Les Charlots
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Informations générales
Autre nom Les Problèmes
Pays d'origine France
Genre musical Humour
Variété française
Années actives 1965-1997, 2007-2011, 2014-présent
Labels Vogue
Barclay
EGT Mastersun
Composition du groupe
Membres Jean Sarrus (1965-1997, 2007-2011, 2014-présent)
Jean-Guy Fechner (1966-1976, 2014-présent)
Richard Bonnot (1986-1997, 2014-présent)
Anciens membres Gérard Rinaldi (†) (1965-1986, 2007-2011)
Gérard Filippelli (†) (1965-1997)
Luis Rego (1965-1971, 1983, 1992)
Donald Rieubon (1965-1966)
Jacques Dautriche (†) (1966-1967)
William Olivier (1966-1967)

Les Charlots sont un groupe musical et humoristique français formé en 1966, composé principalement de Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli, Jean Sarrus, Jean-Guy Fechner, Luis Rego, et Richard Bonnot.

Évoluant dans un style comique et parodique, ils doivent leur renommée d'abord à leurs chansons puis aux films dont ils ont été les vedettes dans les années 1970, notamment Les Bidasses en folie (1971), Les Fous du stade (1972) , Le Grand Bazar (1973) et Les Charlots contre Dracula (1980).

Leur nom fait indirectement référence à Charlot, le personnage interprété par Charlie Chaplin, à travers le terme argotique « charlot » dont il dérive.

Historique[modifier | modifier le code]

Création et premiers succès[modifier | modifier le code]

Le quintette italien « Les Brutos (it), dont Aldo Maccione, inspirent aux Problèmes de se transformer en un groupe comique.

Créé en 1965 sous le nom Les Problèmes, le groupe s'essaye avec Pascal Danel avant d'accompagner le chanteur Antoine en studio sur l'album Antoine rencontre les Problèmes (Vogue), puis en tournée et à la télévision, notamment lors d'un Discorama de Denise Glaser à l'hiver 1966. Il est alors composé de Gérard Rinaldi (chant et saxo alto), Jean Sarrus (basse, issu des Rebelles puis des Tarés), Gérard Filippelli dit "Phil" (guitare solo), Luis Rego (guitare rythmique) et Donald Rieubon (batterie).

Ils assurent les premières parties de Françoise Hardy (1965), Johnny Hallyday (1967) ou encore Claude François (1968)[1]. Donald Rieubon quitte le groupe pour faire son service militaire (il jouera par la suite dans les groupes Le Musical College (1968), Martin Circus (1970), Labyrinthe (1970-1973), Tartempion (1973) et les Visitors ; il accompagnera aussi Nino Ferrer). Il est alors remplacé par William Olivier puis par Jean-Guy Fechner, le frère de leur manager d'alors Christian Fechner. William Olivier continuera avec eux comme batteur lors de leurs prestations en tant que chanteurs, la basse étant tenue par Jacques Dautriche alias « Sullivan », remplaçant de Luis Rego au sein des Problèmes, lors de l'incarcération de ce dernier au Portugal.

Considérés comme les meilleurs musiciens français de studio par le magazine américain Rolling Stone[réf. nécessaire] (ils sont aussi l'un des deux groupes français avec Téléphone, quelques années plus tard, à faire la première partie d'un concert des Rolling Stones), ils retrouvent Antoine pour une tournée au Québec à cette occasion, ils échangent des idées avec les Brutos d'Aldo Maccione. Ils décident alors de devenir Les Charlots et de se spécialiser dans la chanson humoristique, reprenant d'anciennes chansons d'avant-guerre et de caf' conc' (J'irai revoir ma Normandie, Le Sheik, La Trompette en bois, Il m'a vue nue, Cache ton piano), le répertoire de Boris Vian (On n'est pas là pour se faire engueuler), des chansons originales (Paulette la reine des paupiettes) ou bien des « tubes » du moment arrangés à leur façon : Les Plaies-bois d'après Les Play-Boys de Jacques Dutronc, puis plus tard Chagrin d'labour, une parodie de Chagrin d'amour en 1982, ou L'Apérobic en 1983. Leur répertoire s'étend également à la chanson grivoise avec des titres comme Le Trou de mon quai, Histoire merveilleuse ou encore Ah ! viens ! en duo avec Nicole Croisille.

