| Si canti (oc) | ||
| Hymne national de |
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| Autre(s) nom(s) | Aqueras montanhas Se canto Si canti Se canti Se chanta A la font de Nimes Montanhes Araneses |
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| Paroles | Gaston Fébus Moyen Âge |
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| Fichier audio | ||
| Fichier audio externe | https://www.youtube.com/watch?v=C8O8acUhXYY | |
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Si Canti ou Se Canto, Aqueras Montanhas ou Se Canta, Aquelas Montanhas est l'hymne du Béarn, populaire dans les Cantèras béarnaises et bigourdanes[1],[2], dont l'usage s'est généralisé en Gascogne et dans le reste de l'Occitanie[3],[4].
Selon la graphie et le dialecte occitan, le titre s'orthographie Se canta/Se canto/Si canti, voire comme Se chanta, A la font de Nimes, Aqueras montanhas ou Montanhes Araneses.
Si Canti est souvent repris d'un bout à l'autre de l'Occitanie, avec des variations dialectales et même des variations dans les paroles[5],[6].
Les versions du Se Canta reprennent les mêmes thèmes et figures: les hautes montagnes des Pyrénées, obstacle à la réalisation amoureuse, le rossignol servant d'intermédiaire entre les deux amants et enfin, la relation amoureuse impossible. Des versions locales font cependant référence à la ville de Nîmes, A la font de Nimes ou à un pré Al fond de la prado, sans que l'on ne sache à quelle époque ces versions ont vu le jour, ni leur origine exacte. Pour de nombreux chercheurs et érudits, l'air de Gaston Phébus serait devenu tellement populaire qu'il aurait été repris et adapté localement, voire mélangé à d'autres chants populaires locaux.
Cette chanson est peu à peu devenue de facto l'hymne occitan.[7]
Si canti (ou Aquéras Montanhas) est considéré depuis le XXe siècle comme l'hymne de l'Occitanie.
Son origine se perd dans la nuit des temps, et son auteur n'est pas connu avec certitude.
Gaston Phébus (1331 - 1391), comte de Foix et vicomte de Béarn[8], en serait l'auteur. Gaston Fébus est né en 1331 au château de Moncade à Orthez, en Béarn. Fils de Gaston II et de Aliénor de Comminges, sa langue maternelle est la langue d'Oc (autrement dit le béarnais), avec pour devise "Tòcas-i se gausas" (Touches-y si tu oses) qui est depuis devenue celle de sa ville natale.
Poète à ses heures, réputé pour son érudition, sa connaissance des divers dialectes occitans parlés à l'époque et son amour de la musique, Gaston Fébus aurait été délaissé par Agnès de Navarre, retournée en Navarre dans le royaume de son père de Philippe III, de l'autre côté des Pyrénées.
Gaston Phébus aurait alors rédigé Si Canti -Aqueras Montanhas pour implorer sa belle de revenir auprès de lui. Cette hypothèse est communément admise même si aucune preuve dans les écrits de l'époque ne nous permet de confirmer la paternité de Gaston Phébus sur cette chanson. D'autres versions voudraient que Gaston Phébus aurait écrit cette chanson, dans laquelle il souhaite voir les Pyrénées s'affaisser afin de laisser libre cours à ses amours. Une autre version serait qu' Agnès de Navarre aurait rejoint la Navarre, lassée des diverses infidélités de son époux.
Enfin, une dernière version affirme qu'après avoir eu un héritier, Phébus se serait débarrassé d'elle en la mettant au couvent ; à la suite de la mort accidentelle de l'héritier, sa belle refusant de lui revenir, il aurait écrit cette chanson.
Ainsi, nul ne connaît avec exactitude la version d'origine de la chanson, cette dernière s'étant transmise de manière orale au cours des siècles, sûrement adaptée selon les chanteurs et les époques.
Ce n'est qu'au XIXe siècle que la forme du Se Canta a été fixée par les collecteurs et folkloristes dans les diverses anthologies de chants qu'ils ont pu publier.
En France, il n'y a pas d'usage réglementé de ce chant, comme cela peut être le cas pour un hymne. Néanmoins, on l'utilise publiquement pour montrer son attachement à l'Occitanie, à la langue ou à une région occitane. Ainsi, le , le député béarnais Jean Lassalle le chante dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale pour protester contre l'abandon de sa région par les pouvoirs publics[9]. Le à Serres-Castet, François Bayrou, lors de sa déclaration à la candidature pour les élections présidentielles, entonne le Si Canti à la fin de son discours[10]. Cécile Duflot en chante le refrain le lors d'un meeting unitaire de gauche pour les élections régionales à Montpellier.
Depuis 1993, la vallée occitanophone du Val d'Aran en Espagne, a pour hymne national Montanhes Araneses, version adaptée en aranais de Si canti[11]. Alidé Sans a chanté l'hymne du Val d'Aran à l'acte officiel de la Diada de la Catalogne en 2013. Cette prestation a été retransmise sur TV3, principale chaîne télévisuelle publique catalane.
On voit apparaître un usage protocolaire en Italie. En application de la loi 482-99 concernant les minorités linguistiques, de nombreuses communes des Vallées occitanes organisent une cérémonie autour de la pose du drapeau occitan sur les bâtiments officiels. Au cours de celle-ci, le Se canto est chanté, ainsi que la cansoun de la Coupo. Cette cérémonie s'est déroulée pour la première fois en France, dans le village de Baratier, le [12]. Lors des Jeux olympiques 2006 à Turin, la version vivaro-alpine fut chantée pendant la cérémonie d'ouverture, car de nombreuses épreuves se déroulaient dans les Vallées occitanes[13].
