Cet article est une ébauche concernant un compositeur danois.

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Johann Peter Emilius Hartmann
Description de l'image JPE Hartmann.jpg.

Naissance
Copenhague, Drapeau du Danemark Danemark
Décès (à 94 ans)
Copenhague, Drapeau du Danemark Danemark
Activité principale Compositeur
Descendants Emil Hartmann, Niels Viggo Bentzon

Johann Peter Emilius Hartmann (né à Copenhague le - mort dans la même ville le , le plus souvent cité avec les seules initiales de son prénom, soit JPE Hartmann, voire IPE Hartmann) est un compositeur danois, fils du compositeur August Wilhelm Hartmann, et troisième génération de compositeurs dans la famille Hartmann. Avec son gendre Niels W. Gade, il a été la figure centrale de la vie musicale danoise au XIXe siècle. Il était le père du compositeur Emil Hartmann.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hartmann est né et mort à Copenhague et sa vie a couvert tout le XIXe siècle, de sa naissance en 1805 à sa mort en 1900. Son grand-père, le compositeur Johann Hartmann (1726-1793), originaire de Glogau en Silésie, avait émigré au Danemark. Il y dirigea non seulement la Chapelle Royale, mais devint un compositeur important et contribua à créer un style national dans ses opéras inspirés de la mythologie nordique (Balders død) ou de la vie populaire (Fiskerne). Celui-ci avait eu trois fils musiciens et compositeurs [1]. JPE Hartmann était enfant unique du plus jeune d'entre eux, August Wilhelm Hartmann.

Pour sa formation musicale, Hartmann a été largement autodidacte, mis à part les enseignements de son père et quelques cours, notamment auprès du compositeur danois Niels Peter Jensen. Quant à sa scolarité, il la fait auprès de la Borgerdydskole (École des vertus publiques), où il côtoie les frères Kierkegaard. Il sera sinon grandement guidé dans sa formation par son oncle, le philosophe et écrivain Frederik Christian Sibbern, ainsi que par le poète et philosophe Poul Martin Møller. Conformément à la volonté de son père, soucieux de le préserver de la précarité de la vie de musicien, il a étudié le droit et devint fonctionnaire de 1829 à 1870. Parallèlement, il a poursuivi une riche carrière musicale. Dès 1824, il fut nommé organiste à la Garnisons Kirke (da) à Copenhague, poste auquel il succédait à son père[1].

Il se mariera alors avec Emma Zinn, elle-même musicienne et compositrice, et partageant toutes ses passions. Il s'installèrent dans un appartement spacieux occupant le second étage de la maison Zinn à Copenhague. Hartmann y restera plus de 70 ans, jusqu'à son décès en 1900.

En 1832, il fait sa première percée en tant que compositeur avec l'opéra Ravnen (le Corbeau)  sur le livret de son ami Hans Christian Andersen. Cet opéra recevra une critique élogieuse de Robert Schumann. De nombreuses autres coopérations avec Andersen suivront, comme notamment l’opéra Liden Kirsten (que Franz Liszt montera à Weimar), l’opéra inachevé Saul, des cantates les plus diverses, musiques de scènes et mélodies. Singulièrement, Andersen écrira aussi très régulièrement des poésies pour illustrer les pièces de piano de Hartmann. Ce dernier coopérera par ailleurs avec presque tous les principaux autres écrivains et poètes danois de son temps, tels que Henrik Hertz, avec son opéra Korsarerne (les Corsaires), Johan Ludvig Heiberg (Syvsoverdag), Frederik Paludan-Müller (Dryadens Bryllup), où encore Adam Oehlenschlaeger avec lequel il aura une collaboration suivie culminant dans une série d’ouvertures et musiques de scène pour les pièces et tragédies de ce dernier.

