Carl Orff
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Carl Orff en 1956.

Naissance
Munich (Royaume de Bavière, Empire allemand)
Décès (à 86 ans)
Munich (Allemagne)
Activité principale Compositeur
Conjoint Liselotte Orff

Œuvres principales

Carl Orff, né le à Munich et mort le dans la même ville, est un compositeur allemand. Son œuvre la plus connue est Carmina Burana.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Né d'une famille de militaires (un de ses grands-pères est le général Karl Maximilian von Orff), Carl Orff, fils de parents musiciens, fait vite preuve dans sa jeunesse d'intelligence et de curiosité. Plus tard, il ne rencontre pas de difficultés dans ses études musicales bien qu'il ne supporte pas l'académie de musique de Munich. Là encore, il ne s'entend pas toujours avec ses professeurs. Ces années d'études n'en seront pas moins fécondes. Il compose un opéra, Gisei, tiré d'une pièce japonaise et légèrement influencé par Claude Debussy.

Carrière musicale[modifier | modifier le code]

En 1914, il prend des leçons d'interprétation avec Hermann Zilcher. La même année, il est nommé chef d'orchestre et directeur musical des Münchner Kammerspiele. Il prend part à la guerre en 1917, mais est démobilisé en raison d'une blessure. De retour du front, il est nommé directeur musical et chef d'orchestre des opéras de Mannheim et Darmstadt.

Après la guerre, désireux d'associer le texte, la musique et le mouvement, il se consacre à l'étude et à la composition. Il abandonne ses fonctions à l'opéra de Darmstadt. En 1920, il épouse Alice Solscher dont il aura une fille, Godela (1921-2013). Il se mariera quatre fois, sa dernière épouse étant Liselotte Schmitz (1930-2012).

Intéressé par la musique de son temps et notamment par celle d'Arnold Schoenberg, il n'éprouve cependant rien pour la musique atonale. Il se passionne surtout pour la Renaissance italienne : il adapte en allemand le Lamento d'Ariana, adapte et édite L'Orfeo et le Ballo delle Ingrate de Claudio Monteverdi pour instruments modernes.

En 1924, avec la danseuse Dorothee Günther, il fonde une école de danse : la Güntherschule. C'est dans cette école que naîtra le concept de l'Orff-Schulwerk. Carl Orff a toujours considéré cette démarche pédagogique comme faisant partie intégrante de son œuvre musicale. Entre 1935 et 1936, il crée au vieil opéra de Francfort son plus grand succès : Carmina Burana, œuvre inspirée de poèmes du Moyen Âge retrouvés dans l'Abbaye de Benediktbeuern, près de Munich. Carmina Burana est l'une des œuvres classiques les plus jouées au monde. Elle a inspiré de nombreux artistes : des groupes musicaux comme Magma ou Era et des artistes de variété comme Nana Mouskouri (Ave verum). En 1939, Carl Orff écrit Der Mond (La Lune) et en 1942 Die Kluge (La Femme avisée) tous deux inspirés par les Contes de Grimm.

En 1943, il compose les Catulli Carmina et, en 1953, pour compléter ce triptyque païen Trionfi, le Trionfo di Afrodite. On lui doit aussi la composition des Veni Creator Spiritus (1954), cantate d'après le livret de Franz Werfel pour chœur mixte, pianos et instruments à percussion, mouvements de chœur d’après le livret de Bertolt Brecht pour chœur, trois claviers et percussions. Par la suite, il n'écrit plus que pour le théâtre musical des pièces telles que Antigone ou De temporum fine comœdia, sa dernière œuvre, qui reviennent aux formes du théâtre sacré avec des danses rituelles. En 1961, il fonde son école, l'Institut Orff, au Mozarteum de Salzbourg, puis donne des conférences pour présenter son concept pédagogique, le Orff-Schulwerk.

Carl Orff meurt le . Selon son souhait, il a été inhumé dans une chapelle du monastère d'Andechs, en Bavière où un festival[1] Orff in Andechs[2] lui est consacré tous les ans.

Il eut notamment comme élèves les compositeurs allemands Karl Marx et Werner Egk ou le compositeur néo-zélandais Edwin Carr.

Position de Carl Orff durant la guerre de 1939-1945[modifier | modifier le code]

La question de la position de Carl Orff durant les années 1930-40 est très discutée.

Sa musique fut d'abord rejetée, puis récupérée par le IIIe Reich. Sa composition Carmina Burana en est un exemple : mal perçue lors de la première à Francfort en 1937[3], elle a ensuite connu un grand succès auprès du public mais aussi du pouvoir national-socialiste. Par ailleurs, il a été reproché à Orff d'avoir répondu à l'appel officiel de composer une nouvelle musique de scène pour Le Songe d'une nuit d'été, la partition de Felix Mendelssohn ayant été interdite du fait des origines juives du compositeur. Les défenseurs d'Orff firent valoir par la suite qu'il avait déjà composé la musique de cette pièce entre 1917 et 1927, soit bien avant la commande des autorités nazies. En effet, Orff avait pour habitude de modifier en permanence ses œuvres musicales.

Après la guerre, Carl Orff a prétendu avoir appartenu au mouvement de résistance Die Weisse Rose (La Rose blanche), qui fut notamment animé par un de ses amis, Kurt Huber, condamné à mort par le Volksgerichtshof (Tribunal du peuple) et exécuté en 1943. Pourtant, le jour de l'arrestation de Huber, son épouse pria Orff d'user de son influence auprès des autorités pour aider son mari, mais Orff refusa. Par la suite, la femme de Huber refusa de le revoir. Culpabilisé, Orff écrira une lettre dédiée à son ami défunt pour lui demander pardon[4],[5].

