Jean Guillou
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Jean Guillou en 2014
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Jean Victor Arthur Guillou
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Jean Victor Arthur Guillou, né le à Angers (France) et mort le à Paris[1], est un organiste, pianiste, compositeur et improvisateur français[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Guillou et Krystyna Szostek-Radkowa (pl) lors de la première parisienne de Judith, symphonie pour mezzo-soprano et orchestre, op. 21, en février 1971.
Les grandes orgues de Saint-Eustache à Paris.

Né le à Angers, Jean Guillou y est, dès l’âge de 12 ans, titulaire de l’orgue de l’église Saint-Serge.

Il fait ses études au Conservatoire national de musique de Paris où il fut l’élève de Marcel Dupré (orgue), Maurice Duruflé (harmonie) et Olivier Messiaen (analyse)[3]. Dès 1955, il est nommé professeur d’orgue et de composition à l’Instituto di Musica Sacra de Lisbonne. Il s’installe ensuite à Berlin en 1958, pour revenir enfin à Paris où il succède à André Marchal comme titulaire des grandes orgues de l'église Saint-Eustache en 1963[4]. En 1976, il est à l'orgue pour l'enregistrement du Te Deum de Berlioz sous la direction de Daniel Barenboim, puis de la troisième symphonie de Camille Saint-Saëns en 1984 sous la direction de Edo de Waart.

Après 52 ans de service bénévole, seulement interrompu entre 1977 et 1989 pour les travaux de construction du nouvel orgue, il a été nommé par la paroisse « Organiste titulaire émérite » le [5]. Il aura souvent joué les dimanches à Saint-Eustache, jusqu'à la Semaine sainte de 2015 (il est alors âgé de 85 ans).

Sa carrière de concertiste virtuose le conduit à donner des récitals d'orgue et aussi de piano dans le monde entier. C’est ainsi qu’il est l'interprète, entre autres, des sonates pour piano de Julius Reubke, de Franz Liszt ainsi que ses propres œuvres. Il a aussi inauguré le piano-pédalier « Borgato » en 2002, ayant donné lieu à l'édition d'un CD chez Universal-Philips.

Jean Guillou - qui avait donné son dernier concert le à Munich - meurt le à Paris. Ses obsèques ont lieu le suivant à la cathédrale Notre-Dame de Paris[6]. Il est enterré au Cimetière du Père-Lachaise (chemin du Quinconce)[7].

Compositeur[modifier | modifier le code]

Comme compositeur, il faut signaler en particulier, parmi sa centaine d'œuvres, celles pour orgue, telles que la Toccata (op. 9 de 1962), La Chapelle des abîmes (op. 26 de 1973), les Scènes d’enfant (op. 28 de 1974), Hypérion ou la Rhétorique du feu (op. 45 de 1988) et Regard (op. 77 de 2011). Il a écrit également de la musique de chambre, des œuvres pour orchestre, dont la monumentale Judith-Symphonie, ainsi que pour instruments solistes (trompette, marimba, flûte, violon, flûte de Pan, clarinette…) et orgue parmi lesquelles Alice au Pays de l'Orgue, les 10 Colloques, ses 8 Concertos pour Orgue et Orchestre parmi lesquels le Concerto 2000 et aussi la Révolte des Orgues pour 8 Orgues positifs, un grand orgue, des percussions et un chef, composition qui, après de multiples représentations dans des églises en Europe depuis sa création en 2007, a été jouée dans les philharmonies de Munich, de Cologne et de Berlin en 2011 et 2012, dans le grand auditorium de Tenerife en 2015 et à l'Philharmonie de l'Elbe à Hambourg en 2018. La grande partie de son œuvre musicale est publiée par Schott Music. Sa discographie consiste en plus de 100 volumes, publiés pour l'essentiel par Universal-Philips-Decca, Festivo, Dorian et Augure.

Écrivain[modifier | modifier le code]

En 2012 ses œuvres littéraires sont publiées sous le titre La Musique et le Geste (Éditions Beauchesne, Paris) et en 2014 ses poèmes sont publiés dans le recueil Le Visiteur (éd. Ch. Chomant, Rouen) qui sera suivi en 2018, chez le même éditeur, d'une nouvelle édition bilingue français-italien avec le titre Il Visitatore. En 2018 il signe la préface de son dernier ouvrage, Esprit de Suite, publié en par Beauchesne. Organologue, il est l’auteur du livre L’orgue, souvenir et avenir, ouvrage qui, en 2010, en est à sa quatrième édition depuis 1978 et a été traduit en allemand et en italien (2011). Son propos vise en particulier à promouvoir la construction d’orgues plus poétiques et d’une expression riche et diversifiée.

Concepteur d'orgues[modifier | modifier le code]

La salle de la Tonhalle et son orgue.

