| God Save the Queen | ||
| Que Dieu protège la Reine | ||
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Publication d'une version ancienne dans The Gentleman's Magazine, le 15 octobre 1745. | ||
| Hymne de | Tous les territoires britanniques d'outre-mer |
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| Autre(s) nom(s) | God save the King (en) Que Dieu protège le Roi (Quand le monarque est un roi) |
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| Paroles | Origine incertaine | |
| Musique | Jean-Baptiste Lully XVIIe siècle |
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| Fichier audio | ||
| God save the Queen (instrumental) | ||
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God Save the Queen (en français : Que Dieu protège la Reine ou Que Dieu garde la Reine) est l'hymne national de facto du Royaume-Uni et de la Nouvelle-Zélande. Lorsque le souverain britannique est un homme, on utilise une version alternative qui est en fait le texte original : « God Save the King » (Que Dieu protège le Roi ou Que Dieu garde le Roi, mais autrement appellé Grand Dieu Sauve le Roi/Reine) d'un motet composé sur une citation biblique (Psaume 20, verset 9).
Il était par le passé l'hymne national de la majeure partie des pays du Commonwealth ; bien que la plupart d'entre eux aient maintenant leur propre hymne national, plusieurs (dont l'Australie et le Canada) le reconnaissent en tant qu'hymne royal.
Le souverain régnant ne chante pas cet hymne puisqu'il s'agit de prier pour lui, mais le consort le chante.
Le Royaume-Uni n'a pas d'hymne national officiel, mais le God save the Queen, possédant une longue histoire d'usage dans cette fonction, est utilisé par le gouvernement comme hymne national.
Dans Oxford Companion to Music, Percy Scholes (en) cite un morceau de clavier de John Bull (1619) qui a de fortes similitudes avec l'air moderne, selon le placement des altérations qui, à cette époque et dans certains cas, étaient non écrites et laissées à la discrétion de l'interprète. Il indique également que plusieurs morceaux de Henry Purcell, dont un comportant les notes d'ouverture de l'air moderne, contiennent les mots : « God save the King ».
Dans Les Grotesques de la musique, Hector Berlioz confirme la version selon laquelle la mélodie a été écrite par Jean-Baptiste Lully[3].
Au Royaume-Uni, la première édition définitive de l'air actuel est apparue en 1744 dans Thesaurus Musicus. La chanson serait devenue populaire l'année suivante, après le débarquement de Charles Édouard Stuart, qui marqua la fin des espoirs des Stuart de remonter sur le trône anglais. La maison de Hanovre, victorieuse, adoptera cet air comme hymne royal britannique.
C'est Haendel qui effectua un arrangement[4] de la mélodie composée à l'origine par Jean-Baptiste Lully à l'occasion de l'opération de la fistule anale de Louis XIV[5],[6]. Selon une version alternative, la chanson aurait été importée par l'intermédiaire du roi d'Angleterre Jacques II qui, vivant en exil en France à partir de 1689, aurait entendu l'hymne et décidé de l'adopter lorsqu'il remonterait sur le trône, ce à quoi il ne parvint pas, avant que les partisans de son fils, Jacques François Stuart, entonnent le chant lors de sa dernière tentative de prise du pouvoir en [5].
Dans les Souvenirs apocryphes[7]de la marquise de Créquy, l'auteur évoque une origine française de l’hymne composé en 1686 pour fêter le rétablissement de Louis XIV après son opération de la fistule anale. L'ancêtre du God save the King serait la chanson Grand Dieu sauve le Roi, écrite par Madame de Brinon, supérieure de la Maison royale de Saint-Louis[8] (future école de Saint-Cyr en faveur des orphelines de nobles) et mise en musique par Jean-Baptiste Lully (Haendel de séjour à Versailles en 1714 aurait noté la musique et l'aurait fait traduire par le pasteur Carrey)[9].
Cette chanson n'est pas sans lien avec un chant latin, que la chapelle royale exécutait depuis le règne de Louis XIII et qui avait pour titres « Domine, salvum fac regem », dont les paroles étaient exactement tirées du dernier verset du psaume XIX de David, « Domine, salvum fac Regem et exaudi nos in die qua invocaverimus te ». Toutefois, c'est le Te Deum qui fonctionnait en tant qu'hymne royal officiel[10].
Si la première exécution est officiellement attribuée à l'année 1745[11], une étude récente trouva une exécution plus ancienne par les royalistes de la maison Stuart en 1688 : « God Save Great James our King ». Le chercheur considère que l'origine peut remonter au règne de Charles II († 1660)[12].
Après la mort d'Henry Carey, son fils demanda qu'on reconnaisse la paternité de son père sur cet hymne.
Adapté en allemand en 1790, en pleine période révolutionnaire, perçu alors comme un hymne royal célébrant la royauté, il a été pour cette raison choisi pour être l'hymne du Royaume de Prusse. Le succès de ce chant s'étendit à l'Autriche-Hongrie, pays où il était chanté quotidiennement par tous les écoliers jusqu'en 1918 sous ce titre : « Gott, schütze unseren Kaiser ! ».
