Brod est admis au Conservatoire de Paris le dans une classe de solfège et devient ensuite l'élève de Gustave Vogt pour le hautbois. Il obtient dans cet établissement un accessit en 1814 puis le Premier prix en 1818[1]. Fétis écrit à son propos[2] : "le son qu'il tirait du hautbois était plus doux, plus moelleux, et moins puissant que celui de son maître ; sa manière de phraser était élégante, gracieuse ; son exécution dans les traits, vive et brillante".
Il entre à l'orchestre de l’Opéra de Paris en qualité de hautbois titulaire le puis est nommé hautbois solo en 1834 après le retrait de Vogt. C’est au côté de celui-ci qu’il fait partie successivement de la Chapelle royale de Louis XVIII (1819), puis de celle de Charles X de 1824 à 1830. En il est l'un des membres fondateurs de la Société des Concerts du Conservatoire, avec laquelle il se produit douze fois en soliste entre 1828 et 1838[3].
Insatisfait de l'instrument à quatre clés qu'il avait à sa disposition, il fait très tôt des recherches, en particulier du point de vue acoustique, dans le but de perfectionner la justesse, la qualité du son et la facilité de l'émission. C'est ainsi qu'il prend une part prépondérante aux améliorations apportées au hautbois, au cor anglais et au hautbois baryton, tant du point de vue de la sonorité et du clétage que de la forme même des instruments ou des anches.
Il est également l'auteur d'une célèbre méthode pour son instrument, qui paraît en 1826 pour la première partie et en 1830 pour la seconde :
la première partie traite de tous les sujets concernant le hautbois : les techniques, la posture, la position des lèvres, les interprétations, et contient surtout un recueil d'études et de sonates que l'on trouve encore réédité de nos jours.
la seconde partie comporte le traité le plus détaillé de l'époque sur l'art de confectionner les anches, indiquant la technique et les outils nécessaires, un recueil d'études et de sonates plus difficiles, ainsi que 24 récréations sur des airs connus de l'époque.
↑Constant Pierre, Le Conservatoire national de musique et de déclamation. Documents historiques et administratifs. Dictionnaire des lauréats, Paris, Imprimerie Nationale, 1900, p. 710
↑François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens, tome 2, Paris, Firmin-Didot, 1867, p. 78-79
↑André Lardrot, la Lettre du Hautboïste n° 8, Association Française du Hautbois, 2001
↑Constant Pierre, LES FACTEURS D’INSTRUMENTS DE MUSIQUE LES LUTHIERS ET LA FACTURE INSTRUMENTALE : PRECIS HISTORIQUE, Paris, ED. SAGOT, Librairie Musicale, (lire en ligne)
↑François-Joseph Fétis, « Instruments nouveaux. La clarinette basse. », Revue Musicale, publiée par M. Fétis, Sautelet, vol. XIII, no VIIème année (1833), , p. 122-123 (lire en ligne, consulté le )
François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique, tome 2, Paris, Firmin-Didot, 1867, p. 78-79 (Gallica)
Journal des débats politiques et littéraires, , Godefroid Brod, frère d'Henri Brod