Angelo Branduardi est né le dans une petite ville de la province de Milan, Cuggiono. Sa famille s'installe rapidement à Gênes où il étudie le violon au conservatoire Niccolò Paganini, avant d'être engagé comme soliste dans l'orchestre du Conservatoire[1]. Plus tard, la famille d'Angelo Branduardi déménage à Milan, où il rencontre le poète italien Franco Fortini[2].
Il s'inscrit d'abord à l'Institut technique du tourisme puis suit des cours de philosophie à l’università Statale[3] et commence simultanément à composer des chansons. Au début des années 1970, Angelo Branduardi rencontre Luisa Zappa qui écrit la plupart des textes de ses chansons, et devient sa femme[1].
Multi-instrumentiste (il a lui-même enregistré l'ensemble des instruments pour la musique du film Secondo Ponzio Pilato en 1988[4]), il chante et il joue notamment du violon et de la guitare.
L'artiste enregistre son premier album Branduardi en 1974 en collaboration avec Paul Buckmaster ; avec ses ritournelles, ses berceuses et ses danses populaires, le succès et la reconnaissance viennent à la fin des années 1970. Sa musique est généralement décrite comme une sorte de folk-rock d'influence médiévale[5].
Jeux de lumières à l'Olympia (Paris, 31 mars 2015).
Il interprète en plusieurs langues — italien, français, anglais, espagnol, langues anciennes — les textes de Serge Essenine, François d'Assise et consacre un album complet à William Butler Yeats, poète irlandais. Par ailleurs Angelo Branduardi s'est associé à plusieurs reprises aux œuvres du compositeur français Alan Simon (Le petit Arthur, Excalibur, la légende des celtes, Gaia[6]). Les paroles de ses albums en français sont pour la plupart signées Étienne Roda-Gil[7]. Branduardi a toutefois confié l'adaptation en français de certaines de ses chansons à Pierre Grosz, Serge Sauvé ou Georges Moustaki[8]. Lors d'une interview accordée le , Angelo Branduardi confie « qu'il y avait peu de chances aujourd’hui pour qu’il chante d’autres chansons en français après la mort d’Étienne Roda-Gil[9] », survenue en mai 2004. En 2015, toutefois, un album en français, Angelo Branduardi en français - Best of, contient deux inédits dont l'adaptation française est réalisée par Carla Bruni[10].
Musicien sans concession[11], il a souvent fui le devant de la scène pour écrire des musiques de films, enregistrer de la musique ancienne (œuvres de Giorgio Mainerio)[5]. Éternel amateur, il est présenté comme l'un des derniers troubadours[12],[Note 1].
Angelo Branduardi privilégie l'émotion à la technique pure d'écriture. Il le précise lui-même dans une interview[18] : « Carl Orff a écrit une méthode pour apprendre la musique qui disait à peu près ceci : à chaque note correspond une image. Si tu joues trois notes (une grave, une aiguë, une grave) et que tu demandes à un enfant de dessiner, il dessinera une montagne. Moi, je procède de la même manière. J’ai un son et je lui associe une idée, que ma femme traduit en paroles. »
Si Branduardi qualifie sa musique de « spirituelle », c'est parce qu'il souhaite qu'elle conduise l'auditeur dans une sorte de « voyage intérieur » ; elle semble pourtant simple et c'est peut-être ce qui la rend accessible[19].
↑Angelo Branduardi introduit fréquemment ses concerts par un petit monologue commençant par ces mots : « Io sono il trovatore (Je suis le troubadour)... »
↑(it) Luigi Magni et Marina Piccone, Conversazione con Luigi Magni : La vita, il cinema, la politica, Effepi Libri, , 117 p. (ISBN978-88-6002-013-0, présentation en ligne), p. 62-63.