Léviathan
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La destruction du Léviathan, gravure de Gustave Doré (1865).
Créature
Groupe Créature mythologique
Sous-groupe Bête
Origines
Origine Bible hébraïque

Le Léviathan (de l'hébreu : לִוְיָתָן, liviyatan) est, dans la Bible, un monstre marin qui apparaît dans les Psaumes, le livre d'Isaïe, et le livre de Job. Le Talmud y fait aussi référence, évoquant des animaux révoltés contre le Créateur et que celui-ci détruit.

C'est un mythe très connu des sources pré-bibliques ayant trait au combat primordial entre le Créateur et les forces marines personnifiant le Chaos, qu'on retrouve chez les Hittites (le dragon Illouyankas), en Mésopotamie (bataille de Mardouk et Tiamat) et dans le mythe phénicien-ougarit de Baal et Anat, dressés contre divers monstres marins (dont l'un est Lotan).

Description[modifier | modifier le code]

Représentation du Léviathan dans la fresque Le Jugement dernier (Giudizio Universale) de Giacomo Rossignolo (vers 1555).

Le Léviathan est un monstre colossal, dragon, serpent et crocodile, dont la forme n'est pas précisée ; il peut être considéré comme l'évocation d'un cataclysme terrifiant capable de modifier la planète, et d'en bousculer l'ordre et la géographie, sinon d'anéantir le monde. Sa description évoque par périphrase le redoutable crocodile du Nil qui abondait alors au pays des pharaons. Le précédaient dans un panorama de la faune égyptienne l'hippopotame, le lion[1], le corbeau[2], la chèvre et la biche[3], l'onagre[4], le buffle[5], l'autruche[6], le cheval[7], l'épervier[8] et l'aigle[9].

Léviathan est également, selon certaines versions, l'un des principaux démons de l'enfer. Il est représenté au Moyen Âge sous la forme d'une gueule ouverte qui avale les âmes, symbolisant ainsi l'entrée des enfers.

Extraits de la bible[modifier | modifier le code]

« Prendras-tu le crocodile (Léviathan) à l'hameçon ? Saisiras-tu sa langue avec une corde ? Mettras-tu un jonc dans ses narines ? Lui perceras-tu la mâchoire avec un crochet ? Te pressera-t-il de supplication ? Te parlera-t-il d'une voix douce ? Fera-t-il une alliance avec toi, Pour devenir à toujours ton esclave ? Joueras-tu avec lui comme avec un oiseau ? L'attacheras-tu pour amuser tes jeunes filles ? Les pêcheurs en trafiquent-ils ? Le partagent-ils entre les marchands ? Couvriras-tu sa peau de dards, Et sa tête de harpons ? Dresse ta main contre lui, Et tu ne t'aviseras plus de l'attaquer. Voici, on est trompé dans son attente ; À son seul aspect n'est-on pas terrassé ? »

— Job 40:20-28

« Je veux encore parler de ses membres, Et de sa force, et de la beauté de sa structure. Qui soulèvera son vêtement? Qui pénétrera entre ses mâchoires ? Qui ouvrira les portes de sa gueule ? Autour de ses dents habite la terreur. Ses magnifiques et puissants boucliers Sont unis ensemble comme par un sceau ; Ils se serrent l'un contre l'autre, Et l'air ne passerait pas entre eux ; Ce sont des frères qui s'embrassent, Se saisissent, demeurent inséparables. Ses éternuements font briller la lumière ; Ses yeux sont comme les paupières de l'aurore. Des flammes jaillissent de sa bouche, Des étincelles de feu s'en échappent. Une fumée sort de ses narines, Comme d'un vase qui bout, d'une chaudière ardente. Son souffle allume les charbons, Sa gueule lance la flamme. La force a son cou pour demeure, Et l'effroi bondit au-devant de lui. Ses parties charnues tiennent ensemble, Fondues sur lui, inébranlables. Son cœur est dur comme la pierre, Dur comme la meule inférieure. Quand il se lève, les plus vaillants ont peur, Et l'épouvante les fait fuir. C'est en vain qu'on l'attaque avec l'épée ; La lance, le javelot, la cuirasse, ne servent à rien. Il regarde le fer comme de la paille, L'airain comme du bois pourri. La flèche ne le met pas en fuite, Les pierres de la fronde sont pour lui du chaume. Il ne voit dans la massue qu'un brin de paille, Il rit au sifflement des dards. Sous son ventre sont des pointes aiguës : On dirait une herse qu'il étend sur le limon. Il fait bouillir le fond de la mer comme une chaudière, Il l'agite comme un vase rempli de parfums. Il laisse après lui un sentier lumineux ; L'abîme prend la chevelure d'un vieillard. Sur la terre nul n'est son maître ; Il a été créé pour ne rien craindre. Il regarde avec dédain tout ce qui est élevé, Il est le roi des plus fiers animaux. »

— Job 41:3-25

Créatures similaires[modifier | modifier le code]

Références au Léviathan[modifier | modifier le code]

Philosophie politique[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Dans l'art et la culture populaire[modifier | modifier le code]

« Antéchrist assis sur le Léviathan », Liber floridus (1120).

Littérature[modifier | modifier le code]

Victor Hugo utilise aussi la métaphore du Léviathan pour désigner le révolutionnaire paquebot Great Eastern dû au génie d'Isambard Brunel, un « monstre marin » très en avance sur son époque et qui eut un destin pour le moins tourmenté, dans un long poème intitulé Pleine mer-Plein ciel de son recueil de poèmes La Légende des siècles. Le navire n'avait reçu son nom de baptême définitif qu'en toute fin de construction et la presse britannique avait pris l'habitude de le nommer Léviathan durant sa construction.

Musique[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Séries télévisées et internet[modifier | modifier le code]

Manga et bande dessinée[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Jeux de rôle[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]