Fanfan la Tulipe est une chanson écrite par le chansonnier et goguettier français Émile Debraux en 1819 sur un air populaire anonyme du XVIIIe siècle (Titre original : Marche des Grenadiers)[réf. souhaitée].
Cette chanson est à l'origine du personnage de Fanfan la Tulipe, qui est devenu par la suite le héros de pièces de théâtres, d'opérettes ou de films.
Elle a ainsi inspiré une pièce de théâtre à Paul Meurice en 1859 et à Edmond Lepelletier en 1896, une opérette à Louis Varney en 1882, un roman et un scénario de Pierre-Gilles Veber et un film de René Leprince en 1925, un film de Christian-Jaque, Fanfan la Tulipe, sorti en 1952. Un remake de ce film, réalisé par Gérard Krawczyk, est sorti en 2003.
- I
- Comme l'mari d'notre mère
- Doit toujours s'app'ler papa,
- Je vous dirai que mon père
- Un certain jour me happa,
- Puis me m'nant jusqu'au bas de la rampe
- M'dit ces mots qui m'mirent tout sens d'ssus d'ssous :
- J'te dirai, ma foi,
- Qui gnia plus pour toi
- Rien chez nous,
- V'là cinq sous,
- Et décampe.
- Refrain
- En avant,
- Fanfan la Tulipe,
- Oui, mill' noms d'un' pipe,
- En avant !
- II
- Puisqu'il est d'fait qu'un jeune homme,
- Quand il a cinq sous vaillant,
- Peut aller d'Paris à Rome,
- Je partis en sautillant.
- L'premier jour j'trottais comme un ange
- Mais l'lend'main je mourais quasi d'faim.
- Un r'cruteur passa
- Qui me proposa,
- Pas d'orgueil,
- J'm'en bats l'œil,
- Faut que j'mange
- III
- Quand j'entendis la mitraille,
- Comm' je r'grettais mes foyers !
- Mais quand j'vis à la bataille
- Marcher nos vieux grenadiers ;
- Un instant nous somm's toujours ensemble,
- Ventrebleu ! me dis-je alors tout bas :
- Allons, mon enfant,
- Mon petit Fanfan,
- Vite au pas,
- Qu'on n'dis' pas
- Que tu trembles
- IV
- En vrai soldat de la garde,
- Quand les feux étaient cessés,
- Sans r'garder à la cocarde,
- J'tendais la main aux blessés ;
- D'insulter des hommes vivant encore
- Quand j'voyais des lâches se faire un jeu,
- Quoi ! Mille ventrebleu !
- Devant moi, morbleu !
- J'souffrirais
- Qu'un Français
- S'déshonore !
- V
- Vingt ans soldat, vaill' que vaille,
- Quoiqu'au d'voir toujours soumis,
- Un' fois hors du champ d'bataille
- J'n'ai jamais connu d'enn'mis.
- Des vaincus la touchante prière
- M'fit toujours voler à leur secours ;
- P'têt' c'que j'fais pour eux,
- Les malheureux
- L'f'ront un jour
- A leur tour
- Pour ma mère
- VI
- A plus d'un' gentill' friponne
- Maintes fois j'ai fais la cour,
- Mais toujours à la dragonne,
- C'est vraiment l'chemin l'plus court.
- Et j'disais quand un'fille un peu fière
- Sur l'honneur se mettait à dada :
- N'tremblons pas pour ça,
- Ces vertus-là
- Tôt ou tard
- Finiss'nt par
- S'laisser faire.
- VII
- Mon père, dans l'infortune,
- M'app'la pour le protéger ;
- Si j'avais eu d'la rancune,
- Quel moment pour me venger !
- Mais un franc et loyal militaire
- D'ses parents doit toujours être l'appui :
- Si j'n'avais eu qu'lui
- Je s'rais aujourd'hui
- Mort de faim ;
- Mais enfin
- C'est mon père.
- VIII
- Maintenant je me repose
- Sous le chaume hospitalier
- Et j'y cultive la rose,
- Sans négliger le laurier,
- D'mon armur' je détache la rouille.
- Si le Roi m'app'lait dans les combats,
- De nos jeun's soldats
- Guidant les pas,
- J'm'écrierais :
- J'suis français !
- Qui touch' mouille.
- Frédéric Chaleil, Fanfan la Tulipe, de la musique au cinéma, Paris, Éditions de Paris, 2003, 88 p.
- Marche des Grenadiers "Fanfan la Tulipe" : Au son du Fifre (cahier n° 4), éditions Pierre Lafitan.