| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Carlo Pedersoli |
| Pseudonyme |
Bud Spencer |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités |
Humoriste, chanteur, réalisateur artistique, pilote, scénariste, producteur de cinéma, compositeur, nageur, écrivain, joueur de water-polo, acteur, homme politique, artiste d'enregistrement, réalisateur |
| Période d'activité |
- |
| Parti politique | |
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| Taille |
1,92 m |
| Masse |
125 kg |
| Sports | |
| Équipe | |
| Partenaire commercial | |
| Genre artistique |
Western (en) |
| Site web | |
| Distinctions | Liste détaillée Bambi () Jupiter for Best International Actor (d) ( et ) Grand officier de l'ordre du Mérite de la République italienne () David di Donatello pour la carrière () |
Carlo Pedersoli, plus connu sous son nom de scène de Bud Spencer, né le à Naples et mort le à Rome, est un acteur, nageur et poloïste italien.
Ancien sportif de haut niveau, il est principalement connu pour ses comédies d'action (en particulier des « westerns spaghetti ») tournées en duo avec Terence Hill. Il est également apparu en vedette unique dans de nombreux autres films.
Issu d'une famille aisée de la bourgeoisie de Naples, Carlo Pedersoli naît dans le quartier napolitain de Santa Lucia[1]. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il survit au bombardement de la maison familiale[2].
En 1940, sa famille émigre vers Rome, où Carlo devient un excellent nageur et un brillant étudiant[1]. En 1947, il suit son père, industriel ruiné par la guerre, en Amérique du Sud où son père tente de refaire sa vie, d'abord au Brésil à Rio de Janeiro, puis en Argentine ; il abandonne ses études et exerce divers petits métiers : bibliothécaire, ouvrier[1]. Il revient en Italie à l'âge de vingt ans, et reprend ses études de droit[3] et des cours de natation[1].
Il ne tarde pas à se faire remarquer du fait de ses qualités athlétiques. À tel point qu'il débute dans les mythiques studios romains de Cinecittà, dans des péplums (tel Quo Vadis, 1951)[1].
Ne pratiquant plus la natation en Amérique du Sud, Carlo Pedersoli revient dans les bassins à son retour dans la péninsule italienne et réussit de bons temps. Ainsi, malgré le manque d'entraînement, il devient le premier Italien sous la minute sur 100 mètres nage libre[1]. Le , il réalise 59 s 5. Il décide de persévérer dans la natation, même s'il le reconnaît lui-même, il ne s'investit jamais pleinement dans la pratique de son sport. Il réussit, néanmoins, à abaisser le record d'Italie à 58 s 2.
Il obtient sept titres nationaux[1] et la médaille d'argent du 100 mètres nage libre des Jeux méditerranéens de 1951, derrière Alex Jany. Il joue également au water-polo à un haut niveau, puisque avec sa sélection nationale, il remporte la médaille d'or aux Jeux méditerranéens de 1955[3] et le championnat d'Italie 1956 avec la section nautique de la Lazio[4].
Cependant, il atteint ses limites aux Jeux olympiques, car en 1952, comme en 1956, il ne dépasse pas les demi-finales du 100 mètres. En 1956, il est ainsi invité à l'Université Yale, qui s'intéressait à ses performances. En 1957, lassé de la vie de sportif amateur, il repart en Amérique du Sud[3],[1]. Au Venezuela, il dirige, notamment, une équipe de construction de la Panaméricaine[4].
Carlo Pedersoli débute au cinéma en 1949, sous son vrai nom. Plus tard, en 1960, il épouse Maria Amato, la fille d'un producteur de cinéma[1], avec laquelle il a trois enfants, Giuseppe, Cristiana et Diamante. Aimant relever des défis, il devient tour à tour chanteur[5] ou inventeur, déposant plusieurs brevets[6].
Grâce à un physique imposant (plus de 1,90 m), il entame en 1967, à 38 ans, avec Dieu pardonne... moi pas ! de Giuseppe Colizzi[1], une longue série de western spaghetti où sa truculence rappelle Obélix. Comme la plupart des acteurs italiens de western spaghettis, il adopte un pseudonyme anglo-saxon, Bud Spencer (« Bud » d'après la marque de bière Budweiser et « Spencer » en hommage à son idole Spencer Tracy)[1].
Selon le producteur Matthias Wendlandt, si Terence Hill respectait les dialogues, Bud Spencer était plutôt là pour s'amuser. Les films dans lesquels il a joué montrent une certaine continuité avec son passé de sportif de haut niveau, refusant de se faire doubler par des cascadeurs jusqu'au début des années 1990. Avec Terence Hill, ils tournent dix-huit films ensemble, sur une période de vingt-sept ans. Malgré une qualité relative, la plupart reçoivent un succès international[3].
