Eddie Lund
Nom de naissance Eddie Lund
Naissance
Vancouver, Washington, États-Unis
Décès (47 ans)
Los Angeles, Californie, États-Unis
Activité principale Auteur-compositeur, pianiste, chef d'orchestre
Genre musical Musique polynésienne
Instruments Piano
Années actives 1954-1973
Labels ABC-Paramount
Decca Records
Viking Records (en)
Tahiti Records

Eddie Lund est un pianiste, auteur-compositeur de variétés polynésiennes, fondateur et membre principal du groupe Eddie Lund and His Tahitians. Il est né le à Vancouver aux États-Unis et mort le à Los Angeles aux États-Unis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Eddie Lund naît et grandit à Vancouver, dans l'État de Washington, aux États-Unis, avant de s'établir à Portland en Orégon où il travaille comme pianiste. Il visite Tahiti une première fois en 1936. Il y passe un mois et tombe immédiatement sous le charme de l'endroit, des gens et de la musique. Il rentre à Portland et retrouve son travail de pianiste, épargne et repart à Tahiti en 1938 pour s'y établir de façon permanente.

Il se met rapidement au français et au tahitien. Il obtient une place régulière de musicien d'orchestre au Quinn's, boîte de nuit légendaire de Papeete restée en activité jusque dans les années 1970[1],[2]. Il commence à composer à partir de 1943, en incorporant des mélodies et des rythmes locaux à ses propres créations qui sont aussi influencées par le ragtime ou le foxtrot de ses débuts aux États-Unis. En 1950 au Quinn's, il croise Yves Roche, auteur-compositeur et producteur de musique polynésienne[3]. Yves Roche deviendra un des principaux producteurs à rééditer sous forme de compilations des morceaux d'Eddie Lund sous le label Manuiti[4], quand les enregistrements passeront en format numérique à partir des années 1990. En 1950, Eddie Lund fait aussi la rencontre à Papeete du célèbre romancier et écrivain voyageur américain James A. Michener, qui évoquera cet épisode dans son livre "Return to Paradise" publié la même année[5].

Eddie Lund crée le groupe Eddie Lund and His Tahitians et sort un premier album en 1954. Eddie Lund and His Tahitians, qui est aussi connu sous les noms de Eddie Lund and His Native Tahitians, Eddie Lund et Ses Tahitiens, Eddie Lund et His Tahitian Orchestra, Eddie Lund et Son Orchestre Tahitien, L'Orchestre Eddie Lund, The Eddie Lund Tahitian Singers ou encore The Tahitiens, se spécialise dans la musique polynésienne et hawaïenne. C'est à cette époque qu'il acquiert une grande popularité en Polynésie, le succès ne le quittant plus tout au long des années 1960. Il développe un style de musique joyeuse et entraînante, typique de l'époque, qui mêle des sonorités polynésiennes, hawaïennes ou américaines. Le groupe a sorti de nombreux albums sur des labels anglais et américains, Decca Records et ABC-Paramount, sur un label néo-zélandais Viking Records (en) et sur des labels tahitiens.

Son succès dépasse de loin la Polynésie française. Le magazine Billboard rapporte même le que la seule musique tahitienne jouée à New York est celle d'Eddie Lund[6]. En effet, par ses origines américaines, il a pu maintenir de nombreux contacts dans l'industrie musicale hawaïenne et bénéficier de l'engouement que ce genre a connu dans les années 1920 à 1960 aux États-Unis, période où les Américains faisaient la découverte de leur façade maritime sur le Pacifique. En particulier, il a été soutenu par un producteur important de musique hawaïenne, Michael H. Goldsen (1912-2011)[7],[8],[9] qui dirige Criterion Music Corporation[10], avec qui il signe un accord de distribution. En 1965, James A. Michener constitue une compilation de ses chansons et musiques préférées du Pacifique intitulée "James Michener's Favorite Music Of The South Sea Islands" et produite par RCA Victor, dans laquelle il sélectionne des titres d'Eddie Lund.

Eddie Lund a écrit et composé des centaines de chansons et arrangé et enregistré des dizaines de disques. Une grande partie de ce qui est considéré aujourd'hui comme des classiques de la musique tahitienne a été écrite et composée par Eddie Lund. Il est par exemple l'auteur et le compositeur de la chanson "Mauruuru A Vau", qui est une chanson d'adieu connue de tous les Polynésiens et qui accompagne une fin de soirée ou le départ d'un être cher. Eddie Lund a été parfois surnommé le "Tahitian wonder boy"[5] et qualifié d'Irving Berlin de la musique des îles et de père de la musique folklorique tahitienne moderne[11].

Eddie Lund décède à Los Angeles aux États-Unis. Il est transféré à Papeete où il est enterré[12]. En 2001, la poste de Polynésie française émet un timbre commémoratif en hommage à Eddie Lund dans la série "Célébrités de la chanson polynésienne"[13]. En 2014, il est fait don à la mairie de Papeete du piano du Quinn's sur lequel Eddie Lund joua et composa bon nombre de ses succès[14].

Influences, collaborations et contributions musicales[modifier | modifier le code]

Influences[modifier | modifier le code]

Collaborations[modifier | modifier le code]

Eddie Lund a écrit et composé pour des dizaines de chanteurs polynésiens qu'il a le plus souvent accompagnés avec ses orchestres. Il a eu par exemple des collaborations très régulières avec Esther Tefana, les frère et sœur Teaitu (1928-2013) et Marie Mariterangi (1926-1971) ou les sœurs Mila (1935-2017)[15] et Loma Spitz, qui eurent tous de grands succès entre les années 1950 et 1970. Il a aussi composé pour Les Barefoot Boys, groupe qui commence sa carrière dans les années 1960 et dont l'un des membres était Gabilou.