En 1836, il réalise son premier voyage d'études en Allemagne et en France, où il fait la connaissance notamment de Frédéric Chopin, Gioachino Rossini, Luigi Cherubini, Giacomo Meyerbeer, Gaspare Spontini, et Louis Spohr. Dans sa jeunesse, Spohr et le compositeur danois Christoph Ernst Friedrich Weyse ont sans doute été ses mentors les plus importants, de même que Heinrich Marschner. Dans les années qui ont suivi, d'autres voyages en Allemagne suivront au cours desquels il se liera notamment avec Félix Mendelssohn, Robert Schumann, Johannes Brahms et Franz Liszt.

En 1836, il a fondé l'Association danoise musicale (Musikforeningen (en)) qui avec son chœur et son orchestre était la principale institution de concerts danoise de l’époque. Il en est resté Président jusqu'à la fin de sa vie. En 1843, il a quitté son poste d’organiste à la Garnisons Kirke pour assumer celui d'organiste à la Cathédrale Notre-Dame de Copenhague.

Il est également devenu le Directeur de l'Association Chorale des étudiants (Studentersangforening), deux postes qu’il a occupés jusqu'à sa mort.

En 1867, après avoir enseigné le piano, l'harmonie et le chant au Conservatoire de Giuseppe Siboni depuis 1827, Hartmann a fondé et dirigé le Conservatoire royal de Copenhague avec son gendre Niels Gade et le chef d’orchestre Holger Simon Paulli (en).

Selon le musicologue Alfred Einstein (dans son ouvrage consacré à la Musique romantique), Hartmann a été «le véritable fondateur du romantisme danois, et même du romantisme scandinave tout entier». Considéré comme une autorité absolue sur les questions musicales, il a occupé sa vie durant une place centrale dans la vie musicale de son pays tandis que son amabilité proverbiale l’a rendu très populaire auprès de ses contemporains. Innombrables sont les impressionnantes «fêtes Hartmann» organisées en son honneur, notamment chaque année pour son anniversaire. À ces occasions, l’adulation était telle que quand il entrait dans une salle de concert ou un théâtre, la salle se levait en son honneur.

Hartmann a exercé une influence durable sur la génération suivante de compositeurs scandinaves, et notamment sur Edvard Grieg et Carl Nielsen. Mais on trouve des échos de son œuvre plus loin, par exemple chez Jean Sibelius, voire dans certaines œuvres de César Franck (divers passages dans Les Béatitudes). Edvard Grieg écrira en 1871 dans le magasine Musikbladet. «Quel musicien dans le Nord, avec un sentiment vrai de l’âme nordique, ne se rappelle aujourd’hui ce qu’il doit à Hartmann! Les meilleures, les plus profondes pensées, dont a vécu toute une génération ultérieure de plus ou moins grands esprits, c’est lui qui le premier les a fait résonner chez nous... Il est le poète, le prophète de l’avenir. Les rêves de nos jeunes musiciens nordiques lui sont apparus une génération avant».

Sa vie a couvert tout son siècle, et si son œuvre, commencée du vivant de Beethoven, part naturellement du classicisme viennois (sonate pour flûte op. 1, quatuor à clavier op. 2), elle évoluera beaucoup, ayant une certaine parenté avec Schumann d’abord (sonates 1 à 3 pour piano), puis avec Brahms, notamment dans sa quatrième sonate en la mineur pour piano ou dans diverses ouvertures (Yrsa), pour annoncer dans les œuvres tardives le style de Carl Nielsen (Pièces de caractère pour orchestre à cordes). Son œuvre abondante et en évolution permanente lui vaudra à l’époque le surnom affectueux de «vieillard prodige» (Vidunderolding). Elle allie un éventail large d’humeurs, de l’humour au drame, du solennel à l’intime, de la grâce au tragique. Cependant le style qui a sans doute été le plus associé à son nom a été appelé «Vieux Nord», un style tentant de recréer l’univers de légende de la mythologie nordique, et caractérisé par des couleurs sombres, une harmonie riche et souvent modale, et des rythmes brusques et carrés.