L'air de Se Canto est repris par l'Ardecho, chant traditionnel considéré comme hymne non officiel de l'Ardèche[14].
Cette chanson est omniprésente lors des matchs des clubs sportifs béarnais, Section Paloise et Pau FC.
A noter, le chant est aussi repris en cœur par les supporteurs du Toulouse FC en brandissant les écharpes lors de toutes les rencontres de ce dernier. À partir de la saison 2010-2011, le chant est également diffusé et chanté à l'entrée des joueurs sur la pelouse, devenant ainsi le véritable hymne du club toulousain[15]. Ainsi qu'en début de match par les supporteurs de l'ASBH de Beziers. De même les joueurs de l'équipe d'Occitanie de football et les joueuses de l'équipe d'Occitanie féminine de football entonnent Se canta[16].
Il existe de nombreuses variantes de cette chanson[17].
Ci-dessous le texte occitan (compilé de différentes versions traditionnelles), sa version phonétique, sa traduction française et des variantes locales.
| Texte béarnais |
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| Devath de la (mia) frinèsta
Que i a un auséron Tota la nueit que canta Canta la soa (sa) cançon |
| Refrain :
Si canti, jo que canti Canti pas per jo Canti per ma mia Qui ei tan luehn de jo ou (Qui ei auprès de jo) |
| Aqueras montanhas
Qui tan hautas son M’empaishan de véder Mas amors on son |
| Bachatz-ve montanhas
Planas, hauçatz-ve Ta qui posqui véder Mas amors on son |
| Aqueras montanhas
Que s’abaisharàn E mas amoretas Que pareisheràn |
| Aqueras montanhas
Qui tan hautas son M’émpaishan de véder Mas amors on son |
| Refrain :
Si canti, jo que canti Canti pas per jo Canti per ma mia Qui ei tan luehn de jo ou (Qui ei auprès de jo) |
| Si sabi las véder
O las rencontrar Passeri l'aiguèta Shens paur de'm negar |
| Refrain :
Si canti, jo que canti Canti pas per jo Canti per ma mia Qui ei tan luehn de jo ou (Qui ei auprès de jo) |
| Aqueras montanhas
Que s’abaisharàn E mas amoretas Que pareisheràn |
| Las pomas son maduras
Las cau amassar Et las joenes hilhas Las cau maridar |
| Variante languedocienne | Variante gasconne | Variante Ardéchoise |
|---|---|---|
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Dejós ma fenèstra |
Devath ma frièsta |
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Repic : |
Repic : |
Refrain : Ardecha, Ardecha, Marvilhós país; S'as pas vist Ardecha, As jamai ren vist. |
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Dessús ma fenèstra |
Aven ein beau Rose
Maï de beau païs L'Ardecho mon homme, Es en paradis | |
| Repic | Refrain | |
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Aquelas flors blancas |
Avèm de montanhas
Que tochan lo cèu E de verdas planas Per los bons tropèus. | |
| Repic | Refrain | |
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Aval dins la plana |
Din quelos mountagno
Faou veire lo biooù Avèm de chastanhas Gròssas coma d'uòus | |
| Repic | Refrain | |
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Aquelas montanhas |
Aqueras montanhas |
Avèm de ribièras
Plenas de peissons Que chantan dins l'aiga La nueit mai lo jorn. |
| Repic | Refrain | Refrain |
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Abaissatz-vos, montanhas |
Baishatz-vos montanhas |
Ein souleou que brilho
Souleou d’ooù miejour La cigalo triio Canto tou lou jour |
| Repic | Refrain | Refrain |
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Aquelas montanhas |
Aqueras montanhas |
Lou merlo que siblo
Din lou don d’ooù riou Espéro so mio Per parla d’amour |
| Repic | Refrain | Refrain |
| Vé, nostr’ amicalo
Mouento tou li jour N’aven pas la cagno Mountaren toujours | ||
| Refrain | ||
| Ke moussu réclamo
Aï feui ma cansoun A toutée Midamo Vous baylé ein poutoun ! | ||
| Refrain |
| Écriture phonétique pour un francophone | Traduction en français |
|---|---|
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Détsous ma finestro |
Sous ma fenêtre |
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Refrain : |
Refrain : |
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Dessuss ma finestro |
Au-dessus de ma fenêtre |
| Refrain | Refrain |
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Aqueloss flours blancoss |
Ces fleurs blanches |
| Refrain | Refrain |
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Abal dins la plano |
En bas, dans la plaine |
| Refrain | Refrain |
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Aqueloss mountagnoss |
Ces montagnes |
| Refrain | Refrain |
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Abaïssass bouss mountagnoss |
Abaissez vous, montagnes |
| Refrain | Refrain |
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Aqueloss mountagnoss |
Ces montagnes |
De nombreuses versions enrégistrées existent. Si Canti est l'un des chants les plus repris durant le festival des musiques occitanes Hestiv'Oc[18] et l'un des titres phares du groupe Nadau. Se Canto est repris dans une version moderne par le chanteur occitan Charlou dans le groupe de musiques du monde Los Mond'oc[19], également par Georgine Brion et par Dorothée dans la série "Le Jardin des Chansons" : RécréA2 -Discopuce(*).