Don Pasquale
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Représentation de Don Pasquale à Londres.
Illustrated London News, 8 juillet 1843
Genre Opéra bouffe (opera buffa)
Nbre d'actes 3 actes
Musique Gaetano Donizetti
Livret Giovanni Ruffini
Langue
originale
Italien
Durée (approx.) environ 2 h 20 min
Dates de
composition
automne 1842
Création
Théâtre-Italien, Paris
Création
française
idem

Personnages

  • Don Pasquale, un barbon célibataire (basse)
  • Docteur Malatesta, son médecin (baryton)
  • Ernesto, neveu de Don Pasquale (ténor)
  • Norina, jeune veuve aimée d'Ernesto (soprano)
  • Le Notaire (basse)

Airs

  • « Bella siccome un angelo » (Malatesta) – Acte I
  • « Quel guardo il cavaliere » (Norina) – Acte I
  • « Cercherò lontana terra » (Ernesto) – Acte II
  • « Com'è gentil » (Ernesto) – Acte III

Don Pasquale est un opéra bouffe (opera buffa) en trois actes, musique de Gaetano Donizetti, livret de Giovanni Ruffini[1], joué pour la première fois le au Théâtre italien de Paris[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'automne 1842, Donizetti, après un bref séjour à Naples, était de retour à Paris où il devait surveiller les répétitions de Linda di Chamounix au Théâtre-Italien tout en travaillant sur le projet d'un nouvel opéra pour Vienne, La Regina di Cipro (La Reine de Chypre) d'après un livret de Giacomo Sacchèro, qui devait devenir Caterina Cornaro.

Le nouveau directeur, le critique Jules Janin lui proposa de composer un opera buffa pour lequel il pourrait compter sur une pléiade de chanteurs de premier ordre : Giulia Grisi, le ténor Mario, Antonio Tamburini et Luigi Lablache. Donizetti accepta et choisit de travailler sur le livret d'Angelo Anelli pour l'opéra Ser Marcantonio de Stefano Pavesi, créé à Milan en 1810, très populaire dans les années qui suivirent sa création. Giovanni Ruffini, l'un des quatre frères patriotes italiens[2], alors réfugié à Paris, se chargea de procéder aux adaptations nécessaires, mais Donizetti lui-même[3], ainsi que les chanteurs pendant les répétitions, lui demandèrent tellement de modifications qu'il claqua la porte et demanda que son nom soit retiré de l'affiche[4].

Donizetti composa l'ouvrage en un temps record : onze jours si l'on en croit sa correspondance, non sans mettre à contribution plusieurs de ses ouvrages antérieurs : Gianni di Parigi, L'Elisir d'amore, L'Ange de Nisida (devenu La Favorite). Il dirigea lui-même les répétitions. Celles-ci se déroulèrent semble-t-il dans une atmosphère glaciale, l'orchestre goûtant peu la partition[5]. On raconte qu'à l'issue d'une répétition[6], Donizetti avait demandé à l'éditeur Dormoy de l'accompagner chez lui ; il fouilla dans ses papiers et finit par tirer un papier d'un carton qu'il lui tendit en lui disant : « Voilà, donnez ceci à Mario, et dites-lui de le chanter lors de la dernière scène, dans le jardin, comme sérénade à Norina. »[7]. Néanmoins la première, le , fut littéralement triomphale, ce qui n'empêcha pas un accueil mitigé de la critique[8].

L'opéra entama aussitôt une brillante carrière dans tous les théâtres du monde : à la Scala de Milan le 17 avril 1843, avec Achille De Bassini dans le rôle de Malatesta, à Vienne, au Her Majesty's Theatre de Londres et Bruxelles la même année, en Allemagne l'année suivante[9]. Au Metropolitan Opera de New York, où on le créa en 1846, on entendit Enrico Caruso, Tito Schipa ou Leonid Sobinov chanter Ernesto, Marcella Sembrich, Lucrezia Bori ou Rosina Storchio interpréter Norina, Antonio Scotti, Giuseppe De Luca ou Victor Maurel dans Malatesta. Mais la popularité de l'ouvrage lui valut aussi nombre de productions médiocres le tirant vers l'opérette ce qui peut contribuer à expliquer que dans La Vie parisienne de Jacques Offenbach (1866), la baronne de Gondremarck, débarquant à Paris, puisse le mettre sur le même plan qu'une chanson de café-concert :

Je veux, moi dans la capitale,
Voir les divas qui font fureur,
Voir la Patti dans Don Pasquale
Et Thérésa dans Le Sapeur[10].

Don Pasquale fait partie des quelques ouvrages de Donizetti à n'avoir jamais quitté le répertoire, même pendant l'éclipse que subit l'œuvre du compositeur à partir des années 1860 et jusque dans les années 1960.

