Nicolas Economou
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Nicolas Economou (en grec moderne : Νικόλας Οικονόμου ; Nicosie) est un pianiste et compositeur chypriote.

Pianiste aux dons précoces, Nicolas Economou attire l'attention internationale en 1969, lors du Concours Tchaïkovski, alors qu'il a seize ans. Après ses études au Conservatoire Tchaïkovski à Moscou, il s'installe finalement à Munich via Düsseldorf. À partir de là, il s'établit à travers l'Europe comme un pianiste, compositeur, arrangeur, chef d'orchestre et organisateur de festivals de musique. En , Economou est tué dans un accident de voiture à Chypre, alors qu'il roulait de nuit dans un épais brouillard.

Biographie[modifier | modifier le code]

Talent précoce[modifier | modifier le code]

Nicolas Economou est le premier enfant de sa famille. Ses parents, qui aimaient la musique classique, décident de lui faire découvrir la musique comme un exutoire créatif plutôt que dans l'idée d'une carrière. À l'âge de cinq ans, il commence ses premières leçons de piano et il y révèle vite son talent extraordinaire pour l'improvisation au clavier et la composition de courtes pièces de musique. Quand Sólon Michailídis, le célèbre compositeur chypriote, chef d'orchestre, musicologue et ami de la famille l'entend jouer pour la première fois, alors que Nicolas Economou n'avait pas encore sept ans, il déclare : « Cet enfant est une bénédiction pour ses parents, Chypre et le monde ». Sur ses conseils, Economou entame sa formation musicale avec George Arvanitakis.

Le tournant dans la vie d'Economou intervient lorsqu'il a dix ans, avec la décision d'une carrière musicale pour l'enfant. De nouveau, Sólon Michailídis, qui suivait les progrès d'Economou, a suggéré que son éducation musicale devrait être poursuivie en dehors de Chypre, où il aurait de plus grandes opportunités. En , après une audition, il est admis à l'école spéciale de musique du conservatoire Tchaïkovski de Moscou, une école préparatoire pour les jeunes se destinant à entrer au Conservatoire. Il travaille avec Rimma Hananina. En décembre de cette année, à Athènes, il remporte le concours panhellénique des jeunes musiciens jusqu'à dix-sept ans, le « Keti Papaioannou ». Les événements eux-mêmes étaient en train de former le cours de la vie d'Economou. L'année suivante, à douze ans, loin de sa famille et de sa culture, il commence ses études musicales à Moscou.

Après trois années d'études, son professeur de piano suggère que Nicolas Economou devrait participer au célèbre concours international de musique, le Concours Tchaïkovski. Après une année de préparation, a seize ans, il participe au concours, gagnant des commentaires favorables de la presse, de la radio et de la télévision. L'année suivante, il est admis au Conservatoire Tchaïkovski. Il quitte Moscou en 1972 et réside à Düsseldorf, en Allemagne, avant de s'installer à Munich.

Nicolas Economou est le père de Semeli Economou de son premier mariage à la Greco-américaine, née Maritsa Tsirigos. Depuis 1988 jusqu'à sa mort, il vivait avec la commanditaire et philanthrope Maja Hoffmann[1].

Pianiste[modifier | modifier le code]

En tant qu'interprète, il apparaît en Europe, aux États-Unis, au Canada ainsi qu'en URSS, Japon, Islande et Israël. Il joue en solo et avec des orchestres et d'autres célèbres interprètes et des compositeurs, tels que Martha Argerich, Rodion Shchedrin, Sviatoslav Richter, Michel Béroff, Chick Corea. En plus des concerts avec Martha Argerich et Chick Corea, il enregistre également avec eux.

Compositeur[modifier | modifier le code]

Economou étudie la composition avec Vladislav Zolotaryov et Wilhelm Killmayer. Il compose de la musique pour piano, pour petits ensembles, de la musique symphonique et de la musique de film. Plusieurs de ses compositions sont basés sur des thèmes et des rythmes chipriotes et la Méditerranée. Parmi ses compositions citons : Children Studies, Sonate pour Chick (dédiée à Chick Corea) pour piano, Cyprus Picture et Cyprus Dances pour un ensemble de huit musiciens. Il écrit les bandes originales de douze films, dont Rosa Luxemburg et Die bleierne Zeit, réalisés par Margarethe von Trotta.