Contributions[modifier | modifier le code]

Eddie Lund fut avec Gaston Guilbert (1907-1992)[16] un des pionniers de l'enregistrement musical sur disque en Polynésie. Ils ont voyagé à travers les archipels pour enregistrer les artistes locaux qui, pour la plupart, n'avaient jamais vu un microphone. En 1948, Eddie Lund créa Tahiti Records, qui au début produit et édite des 78 tours. Certaines de ses premières productions furent utilisées dans le film Tanga Tika[17] de Dwight Long en 1953 en même temps que des compositions de Les Baxter, artiste américain représentatif de la "culture tiki", phénomène particulièrement en vogue aux États-Unis entre les années 1920 et 1960. Artistes dévoués à la culture musicale polynésienne, Eddie Lund et Gaston Guilbert ont su saisir et inspirer des créations aussi bien originales que traditionnelles.

Discographie[modifier | modifier le code]

Les albums d'Eddie Lund et de ses différents orchestres ont été essentiellement publiés sur disques en vinyle en 33 tours, super 45 tours et 45 tours. Ils sont encore assez activement échangés sur le marché de l'occasion. En format numérique, ses œuvres sont aujourd'hui uniquement disponibles en compilations.

Eddie Lund a écrit et composé de nombreuses chansons et produits de nombreux artistes. De nombreux disques du label Tahiti Records portent la mention "Eddie Lund presents…" au dos de la pochette, sans qu'il y soit nécessairement interprète. Seuls les disques comprenant des morceaux interprétés ou co-interprétés par Eddie Lund ou bien par Eddie Lund et un de ses orchestres sont inclus ci-après.

Albums du groupe[modifier | modifier le code]

33 tours[modifier | modifier le code]

45 tours et super 45 tours[modifier | modifier le code]

Albums du groupe en collaboration[modifier | modifier le code]

33 tours[modifier | modifier le code]

45 tours et super 45 tours[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

33 tours[modifier | modifier le code]

45 tours et super 45 tours[modifier | modifier le code]

Chansons à succès[modifier | modifier le code]

Mauruuru A Vau (paroles et musique d'Eddie Lund)
Version tahitienne Traduction française

E mauruuru a vau (te tiare Tahiti) (quatre fois)

'Aue te mauiui rahi i to revaraa na te ara
'Aue te aroha i to'u mau hoa e tau'i here
E tae noatu'ai te mahana e hoi mai a vau
Ei reira tatou e himene faahou :
E mauruuru a vau

Je remercie (le tiaré Tahiti) (quatre fois)

La douleur de partir dans le vaste monde est grande
Je vais vous regretter mes amis mon amour
Mais viendra le jour de mon retour
Et là nous rechanterons ensemble :
Je remercie

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Tahiti d'antan : folles nuits à la belle époque », sur tahiti-infos.com, (consulté le )
  2. (en) « The toughest bar in the world », sur holidaymag.wordpress.com, (consulté le )
  3. « Autour d'un piano, Yves Roche parle d'Eddie Lund », sur la1ere.francetvinfo.fr, (consulté le )
  4. « Manuiti Productions Musicales Polynésiennes » (consulté le )
  5. a et b (en) James A. Michener, Return To Paradise, Random House Publishing, (lire en ligne)
  6. (en) « Wheeling and dealing », Billboard,‎ , p. 7 (lire en ligne)
  7. (en) « Hawaii, Tahiti deals set up by Goldsen », Billboard,‎ , p. 14 (lire en ligne)
  8. (en) « A Billboard Spotlight – Hawaii: evolutionary state, traditional arts and current crazes struggle for identity », Billboard,‎ , H-10 (lire en ligne)
  9. (en) « Michael H. Goldsen and the Hawaiian Music He Published », (consulté le )
  10. (en) « Universal Music Publishing Group acquires Criterion Music Corporation », sur universalmusic.com, (consulté le )
  11. (en) William J. Bush, Greenback Dollar : The Incredible Rise Of The Kingston Trio, Rowman & Littlefield (lire en ligne)
  12. (en) Austin Petersen, Tahiti With Love : A Love Affair With The Island Of Love, iUniverse (lire en ligne)
  13. « Centre philatélique de Polynésie française », sur tahitiphilatelie.pf (consulté le )
  14. « Le piano du Quinn's s'installe à la mairie de Papeete », sur tahiti-infos.com, (consulté le )
  15. « La voix de Mila Ebb s'est éteinte », sur tahiti-infos.com, (consulté le )
  16. Gaston Guilbert a produit nombre de disques, certains réédités dans la collection "Tahiti, Belle Époque" sous le label Manuiti (« Manuiti Productions Musicales Polynésiennes » (consulté le )), dont, par exemple, le volume 4, intitulé "Songs Of The Atolls And The Islands – Enregistrements des années "50" par Gaston Guilbert" ou le volume 9, intitulé "Mélodies des atolls – Recueil des années "50" par Gaston Guilbert"
  17. « Tanga Tika », sur imdb.com (consulté le )
  18. (en) « Your Musical Holiday In The South Seas », Billboard,‎ , p. 32 (lire en ligne)
  19. (en) « Tahitian Paradise », Billboard,‎ , p. 40 (lire en ligne)