On citera en particulier ses grands ballets sur chorégraphies de Auguste Bournonville, comme le ballet Et Folkesagn (Une légende populaire), composé en collaboration avec Niels W. Gade, ou de manière plus prononcée encore les ballets plus tardifs comme Valkyrien, Thrymskviden, ou Arcona. Ces ballets comportent à l’instar de ceux de Tchaikovsky ou Delibes (qu’ils prédatent) une musique symphonique qui peut s’écouter indépendamment du ballet lui-même. On peut citer en outre ses pièces de concert avec orchestre, choeur et solistes, comme Le mariage de la dryade, Zigeunersang, ou encore La prophétie de la Volva d'après l' Edda poétique (Vœlvens Spådom), œuvre reprise récemment au Canon culturel danois, de même que des cantates sur tous les grands événements qui ont marqué le Danemark de son vivant et auxquelles il attachait - malgré leur caractère de circonstance - un soin non moindre qu’à ses autres œuvres (enterrements et mariages de plusieurs rois et autres personnalités, jubilés de l’université ou d’autres institutions). Plusieurs mélodies, et notamment son cycle Sulamith et Salomon, restent des œuvres de répertoire et ont fait date par leur originalité, de même que son abondante production pour piano.

Hans von Bülow, dans ses Esquisses de voyage scandinaves, évoquera en Hartmann le «Nestor de la musique danoise» qui «mieux que quiconque est la preuve que la musique est un art aristocratique»- Hartmann, dit-il «n’a jamais composé une trivialité».

Sa mort en 1900 est ressentie comme un deuil national, la fin d’une époque au Danemark. Le cercueil est porté sous le son de la Marche funèbre pour Thorvaldsen écrite par lui cinquante ans plus tôt, suivi d’une foule impressionnante. Il est enterré au cimetière de l’Eglise de la Garnison, à côté de la maison où il est né, de l’église où il a commencé sa carrière d’organiste, et de la maison où il est entré comme jeune marié et a vécu toute sa vie. En face, une statue à son effigie sera érigée par le sculpteur August Saabye. Grieg, en sortant d’une répétition de Mort et Transfiguration de Richard Strauss, dirigée par Johan Svendsen, apprendra la nouvelle du décès de Hartmann et sera un des premiers à venir saluer le défunt. Il écrit: «Maintenant Gade et Hartmann appartiennent à la légende, mais ce fut une belle légende, et si intimement liée à ma propre vie».

Famille[modifier | modifier le code]

JPE Hartmann était non seulement fils, petit-fils et neveu de compositeurs, mais sa femme, Emma Hartmann, était également compositrice, sous le pseudonyme Frederik Palmer. Leur fils, Emil Hartmann, est devenu lui-même un compositeur renommé et un autre fils Carl Hartmann était sculpteur mais a aussi marginalement composé. Les compositeurs Niels Gade et August Winding ont épousé deux filles de JPE Hartmann. Avec tous ces musiciens, la famille a eu un impact majeur sur la vie musicale du Royaume pendant un siècle et demi.

Dans les générations plus récentes, divers descendants de Hartmann ont également laissé un nom. Le compositeur Niels Viggo Bentzon - lequel a marqué la musique danoise de la seconde moitié du 20ème siècle - était son arrière-petit-fils. On peut aussi citer dans cette génération l'écrivain Godfred Hartmann (1913-2001).

Lars von Trier, réalisateur de films, est l'arrière-petit-fils d'Emil Hartmann.

J. P. E. Hartmann par August Saabye 1905, Sankt Annæ Plads (en), Copenhague.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Orchestre[modifier | modifier le code]

Musique vocale[modifier | modifier le code]

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

Piano[modifier | modifier le code]

Orgue[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Encyclopaedia Universalis, Dictionnaire des Compositeurs: Les Dictionnaires d'Universalis, Encyclopaedia Universalis, (ISBN 978-2-85229-559-9, lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]