Economou a également arrangé la Suite de Casse-noisette de Tchaïkovski (écrit à l'origine pour orchestre) pour deux pianos, dédié à sa fille (Semele) et la fille de Martha Argerich (Stephanie). Les interprètes et des critiques ont fait l'éloge de cet arrangement, car toutes les couleurs musicales interprété par l'orchestre sont très bien véhiculée par les deux pianos. Economou a également arrangé les Les Quatre Saisons de Vivaldi, pour quatre pianos.

Chef d'orchestre et organisateur[modifier | modifier le code]

En 1978, avec la collaboration de la ville de Munich, Economou organise une « semaine chypriote », avec des artistes en provenance de Chypre : acteurs, musiciens, peintres, sculpteurs et l'artiste interprète, Paphios. Economou fonde également le « Solisten Ensemble » à Munich, avec qui il interprète une partie de ses compositions et des œuvres d'autres compositeurs. Il est le cofondateur du Münchner Klaviersommer (Été piano de Munich). En , il organise à Venise, la première d'une série de festivals de piano, qu'il avait l'intention d'établir en Europe avec le titre de « Pianisti non-Solo ».

En tant que chef d'orchestre, il dirige l'Orchestre de chambre de Moscou, l'Orchestre symphonique de la radio Bavaroise, l'Orchestre des jeunes et l'Orchestre de l'Opéra de La Fenice de Venise.

Caractère[modifier | modifier le code]

Economou était un penseur et exprime nombre de ses pensées et de ses idées dans une œuvre littéraire, en poésie ou en prose. Il était un citoyen du monde et a refusé d'accepter les frontières, au sens géographique du terme, dans l'expression artistique ou les idées.

Il avait beaucoup d'amis connus, non seulement des musiciens, mais aussi les personnes provenant de divers origines intellectuelles. Parmi eux, figure le regretté philosophe et dramaturge Friedrich Dürrenmatt, avec qui il avait un lien spécial. Parmi d'autres : Arthur Miller et sa famille, Rodion Shchedrine et le légendaire Maja Plisestkaya et Maria Schell, Volker Schlondorff et Margarethe von Trotta. En Grèce, il avait des liens étroits avec Sólon Michailídis et Mános Hadjidákis.

Même s'il a passé presque toute sa vie loin de sa terre natale, il est resté profondément un Chypriote à l'intérieur, avec toutes les caractéristiques des peuples de la Méditerranée. Il n'a jamais perdu le contact avec son île et lors de ses visites à Chypre, il a utilisé ce temps pour se mélanger avec des gens de toutes sortes, indépendamment de leurs origines. Il a beaucoup apprécié la discussion politique et pouvait engager avec impatience des discussions sur la vie et des questions philosophiques. Il a toujours été franc et direct et n'avait pas d'inhibitions pour exprimer un avis. Pour cela, il a été beaucoup respecté.

Reconnaissance et récompenses[modifier | modifier le code]

En reconnaissance de ses services et de sa contribution à la culture et à l'art en général, Economou a été honoré à diverses reprises par plusieurs organismes.

Musique de films[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

L'enregistrement avec Chick Corea, intitullé À deux pianos, est le fruit d'une série de concerts en Allemagne, en 1981 et 1982, au cours de laquelle les deux musiciens interagissent l'un avec l'autre, en improvisant dans leur propre style[2]. Il a également gravé deux autres albums récitals.

La fondation Nicolas Economou, créée à titre posthume, a publié sept disques sous le titre d'une série : L'Art de Nicolas Economou, compilation de plusieurs heures d'enregistrements qu'Economou laisse derrière lui.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Nicolas Economou » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) Diane Solway, « Maja Hoffmann Art World Maverick », W Magazine,‎ (lire en ligne).
  2. (OCLC 813565809)
  3. Lors de sa sortie ce disque a été distingué par Philippe van der Bosch d'un « 10 » dans le magazine Répertoire no 120, janvier 1999, p. 52 : « Ce disque est prodigieux de bout en bout. »
  4. Lors de sa sortie ce disque a été distingué par Gérard Belvire d'un « 7 » dans le magazine Répertoire no 128, octobre 1999, p. 76.
  5. (en) [vidéo] Remembering Nicolas Economou sur YouTube
  6. (en) [vidéo] Remembering Nicolas Economou (version courte (13') sur Vimeo

Liens externes[modifier | modifier le code]