De 1968 à 1970, le groupe est régulièrement invité à se produire lors de l'émission télévisée Tous en scène de Pierre Desfons, Claude Ventura, Robert Bober et Maurice Dugowson, où ils interprètent des chansons humoristiques comme Avec ma gueule de pauvre mec (parodie de Avec ma gueule de métèque de Georges Moustaki)[2].

Ils vivent avenue des Champs-Elysées, dans le même immeuble que Antoine et Hervé Vilard, qui loge chez lui des danseuses du Lido[3].

Cinéma : consécration et séparation[modifier | modifier le code]

Philippe Clair lance leur carrière cinématographique avec La Grande Java en 1970 mais c'est avec Claude Zidi qu'ils connaissent leurs plus grands succès : Les Bidasses en folie (premier film du réalisateur), Les Fous du stade, Le Grand Bazar et Les bidasses s'en vont en guerre Leur humour s'exporte particulièrement bien à l'étranger (Inde et Sud-Est asiatique essentiellement)[4].

Craignant de rester associé au succès des Charlots, Luis Rego quitte officiellement le groupe en 1971 après Les Bidasses en folie. Il apparaît cependant dans certains de leurs films suivants.

Par l'intermédiaire de leur attaché de presse André Bézu, ils rencontrent Louis de Funès avec lequel un film est envisagé, mais le projet est abandonné durant le tournage de Bons baisers de Hong Kong (à la place, de Funès tourne L'Aile ou la Cuisse avec un autre comique de la jeune génération, Coluche).

En 1976, les Charlots reçoivent un scénario de Bertrand Blier intitulé Charlots Charlottes, une occasion pour eux de s'orienter vers un registre plus dramatique. Ils en parlent à Christian Fechner qui, de son côté, n'a rien à leur proposer dans l'immédiat. Ne supportant pas que l'on puisse fomenter dans son dos, le producteur rachète le scénario à un prix fort et le jette à la poubelle, estimant être le seul à gérer la carrière et le succès des Charlots. Vexé par cet acte radical, Gérard Filippelli quitte le groupe. Jean-Guy Fechner préfère défendre son frère et quitte aussi le groupe. En 1977, Gérard Filippelli accepte de réintégrer les Charlots. Ceux-ci décident de continuer sous forme de trio et fondent Choucroute International Production, une société de production de films et de musique qui existera jusqu'en 1986. Ils effectuent un comeback musical qui s'avère vite un triomphe, notamment avec Biguine au biniou, Chagrin d'labour et L'Apérobic. Cinq nouveaux films voient également le jour : Et vive la liberté ! (Serge Korber, 1978), Les Charlots en délire (Alain Basnier, 1979), Les Charlots contre Dracula (Jean-Pierre Desagnat, 1980), Le Retour des bidasses en folie (Michel Vocoret, 1983) et Charlots connection (Jean Couturier, 1984).

Au milieu des années 1980, alors que leurs films ne rencontrent plus autant de succès, Antenne 2 leur propose d'animer l'émission de variétés Demain c'est dimanche avec Désirée Nosbusch. Produite par Gérard Louvin et diffusée le samedi soir en remplacement de Champs-Élysées, l'émission durera 4 mois (de septembre à ) et ne comportera que 9 numéros. Elle permet néanmoins à Gérard Rinaldi de se voir offrir des opportunités, dans le doublage et à la télévision[a], l'incitant à entamer une carrière en solo. En 1988, Les Problèmes (Jean, Phil, Luis et Donald) se reformeront le temps d'une série de concerts à l'Olympia pour accompagner à nouveau Antoine, vingt ans après. Les Charlots, désormais composés de Richard Bonnot, Gérard Filippelli et Jean Sarrus, tournent un dernier film en 1992, Le Retour des Charlots, avant de se séparer en 1997.

Leur lent déclin des années 1980 et 1990 laisse dans l'esprit du public l'image d'un groupe qui semble toujours avoir été « ringard », effaçant leur popularité réelle des années 1960 et 1970, où ils étaient considérés comme subversifs et à la mode, représentants d'une certaine jeunesse[5].

Réapparitions[modifier | modifier le code]

Le , les membres du groupe — Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli, Jean Sarrus, Jean-Guy Fechner et Luis Rego — sont les invités de Michel Drucker dans son émission télévisée Vivement dimanche.

