Grażyna Bacewicz naît à Łódź. Son père Vincas Bacevičius et son frère Vytautas, aussi compositeurs, ayant la nationalité lituanienne, portent le nom de Bacevičius. C'est son père qui lui donne ses premières leçons de piano et de violon. En 1928, elle entre au conservatoire de Varsovie, où elle étudie le violon avec Józef Jarzębski, le piano avec Józef Turczyński[1] et la composition avec Kazimierz Sikorski. Parallèlement, elle étudie la philosophie à l'Université de Varsovie[1]. Elle obtient en 1932 ses diplômes en violon et composition.
Buste de Grażyna Bacewicz sur l'allée de la Renommée à Kielce en Pologne.
Après avoir reçu une bourse accordée par Ignacy Jan Paderewski, elle poursuit sa formation à Paris, à l'École normale de musique de 1932 à 1933, avec Nadia Boulanger (composition) et André Touret (violon). Elle retourne brièvement en Pologne pour enseigner à Łódź. En 1934, elle revient en France pour étudier auprès du violoniste hongrois Carl Flesch, de passage à Paris.
Ses études terminées, Bacewicz a eu une grande activité musicale comme soliste, compositrice, membre de jury. De 1936 à 1938, à la demande de Grzegorz Fitelberg, son chef d'orchestre, elle est premier violon de l'orchestre de la radio polonaise. Ce poste lui donne l'occasion de faire entendre une série de ses compositions.
Grażyna Bacewicz a consacré du temps à sa vie de famille. Elle s'est mariée en 1936 et donné naissance à une fille, Alina Biernacka, qui est devenue un peintre reconnue.
Durant la Seconde Guerre mondiale, elle vit à Varsovie, continuant à composer et donnant des concerts en secret.
Après la guerre, elle obtient un poste de professeure au conservatoire d'État de musique à Łódź. Son activité musicale se centre sur la composition, encouragée par de nombreux prix et commandes. En 1946, elle interprète aux Concerts Lamoureux, le Concerto pour violon no 1 de Szymanowski à Paris, sous la direction de Paul Kletzki. Son activité de pianiste est sous-estimée, puisqu'elle[Quoi ?] a été une notable interprète de sa propre seconde sonate pour piano[1] (1953).
Finalement, elle se retire de la scène pour la composition, devenue sa seule occupation en 1954, après qu'elle a été sérieusement blessée dans un accident de voiture. Elle meurt à Varsovie en 1969.
Bacewicz est aussi l'autrice de nouvelles, romans et textes autobiographiques[1]. Elle avait une personnalité modeste et parlait peu de ses compositions, excepté durant les trois dernières années de son enseignement au conservatoire[1].
Grażyna Bacewicz était considérée par Witold Lutosławski comme « une éminente compositrice polonaise du vingtième siècle et l’une des plus grandes femmes compositeurs de tous les temps. »
Grażyna Bacewicz a laissé plus de 200 compositions essentiellement instrumentales, sauf quelques rares œuvres pour la scène. Le style a évolué d'un néo-classicisme teinté de musique populaire (1932–1944). Peu d'œuvres de cette époque ayant été publiées, mais le Quintette à vent (1932) est le plus représentatif du genre[1]. La période de la guerre montre une grande énergie.
La période suivante (1945–1959) accentue le caractère très personnel des productions avec une proximité avec le langage de Szymanowski (malgré les contraintes du réalisme socialiste, imposées entre 1949 et 1954[1]). C'est de cette période que datent les grandes œuvres symphoniques comme la Troisième symphonie, le Concerto pour orchestre à cordes et le Troisième quatuor à cordes.
L'idiome de Bacewicz évolue jusqu'à la nouvelle musique (1960–1969)[1], notamment dans le cadre du sérialisme[2] (Quatuor à cordes no 6). La dernière période est marquée par des auto-emprunts et l'incertitude quant à l'orientation qu'elle pouvait prendre[1].
