Bill Haley
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Bill Haley en 1974.
Informations générales
Nom de naissance William John Clifton Haley
Naissance
Highland Park (Michigan), États-Unis
Décès (à 55 ans)
Harlingen (Texas), États-Unis
Activité principale Chanteur et musicien
Genre musical Rock 'n' roll, country, rockabilly
Instruments Chant, guitare, contrebasse
Années actives 1946–1980

William John Clifton Haley, dit Bill Haley, né le à Highland Park (Michigan) et mort le à Harlingen (Texas), est un auteur-compositeur-interprète et musicien américain de rock 'n' roll.

Il est vu par beaucoup comme étant le premier à populariser ce genre musical, s'inspirant de la musique noire (rhythm and blues) et de la musique blanche (country) du début des années 1950, avec son groupe Bill Haley & His Comets.

Certains de ses singles se sont vendus à plusieurs millions d'exemplaires comme Rock Around the Clock, See You Later, Alligator, Shake, Rattle and Roll, Rocket 88, Skinny Minnie, et Razzle Dazzle. Il a vendu plus de 25 millions de disques dans le monde[1].

Il participe en 1954 à la musique du film Graine de violence, avec le titre Rock Around the Clock. Pour Raymond Défossé : « l'événement historique du film, c'est la musique du générique : le fameux Rock Around the Clock, de Bill Haley. Le point de départ, l'année zéro de l'histoire du rock en deux minutes et huit secondes. La rupture (épistémologique diraient certains) est là »[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Tennessee Border (1949).

Les débuts[modifier | modifier le code]

Né sous le nom de William John Clifton Haley dans la banlieue de Détroit (Michigan), il grandit à Wilmington dans le Delaware[3], puis en Pennsylvanie, où il commence à chanter dans divers groupes hillbilly[3].

En 1946, Haley rejoint son premier groupe professionnel, les Down Homers. En 1948-1949 il travaille aussi comme musicien itinérant et comme DJ pour une station de radio du New Jersey, où il se fait connaître sous le nom de « Yodeling Bill Haley »[4]. Il forme son premier groupe, The Four Aces of Western Swing, avec qui il enregistre deux singles pour Cowboy Records[4]. Ce sont essentiellement des reprises de tubes country. En 1951, avec son groupe rebaptisé The Saddlemen, il change de style et enregistre des reprises remarquées de rock afro-américain comme Rocket 88 (Jackie Brenston & His Delta Cats)[5] et Rock the Joint (Jimmy Preston), qui lui donnent la clé du succès. Les membres du groupe convainquent Haley qu'il pourrait peut-être avoir d'autres succès dans le rock 'n' roll. En 1952, The Saddlemen deviennent Bill Haley and His Comets (ou parfois Bill Haley with Haley's Comets[5]). En 1953, l'enregistrement de sa chanson Crazy Man, Crazy devient le premier titre de rock 'n' roll blanc à atteindre les « charts » américains : il culmine en 15e position du classement pop du magazine Billboard[6]. Le fait qu'il soit originaire de Pennsylvanie, un état du nord, contribue à ce qu'il enregistre des compositions d'artistes noirs. Un artiste du sud les dédaignerait plutôt, ou craindrait le qu'en-dira-t-on. Il faudra attendre 1954 pour que dans le Tennessee (état du sud), Elvis Presley reprenne ce principe dont Haley fut un pionnier, et fasse logiquement scandale en reprenant le répertoire et les attitudes suggestives des afro-américains - avec le succès que l'on sait. La popularité de Crazy Man, Crazy permet à Bill Haley d'être engagé chez Decca.

Le succès[modifier | modifier le code]

En , une chanson intitulée Rock Around the Clock a été écrite pour Bill Haley mais il ne lui est pas possible de l'enregistrer avant le [7] parce que Jimmy DeKnight, l'un des auteurs du titre, ne voulait pas de lui. Le morceau est d'abord enregistré par Sonny Dae & the Knights.

Dans un premier temps, la version de Bill, parue en mai en face B de Thirteen Women, entre dans le Top 40 et atteint la 23e place. Il accède à la 17e place au Royaume-Uni en décembre. Haley obtient par ailleurs un succès international avec sa reprise de Shake, Rattle and Roll de Big Joe Turner, qui s'écoule à 1 million d'exemplaires.

Bill Haley et les Comets durant un show TV en 1955.

Quand Rock Around the Clock apparaît en 1955 sur la bande originale du film Graine de violence ((The) Blackboard Jungle), c'est une véritable révolution musicale qui ouvre la porte à Elvis Presley et bien d'autres. Cette fois-ci, la chanson se classe en tête des charts. Pendant les années 1950, Haley est une star mondiale du rock 'n' roll. Il continue à produire de grands succès comme See You Later, Alligator, Saints Rock'n'Roll, Rockin' Thru The Rye, Rip It Up, ou Skinny Minnie. Il apparaît également dans les premières comédies musicales rock comme Rock Around the Clock et Don't Knock the Rock. De plus, il est l'un des premiers rockeurs à se produire en France sur la scène de l'Olympia en octobre 1958. Sa notoriété est cependant vite été dépassée par le séduisant Elvis Presley, mais Haley reste une star incontestée en Amérique latine : en 1961-1966, les Mexicains le surnomment le « roi du twist » (Florida Twist est n° 1 au Mexique ainsi que le LP Twist). En Europe, et plus particulièrement en Angleterre, en France, en Belgique et aux Pays-Bas, il est considéré comme l'indiscutable roi du rock 'n' roll.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Bill Haley a eu dix enfants de trois épouses. En premières noces, il épouse Dorothy Crowe le . Le couple a deux enfants : Sharyn Anne (née en ) et John W. Haley qui a écrit Sound and Glory, une biographie de Haley. Le couple divorce le et, le , Bill épouse « Cuppy » Barbara Joan Cupchak avec qui il aura cinq enfants dont Joanie Haley née le , Doreen Haley née , morte de la mort subite du nourrisson, Bill Haley Jr. né en , et Scott, né le , qui fera carrière dans l’athlétisme. Le couple divorce en 1960. En 1962, Bill épouse Martha Velasco. Ils ont trois enfants : Martha Maria (1963), Pedro Antonio (1971) qui est musicien, et Linda Georgina (Gina) Haley (), qui est musicienne professionnelle au Texas[8],[9],[10].

