Guarnerius « Il Cannone »
Image illustrative de l’article Guarnerius « Il Cannone »
Le Guarnerius « Il Cannone », exposé au Palazzo Doria Tursi de Gênes, en Italie.

Autre nom Il Cannone del Gesù, Cannone, Canon, Guarneri del Gesù
Facteur Giuseppe Antonio Guarneri
Instrument violon
Année de construction 1743
Propriétaires

Le Guarnerius « Il Cannone » de 1743[1], est un violon fabriqué par le luthier italien Giuseppe Antonio Guarneri de Crémone (1698–1744).

« Il Cannone » est également connu sous diverses variantes : Il Cannone del Gesù, Cannone ou Canon, souvent joint à Guarneri del Gesù, la marque de fabrique de Guarneri. Le violon a reçu son nom d'un de ses anciens propriétaires : le virtuose italien Niccolò Paganini (1782-1840), en raison de sa puissance et de sa résonance. Associée à Paganini le Il Cannone, est très communément référencé comme violon Il Cannone, ex-Paganini.

Histoire[modifier | modifier le code]

Paganini avait perdu un précieux violon Amati, en raison de son penchant pour les jeux d'argent. Un violoniste amateur et homme d'affaires français, Livron, lui a donné en cadeau un violon Guarneri négligé.

« Se trouvant une fois à Livourne pour son plaisir, sans violon, il s'en vit prêter un par un certain M. Livron, pour jouer un concerto de Viotti et celui-ci lui en fit cadeau. »

— Autobiographie, 1828[2]

Paganini a joué sur cet instrument le reste de sa vie, l'appelant tendrement « mon violon canon », en référence au bruit d'explosion qu'il est capable de produire[3]. Paganini l'a légué à sa ville natale de Gênes après sa mort et l'instrument est maintenant considéré comme trésor national.

En cas de réparation[4], Il Cannone était confié à l'atelier de Jean-Baptiste Vuillaume (1798-1875) à Paris, le plus grand luthier de son époque. Paganini insistait pour rester présent lors de l'intervention. Non seulement Vuillaume a réparé le Guarnerius, mais il en a réalisé une réplique exacte en 1833. La copie a été conçue aussi précisément que possible dans chaque détail de la construction et de l'apparence, si bien que même Paganini ne pouvait distinguer l'un de l'autre, jusqu'à ce qu'il remarque de subtiles différences dans la sonorité qui lui permirent d'identifier l'original de la copie. Paganini céda la copie à l'un de ses rares disciples, Camillo Sivori.

Il Cannone (et la réplique de Vuillaume) est exposé dans la salle principale de l'hôtel de ville de Gênes depuis 1851. Le violon est maintenu dans une condition jouable et est sorti pour être joué tous les mois par le conservateur[5]. Le Cannone est joué également chaque année par le lauréat du Premio Paganini, concours pour jeunes violonistes, qui attire les meilleurs interprètes dans la ville italienne – depuis 2002, le concours a lieu tous les deux ans. À certaines occasions, Il Cannone est prêté à des musiciens pour la performance. Le violoniste Shlomo Mintz a donné un concert exceptionnel avec le violon de Paganini et l'Orchestre symphonique du Limbourg des Pays-Bas, en 1997. En 1999, Eugene Fodor a joué Il Cannone à un concert spécial à San Francisco[6], le plus long voyage jamais entrepris par l'instrument hors d'Italie. Sont inclus dans les conditions de son voyage, un contrats d'assurance de plusieurs millions de dollars ainsi qu'une escorte de l'armée italienne et des agents de police. Ce violon a été joué à plusieurs reprises, notamment à New York, par la violoniste de jazzRegina Carter. Carter a enregistré un album entier avec l'instrument, Paganini: After a Dream. En , Il Cannone a été exposé à la Royal Academy of Music à Londres, où il a été joué lors d'un festival consacré à Paganini[7].

Discographie[modifier | modifier le code]

Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Il Cannone Guarnerius » (voir la liste des auteurs).
  1. Cozio archive. La page précise notamment que l'instrument est parfois daté de l'année précédente, en raison d'un effacement de dernier chiffre, bien visible sous lumière ultraviolette.
  2. Cité par Neill 1991, p. 337.
  3. (en) Edward Neill, The New Grove Dictionary of Music and Musicians (édité par Stanley Sadie) : Paganini, Nicolò, Londres, Macmillan, seconde édition, 29 vols. 2001, 25 000 p. (ISBN 9780195170672, lire en ligne)
  4. Comme ce fut le cas lors d'une tournée en Angleterre en 1833 : Neill 1991, p. 278.
  5. « Niccolò Paganini's violin: The Cannone of Joseph Guarnerius del Gesù », Alberto Giordano & Co., (consulté le 5 janvier 2009)
  6. (de + en + it) « Il Cannone », Comune di Genova (consulté le 15 avril 2007)
  7. (en) The Cannone of Paganini at the Royal Academy of Music (avril 2006) sur giordanoviolins.com
  8. Lors de sa sortie ce disque a été distingué par Costin Cazaban, d'un « Choc » dans le magazine Le Monde de la musique no 283, janvier 2004, p. 83–84.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]