erreur de transcription de l'étude de ICSI par le fait que le texte mentionne que la surface des glaciers concernés passerait de 500 000 à 100 000 km2, ce qui ne peut correspondre à l'Himalaya dont les glaciers couvrent 33 000 km2.
Le , le président du GIEC de l'époque, Rajendra Kumar Pachauri, a reconnu lors d’une interview publiée par le journal The Australian que « le réchauffement global avait enregistré une « pause » de 17 ans. »
De nombreux climato-sceptiques ont interprété cette déclaration comme étant une supposée reconnaissance officielle de leur contestation. Lors de l'interview, le président du groupe a pourtant insisté sur le fait qu'il s'agissait d'un arrêt temporaire de la phase de réchauffement en ajoutant ce commentaire :
« Ce qui est tout à fait perceptible c’est que, au cours des cinquante dernières années, la tendance est à la hausse. Cela ne signifie pas qu’il n’y aura pas de haut et de bas – il y en aura –, mais ce dont il faut se soucier, c’est de la tendance, et elle est maintenant influencée dans une large mesure par l’activité humaine. »
En fait, selon l'organisation, les températures évoluent par paliers entraînant une certaine stabilité durant des périodes plus ou moins variables avant une nouvelle élévation brutale. Selon Rajendra Kumar Pachauri, ce palier de 17 années n'est pas suffisant dans sa durée pour remettre en question l’existence d’un réchauffement aux origines anthropiques[98],[99].
En 2017, de nouvelles études ont montré qu'une amélioration du modèle de forçage, du stockage de chaleur dans les océans, des variations naturelles et de données manquantes expliquaient ce "hiatus" et renforçaient encore la confiance en une cause anthropogénique du réchauffement [100]
Chandni Singh, chercheuse sur les changements climatiques en Inde et auteure principale du groupe de travail No 2 du GIEC, annonce que si elle n'a jamais été personnellement victime de discrimination déclarée au sein du GIEC, elle sait que des femmes chercheuses en sont victimes et déclare, en outre :
« J'ai régulièrement entendu des récits de collègues et de jeunes chercheuses qui ont du mal à naviguer sur le terrain avec une forte volonté et qui ont confiance en eux sans paraître trop autoritaires ou trop agressifs. »
L’observation de Chandni Singh est confirmée par l’étude du PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences) selon laquelle « un tiers des personnes interrogées ont indiqué que la garde des enfants et les responsabilités familiales étaient des obstacles à leur pleine participation aux travaux du GIEC »[101].
Selon certaines critiques ponctuelles, le GIEC, de par sa structure hybride scientifique soumis à la politique internationale, serait condamné à ne produire que des résultats scientifiques sujets à caution, remettant ainsi en compte la crédibilité même de l'organisme[102].
D'autres critiques considèrent que le GIEC soutiendrait, en raison de cette même interférence politique, une position de consensus a minima qui ne reflète que très partiellement l'état actuel de la recherche, et qu'il aurait tendance à sous-estimer les effets du réchauffement[103],[104].
En 2015, la parution du livre Climat investigation de Philippe Verdier qui veut, selon l'auteur, dénoncer les liens « entre scientifiques, politiques, lobbies économiques, ONG environnementales »[105] et qui entraînera le licenciement de ce journaliste du groupe France Télévision pour « manquement au devoir de réserve », provoque une polémique au niveau médiatique. Le journaliste français, qui n'est pas climatosceptique, estime pourtant que le GIEC « communiquerait mal », ce qui rendrait son discours « inaudible », précisant, en outre, que celui-ci « anéantit systématiquement les avis polémiques », alors que les avis du GIEC sont relus et souvent révisés par de nombreux chercheurs au sein d'un comité de lecture[106].
Le GIEC utilise des descriptions verbales de l'incertitude[107] :
« Les qualificatifs ci-après ont été utilisés pour indiquer la probabilité évaluée d’un résultat : quasiment certain (probabilité de 99 à 100 %), très probable (90 à 100 %), probable (66 à 100 %), à peu près aussi probable qu’improbable (33 à 66 %), improbable (0 à 33 %), très improbable (0 à 10 %), exceptionnellement improbable (0 à 1 %). La probabilité évaluée est indiquée en italique : par exemple très probable... D’autres qualificatifs peuvent également être utilisés le cas échéant : extrêmement probable (95 à 100 %), plus probable qu’improbable (> 50 à 100 %), plus improbable que probable (0 à < 50 %) et extrêmement improbable (0 à 5 %). Enfin, ce Rapport utilise également les expressions « fourchette probable » et « fourchette très probable » qui signifient que la probabilité évaluée d’un résultat se situe dans la fourchette de 17 à 83 % ou de 5 à 95 %. »
Une étude montre qu'il existe de grandes différences individuelles dans l'interprétation de ces descriptions verbales, selon les points de vue et croyances des personnes. Une double échelle (verbale-numérique) serait supérieure au mode de communication actuel[108].
Kari De Pryck est diplômée d'un master en relations internationales obtenu en 2012 à l'université libre de Bruxelles. Une de ses recherches personnelles consiste en l'étude de l'influence du climato-scepticisme sur l'opinion publique tchèque.
Dans son article publié sur le site ceriscope, elle évoque les fondements du GIEC et le fait que « cette organisation a dû, à plusieurs reprises, adapter ses procédures sous la pression d’actions internes et externes », en précisant également que « malgré une institutionnalisation très politique de la question climatique, le GIEC doit sa crédibilité à l’éminence de ses personnalités scientifiques », bien que la création de cet organisme soit une action purement politique[109].
Il s'agit, ci-dessous, d'ouvrages écrits par des membres du GIEC ou d'ouvrages collectifs comprenant parmi ses auteurs, un membre de ce groupement.
Il s'agit de liens présentant les synthèses des rapports du GIEC, traduits en français.