En , le premier festival consacré aux Charlots a lieu à Trazegnies en Belgique (où ils s'étaient produits en concert en 1968) : 3 jours avec exposition, projections de films en présence de Jean Sarrus, Jean-Guy Fechner et Richard Bonnot, ainsi que la participation de Ginette Rinaldi en hommage à son mari, Gérard Rinaldi[6]. En , lors du second festival de Trazegnies, Jean Sarrus, Jean-Guy Fechner et Richard Bonnot partagent la scène avec Les Gauff', groupe belge de musique parodique.

Reformation officielle[modifier | modifier le code]

Entre 2009 et 2011, Gérard Rinaldi et Jean Sarrus reforment les Charlots en duo à l'occasion de la tournée Âge tendre et têtes de bois. Le dernier passage de Gérard Rinaldi et Jean Sarrus a lieu le dans l'émission de Patrick Sébastien Les Années bonheur. Puis rumeur d'un nouveau film des Charlots : Le Grand Bazar 2.[réf. nécessaire] En 2012 Gérard Rinaldi meurt le à l’hôpital de Briis-sous-Forges (Essonne) des suites d’un cancer[7] à l'âge de 69 ans. À la suite de cet événement, le reste du groupe décide d'annuler Le Grand Bazar 2.[réf. nécessaire] Gérard Filippelli, qui devait réintégrer le groupe, décidera finalement de jeter l'éponge et ne participera donc pas au retour des Charlots, estimant que ceux-ci n'avaient plus aucune raison d'exister sans la présence de Gérard Rinaldi.

Après s'être réunis pour une seule et unique représentation sur scène en , Jean Sarrus, Jean-Guy Fechner et Richard Bonnot annoncent officiellement le retour des Charlots à l'occasion des 50 ans de carrière du groupe. Sur leur page Facebook, ils annoncent que plusieurs concerts auront lieu à la suite de cette reformation. De ce fait, cette reformation sera l'occasion de voir une nouvelle formation, car Jean-Guy Fechner et Richard Bonnot n'ont jamais fait partie du groupe ensemble. Ils ont donné leur 1er concert en Belgique au Festival Génération 80/90 le à Marbehan.

À l'occasion de leur 50 ans de carrière, une tournée est programmée, de Mondorf-les-Bains en aux Francofolies de Spa en .

Ils sont aussi passés par le Festival du rire de Rochefort, en Belgique, en . C'était leur 3e passage. Le premier ayant eu lieu en 1984 avec Jean, Phil, Gérard[b] et le deuxième en 1991 avec Jean, Phil, Richard. En 2019, toujours actifs, ils sont passés par Saint-Quentin en France et à Liège en Belgique. Ils préparent un nouvel album et ont un projet de pièce de théâtre pour 2020[réf. nécessaire].

Gérard Filipelli meurt, à son tour, d'un cancer à l'hôpital d'Argenteuil le à l'âge de 78 ans.

Membres[modifier | modifier le code]

Membres actuels[modifier | modifier le code]

Ex-membres[modifier | modifier le code]

Les Problèmes
Les Charlots

Chronologie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Mis à part Gérard Filippelli (Phil), les Charlots gardent leurs prénoms dans tous leurs films, sauf dans le diptyque Les Quatre Charlots mousquetaires / À nous quatre, Cardinal ! où ils jouent les valets des mousquetaires et prennent leurs noms. Dans La Grande Java de Philippe Clair, seul Gérard Rinaldi ne s'appelle pas Gérard mais Philippot, le fiancé de la fille de Kouglof (jouée par Corinne Le Poulain).

Gérard Filippelli et Jean Sarrus ont joué dans l'intégralité des films des Charlots. Gérard Rinaldi a joué dans tous les films des Charlots, sauf dans le dernier, Le Retour des Charlots, où il est remplacé par Richard Bonnot. Jean-Guy Fechner a joué dans neuf films des Charlots, de La Grande Java à Bons Baisers de Hong Kong. Luis Rego a joué dans quatre films des Charlots : La Grande Java, Les Bidasses en folie, Le Retour des bidasses en folie et Le Retour des Charlots.