Quintette pour flûte, hautbois, clarinette, Basson et cor (1932) - 1er Prix au Concours de la Société "Aide aux femmes de professions libres", Paris, 1933
Trio pour hautbois, violon et violoncelle (1935)
Sonate pour hautbois et piano (1937)
Trio pour hautbois, clarinette et basson (1948)
Suite pour deux violons (1943) - premier at an underground concert in Warsaw
Sonate pour violon et piano no 4 (1949). Dédié à son frère, Kiejstut Bacewicz.
Sonate pour violon et piano no 5 (1951)
Partita, pour violon et piano (1955) Création à Varsovie, par la compositrice et Kiejstut Bacewicz. L'œuvre est présentée aussi sous sa forme pour orchestre.
Concerto pour orchestre à cordes (1948). Prix de l'État polonais, 1950
Muzyka na smyczki, trąbki i perkusję / Musique pour cordes, trompettes et percussion (1958). Troisième prix, Tribune internationale (UNESCO), Paris 1960.
Concertono 1 pour violon et orchestre (1937). Création, le par la compositrice, avec l’Orchestre de la Radio polonaise, dirigé par Grzegorz Fitelberg.
Concerto no 2 pour violon et orchestre (1945). Création à Łódź, le par la compositrice, avec l’Orchestre philharmonique de Łódź, sous la direction de Tomasz Kiesewetter.
Concerto no 3 pour violon et orchestre « Montagne » (1948). Création le , par la compositrice, avec l’Orchestre philharmonique de la Baltique, dirigé par Stefan Śledziński. Prix du ministère de la culture polonaise, 1955. Le sous-titre « Montagne » parfois donné, est tiré des mélodies traditionnelles des régions montagneuses du Sud de la Pologne, citées dans l'œuvre.
Concerto pour piano et orchestre (1949) - 2e prix, Concours Chopin de composition, Varsovie, 1949
Concerto no 4 pour violon et orchestre (1951). Création à Cracovie, le par la compositrice, avec l’Orchestre philharmonique, dirigé par Bohdan Wodiczko(pl).
Concerto no 6 pour violon et orchestre (1957, en manuscrit)
Concerto no 7 pour violon et orchestre (1965). Création à Bruxelles, le , par le violoniste espagnol Agustín León Ara, avec l’Orchestre symphonique de la Radio belge, dirigé par Daniel Sternefeld. Médaille d'or du gouvernement de Belgique - Concours musical international Reine-Élisabeth de Belgique, Bruxelles, 1965.
Concerto pour deux pianos et orchestre (1966)
Concerto pour alto et orchestre (1968)
Concerto no 1 pour violoncelle et orchestre (1951)
Concerto no 2 pour violoncelle et orchestre (1963)
Olympic Cantata (1948) pour chœur et orchestre - Mention, International Olympic Arts Competition, London, 1948; Polish State Prize, 1948. d'après la comédie du XVIIe siècle de Piotr Baryka.
Quintettes avec piano nos 1 & 2, Sonate pour piano no 2 - Kaja Danczowska, Agata Szymczewska, violons ; Ryszard Groblewski, alto ; Rafał Kwiatkowski, violoncelle ; Krystian Zimerman, piano (, DG 4778332) (OCLC711700893)
Quatuors à cordes nos 1, 3, 6, 7 - Quatuor Lutosławski (15-/11-, Naxos 8.572806)
Quatuors à cordes nos 2, 4, 5 - Quatuor Lutosławski (11-, Naxos 8.572807)
(en) J. Rosen, Grażyna Bacewicz: her Life and Works. Los Angeles, 1984
(en) Adrian Thomas, Grażyna Bacewicz : chamber and orchestral music, Los Angeles, Friends of Polish Music, University of Southern California School of Music, coll. « Polish music history series » (no 3), , 128 p. (ISBN0916545032, OCLC12419764, notice BnF noFRBNF41260282)
(de) S. Wittig, Die Kompositionstechnik der letzen Schaffensperiode Grażyna Bacewiczs, Dans : Jeder nach seiner Fasson, éd. Université Liedtke, Saarbrücke, 1997, p. 65–104
(en) Adrian Thomas, The New Grove Dictionary of Music and Musicians (édité par Stanley Sadie) : Bacewicz, Grażyna, Londres, Macmillan, seconde édition, 29 vols. 2001, 25000 p. (ISBN9780195170672, lire en ligne)