Dans On l'appelle Trinita (1970), le duo obtient un succès public certain qui ne se démentira pas, Bud Spencer jouant « le géant au cœur d'or, le cow-boy aventurier défenseur de la veuve et de l'orphelin, qui frappe dur mais toujours avec le sourire »[1].
En 2004, il tourne pour la dernière fois dans En chantant derrière les paravents d'Ermanno Olmi. Au total, il a joué dans une quarantaine de films[1].
Malgré sa grande popularité, il a regretté de ne pas être suffisamment considéré par le monde du cinéma, qui voyait avant tout en lui un acteur de série B[7] : « en Italie, Terence Hill et moi n’existons tout simplement pas [...] malgré la grande popularité que nous avons également aujourd’hui auprès des enfants et des plus jeunes. Nous n’avons jamais reçu un seul prix, ni n’avons été invités aux festivals »[7].
Aux élections régionales de 2005, Carlo Pedersoli est candidat dans le Latium sur la liste de Forza Italia[1], où il échoue à se faire élire[6]. Son entrée en politique était motivée par sa volonté de répondre aux appels du Premier ministre d'alors, Silvio Berlusconi[1].
Il déclara également qu'il avait tout fait dans sa vie à l'exception de danseur de ballet, jockey, et politicien, et que les deux premiers étaient tout simplement impossibles[6].
En 2013, il soutient la candidature de sa fille Cristiana aux élections municipales de Rome en tant que représentante du parti « Le Peuple de la liberté », qui par la suite est renommé Forza Italia[5].
Dans ses dernières années, éloigné du cinéma, Carlo Pedersoli ne dédaigne pas les invitations de la fédération italienne de natation qui le comblent d'aise. Il a ainsi reçu en 2007 ses diplômes d'entraîneur en natation et water-polo à titre honorifique, lui, le dilettante[5]. Il a également été invité à remettre des médailles lors des Mondiaux de Rome en 2009.
À la fin de sa vie, il se consacrait à la rédaction de ses Mémoires, faisant de rares apparitions publiques[1], arrivant au troisième tome destiné au public allemand. Les deux premiers livres se sont vendus à plus de deux cent mille exemplaires[3].
Carlo Pedersoli était un pilote accompli, ayant obtenu des brevets de pilote d'avion mais aussi d'hélicoptère[8] ; il a par ailleurs fondé une entreprise de transport aérien, « Mistral Air », en 1984[6], dont il se sépare par la suite, mais qui est toujours en activité comme filiale de la Poste italienne[5].
Il mesurait 1,94 m[9] pour un poids de 125 kg[9] et parlait le français parfaitement[10]. Il a cru au communisme jusqu'à un voyage en Union soviétique[réf. nécessaire].
Dans un entretien donné au quotidien Il Messaggero le , il expliquait ainsi sa vision de la mort : « Non, elle ne me fait pas peur. En tant que catholique, elle est même source de curiosité. La curiosité d'épier ce qu'il y a au-delà, comme l'enfant qui démonte un jouet pour voir comment il fonctionne »[11].
Il meurt le à l'âge de 86 ans dans un hôpital de Rome[12],[1] entouré de sa famille : « Papa s’est envolé en paix à 18 h 15. Il n’a pas souffert, il nous avait tous autour de lui et sa dernière parole a été “Merci” », a indiqué son fils, Giuseppe Pedersoli[7]. Ses funérailles ont lieu le à la basilique Santa Maria di Montesanto de Rome. Son vieil ami Terence Hill lui a rendu un dernier hommage durant la messe. Il est inhumé au cimetière communal monumental de Campo Verano désigné familièrement comme « le Verano ».
Bud Spencer et Terence Hill ont tourné 17 films ensemble (16 sortis en France en DVD - il manque Les Deux Missionnaires, toujours inédit en DVD, et avec Terence Hill sous son vrai nom de Mario Girotti, dans Annibal).
Dans la version italienne de ses films en duo avec Terence Hill, Bud Spencer n'avait pas postsynchronisé sa propre voix, pour éviter d'imposer son accent napolitain à des personnages américains. Par conséquent, il fut doublé par le comédien Glauco Onorato.
Claude Bertrand a été la voix française la plus régulière de Bud Spencer entre 1969 et 1985. Tout comme Spencer, Bertrand mesurait dans les 1,90 m et était physiquement très massif[20]. Après la mort de ce dernier en 1986, Bud Spencer fut essentiellement doublé par Henry Djanik.
: Grand officier de l'ordre du Mérite de la République italienne ()[21].
Le , la ville de Livourne lui dédie une statue ; par ailleurs, la ville de Fontevivo en province de Parme est la première ville en Italie à dénommer une rue à son nom[22].
Dans la bande dessinée Astérix et la Transitalique (2017) de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, Bud Spencer est représenté parmi des journalistes venus de différentes régions d'Italie (p. 13 et 20). Curieusement, son personnage est dit « Ligure » alors que Carlo Pedersoli était originaire du sud de l'Italie.