Le Misanthrope est une comédie de Molière en cinq actes et en vers représentée pour la première fois le sur la scène du Palais-Royal. Le sous-titre « ou l'Atrabilaire amoureux » ne figure pas dans les éditions publiées de cette pièce mais seulement dans la mention manuscrite du privilège accordé le à Molière pour l'impression de sa pièce[1].
Alceste hait l'humanité tout entière, en dénonce l'hypocrisie, la couardise et la compromission. Mais il aime Célimène, jeune veuve coquette et médisante. Il est aimé d'Arsinoé, la prude, et d'Éliante, la sincère.
Acte I
Alceste et Philinte se querellent sur leur amitié ; selon Alceste, Philinte aurait prodigué des marques d'amitié trop fortes à un inconnu. Alceste finit par s'emporter sur l'humanité.
Arrive Oronte, autre prétendant de Célimène, qui demande leur avis sur un sonnet de sa composition. Philinte dit, par complaisance, qu'il adore, mais Alceste n'apprécie pas et le lui dit clairement. Oronte est vexé et une dispute éclate.
Acte II
Alceste dit à Célimène que sa complaisance pour d'autres hommes ne lui plaît pas.
Arrivent les marquis, Acaste et Clitandre, autres prétendants de Célimène. Célimène joue avec eux à médire de plusieurs personnes de leur connaissance, ce qui rend Alceste jaloux et furieux. Célimène s'énerve mais elle est interrompue par l'arrivée d'un garde : il annonce qu'Alceste est convoqué au tribunal pour l'affaire du sonnet avec Oronte.
Acte III
Arsinoé arrive et raconte à Célimène que des rumeurs ont été répandues sur elle et affirme l'avoir défendue. Célimène, se rendant compte de son hypocrisie, répond sur un même ton de politesse hypocrite. Arsinoé est furieuse, elle tente de séduire Alceste mais en vain.
Acte IV
Alceste est furieux car quelqu'un, probablement Arsinoé, lui a donné une lettre qui montre la complaisance qu'a Célimène pour un autre homme. Il lui demande donc de se justifier mais elle retourne la situation et il s'excuse.
Alceste apprend qu'il a perdu son procès, il veut quitter la société des hommes.
Acte V
Alceste et Oronte demandent à Célimène de choisir entre eux. Arrivent Acaste et Clitandre, chacun avec une lettre adressée par Célimène à l'autre. Cela prouve que Célimène joue avec le cœur de ses amants, ce qui décide Oronte à partir. Une fois seul avec Célimène, Alceste lui propose de l'épouser à condition qu'elle quitte avec lui la société des hommes qu'il ne supporte plus. Elle ne peut pas se résoudre à quitter la vie mondaine. Alceste, s'excusant auprès d'Éliante - qui lui préfère maintenant Philinte - annonce donc quitter Paris pour se retirer dans la solitude. Philinte s'apprête à l'en dissuader lorsque le rideau tombe.
Même si la seizième pièce de Molière a été représentée trente-quatre fois pendant l'année 1666[2], ce qui représente un chiffre honorable grâce à l'appui du Roi, Le Misanthrope a pourtant connu un accueil que l'on pourrait qualifier de froid et négatif de la part de la noblesse provinciale[3], certains des personnages remettant en cause l'autorité assise des droits des privilégiés et de leurs privilèges[4]. Mais, contrairement aux échecs précédents du Tartuffe et de Dom Juan dans lesquels le réalisme critique de l'auteur, qui semble bafouer les traditions religieuses, sociales et morales, suscite un scandale théâtral(de), cette pièce reçoit une certaine reconnaissance critique de la part des connaisseurs[5].
En 1729, avec I Disingannati, le compositeur Antonio Caldara met en musique le livret de Giovanni Claudio Pasquini, directement inspiré de la pièce de Molière (recréation en 1993 au Festival de musique ancienne d'Innsbrück).
En 1797, Le Misanthrope Travesti, Joseph Daubian, imprimerie Rodière, Castres ; adaptation burlesque en occitan [lire en ligne] ; compte-rendu : lire en ligne sur Gallica
En 1855, l'opéra comique La Cour de Célimène, d'Ambroise Thomas, s'inspire directement du personnage de Molière.
En 2013, traduction en langue bretonne par Serj Richard, de l'Université de Brest (UBO, Éditions Mouladurioù Hor Yezh, titre en breton : An Dengasaour).
En 2019, pièce "le misanthrope (VS Politique)" mise en scène par Claire Guyot, jouée par la compagnie La vallée des arts
2010 : le metteur en scène Ivo van Hove met en scène une version transposée dans un monde contemporain avec une esthétique trash à la Schaubühne de Berlin intitulée Der Menschenfeind accompagné d'une nouvelle traduction allemande (signée Hans Weigel) du texte de Molière[6].
2011 : mise en scène de Cyril Kaiser, Genève, à la Fusterie.
2015 : mise en scène de Michel Belletante au Théâtre du Vellein, avec entre autres Philipe Nesme (Philinte), Marianne Pommier (Célimène), Renaud Dehesdin (Alceste), Léo Feber (Arsinoé), Floriane Durin (Eliante).
2015 : mise en scène de Michel Monty au Théâtre du Rideau Vert.
2016 : mise en scène de Claire Guyot au Vingtième Théâtre à Paris puis en Avignon et tournée, avec Pierre Margot (Alceste).
2016 : mise en scène de Jean François Buisson au Théâtre Antibéa d'Antibes, avec Annabelle Charles (Célimène) et Cédric Garoyan (Alceste)
↑Voir mention du privilège dans le registre de la Chambre syndicale des libraires, et l'extrait du privilège reproduit dans l'imprimé.
↑« Le succès, selon l'abbé du Bos, ne se dessina qu'après huit ou dix représentations. » Félix Guirand, Le Misanthrope, Paris, Larousse, , Notice historique et littéraire.