Guitariste autodidacte, compositeur prolifique et éclectique, René Lussier n’a cessé, depuis la fin des années 1970, d’initier de nouveaux chantiers musicaux en s’alliant à des musiciens issus de tous horizons[3]. Il a dirigé plusieurs ensembles et composé plus de 65 musiques de films documentaires et d’animation.
En 1975, il rejoint le groupe Conventum[4], un collectif de composition dirigé par André Duchesne. Ses premières musiques de film sont cosignées avec le groupe Conventum et André Duchesne dès 77. (Le Centre d’essai le Conventum, situé au 1237 rue Sanguinet, a été démoli au milieu des années 1980 lors de la construction de l’Université du Québec à Montréal).
À la même époque, il rencontre le pianiste improvisateur Pierre St-Jacques (du groupe Nébu) avec qui il joue quelques années en duo (Les reins solides) et qui l’introduit à un cercle de musiciens attirés par l’improvisation : Jean Derome, Robert Leriche, Claude Simard, Robert Marcel Lepage, Pierre Cartier. De 77 à 79, tous se retrouvent dans une variété de petits ensembles chapeautés par l’EMIM (Ensemble de musique improvisée de Montréal). Ils se produisent dans les galeries, les cafés, les musées, et le plus souvent, « aux mardis » du bar la Grande Passe. Il commence alors à jouer en duo avec Jean Derome, une collaboration ayant généré des dizaines de projets, spectacles, disques compacts et musiques de films pendant plus de 20 ans.
À l’invitation du pianiste Bernard Buisson, René joue aussi la batterie et la guitare au sein du groupe qui suit la chanteuse Pauline Julien[5] en tournée au Québec et en Europe de 82 à 84.
À partir de 1983, il commence à travailler avec le clarinettiste Robert Marcel Lepage avec lequel il forme le duo « Chants et danses du monde inanimé ». Après avoir produit et réalisé un premier album solo indépendant en 1983 (Fin du travail version1-qui deviendra AM OOO CD à sa réédition), René fonde avec Robert Marcel Lepage l’étiquette Ambiances Magnétiques en 1984, avec la parution de Chants et danses du monde inanimé AM OO1 CD. (Le duo « Chants et danses… » deviendra en 85-86 « La symphonie interminable », un spectacle cinéma-musique intégrant Jean Derome et le cinéaste d’animation Pierre Hébert). En 1985, Lepage/Lussier se voient décerner le "Brazowy Smok" à Cracovie, Pologne : Premier prix pour la musique du film Chants et danses du monde Inanimé ; Le métro de Pierre Hébert.
Dès 1983, René Lussier fait partie des premières éditions du FIMAV (Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville) où il rencontre Fred Frith, avec qui il collaborera régulièrement à partir de 1986 et sur une période de 14 ans, entre autres comme membre des groupes Keep the dog et Fred Frith Guitar Quartet.
De 86 à 89, il fait partie du groupe Les 4 guitaristes de l'Apocalypso-Bar, dirigé par André Duchesne.
En 1986, René Lussier crée une pièce de 30 minutes intitulée Le Trésor de la langue qui gagnera en 1989 le Grand Prix Paul Gilson, décerné par la communauté des radios publiques de langue française. Le prix est doté d’une bourse de 6 000 francs suisses qu’il réinvestit pour compléter l’œuvre et produire un disque compact de soixante-cinq minutes lancé en janvier 90. À l’invitation de Michel Levasseur, il adapte le projet pour la scène en 91. Créé au FIMAV, Le Trésor de la langue « live » est invité au festival de Jazz de Montréal comme au Festival d’été de Québec et puis, jusqu’en 93, par plusieurs festivals européens dédiés à la musique innovatrice (Paris, Nancy, Marseille, Gent, Moers, Ulm, Groningen).
À la même période, René Lussier partage des projets avec des musiciens à l’étranger dont Hans Reichel, Ikue Mori, Tom Cora, Chris Cutler et Heiner Goebbels. Il sillonne l’Europe (France, Allemagne, Angleterre, Écosse, Belgique, Russie, Norvège, Italie, Autriche, Suisse, Hollande, Pologne, Portugal, Yougoslavie, Espagne et Finlande), joue en Argentine et au Chili (Buenos Aires, Osorno, Santiago de Chile), aux États-Unis (New York, Los Angeles, Seattle) ainsi que d’un bout à l’autre du Canada, non seulement avec les musiciens précités, mais aussi en solo, en duo (avec les Granules), ou pour aller y monter sa propre musique d’ensembles.
Dès 1990 il commence aussi à jouer avec le platiniste Martin Tétreault (Dur Noyau Dur)[6] avec lequel il partage la scène et signe 5 disques compacts d’improvisation libre. Les mêmes années voient naître sa collaboration avec le batteur Pierre Tanguay (deux disques compacts : La vie qui bat, Chèvre et Chevreuil).
À la même époque, sa rencontre avec le poète Patrice Desbiens donne lieu à de nombreux spectacles de poésie/musique improvisée. (René produira plus tard le disque compact « Patrice Desbiens et les moyens du bord »).
Il anime depuis 1994 au Québec et en Europe des rencontres et des ateliers consacrés à cette pratique. (Montréal, Jonquière, Toronto, Vancouver, Paris, Lyon, Mulhouse, Bourg en Bresse, Gent, Porto, Rimouski, Québec et 5 sessions d'automne consécutives au Conservatoire de Musique de Montréal 2003-07.)