Il n'y a pas de version officielle de l'hymne. La monarchie reconnaît aujourd'hui par tradition les premier et troisième couplets du texte ci-dessous comme constituant l'hymne national, et précise que d'autres couplets, « ajoutés au fil des ans, […] sont rarement utilisés »[11].
| Paroles en anglais | Traduction en français |
|---|---|
God save our gracious Queen, |
Que Dieu protège notre gracieuse Reine, |
Le Gouvernement du Canada propose le texte suivant pour traduction du troisième couplet :
Parmi tous, Tu choisis les dons
Qu’il Te plaît de lui accorder; Puisse-t-elle régner longuement; Puisse-t-elle défendre nos lois Et nous donner souvent raison De chanter avec cœur et à pleine voix :
Que Dieu protège la Reine [13]!
Un autre couplet, qui en appelle à l'aide de Dieu pour « écraser les Écossais rebelles », est ajouté officieusement vers 1745 en réaction à la rébellion jacobite en Écosse. Comme les autres couplets agrégés au texte au fil du temps, il a été populaire sans jamais avoir été officiel, et n'est « plus chanté aujourd'hui »[14].
God Save the Queen n'a pas de statut légal au Canada, même s'il est considéré comme l'hymne royal, c'est-à-dire doit être joué en présence d'un membre de la famille royale ou comme partie du salut accordé au gouverneur général et aux lieutenants-gouverneurs. La traduction française de l'hymne est due au journaliste et historien Benjamin Sulte. En effet, le premier couplet est chanté en français :
« Dieu protège la Reine
De sa main souveraine !
Vive la Reine !
Qu'un règne glorieux,
Long et victorieux
Rende son peuple heureux.
Vive la Reine ! »
Pourtant, il existe également la tradition de chanter les premiers vers de la première strophe en français, jusqu'à « vive la reine » inclus, puis les autres en anglais, selon la traduction suivante qui peut considérée comme très fidèle à la mélodie originale :
« Dieu sauve notre Reine Notre gracieuse Reine !
Vive la reine !
Rends-la victorieuse,
Heureuse et glorieuse
Que soit long son règne sur nous
»Vive la reine !
Cette tradition appartient notamment à la célébration du Jour du Souvenir, c’est-à-dire le 11 novembre au Canada organisée par la Légion royale canadienne[15].
En Australie God save the Queen était l'hymne national de jure jusqu'en 1984, quand Advance Australia Fair fut adopté à la suite d'un plébiscite ayant été tenu en 1977. Le gouvernement Whitlam avait choisi cette dernière comme hymne national en 1974, désirant une chanson qui représente l'identité australienne, non pas celle du Royaume-Uni. Son successeur, Malcolm Fraser restaura néanmoins God Save the Queen pour des occasions royales ou vice-royales ou dans le contexte militaire ou bien d'un toast fidèle au monarque d'Australie, en programmant un sondage, réalisé sous la form de plébiscite conjointement avec le référendum de 1977. On avait le choix d'Advance Australia Fair, Waltzing Matilda ou The Song of Australia pour d'autres événements.
Enfin, le gouvernement Bob Hawke fit adopter le nouvel hymne en avril 1984, gardant God Save the Queen pour toutes occasions royales en tant qu'hymne royal. En revanche, le salut vice-royal se dérive de l'hymne national.
En Nouvelle-Zélande, God save the Queen a statut égal avec God Defend New Zealand comme hymne national, mais il est moins souvent joué. Il doit être joué en présence d'un membre de la famille royale ou comme partie du salut accordé au gouverneur général et aux lieutenants-gouverneurs. Le texte a été traduit en langue maori en 1860 par Edward Marsh Williams, premier interprète officiel auprès du gouvernement colonial. Sa première strophe est présentée ci-dessous :
- Me tohu e t'Atua
- To matou Kuini pai:
- Kia ora ia
- Meinga kia maia ia,
- Kia hari nui, kia koa,
- Kia kuini tonu ia,
- Tau tini noa[16].
De nombreux hymnes se chantent sur l'air du God save the Queen, parmi lesquels :
Le God Save The Queen est utilisé comme hymne national par différentes équipes en sport :
Les autres pays constituants le Royaume-Uni, utilisent un hymne différent (Flower of Scotland pour les écossais et Land of My Fathers pour les gallois). Certaines équipes irlandaises de sports collectifs représentent l'île de l'Irlande (soit l'Irlande du Nord apparentant au Royaume-Uni plus la République d'Irlande), c'est le cas du rugby, du hockey ou encore du cricket. Ils utilisent ainsi un hymne spécialement créé pour cette union : l'Ireland's Call. Mais toutes les équipes ne sont pas réunies, comme en football par exemple, les nord-irlandais chantent ainsi le God Save The Queen[21].