| Daphnis et Chloé | |
Étude pour le décor de Léon Bakst, aquarelle et gouache sur papier. | |
| Genre | Ballet |
|---|---|
| Nb. de mouvements | 1 |
| Musique | Maurice Ravel |
| Sources littéraires | Daphnis et Chloé, roman grec de Longus |
| Chorégraphie | Michel Fokine |
| Durée approximative | Environ 1 heure |
| Dates de composition | 1909 - 1912 |
| Commanditaire | Serge de Diaghilev |
| Création | Théâtre du Châtelet, Paris |
| Interprètes | Ballets russes, Vaslav Nijinski (Daphnis) Tamara Karsavina (Chloé) Pierre Monteux (dir.) |
| Scénographie | Léon Bakst |
| Versions successives | |
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Daphnis et Chloé est une symphonie chorégraphique pour orchestre et chœurs sans paroles écrite par Maurice Ravel entre 1909 et 1912, sur la commande de l'impresario russe Serge de Diaghilev. Michel Fokine est le corédacteur, avec Maurice Ravel, de l'argument du ballet.
L'œuvre porte la référence M.57, dans le catalogue des œuvres du compositeur établi par le musicologue Marcel Marnat.
Composé pour les Ballets russes, Daphnis et Chloé fut chorégraphié par Michel Fokine et créé dans des décors et des costumes de Léon Bakst. La première eut lieu le au Théâtre du Châtelet sous la direction de Pierre Monteux. Les rôles titre étaient tenu par Vaslav Nijinski, moins de quinze jours après avoir créé L'Après-midi d'un faune sur la musique de Claude Debussy et Tamara Karsavina.
Conçue en un seul mouvement divisé en trois parties enchainées, l'histoire s'inspire du roman grec Daphnis et Chloé, de Longus. Elle conte l'histoire du berger Daphnis, son amour pour Chloé, l'enlèvement de cette dernière par des pirates, l'intervention du dieu Pan et la fin heureuse. L'ambiance reste très pastorale, en contradiction avec le programme initial d'une musique « antiquisante », amenant la rupture avec le chorégraphe peu après sa création[C'est-à-dire ?].
Le dernier épisode s'ouvre sur le célèbre « lever du jour », dont les raffinements sonores suggèrent que tout ce qui se déploie ici, c'est moins l'émoi amoureux des deux protagonistes que la musique accèdant à son indépendance, faite de couleurs et de timbres. C'est un vaste crescendo où sont conciliés éclatement sonore et thématisme majestueux : un fond de cascade tournoyante des bois à l'unisson en doubles croches avec en premier plan de longues tenues lyriques des cordes qu'on peut considérer comme le sommet de l'art orchestral du compositeur.
Son interprétation dure environ une heure, ce qui en fait l'œuvre la plus longue de Ravel.
Le chorégraphe Benjamin Millepied a créé, avec l'Opéra de Paris, une nouvelle version du ballet en 2014[1].
| Instrumentation de Daphnis et Chloé |
| Cordes |
| premiers violons, seconds violons, altos, |
| Bois |
| 1 piccolo, 2 flûtes, flûte en sol, 3 bassons, 1 contrebasson 2 hautbois, 1 cor anglais, 1 petite clarinette en mi bémol 2 clarinettes en si bémol, 1 clarinette basse en si bémol |
| Cuivres |
| 4 cors en si bémol , 4 trompettes en ut, 3 trombones, 1 tuba |
| Percussion |
| timbales, caisse claire, castagnettes, cymbales, grosse caisse, tambour, tambour de basque, tam-tam, triangle célesta, jeu de timbre, xylophone, éoliphone |
| Chœur |
| Sopranos, altos, ténors, basses |
Première partie
Deuxième partie
Troisième partie
De l'intégralité de l'œuvre Ravel lui-même a extrait deux suites pour orchestre destinées au concert. L'utilisation de ces réductions par Diaghilev pour la production londonienne de Drury Lane entraîna par la suite un désaccord avec Maurice Ravel, le compositeur allant jusqu'à publier une lettre ouverte dans la presse anglaise par le biais et avec le soutien du compositeur Ralph Vaughan Williams (correspondance, datée du 7 juin 1914). La première suite fut créée le au Théâtre du Châtelet par les Concerts Colonne sous la direction de Gabriel Pierné, soit près d'une année avant la création du ballet en lui-même. La seconde suite, la plus célèbre, correspond à la dernière scène du ballet. Elle ne sera composée qu'à la suite du succès du sacre du printemps, dans la"continuité" du ballet ( Marnat, p364).
Maurice Ravel a composé l'oeuvre au piano de bout en bout (manuscrit de 47 pages, collection privée Mme Alexandre Taverne) . L'écrivain Arnold Bennett prétend dans son journal l'avoir entendue sous les doigts du compositeur le 27 février 1911 (cité par Maurice Marnat p 333) . Pour se prémunir des coupures dont Diaghilev avait la spécialité, la partition a été publiée par Durand & Cie en 1910.
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