Jorge Bolet
Description de l'image Jorge Bolet 1975.JPG.

Naissance
La Havane
Drapeau de Cuba Cuba
Décès (à 75 ans)
Mountain View, Californie
Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale Pianiste

Jorge Bolet, né à La Havane le et mort le à Mountain View en Californie, est un pianiste cubain.

Biographie[modifier | modifier le code]

C'est sa sœur Maria qui lui donne ses premiers cours de piano, très jeune. Bolet est envoyé aux États-Unis pour étudier le piano au Curtis Institute of Music de Philadelphie avec David Saperton, qui était le gendre de Leopold Godowsky, avec Godowsky lui-même, Moritz Rosenthal et Josef Hofmann. Il en sort en 1934, à 20 ans.

Il gagne alors de nombreux prix internationaux, fait ses débuts européens, donne des récitals au Carnegie Hall. Son compositeur de prédilection est Franz Liszt.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il reçoit l'ordre de rentrer à Cuba. Puis en 1944, il s'engage dans l'armée américaine et est envoyé au Japon (où on lui confie un poste de directeur musical).

Il enregistre ensuite la bande sonore du film sur Liszt Chanson sans fin (1960) et, paradoxalement, la critique condamne son jeu trop virtuose. Sa carrière n'atteignait pas alors ce que ses qualités lui promettaient, peut-être parce que les grands compositeurs romantiques comme Liszt n'étaient pas très en vogue dans les années 1950 et 60.

En 1974, le , il donne un récital mémorable au Carnegie Hall (récital enregistré)[1]. Il succède au grand pianiste Rudolf Serkin comme chef du département de piano au Curtis Institute.

En 1978, alors qu'il a 63 ans, il signe avec la firme Decca son premier contrat d'enregistrement important et enregistre jusqu'à sa mort, Liszt surtout, dont notamment les Années de pèlerinage, mais aussi Chopin, Brahms, Debussy et Rachmaninov. En 1984, la chaîne A&E diffuse une série de programmes Bolet rencontre Rachmaninov, dans lequel le pianiste enseigne sur le célèbre Concerto pour piano n° 3 et le joue entièrement. Il meurt du sida en 1990 à l'âge de 75 ans.

Bolet doit sa renommée à ses interprétations d'œuvres romantiques, et notamment de Franz Liszt, qu'il savait interpréter à la fois avec virtuosité et poésie. Sa palette de sonorité était considérable et il savait la varier constamment au cours d'un morceau. Il a également beaucoup joué Chopin, ainsi que des transcriptions pour piano et des œuvres peu connues, par exemple de Leopold Godowsky, qu'il fréquenta, ou Joseph Marx, dont il louait l'incroyable virtuosité. Contrairement à de nombreux pianistes, qui préféraient les fameux instruments Steinway, Bolet choisissait des Baldwin et des Bechstein, dans le but de varier les sonorités (la Sonate en si mineur de Liszt fut jouée sur un Bechstein lors de sa création en public par Hans von Bülow, en 1857). Les meilleurs enregistrements Decca utilisèrent le grand piano de concert Baldwin SD-10.

Discographie[modifier | modifier le code]

Le plus important dans l'héritage discographique de Bolet est sa série d'enregistrements d'œuvres de Franz Liszt effectuée à partir de 1979 par la firme Decca.

Par ordre chronologique :

Il y a eu plusieurs éditions en LP et en CD de ces enregistrements. Ils ont été rassemblés en un coffret de 9 CD Decca, référence 467 801-2. 1986: Grieg, Concerto en la mineur couplé avec le Concerto de Schumann, RSO Berlin, Riccardo Chailly, Decca 417 112-2 DH

Parmi les autres enregistrements :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Programme de ce récital : Bach/Busoni: Chaconne de la Partita pour violon n°2; Chopin: 24 Préludes; Johann Strauss/Tausig: Man lebt nur einmal Op. 167 et Nachtfalter Op.157; Johann Strauss/Schulz-Evler: Arabesques sur le Beau Danube Bleu; Wagner/Liszt: Ouverture de Tannhäuser(réédition dans la série "Great Pianist" : Jorge Bolet vol. 1. Philips 1998) Dans ce programme, la dernière pièce est d'une très grande difficulté technique.

Liens externes[modifier | modifier le code]