Il est à l’origine de la conception de nombreux orgues tels que ceux de Notre-Dame des Neiges à l'Alpe d'Huez (Kleuker, 1978), de Notre-Dame des Grâces au Chant d'Oiseau à Bruxelles (Kleuker, 1981), de la Tonhalle à Zurich (Kleuker-Steimayer, 1984) qui sera réinstallé dans la cathédrale de Capodistria (Koper) en Slovénie en 2020, du Conservatoire de Naples (Tamburini/Zanin, 1987-2007), de l’Auditorio de Tenerife à Santa Cruz (Blancafort, 2004), de S. Antonio dei Portoghesi à Rome (Mascioni, 2008) et de la cathédrale de Léon (Klais, 2013). Il est le concepteur d'un orgue, dit à « structure variable », consistant en une console qui commande 15 buffets mobiles qu'il est possible de transporter et de placer en quelques heures dans n'importe quel espace laïc ou religieux. C'est à sa demande et avec ses conseils qu'a été installée à Saint Eustache, une console annexe permettant à l’organiste de jouer dans la nef au milieu du public[8].

Enseignant[modifier | modifier le code]

Il a tenu des classes de maître (master classes) à travers le monde jusqu'en 2018 et il a donné chaque année, de 1970 à 2005, des cours d’interprétation et d’improvisation à l'International Meister Kursus de Zurich. Parmi ses élèves figure Silvio Celeghin.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récipiendaire de nombreux prix, en il a été nommé chevalier de la Légion d'honneur, distinction qu'il a refusée[9],[10]. Le maire de l'Alpe d'Huez, Jean-Yves Noyrey, lui a remis la médaille de la ville le , à l'occasion de l'inauguration de la rénovation de son fameux orgue en forme de main, qu'il avait conçu et inauguré en 1978, manifestation organisée par l'association Notre-Dame des Neiges de l'Alpe d'Huez.

Le , il a été nommé professeur honoris causa de la Hochschule für Musik de la Sarre.

Le au cours d'une cérémonie en la cathédrale de Southwark à Londres il a reçu la RCO Medal, la plus haute distinction du Royal College of Organists (en).

Médaille de la Monnaie de Paris[modifier | modifier le code]

Revers de la médaille de Jean Guillou par la Monnaie de Paris, 1976

En hommage à Jean Guillou, la Monnaie de Paris a réalisé en 1976 une médaille à son effigie.

Au droit, on retrouve son nom « JEAN GUILLOU » accompagné de son visage de profil tourné à gauche, les yeux fermés. Au revers, un homme nu debout, portant ses mains à sa bouche pour lancer un cri et entouré des inscriptions « LATENCES • MUSIQUE - CRI • INDICIBLES ». Le motif a été réalisé en 1974 par le graveur Félix Schivo dont le monogramme « FS » est visible entre les jambes au revers. La tranche est lisse et porte les inscriptions « 1976 » et plus loin, le poinçon en forme de corne d'abondance (cornucopia) de la Monnaie de Paris suivi de « BRONZE ». La médaille est en bronze massif avec un poids de 340 grammes, un diamètre de 73 mm et une orientation à 12 heures.

Compositions[modifier | modifier le code]

Orgue seul[modifier | modifier le code]

Orgue et autres instruments[modifier | modifier le code]

Orgue et Orchestre[modifier | modifier le code]

Piano et Orchestre[modifier | modifier le code]

Orchestre[modifier | modifier le code]

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

Piano seul[modifier | modifier le code]

Œuvres vocales[modifier | modifier le code]

Œuvres diverses[modifier | modifier le code]

Transcriptions pour orgue[modifier | modifier le code]

Improvisations[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L'organiste et compositeur français Jean Guillou est décédé », sur Le Point, (consulté le 27 janvier 2019).
  2. Renaud Machart, « L’organiste de renommée internationale Jean Guillou est mort », Le Monde, 27 janvier 2019.Inscription nécessaire
  3. Agence France-Presse, « L'organiste Jean Guillou est mort », sur LeFigaro.fr, (consulté le 10 février 2019).
  4. « L'organiste Jean Guillou est mort », France Musique, 27 janvier 2019.
  5. « Grand Orgue », sur Site de la paroisse Saint-Eustache (consulté le 20 février 2021).
  6. « Décès de Maître Jean Guillou », sur Paroisse Saint-Eustache de Paris, (consulté le 3 février 2019).
  7. « Cérémonie d’inhumation de Jean Guillou », sur Blog Tomasz Cichawa, (consulté le 30 avril 2019).
  8. Eric Le Mitouard, « Paris : Jean Guillou, l’organiste de Saint-Eustache, est décédé », sur Leparisien.fr, (consulté le 10 février 2019).
  9. « à l'heure où la musique dite savante ou classique voit sa place diminuée par toutes les instances officielles [...] découvrant avec stupeur son nom parmi la promotion du 14 juillet de la Légion d'honneur », le musicien, nommé chevalier, « a pris la décision de refuser cette distinction qu'il n'a jamais sollicitée » (Libération du 19 juillet 2010 citant AUGURE, porte-parole de Jean Guillou).
  10. Le Point magazine, « L'organiste et compositeur Jean Guillou refuse la Légion d'honneur », sur Le Point, (consulté le 24 avril 2021)