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Cimetière Saint-Louis de Versailles, tombe d'Augusta Holmès (d) |
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Hermann Zenta |
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Piano repertoire (en) |
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Augusta Mary Anne Holmès, née Holmes le à Paris et morte le dans la même ville, est une poétesse et compositrice française d'origine britannique, irlandaise et danoise. Elle grandit à Versailles, où elle côtoie les salons et sociétés artistiques de son époque, fréquentant des personnalités comme Charles Gounod ou Camille Saint-Saëns. En 1879, elle prend la nationalité française et ajoute un accent grave à son nom de famille. Grande mélodiste, élève de Franz Liszt, de César Franck et émule de Richard Wagner, elle compose avec un grand succès plusieurs symphonies et poèmes symphoniques à l'image des Argonautes, pour lequel elle devient très renommée, ainsi que quatre opéras, dont son plus célèbre, La Montagne noire. À l'image de son idole, Richard Wagner, dont elle possède un portrait dans son salon de travail, elle écrit elle-même les textes de ses œuvres, qu'il s'agisse de ses très nombreuses mélodies, du texte de ses poèmes symphoniques avec voix ou même de ses opéras. Elle a été pendant un temps la compagne de l'écrivain Catulle Mendès, avec qui elle a eu plusieurs enfants.
Augusta Holmès naît rue Neuve-de-Berry, dans l'ancien premier arrondissement de Paris, le [1],[2]. Elle est la fille de Charles William Scott Dalkeith Holmes (né le à Youghal et mort le à Versailles)[3], officier irlandais en demi-solde à partir d', et de Tryphina Anna Constance Augusta Shearer (1811-1858). Le couple s'est marié en 1827.
Elle a pour parrain Alfred de Vigny, qui, selon des rumeurs, serait potentiellement son père biologique[4]. En 1855, la famille Holmes s'installe à Versailles, au 15 rue de l'Orangerie[5].
Sa mère meurt en 1858, ce qui lui permet de commencer des études de musique, cette dernière refusant même la présence d'un piano chez eux[1]. Jeune, Augusta Holmès fréquente le salon du musicien Guillot de Sainbris, ce qui lui permet de faire de la musique d'ensemble autant que de chanter. Elle y fait la connaissance de Charles Gounod et d'Ambroise Thomas. Elle y rencontre d'autres personnalités comme les peintres Henri Regnault et Georges Clairin, les écrivains Henri Cazalis, Armand Renaud, Louis de Lyvron, André Theuriet et le compositeur Camille Saint-Saëns. Elle participe aussi aux soirées organisées par Regnault, Clairin et Blanchard à l'atelier du boulevard Saint-Michel à Paris ainsi que chez Saint-Saëns, au 168 faubourg Saint-Honoré.
Bien qu'elle étudie aussi la peinture, elle s'intéresse principalement à la musique. Elle commence ses études musicales avec Mlle Perronnet, apprenant les grandes œuvres de Bach, Beethoven et Haendel. Tout comme son ami Camille Saint-Saëns, elle est considérée comme une pianiste prodige[6]. Après l'étude du piano, Augusta devient élève d'Henri Lambert pour l'orgue, l'harmonie et le contrepoint, et de Hyacinthe Klosé pour la clarinette. Elle apprend également le chant auprès de Guillot de Sainbris. Selon Henri Gauthier-Villars, « sa tessiture allait du contre-fa au si bémol aigu ». Elle chante en s'accompagnant elle-même au piano sur des mélodies dont elle écrit autant le texte que la musique. Elle devient aussi l'élève de César Franck[7]. Dès 1868, elle publie sous le pseudonyme d'Hermann Zenta, mais abandonne très vite cet usage pour publier sous son nom propre.
Elle rencontre le compositeur italien Gioachino Rossini qui l'encourage dans la voie musicale après l'avoir entendu déchiffrer un morceau à vue et chanter. En 1870, sous la guerre de Prusse, elle sert comme ambulancière. Elle se fait naturaliser française en 1872.
En 1875, elle étudie auprès de César Franck. C'est en 1876 qu'elle fait son premier pèlerinage à Bayreuth[8]. À Tribschen, elle rencontre Richard Wagner, qui imprégnera ses compositions comme dans le poème symphonique Lutèce[9] ou dans son opéra Astarté puisqu'elle écrit les textes de ses mélodies, oratorios, symphonies vocales et de ses opéras dont le plus connu est La Montagne noire[10]. Elle soumet ses partitions à Franz Liszt, admiratif, qu'elle rencontre aussi à Tribschen et avec qui elle assiste à la représentation de L'Or du Rhin.
En 1876, elle compose sa symphonie Roland Furieux, qui ne sera créée qu'en 2019. Cependant, l'Andante pastoral qui constitue le deuxième mouvement a souvent été joué séparément. Octave Mirbeau rapporte que lors de l'une de ces représentations à laquelle il assiste, l'œuvre a été sifflée, non pas à cause de sa qualité que l'auteur souligne, mais parce qu'Augusta Holmès était considérée comme wagnérienne[11].
En 1884, elle écrit son opéra La Montagne noire à l'Opéra Garnier. Cet opéra a un succès mitigé, et n'est pas repris. Cependant, le succès de la compositrice n'est pas ignoré[12] et le public lui pardonne cet échec, se rappelant des succès de ses précédents poèmes symphoniques à la « musique charmante et robuste ».
En 1887, elle compose son célèbre cantique de Noël Trois anges sont venus ce soir, qui connait un succès équivalent à Minuit, chrétiens, le chant composé par Adolphe Adam[13].
