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André Souris termine en 1918 des études (violon et composition) au Conservatoire de Bruxelles puis de direction d'orchestre. Il découvre alors les œuvres symbolistes et néoclassiques, Debussy, Ravel, Stravinsky. En 1925 il rencontre Paul Nougé lors d'un concert qui présente pour la première fois en Belgique le Pierrot lunaire de Schönberg. En marge de Correspondance de Nougé, Goemans et Lecomte, il fonde Musique (deux numéros) et publie avec Paul Hooreman Tombeau de Socrate, hommage à Satie, ainsi que Festivals de Venise. Avec Hooreman, il compose en 1926 la musique, parodie du Groupe des Six, du Dessous des cartes de Nougé. Il cosigne le tract Mariés de la Tour Eiffel quand la pièce de Cocteau est jouée à Bruxelles. Collaborant à sa revue Distances, il compose Quelques airs de Clarisse Juranville, petite cantate sur un texte de Nougé exécutée en au Conservatoire de Bruxelles puis en 1930 et 1935. À l'occasion d'une exposition de Magritte il dirige en un concert à Charleroi (Hindemith, Honegger, Milhaud, Schönberg, Souris, Stravinsky), précédé d'une conférence de Nougé sur la musique.
En 1932 André Souris cosigne le tract La poésie transfigurée sur l'affaire Aragon. Il collabore en 1934 à Documents 34 de E. L. T. Mesens, en 1935 au Bulletin international du surréalisme. Il cosigne en 1935 Le Couteau dans la plaie qui réunit pour la première fois le groupe surréaliste de Bruxelles (Magritte, Mesens, Nougé, Scutenaire, Lecomte) et celui du Hainaut (Achille Chavée, Fernand Demoustier qui signe sous le nom de Fernand Dumont). Dirigeant en 1936 une Messe des Artistes, André Souris se trouve exclu le du groupe surréaliste dans un tract, Le domestique zélé, notamment signé par Chavée, Dumont, Magritte, Mesens, Nougé et Lecomte.
André Souris, qui s'intéresse à la musique ancienne, au dodécaphonisme, au jazz comme à la musique de film et aux musiques ethniques, est de 1937 à 1945 chef d'orchestre à l'institut national de Radiodiffusion, en 1945 directeur du studio musical du Séminaire des Arts, qui joue un grand rôle dans l'introduction de la musique sérielle, et fonde en 1947 la revue Polyphonie. Ayant des contacts avec Karlheinz Stockhausen, il révèle la même année la première œuvre de Pierre Boulez.
De 1949 à 1964 André Souris enseigne l'harmonie au Conservatoire de Bruxelles et est également directeur de recherches sur les tablatures de luth des XVIe et XVIIe siècles au CNRS. En 1964, on lui doit une transcription et orchestration en version de concert des Fêtes d'Hébé qui est une contribution majeure à la célébration du centenaire de Jean-Philippe Rameau. Il écrit de nombreuses musiques de films, notamment pour Le Monde de Paul Delvaux. André Souris meurt à Paris le .
André Souris nous laisse de nombreuses compositions pour orchestre de chambre, orchestre à vent, musique de chambre, piano, pièces pour chœur, des œuvres vocales, des musiques de scène et musiques de film.
Trois poèmes japonais pour soprano et quatuor à cordes (1916)
Deux petits poèmes pour violon et piano (1917)
Petite marche pataphisique (1925)
Tombeau de Socrate (1925)
Choral, marche et galop (1925-1926)
3 flonflons (1925-1928)
3 inventions pour orgue (1926)
Quelques airs de Clarisse Juranville (1928)
Burlesque pentaphonique (1931)
Danceries de la Renaissance française (1932)
Fatrasie (1934)
Fanfare et scherzo (1937)
Rengaines (1937)
Symphonies (1939)
Comptines pour enfants sinistres (1942)
Danses mosanes (1943)
Pièce pour alto et piano (1944)
L'autre voix (1948)
Cinq danseries flamandes (1958)
Quatre Fantasies d'Henry Purcell pour cordes (1961)
Trois pièces anciennes pour violon et alto (1965)
Concert flamand d'après des sources de la Renaissance (1965)
« Paul Nougé et ses complices », dans Entretiens sur le surréalisme, sous la direction de Ferdinand Alquié, Mouton, Paris-La Haye, 1968.
Hommage à Babeuf, Les Lèvres nues, Bruxelles, 1969.
Sept portraits de Marie enfant et un autre, avec huit photographies, Les Lèvres nues, Bruxelles, 1971.
Six ou sept notes, Les Lèvres nues, Bruxelles, 1972.
Entre musique et peinture, en collaboration avec René Magritte, Les Lèvres nues, Bruxelles, 1972.
Conditions de la Musique et autres écrits [avec une bibliographie complète des œuvres musicales d'André Souris], Bruxelles-Paris, éditions de l'Université de Bruxelles-Éditions du CNRS, 1976.
1970 : Introduction au Surréalisme en Belgique de Lucien Deroisy et Jean Dypréau. Production du Service Cinéma du Ministère de l’Éducation Nationale, Bruxelles. Bâti sur des témoignages d'André Souris. Le film serait détruit[2].
Xavier Canonne, Le surréalisme en Belgique, 1924-2000, Fonds Mercator, Bruxelles, 2006 (ISBN90-6153-659-6); Actes Sud, Paris, 2007, 352 p (ISBN9782742772094).
Thierry Levaux, Dictionnaire des compositeurs de Belgique du Moyen Âge à nos jours, Éditions Art in Belgium, , 736 p. (ISBN978-2-930338-37-8), p. 581-588.
Thierry Levaux, « Quelques grandes figures musicales du Pays de Charleroi », dans Charleroi 1666-2016 : 350 ans d'histoire des hommes, des techniques et des idées (Actes de colloque, Charleroi, 23 et 24 septembre 2016), Bruxelles, Académie royale de Belgique, coll. « Mémoires de la Classe des Lettres », , 416 p. (ISBN978-2-8031-0573-1), p. 331-340.
Marcel Mariën, L'activité surréaliste en Belgique (1924-1950), Bruxelles, Lebeer-Hossman, 1979.
Alain Mascarou, Surréalisme et musique, la partition belge, dans Europe, no 912, Paris, avril 2005, 179-189.
Paul Nougé, « André Souris », dans Distances, no 1, Paris, février 1928.
Irène, Scut, Magritte & C°, Bruxelles, Musées royaux des beaux-arts de Belgique, 1996, 558 p.