En 1996 il se voit décerner le Freddy Stone Award pour « …son intégrité artistique, son esprit novateur et son apport à la musique nouvelle canadienne ».
En 2000, René quitte définitivement l’étiquette Ambiances Magnétiques où jusqu’alors, il avait produit et réalisé tous ses disques. En 2001, le Conseil des Arts du Canada lui remet le prix Victor-Martyn-Lynch-Staunton pour "Honorer les réalisations exceptionnelles et l’excellence".
En 2001, la Compagnie Larrivée Cabot Champagne lui offre de prendre sous licence son nouvel album instrumental Tombola Rasa qui sort sous étiquette La Tribu. La Compagnie produira ses deux albums suivants : Grand Vent (2003, compositions instrumentales), Le Prix du Bonheur (2005- un premier disque de chansons inspirées de mélodies hawaïennes traditionnelles sur des paroles de Paule Marier) en 2007, sous licence, une réédition du Trésor de la Langue + 100 minutes d’inédits, coffret 3 disques compacts.
En 2002, il se voit décerner le prix « artiste avant-garde » au Gala MIMI (Musiques indépendantes).
Il se lie avec le guitariste Pierre Lavoie et avec le guitariste et joueur de banjo américain Eugene Chadbourne.
Il répond à l’invitation de la violoneuse d’origine gaspésienne Liette Remon en 2004 et participe à l’enregistrement de son disque compact Comté de Gaspé sud. Leur collaboration se poursuit depuis à travers Bobelo, un groupe traditionnel/expérimental qui « revisite » les grands classiques de la musique traditionnelle québécoise.
En 2008, à l’occasion du 400ième anniversaire de la ville de Québec, il signe la trame sonore du Moulin à Images de Robert Lepage et EX Machina. Les changements apportés aux éditions 2009 et 2011 ont nécessité des réinvestissements en forçant chaque fois la réécriture de plus de 30 % de la trame sonore.
En 2008, René compose également la musique de la série documentaire "Manifestes en série" de Hugo Latulippe. Suivent celle de "Trou story" de Richard Desjardins et Robert Monderie (2011), et celle du film de Serge Giguère « Le nord au cœur » (2012).
Début 2013, il renoue avec la production indépendante et l’aventure du compositeur interprète en réalisant Toucher une âme, un deuxième album chanté dont les textes ont été signés par sa compagne, Paule Marier.
1988 : Nivis de Simon Goulet, (R M Lepage/Lussier)
1987 : L’Amour à quel prix de Sophie Bissonette, O.N.F. (Derome/Lussier)
1987 : Voyage en Amérique de Jean Chabot, O.N.F. (Derome/Lussier)
1987 : Les Polissons de Dagmar Gueissaz, O.N.F. (Derome/Lussier)
1987 : Le Temps des cigales de Jacques Leduc, O.N.F. (Derome/Lussier)
1987 : Charade chinoise de Jacques Leduc, O.N.F. (Derome/Lussier/Lepage/Buisson)
1987 : Painted landscape of the time : The art of Sue Coe de Helen Klodawski, Premier prix musique, Yorktown Short Film & Vidéo festival, Derome/Lussier
1986 : Notes de l’arrière saison de Jacques Leduc, O.N.F. (Derome/Lussier)
1986 : Adieu bipède de Pierre Hébert, O.N.F. (Derome/Lepage/Lussier)
1985 : Passiflora de Fernand Bélanger et Dagmar Gueissaz, O.N.F. (Derome/Duchesne/Lussier)
1985 : Picasso,tableaux d’une surexposition de Pierre Hébert, O.N.F. (Derome/Lepage/Lussier)
1984 : Chants et danses du monde Inanimé : Le Métro de Pierre Hébert, O.N.F. (Lepage/Lussier) Prix de la critique Québécoise 1985 *1er prix pour la musique, BRAZOWY SMOK, Cracovie, Pologne 1986.
1984 : L’émotion dissonante de Fernand Bélanger, O.N.F. (Duchesne/Lussier)
1984 : Les Illusions tranquilles de Gilles Blais, O.N.F. (Derome/Lussier)
1984 : Le dernier glacier de Jacques Leduc et Roger Frappier, O.N.F. (Derome/Lussier/Rivard)
1983 : Étienne et Sara de Pierre Hébert, O.N.F.
1983 : Beyrouth à défaut d’être mort de Tahani Rached, O.N.F. (Lussier/Simard)
1982 : Riopelle de Pierre Letarte, O.N.F. (Derome/Lussier)
1982 : L’Albédo de Jacques Leduc et Renée Roy, O.N.F. (Derome/Lussier/Fauré)
1980 : À vos risques et périls de Jean et Serge Gagné,prod. 89 (Duchesne/Lussier)
1979 : Tanobé de Ian Rankin, O.N.F. (Duchesne/Lussier)
1979 : Les Enfants d’abord de Roger Cantin (Duchesne/Lussier)
1978 : La Belle Apparence de Denise Benoit (*conventum)
1978 : Le Grand Remue-ménage de Sylvie Groulx et Francine Allaire, ACPAV (*conventum)
1978 : Au fil du temps de Marcel Sabourin, ACPAV (*conventum)
1977 : Le de Hugues Migneault et Ronald Brault, ACPAV (*conventum)
1977 : Courtepointe 1 et 2 de Marcel Sabourin, ACPAV (*conventum)
Conventum : Collectif de composition dirigé par André Duchesne.