Apparitions[modifier | modifier le code]

Projets non aboutis[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Titre Réalisateur Année Nb. d'entrées Drapeau de la France France[10]
La Grande Java Philippe Clair 1970 3 385 636
Les Bidasses en folie Claude Zidi 1971 7 460 911
Les Fous du stade Claude Zidi 1972 5 744 270
Les Charlots font l'Espagne Jean Girault 1972 4 162 897
Le Grand Bazar Claude Zidi 1973 3 913 477
Les Quatre Charlots mousquetaires André Hunebelle 1974 2 190 139
À nous quatre, Cardinal ! André Hunebelle 1974 1 386 200
Les Bidasses s'en vont en guerre Claude Zidi 1974 4 154 509
Bons baisers de Hong Kong Yvan Chiffre 1975 2 859 962
Et vive la liberté ! Serge Korber 1977 1 277 646
Les Charlots en délire Alain Basnier 1979 1 103 094
Les Charlots contre Dracula Jean-Pierre Desagnat 1980 555 878
Le Retour des bidasses en folie Michel Vocoret 1983 1 106 593
Charlots Connection Jean Couturier 1984 578 239
Le Retour des Charlots Jean Sarrus 1992 15 883

Au cumul, les Charlots ont rassemblé au cinéma en France pratiquement 40 millions de spectateurs. D'après l'émission de Canal+ Histoires de cinéma diffusé le 11 mai 2010, on estime à 1 milliard le nombre d'entrées dans le monde.

D’après Jean Guy Fechner le film Les fous du stade a totalisé plus de 50 000 000 d' entré pour le cinema en Inde[4].

Théâtre[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Animateurs[modifier | modifier le code]

Apparitions[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

45 tours (EP et singles)[modifier | modifier le code]

Les Problèmes
Les Charlots

Albums[modifier | modifier le code]

En public[modifier | modifier le code]

En studio[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

Collaborations[modifier | modifier le code]

Les Charlots en DVD[modifier | modifier le code]

Chez One Plus One
Chez Studiocanal
Chez Opening
Chez TF1 VIDEO
Chez Marianne Mélodie
Chez Gaumont

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il devient ainsi le comédien principal de la série à succès Marc et Sophie en 1987.
  2. Spectacle inédit de 50 minutes diffusé sur la chaîne Melody en mai 2017.
  3. Luis Rego dans tout le film, les autres 5 secondes en bidasses à 74 min du film
  4. Les Charlots y font une petite apparition en ouvriers d'usine. Inédit en DVD.
  5. Reprise d'une chanson de 1921, Cach' ton piano d'Albert Willemetz et Maurice Yvain, chanté notamment par Alexandre Dréan, puis Dranem.
  6. Le titre Histoire merveilleuse est graphié entre parenthèses sur la pochette du 45 tours.
  7. 45 tours en vente exclusive en pharmacie pour la lutte contre le SIDA. La face B est consacrée au professeur Chermann, codécouvreur du virus VIH.
  8. Titre spécial composé par Alain Turban et chanté par Jean Sarrus pour célébrer les 50 ans des Charlots, non sorti officiellement[réf. nécessaire].
  9. Le dernier titre devait être Demain, on va voter, une parodie de La Compagnie Créole. Le producteur de ce groupe ayant refusé d'accorder son autorisation cette parodie fut remplacée par Chagrin d'labour, sorti en single en 1982, et reste à ce jour inédite.[réf. nécessaire]
  10. Emission rediffusée sur la chaîne Melody en août 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. 100 % Charlots, Jean Sarrus, éd. Ramsay, 2004
  2. Extrait de l'émission sur le site de l'INA.
  3. Mathieu Lindon, « Hervé Vilard, 51 ans, après en avoir fini avec Capri et vécu mille aventures, revient faire son Cirque d'Hiver. La chansonnette du mal-aimé. », sur Libération (consulté le )
  4. a et b « Anecdotes Jean-Guy Part 2 HD - Vidéo Dailymotion », sur Dailymotion (consulté le )
  5. « Pour une réhabilitation des Charlots », sur www.nouvelobs.com, Le Nouvel Obs, (consulté le ).
  6. Thomas Léodet, « Les Charlots font Trazegnies », L'Avenir, 5 février 2013.
  7. « Gérard Rinaldi : l'acteur et chanteur des Charlots est décédé », premiere.fr, 2 mars 2012
  8. Définitivement Charlots de Jean Sarrus sur Google Livres.
  9. [vidéo] Christian Ardan parle du film Les Charlots à l'Elysée sur YouTube, 2013.
  10. boxofficestory.com ; « Les Charlots » sur boxofficestory.com, consulté le 27 décembre 2015.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]