| Naissance |
Mijdrecht |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | néerlandaise |
| Pays de résidence | Belgique |
| Profession | |
| Activité principale |
Travailleur social |
| Autres activités |
Soutien aux Églises en difficulté |
| Formation |
Lettres, philosophie et théologie |
Compléments
Le père van Straaten est le fondateur de l'association 'Aide à l'Église en détresse'
Le père Werenfried van Straaten, né le à Mijdrecht aux Pays-Bas et mort le , est un prêtre religieux néerlandais et chanoine prémontré. Il est connu sous le nom de père au lard après avoir fondé l'association catholique 'Aide à l'Église en détresse' en 1947.
Après avoir commencé des études de philologie à l’université d’Utrecht en 1932 dans l’optique de devenir enseignant, il choisit la vocation religieuse en entrant chez les chanoines prémontrés de abbaye de Tongerlo en Belgique. Malgré une tuberculose qui remit en question sa vocation, il est admis à rester à l’abbaye. Il devient secrétaire du père abbé et responsable de la publication de la revue de la communauté.
À Noël 1947, il publie un article sous le titre « Paix sur la terre ? Pas de place à l’auberge » : il fait un appel à la générosité des amis de l’abbaye pour soutenir matériellement les Allemands chassés de République démocratique allemande à la fin de la guerre [1]. La générosité flamande entraîne la création d’une structure pour réunir et distribuer les dons: l’Aide à l’Église en détresse voit le jour. Le premier besoin exprimé par le père Werenfried est du lard : produit que les agriculteurs flamands ont en quantité et qui peut se garder facilement. Il y gagne son surnom.
L’Église catholique connait de grandes difficultés en Europe de l’Est: à cause de la pauvreté ambiante et à cause des persécutions que les régimes communistes officiellement athées font subir aux religieux. C’est en 1956, après l’insurrection de Budapest que l’AED s’implante en Hongrie, puis dans les autres pays du rideau de fer. L’œuvre est reconnue par Paul VI en 1964, et le père Werenfried est nommé modérateur général, fonction qu’il occupe jusqu’en 1981.
Sous l’impulsion du père van Straaten, l’œuvre continue son extension et agit en Asie (1961), en Amérique du Sud (1962), en Afrique (1965), et partout où l’Église est en détresse. S’il quitte les fonctions de modérateur de l’œuvre en 1981, il y reste très impliqué. Il meurt en 2003, à l’âge de 90 ans. Il fut l'objet d'une BD : L'Aventurier de Dieu, œuvre de Dominique Bar et de Guy Lehideux parue à Paris en 2004 aux Editions du Triomphe. En 2007, le siège national belge se trouvait en l'Abbaye de Parc à Louvain. et l'oeuvre disposait d'un Secrétariat pour la Wallonie à Liège.
Il a été accusé en 2010, dans une lettre de dénonciation, de tentative de viol commise en 1973 sur une jeune femme d’une vingtaine d’années, employée de l’œuvre. Le supplément Christ und Welt du quotidien allemand Die Zeit, qui s’est procuré une copie de la lettre de dénonciation, a révélé l’affaire au grand public le 10 février 2021[2]. Cette accusation avait, en 2010, immédiatement mis fin aux démarches en vue d'un procès en béatification.
Outre la tentative de viol d’une employée en 1973, une visite canonique effectuée en 2009 au sein de l’AED/ACN par Mgr Manfred Grothe, évêque auxiliaire de Paderborn, avait également permis de constater chez le Père van Straaten « l’intempérance dans le style de vie », « des lacunes importantes dans la gestion du personnel » et « des sympathies pour les idées fascistes »[3].
L’accusation d’excès dans son style de vie personnel était basée sur des rapports individuels de consommation excessive d’alcool ou de nourriture, mais cette accusation d’intempérance n'a finalement pas pu être confirmée, selon l'AED. Enfin, toujours selon l'AED, « il n’y a aucune preuve d’idées d’extrême droite ou fascistes dans les écrits de l’ensemble de ses 55 ans à la tête de l’œuvre. Au contraire, le Père van Straaten a condamné les dictatures et a pris une position ferme contre elles »[3].