| Face B | La Ronde triste |
|---|---|
| Sortie | 16 octobre 1987 |
| Enregistré | Studio Méga, Paris |
| Durée | 3:50 |
| Genre | Variété française, Synthpop |
| Format | 45 tours, maxi 45 tours, maxi CD |
| Auteur | Mylène Farmer |
| Compositeur | Laurent Boutonnat |
| Producteur | Laurent Boutonnat |
| Édition |
Éditions Bertrand Le Page PolyGram Music |
| Label |
Polydor Universal Music |
Singles de Mylène Farmer
Pistes de Ainsi soit je...
Sans contrefaçon est une chanson de Mylène Farmer, écrite par Mylène Farmer et composée par Laurent Boutonnat. Ce titre, sorti le [1] est le premier extrait du deuxième album de la chanteuse, Ainsi soit je....
Cette chanson, dans laquelle Mylène Farmer aborde le thème du travestissement et de l'ambigüité du genre, a rencontré un énorme succès et reste, aujourd'hui encore, très populaire en France.
Un remix réalisé par le DJ italien JCA est également sorti en single en 2003 pour promouvoir l'album Remixes.
Durant l'été 1987, Mylène Farmer passe ses vacances dans une maison louée avec Laurent Boutonnat dans le sud de la France, à La Garde Freinet. Tandis que ce dernier travaille sur de nouvelles mélodies, la chanteuse invite la photographe Elsa Trillat, rencontrée quelques semaines plus tôt, à venir passer quelques jours avec eux. En 2005, Elsa Trillat confiera :
Alors que Mylène Farmer avait l'intention de proposer une reprise de Déshabillez-moi de Juliette Gréco comme prochain single, c'est finalement Sans contrefaçon qui sera choisie. La chanson est enregistrée en septembre à Paris, puis s'ensuit une séance photos avec Elsa Trillat, durant laquelle Farmer porte deux costumes à carreaux et à rayures. La chanteuse avait remarqué des costumes similaires en feuilletant le magazine Elle et avait confié à Bertrand Le Page, son manager, que c'est ce qu'elle souhaitait porter pour les visuels du single.
Sans contrefaçon sort en 45 tours le avec en face B La ronde triste, qui figurera sur l'album Ainsi soit je.... Mylène Farmer et Laurent Boutonnat travaillent ensuite sur le scénario du clip. Le , la chanteuse se fait mouler le visage afin de fabriquer la marionnette qui sera utilisée dans ce clip.
La chanson entre à la 21e place du Top 50 le et atteindra la deuxième place, son meilleur classement, le . Boys (Summertime Love), le hit de Sabrina, l'empêchera d'atteindre la première place. Sans contrefaçon se vendra à plus de 500 000 exemplaires et sera certifié disque d'or. C'est le premier single de Mylène Farmer qui bénéficie d'un CD Maxi. Mylène Farmer est d'alors l'une des premières artistes françaises à proposer ce support[2].
Deux remixes de la chanson réalisés par Laurent Boutonnat, le Boy Remix et le Girl Remix, seront proposés. Le Boy Remix figurera sur la compilation Dance Remixes sortie en 1992. En 2003, le DJ italien JCA propose un nouveau remix qui sortira en single et sera inclus à la compilation RemixeS.
Le clip raconte l'histoire d'un petit pantin désarticulé et de son marionnettiste (Frédéric Lagache). Chassés d'un cabaret dans lequel ils donnaient des représentations des Aventures de Sans Contrefaçon, ils errent dans un paysage sombre et pluvieux avant d'arriver au sein d'un cirque lugubre, Giorgino Circus, peuplé de clowns tristes et inquiétants. Une mystérieuse femme vivant dans ce cirque (Zouc, que Mylène Farmer a rencontrée le lors de l'émission Mon zénith à moi sur Canal+) donnera vie à la marionnette sous les traits d'une jeune femme dont le marionnettiste tombera éperdument amoureux. Malheureusement, la séparation d'avec cette femme mettra fin à cette magique métamorphose. "Mylène" redeviendra une simple marionnette sans vie, au désespoir du ventriloque.
Le clip, réalisé par Laurent Boutonnat, a été tourné sur la plage de la Hague, près de Cherbourg, en . La marionnette a été réalisée par Benoît Lestang, qui réalisera le clip de Q.I. en 2005.
Si la référence au conte de Carlo Collodi, Pinocchio, semble évidente, l'ambiance est inspirée du Petit Cirque de Fred, une bande-dessinée noire et sinistre[3]. Mylène Farmer aurait d'abord envisagé de tourner le clip dans un camp de concentration.
