Pierre Bernac
Description de l'image Pierre-Bernac-1968.jpg.
Nom de naissance Pierre Louis Bertin
Naissance
Paris 9e
Décès (à 80 ans)
Villeneuve-lès-Avignon (Gard)
Activité principale Artiste lyrique
Baryton Martin

Pierre Bernac, nom de scène de Pierre Bertin[1], est un chanteur classique français, baryton léger ou baryton Martin[2], né le dans le 9e arrondissement de Paris[3] et mort le à Villeneuve-lès-Avignon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans un milieu bourgeois financier, Pierre Bernac, conformément à la volonté de son père, travaille dans une banque puis dans une bijouterie. Il commence à travailler sérieusement le chant à partir de 1916. En 1921, il commence sa carrière en participant aux représentations musicales et théâtrales de La Petite sirène, dirigée par Béclart d'Harcourt. Il interprète en récital les mélodies de Gabriel Fauré[4], Ernest Chausson, Emmanuel Chabrier, Claude Debussy et Maurice Ravel. Il chante aussi des oratorios et cantates.

En 1922 Bernac est remarqué par André Caplet, qui le prend comme élève et lui demande de créer ses mélodies.

Par la suite, il se rend en Autriche pour suivre l'enseignement Rheinhold von Warlich, qui aura sur lui une profonde influence.

En 1926 Francis Poulenc[5] demande à Bernac de créer les Chansons gaillardes qu'il vient de composer. C'est plus tard, au festival de Salzbourg, que s'établit entre eux une collaboration qui durera vingt-cinq ans.

En 1934-1935 Bernac, conscient des qualités et des caractéristiques de sa voix, oriente sa carrière vers le récital de mélodies et de lieder afin de se perfectionner. C'est ponctuellement qu'il se produit dans l'opéra (il chantera Pelléas et Mélisande en 1933 à Paris, au Théâtre des Champs-Élysées, sous la direction de Walther Straram, puis en 1936 à Genève, sous la direction d'Ernest Ansermet).

Quoique venu à la musique relativement tard, Bernac s'affirma comme l'un des meilleurs interprètes de la mélodie française et fut un professeur renommé, avec notamment comme élèves Gérard Souzay, Bernard Kruysen, Jean-Paul Jeannotte, Bruno Laplante, Marcel Allard, Elly Ameling et Jessye Norman, Margreet Honig, Michel Piquemal, Gerda Hartmann et Mattiwilda Dobbs[6]. Il fut par ailleurs un remarquable interprète de lieder.

Francis Poulenc et Pierre Bernac[modifier | modifier le code]

Comme on l'a dit, Poulenc avait proposé en 1926 à Bernac de créer ses Chansons gaillardes. Huit ans plus tard, Bernac retrouve par hasard Poulenc à Salzbourg. Le chanteur, qui cherche alors un pianiste, demande à Poulenc de l'accompagner dans un récital d'œuvres de Debussy. Le succès amène Bernac à donner de nombreux concerts avec au piano Poulenc, devenu entre temps son ami. Leur collaboration durera de 1934 à 1959[7]. D'autres compositeurs français ont aussi écrit pour Bernac, par exemple André Jolivet, Henri Sauguet et Jean Françaix.

Poulenc, à qui on demandait un jour « Qui vous a le mieux chanté ? », répondit : « Jane Bathori pour mes premières mélodies, Marya Freund et Claire Croiza pour Le Bestiaire, Suzanne Peignot pour les Airs chantés et les Cinq poèmes de Max Jacob, Suzanne Balguerie pour Les Fiançailles pour rire, Madeleine Grey (souvent dans des mélodies paradoxalement peu faites pour elle), Gérard Souzay (Priez pour paix, Le Portrait) et… pour le reste, Pierre Bernac, bien entendu. »[réf. nécessaire]

Discographie[modifier | modifier le code]

Avec Pierre Bernac baryton et Francis Poulenc comme accompagnateur au piano :

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ne pas confondre avec l'acteur Pierre Bertin.
  2. Entre le baryton et le ténor.
  3. État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970
  4. « Après un rêve (Gabriel Fauré) Pierre Bernac, Jean Doyen, piano », sur Bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris (consulté le 8 décembre 2017).
  5. C'était un membre de ce qu'on a appelé le Groupe des six, lequel comprenait Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Germaine Tailleferre et lui-même.
  6. Prix de chant Pierre Bernac. Depuis sa création, il a été décerné à plus d'une dizaine d'interprètes. Voir le site « Académie Maurice Ravel »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  7. Selon le pianiste américain Dalton Baldwin, la complicité entre un pianiste et un chanteur est essentielle : « Il faut que la chimie entre deux êtres soit immédiate. Il faut ressentir la musique de la même façon. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]