Le déclin[modifier | modifier le code]

En 1960, Bill Haley quitte Decca pour Warner Bros.[5], mais ses disques ne se vendent plus aussi bien. Devenu par la suite alcoolique[11], il mène une bataille contre cette addiction dans les années 1970. Après avoir joué devant la reine Élisabeth II lors d'un concert en 1979, Haley fait ses dernières représentations en Afrique du Sud en et . Avant cette tournée sud-africaine, les médecins lui auraient diagnostiqué une tumeur du cerveau, ce que réfuteront sa femme et l'un de ses meilleurs amis, Hugh McCallum[12]. Les concerts prévus en France à l'automne 1979 et en Allemagne à l'automne 1980 sont annulés.

Bill Haley meurt le à Harlingen, officiellement d'une crise cardiaque. Incinéré, ses cendres sont remises à sa famille.

Honneurs et postérité[modifier | modifier le code]

Bill Haley et son groupe ont joué un rôle majeur dans le lancement du rock 'n' roll auprès d'un plus large auditoire, notamment les blancs, après des années pendant lesquelles ce style était encore marginal.

Haley est intronisé à titre posthume au Rock and Roll Hall of Fame en 1987. Son fils Pedro le représente à la cérémonie. Il a une étoile sur le Hollywood Walk of Fame[9],[13].

En , l'Union astronomique internationale annonce la nomination de l'astéroïde 79896 Billhaley pour marquer le 25e anniversaire de la mort de Bill Haley[14].

En , les Comets originaux ouvrent un Musée Bill Haley à Munich, en Allemagne.

Rock Around the Clock est un des cinq singles les plus vendus dans le monde. Ce titre est 158e dans le classement des 500 plus grandes chansons de tous les temps du magazine Rolling Stone.

Les chansons de Bill Haley sont utilisées dans de nombreux films de cinéma et de télévision. Rock Around the Clock figure notamment dans American Graffiti de George Lucas. C'est le thème principal de la série Happy Days pour les saisons 1 et 2. On peut l'entendre dans l'épisode Lisa s'en va-t-en guerre des Simpson et à la fin du Simpson Horror Show XV. Rock the Joint est utilisée dans un épisode de la série Cold Case : Affaires classées (S4E6).

Discographie[modifier | modifier le code]

Discographie du groupe de Bill Haley sous ses différents noms[15].

Singles[modifier | modifier le code]

Bill Haley & the Four Aces of Western Swing[modifier | modifier le code]

1948

1949

Bill Haley & the Saddlemen[modifier | modifier le code]

1950

1951

1952

Bill Haley & His Comets[modifier | modifier le code]

Rock Around the Clock sorti en 1954, et considéré comme le premier tube de rock.

1953

1954

1955

1956

1957

1958

1959

1960

1961

1962

1963

1964

1965

1966

1968

1970

1971

1978

1979

1980

Albums[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

Albums live (concerts)[modifier | modifier le code]

La foule à la sortie de la projection du film Rock Around the Clock au City Theatre à Amsterdam, le .

Comme acteur[modifier | modifier le code]

Bill Haley joue son propre rôle dans quelques comédies musicales :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Radaumusiker », seite3.ch (consulté le 9 avril 2013)
  2. Raymond Défossé, Rock et Toiles, Ledrappier, Paris, 1987, (ISBN 9782876400160), p. 15.
  3. a et b Tosches 2000, p. 122.
  4. a et b Tosches 2000, p. 123.
  5. a b et c Tosches 2000, p. 124.
  6. Tosches 2000, p. 124-125.
  7. Alain Tercinet, West Coast Jazz, Éditions Parenthèses, , 358 p. (ISBN 978-2-86364-031-9, présentation en ligne)
  8. (en) Tim Carman, « Rock and Roll Royalty », sur houstonpress.com, (consulté le 13 septembre 2015)
  9. a et b (en) Bruce Lee Smith, « Pioneer Haley almost forgotten in Harlingen », sur The Monitor, (consulté le 13 septembre 2015)
  10. (en) Otto Fuchs, Bill Haley : the father of Rock & Roll, Gelnhausen Wagner, , 896 p. (ISBN 978-3-86683-901-4)
  11. Comme il l'indique lui-même en 1974 dans une interview radio pour la BBC
  12. (en) Michael Hall, « Falling Comet », Texas Monthly,‎
  13. (en) Jim Dawson et Ian Whitcomb, Rock Around the Clock : The Record that Started the Rock Revolution!, Hal Leonard Corporation, , 207 p. (ISBN 978-0-87930-829-2), p. 180
  14. (de) « Rockithydra », Rockithydra.de (consulté le 4 novembre 2011).
  15. Tosches 2000, p. 243-244.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]