En 1889, elle compose une Ode triomphale pour célébrer le centenaire de la Révolution française. Ses poèmes symphoniques Irlande et Pologne l'ont faite connaître comme compositeur de musique à programme. Elle est louée pour sa musique aussi puissante et virile qu'ayant un beau génie mélodique[14].
À la fin de sa vie, elle fréquente le salon de Nina de Villard[8]. Elle s'intéresse aussi au spiritisme. Elle donne des cours de piano et de chant pour pouvoir survivre tout en continuant de composer, ses œuvres ne lui rapportant pas beaucoup. La mélodie Trois anges sont venus ce soir n'a été vendue à son éditeur de musique qu'au prix de 250 francs.
Le , elle se convertit au catholicisme[8]. Elle meurt d'une attaque cardiaque le à Paris (17e arrondissement)[15],[16], dans son domicile au 40 rue Juliette-Lamber. La cérémonie funéraire a lieu à l'église Saint-Augustin, où Camille Saint-Saëns a officié comme organiste[8]. Aux termes de son acte de décès, Augusta Holmès est officier de l'Instruction publique. Elle lègue ses manuscrits musicaux à la bibliothèque du Conservatoire national de musique, sa bibliothèque à la bibliothèque municipale de Versailles et six portraits la représentant au musée de Versailles[17].
Augusta Holmès est enterrée avec son père au cimetière Saint-Louis de Versailles[18]. Son tombeau, inauguré le [19] avec un hommage de Maud Gonne[20], est sculpté par Auguste Maillard. Sur le socle sont inscrits deux vers tirés de sa symphonie avec voix Lutèce : « La gloire est éternelle et la tombe éphémère ; Les âmes ne font point d'adieux[21] ! »
Alphonse Daudet, parmi d'autres, évoque sa beauté dans ses Souvenirs autour d'un Groupe littéraire. Elle inspire notamment des peintres comme Henri Regnault, qui la prend pour modèle dans son tableau Thétis apportant à Achille, pour venger la mort de Patrocle, les armes divines forgées par Vulcain, avec lequel il concourt au prix de Rome[1], mais aussi des écrivains, à l'image d'Alfred de Vigny, qui lui dédie L'Esprit pur dans Les Destinées, ou Émile Deschamps. André Theuriet la prend aussi comme modèle pour dépeindre la musicienne hongroise Mira Strany dans Mademoiselle Guignon. Léon Daudet la décrit dans Fantômes et Vivants. Plusieurs compositeurs lui dédie leurs œuvres, comme Camille Saint-Saëns avec La Solitaire, troisième des Mélodies persanes[22]. Le compositeur louera très souvent sa beauté.
Dès 1864, ses amours tapageuses avec un jeune Polonais font parler d'elle[23]. Elle se fiance en 1868, mais cela n'aboutira pas[8]. Henri Cazalis s'éprend d'elle en 1869. Camille Saint-Saëns demande plusieurs fois sa main.
Restée célibataire, elle entretient une liaison, remontant peut-être à 1866 et affichée dès 1869, avec Catulle Mendès. Le poète s'installe chez elle en 1878 mais la quitte en 1886, alors qu'elle est ruinée[24]. Ils ont cinq enfants :
Projection au cabaret Le Chat Noir, gravure de Paul Merwart. Première de L'Épopée de Caran d'Ache, en présence de nombreuses personnalités dont Augusta Holmès (musée Carnavalet, Paris)[25].
Bâtiment du 30, anciennement 40, rue Juliette Lamber, lieu de résidence de la compositrice Augusta Holmès.
Les Trois Filles de Catulle Mendès par Auguste Renoir (1888), Metropolitan Museum of Art (New York).
Le succès d'Augusta Holmès est arrivé dès les premières œuvres symphoniques. Si son Ouverture pour une comédie la fait déjà remarquer, c'est avec Roland furieux qu'elle prend place parmi les compositeurs et compositrices les plus connus[11]. À partir de ce moment, son succès n'ira que grandissant, avec les poèmes symphoniques patriotique Irlande et Pologne, auxquels s'adjoint Lutèce, drame symphonique.
Elle s'inspire aussi de l'Antiquité grecque et de ses figures, composant ainsi les poèmes symphoniques Les Argonautes et Andromède. Les figures de l'antiquité sont encore plus présentes avec la prise en compte de ses œuvres vocales, parmi lesquelles on retrouve La Fille de Jephté, Prométhée et trois hymnes : à Apollon, à Vénus et à Éros. Ses pages symphoniques lui valent la sympathie du public comme des critiques qui saluent le génie mélodique autant que la vigueur de ces pages symphoniques. Le succès que lui valent ses œuvres précédentes lui permet de surmonter l'échec de son dernier opéra La Montagne noire[12].
Augusta Holmès possède un répertoire très varié, allant de la mélodie à l'opéra en passant par des poèmes symphoniques avec ou sans chœur[26]. L'une de ses œuvres les plus interprétées est son chant de Noël Trois anges sont venus ce soir, notamment chanté par Tino Rossi.
Elle écrit une centaine de mélodies parmi lesquelles :
Le musée Lambinet de Versailles conserve son portrait peint en 1873 par Gustave Jacquet et légué par sa fille Hélyonne.
Portrait gravé par Henri Brauer pour l'album d'Angelo Mariani, un pharmacien vantant son cordial (1894)[34].
En France, quatre endroits honorent sa mémoire :