Relations et collaborations[modifier | modifier le code]

Carl Orff a travaillé en collaboration avec de nombreux artistes (musiciens, danseurs, peintres, chorégraphes, poètes, etc.)[6] :

Des lettres de Suppin montrent que Orff, Suppin et Prévert avaient un projet commun autour d'un livre (probablement autour du thème d’Œdipe) mais celui-ci ne s'est jamais réalisé. L'un et l'autre ont travaillé l'histoire d'Agnès Bernauer : Die Bernauerin pour Carl Orff en 1947 et Agnès Bernauer pour Prévert en 1961 dans le film Les Amours célèbres de Michel Boisrond

Deux auteurs ont étudié les relations et l'admiration mutuelle que se portaient Carl Orff et Jacques Prévert dans :

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

Carmina Burana et le triptyque Trionfi[modifier | modifier le code]

Sa cantate scénique Carmina Burana, composée en 1937, est de loin son œuvre la plus connue. Il utilise des poèmes du XIIIe siècle et crée une musique délibérément simple, pour grand orchestre et chœur, articulée autour de pulsations et de rythmes vigoureux, aux sonorités riches. Cette œuvre constitue la première partie d'un triptyque intitulé Trionfi (les Triomphes), qui comprend les Catulli Carmina (cantate d'après les poèmes de Catulle, dont Odi et amo, composée en 1943), pour chœur, voix solo, pianos et percussions, dans laquelle le chœur fournit un accompagnement quasi instrumental aux solistes, et Trionfo di Afrodite (le Triomphe d'Aphrodite, composée en 1953), pour grand orchestre et chœur. Cette trilogie est fondée sur des textes glorifiant l'amour.

Orff-Schulwerk[modifier | modifier le code]

Le Orff-Schulwerk (atelier scolaire) a été fondé et développé en collaboration avec la gymnaste Dorothée Gunther, la pédagogue Gunild Keetman et la danseuse Maja Lex. Il ne s'agit pas réellement d’une méthode. Il s'agit d'orientations pédagogiques dont le but premier est de favoriser un développement harmonieux de l'enfant grâce à la musique dite élémentaire et le mouvement. La pédagogie musicale Carl Orff est ouverte à tous (pas seulement aux enfants), elle est « non élitiste et ludique ». Elle se pratique en groupe et utilise un ensemble de petites percussions (xylophones, métallophones, etc.), appelé : « instrumentarium Orff ». Orff fera fabriquer cet instrumentarium par son ami luthier Klaus Becker avec lequel il fondera la société Studio 49. Cette pédagogie utilise comme support des œuvres du répertoire traditionnel de toutes les cultures tout en favorisant la création et l'improvisation. Le chant, la danse, le mouvement, le théâtre, les percussions corporelles... y trouvent une place tout aussi importante que la technique instrumentale et musicale. Certes, il existe des recueils d'éducation musicale (Musique pour enfants (Musik für Kinder), élaboré avec Gunild Keetmann vers 1930-35, puis révisé en 1950-1954, dont il existe une version française signée de Jos Wuytack) mais la pédagogie Orff s'enseigne exclusivement par l'exemple et l'expérimentation au travers de stages et formations, d'où sa classification dans les méthodes actives[14].

Autres compositions[modifier | modifier le code]

Emploi dans des films et documentaires[modifier | modifier le code]

Certaines œuvres de Carl Orff sont régulièrement utilisées dans des bandes originales de films, pour accompagner des documentaires, des émissions de télévision ou de radio :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.andechs.de/kloster-andechs/veranstaltungen-auf-hoechster-ebene/carl-orff-festspiele-andechs.html
  2. http://www.arte.tv/fr/3980392.html
  3. Témoignages dans le documentaire Carl Orff de Tony Palmer - 1995. - Inter Nationes.
  4. (en) http://entertainment.timesonline.co.uk/tol/arts_and_entertainment/music/article5366154.ece.
  5. (en) https://www.independent.co.uk/arts-entertainment/theatre-dance/features/dark-heart-of-a-masterpiece-carmina-buranas-famous-chorus-hides-a-murky-nazi-past-1050503.html.
  6. « Carl Orff France », sur www.orff.fr (consulté le 14 novembre 2018)
  7. « Carl Orff et Johnny Friedlaender – Carl Orff France », sur orff.fr (consulté le 14 novembre 2018)
  8. L'exemplaire ayant appartenu à J.Friedlaender et signé de la main de C.Orff est en consultation à la bibliothèque de l'I.N.H.A
  9. BNF Richelieu Estampes et photographie magasin KD*84 -FOL
  10. Les lettres de Suppin à Orff sont archivées au "Orff Zentrum" de Munich
  11. Les ouvrages dédicacés sont archivés au "Orff Zentrum" de Munich
  12. Extrait de l'émission originale d'A. Laster datant de l'été 1974 sur France Musique rediffusé dans les "Greniers de la mémoire". De la minute 22 min 29 s à 29 min 36 s
  13. http://www.orff.fr/index.php/article/carmina-burana-de-jacques-prevert
  14. « La pédagogie musicale « ORFF-Schulwerk » – Carl Orff France », sur orff.fr (consulté le 20 novembre 2018)
  15. http://users.skynet.be/aecoute/orff/spielstucke.mp3
  16. « Carl Orff - Gassenhauer [1973 "Badlands" Version] » [vidéo], sur YouTube (consulté le 23 juillet 2020).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Littérature secondaire[modifier | modifier le code]

Documents radiophoniques et vidéos[modifier | modifier le code]

Articles de journaux[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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