Le clip a été diffusé en avant-première en au cinéma Max Linder, à Paris. Il sera nommé aux Victoires de la musique en tant que "Meilleur clip de l'année".
Sans contrefaçon atteint la 2e place du Top 50 en 1988. Il est certifié disque d'or pour plus de 500 000 ventes en France.
En 2018, Sans contrefaçon atteint à nouveau la 2e place des ventes de singles en France suite à la réédition du Maxi 45 tours par Universal.
| Classement (1987-1988) | Meilleure position |
|---|---|
| 46 | |
| 19 | |
| Europe (Ventes)[6] | 9 |
| Europe (Radios)[7] | 25 |
| 2 | |
| 1 | |
| 1 | |
| 7 |
| Classement (2018) | Meilleure position |
|---|---|
| 2 |
C'est en 1987 que Mylène Farmer commence à s'attirer les faveurs de la communauté homosexuelle, grâce à son androgynie dans le clip, ainsi que son look titi parisien à la Francisque Poulbot. L'homosexualité, sans être directement citée, a une omniprésence latente dans les paroles de la chanson, qui font notamment référence au Chevalier d’Éon, espion du XVIIIe siècle connu pour se travestir en femme et qui fut condamné par Louis XVI à terminer sa vie sous l'identité d'une femme.
Dès sa sortie, les remixes de Sans contrefaçon font fureur dans les clubs gays, et c'est encore le cas de nos jours.
Sans contrefaçon est la chanson-phare du film Pédale douce de Gabriel Aghion. Elle ouvre et conclut l'histoire, reprise en chœur par Fanny Ardant, Patrick Timsit et Richard Berry. Gabriel Aghion nommera par la suite sa maison de production Sans Contrefaçon Productions.
En 1996, Mylène Farmer interprète cette chanson sur scène, entourée de drag-queens juchées sur des talons compensés.
Depuis les années 2000, l'impact de la chanson a été remis en lumière dans le cadre des études de genre et des recherches féministes[12], notamment au Québec[13] et en France[14]. En 2005, Maud-Yeuse Thomas et Karine Espineira de l'Observatoire des transidentités[15] et créatrices des Cahiers de la Transidentité fondent l'association Sans Contrefaçon.
Contrairement à Comme un garçon de Sylvie Vartan, la chanson Sans contrefaçon renvoie effectivement au combat des premières féministes. Pour elles, s'habiller en homme n'était pas un travestissement, mais une partie de leur identité, dans leur profession comme la vitrailliste Marguerite Huré, ou tout simplement dans leur vie de femme, comme ce fut le cas pour la psychiatre Madeleine Pelletier, la photographe Claude Cahun (dont les œuvres androgynes et les écrits, sous le pseudonyme le soldat anonyme, ont été détruites par les nazis)[16] ou l'écrivaine Eva Kotchever, appelée Queen of the 3rd sex à Greenwich Village et assassinée à Auschwitz en 1943[17].
Le thème de la résistance dans les camps de concentration sera d'ailleurs abordé quatre ans plus tard par Mylène Farmer, dans le clip Désenchantée où elle arbore également des vêtements masculins.
Mylène Farmer a interprété 16 fois Sans contrefaçon à la télévision, de à . Pour la plupart de ses prestations, la chanteuse porte des costumes à carreaux ou à rayures. Pour le casting des deux danseurs (Salvatore Caputo et Charly Degrelle), que Farmer souhaitait « très juvéniles »[18], elle sera assistée de Sophie Tellier, qui jouait sa rivale dans le clip de Libertine.
C'est la seule chanson que Mylène Farmer a interprétée lors de chacun de ses concerts.
En 1989, la chanteuse l'interprète vêtue d'un costume à carreaux noirs et blancs et d'une casquette assortis.
En 1996, elle porte un peignoir rouge et est accompagnée de danseurs portant des perruques colorées et des chaussures à semelles compensées.
En 2000, un refrain de la chanson est inclus dans un medley avec Maman a tort, Libertine et Pourvu qu'elles soient douces.
En 2006, Mylène Farmer propose une version réorchestrée du titre, avec une batterie plus puissante. Elle porte une tenue noire à plumes avec un chapeau haut-de-forme, tandis que les danseuses portent des vestes à carreaux colorées.
En 2009, le titre est à nouveau réorchestré par Yvan Cassar, dans une version plus rock, et les danseurs portent des tutus créés par Jean-Paul Gaultier.
Quatre ans plus tard, une version "martiale" aux accents asiatiques est proposée lors du concert Timeless 2013.
En 2019, elle propose une version plus dépouillée, qui monte crescendo.