Distribution[modifier | modifier le code]

Luigi Lablache dans le rôle de Don Pasquale (1843).
Rôle Type de voix Interprètes lors de la première
le 3 janvier 1843
Don Pasquale, un barbon célibataire basse Luigi Lablache
Docteur Malatesta, son médecin baryton Antonio Tamburini
Ernesto, neveu de Don Pasquale ténor Mario
Norina, jeune veuve soprano Giulia Grisi
Un notaire basse Federico Lablache

Argument[modifier | modifier le code]

L'intrigue se déroule à Rome au début du XIXe siècle.
Durée : environ 2 h.

Acte I[modifier | modifier le code]

Premier tableau[modifier | modifier le code]

Une pièce de la maison de Don Pasquale.

Second tableau[modifier | modifier le code]

La chambre de Norina.

Acte II[modifier | modifier le code]

Une pièce de la maison de Don Pasquale.

Acte III[modifier | modifier le code]

Premier tableau[modifier | modifier le code]

Une pièce de la maison de Don Pasquale.

Second tableau[modifier | modifier le code]

Dans le jardin attenant à la maison de Don Pasquale.

Analyse[modifier | modifier le code]

L'intrigue puise directement son inspiration dans la commedia dell'arte et les personnages de la pièce font écho directement à ceux présents couramment dans ce type de comédie. Ainsi Don Pasquale figure-t-il Pantalone, Ernesto le Pierrot amoureux, Malatesta le rusé Scapin tandis que Norina représente Colombine.

Productions notables[modifier | modifier le code]

Dates Distribution
(Norina, Ernesto, Malatesta, Pasquale)
Chef d'orchestre,
Orchestre et chœur
Lieu,
Théâtre
Metteur en scène,
1899 Marcella Sembrich,
Thomas-Salignac,
Antonio Scotti,
Antonio Pini-Corsi
Luigi Mancinelli New York,
Metropolitan Opera
1925 Maria Ivogün,
Carl Erb,
Hermann Wiedemann,
Richard Mayr
Bruno Walter Salzbourg,
Festival de Salzbourg
1935 Lucrezia Bori,
Tito Schipa,
Giuseppe De Luca,
Ezio Pinza
Ettore Panizza New York,
Metropolitan Opera
1936 Margherita Carosio,
Tito Schipa,
Giuseppe De Luca,
Ernesto Badini
Gino Marinuzzi Milan,
Teatro alla Scala
1940 Bidu Sayao,
Nino Martini,
Francesco Valentino,
Salvatore Baccaloni
Gennaro Papi New York,
Metropolitan Opera
1944 Alda Noni,
Anton Dermota,
Erich Kunz,
Alfred Vogel
Anton Paulik Vienne,
Opéra d'État de Vienne
1945 Bidu Sayao,
Nino Martini,
Francesco Valentino,
Salvatore Baccaloni
Fritz Busch New York,
Metropolitan Opera
1959 Graziella Sciutti,
Luigi Alva,
Rolando Panerai,
Sesto Bruscantini
Nino Sanzogno Milan,
Piccola Scala
2012 Desirée Rancatore,
Francesco Demuro,
Alessandro Corbelli
Enrique Mazzola Paris,
Théâtre des Champs-Élysées
Denis Podalydès,

Christian Lacroix
(costumes)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b François-René Tranchefort, L'Opéra, Paris, Éditions du Seuil, , 634 p. (ISBN 2-02-006574-6), p. 193
  2. Un autre des frères, Agostino, avait adapté le livret de Marino Faliero pour la première parisienne de 1835.
  3. à qui le livret fut parfois attribué, à tort
  4. Piotr Kaminski, Op. cit., p. 389. L'édition imprimée fut simplement signée des initiales M.A. (Michele Accursi, secrétaire et ami de Donizetti).
  5. Philippe Thanh, Donizetti, Éditions Actes Sud, 2005, p. 130
  6. la répétition générale selon certains, ce qui semble tout de même improbable
  7. cité par Kobbé, Op. cit., p. 270. Il s'agissait à l'origine d'une mélodie composée peu de temps auparavant et intitulée La Bohémienne.
  8. « M. Donizetti fait probablement tout ce qu'il peut pour être bouffe, mais on chercherait en vain à se dissimuler qu'il n'y réussit que rarement. » (Le National, cité par Philippe Thanh, Op. cit., p. 130) « La musique de Don Pasquale est, depuis la première note jusqu'à la dernière, remarquable par son originalité. » (La Quotidienne, ibid.)
  9. Toujours avec des critiques mitigées. Un journal local de Dresde écrivait ainsi en 1844 : « Ce sont d'indigents confetti / Que nous sert le Donizetti / Et le pauvre Don Pasquale / Serait mieux à l'hôpital. » (Piotr Kaminski, Op. cit., p. 389)
  10. Adelina Patti était alors considérée comme la plus grande cantatrice du monde. Thérésa, célèbre chanteuse de café-concert – qu'on surnommait il est vrai la « diva du ruisseau » et qu'Alexandre Dumas déclarait « rivale de la Patti » (Philippe Thanh, Op. cit., pp. 131-132) –, s'était notamment illustrée à l'Alcazar d'été dans Rien n'est sacré pour un sapeur (1864, paroles de Louis Houssot, musique d'Auguste de Villebichot).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]