#   Title : DIHUNAMB – Breton Periodical, Issue No. 01 (1905) – Parallel Corpus (Breton Vannetais / French)
#   Series / Collection : DIHUNAMB – Breton periodical
#   Author : Loeiz Herrieu (Editor-in-chief) ; Andréu Mellag (Director)
#   Edition Note : First year of publication (1905–1907), Issue No. 01 (1905)
#   Publisher / Printer : Burèu en dastumaden, Ru Karnot, en Oriant (Lorient)
#   Language : Breton (Vannetais dialect)
#   Document Type : Periodical / Journal
#   Date of Publication : 1905
#   Medium : Printed periodical (paper format)
#   Digitized Source : Gallica – Bibliothèque nationale de France
#   Source URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6377266g#
#
#   LICENCE : CC-BY 4.0 International — The data may be reused, modified, and redistributed, provided that appropriate credit is given.
#   RIGHTS : All rights reserved for the original printed version / Peb gwir miret strizh.
#            The parallel corpus is released under CC-BY 4.0 International.
#
#   PROJECT : IAgwened – Breton Language and AI Project (https://zenodo.org/communities/iagwened)
#
#   DESCRIPTION : Sentence-aligned parallel corpus derived from *Dihunamb !* (Issue No. 01, 1905),
#                 adapted for research use in natural language processing, machine translation,
#                 and speech technologies.
#
#   FILE STRUCTURE : Breton Vannetais | French translation — UTF-8 encoding.
#
#   CREDITS / REVIEWERS :
#       MMT = Michel Mermet (Project coordination)
#       LC  = Loïc Cheveau (Translation, linguistic review)
#       FL  = François Louis (Translation, linguistic review)
#       FJ  = Fañch Jestin (Data validation)
#       PLF = Pascal Le Folgoc (Data validation)
#
#   RECOMMENDED CITATION :
#       MERMET, Michel. (2025).
#       DIHUNAMB – Breton Periodical, Issue No. 01 (1905) – Parallel Corpus
#       (Breton Vannetais / French) [Dataset].
#       Institut Culturel de Bretagne (IA Gwened Project) / Zenodo.
#       https://doi.org/10.5281/zenodo.17931307
#
#   CONTACT : Michel Mermet (IAgwened Project) — michel.mermet56@gmail.com
#
#   VERSION : 1.0 — 2025-12-21


Aveit Breih Izél... DIHUNAMB ! | Pour la Basse-Bretagne... DIHUNAMB !
DASTUMADEN Groeit aveit Breihiz Bro-Guéned saùet get Loeiz HERRIEU hag Andréu MELLAG. | REVUE Faite pour les Bretons du pays Vannetais créée par Loeiz HERRIEU et Andréu MELLAG.
Burèu en dastumaden ru Karnot En Oriant. | Bureau de la revue rue Carnot à Lorient.
Petra e fal d’emb gobér ? | Que voulons-nous faire ?
Kanbroiz keh, petra e fal d’oh gobér e houleneet genemb ? | Chers compatriotes, que voulez-vous faire, nous demanderez-vous ?
Vad d’oh ha nitra kin. | Vous faire du bien et rien d'autre.
Chetu azé hur reskond. | Voilà notre réponse.
N’en dé ket hir anehi, mes er greden hun es hé honpreneet ol. | Elle n'est pas longue, mais nous croyons que vous la comprendrez tous.
Ia ni fal demb gobér vad d’oh, ha chèr gobér vad d’oh er greden hun es eùé é hreemb plijadur d’oh ar un dro. | Oui, nous voulons vous faire du bien, et en vous faisant du bien, nous croyons aussi vous faire plaisir en même temps.
Ha penaus é hreemb ni vad ha plijadur d’oh ? | Et comment vous ferons-nous du bien et du plaisir ?
Cheleuet mat en dra-men : Èl ma houi rah en dud, a houdé un nebed bléieu hur Bro karet Breih-Izél en des hoant de zihun. | Écoutez bien ceci : Comme tout le monde le sait, depuis quelques années, notre pays bien-aimé, la Basse-Bretagne, a envie de se réveiller.
Tud disket bras en des hum lakeit de vrudein hur Bro én ou livreu ha kement-sé en des digoret deulagad mar a unan. | Des gens très instruits se sont mis à vanter notre pays dans leurs livres, et cela a ouvert les yeux à beaucoup.
Er iéz brehonek lausket a kosté épad kalz a vléieu e zou bremen karet ha inouret get en dud disketan, ha ni e huél hiniù en dé, ur ioh a dud, ha n’ou des biskoah konzet nameit galleg, é tiskein er brehoneg ér skolieu e zou bet saùet é kalz a gérieu eit kement-sé. | La langue bretonne, laissée de côté pendant de nombreuses années, est maintenant aimée et honorée par les gens les plus instruits, et nous voyons aujourd'hui plein de gens qui n'ont jamais parlé que français apprendre le breton dans les écoles créées dans de nombreuses villes pour cela.
Rak bout e zou bremen eit diskein er brehoneg, eit diskein er len hag er skriù. | Car il en existe maintenant pour apprendre le breton, pour apprendre à le lire et à l’écrire.
Livreu brehonek e vé eùé mollet bremen muioh eit biskoah. | On imprime maintenant des livres bretons plus que jamais.
Kement a livreu brehonek e vollér bremen bep plé èl ma zou bet mollet a houdé ma konzér brehoneg. | On imprime maintenant chaque année autant de livres bretons qu'on ne l’a jamais fait depuis qu'on parle breton.
Guerzenneu ha soñnenneu braù e saùér ar en toñnieu er ré kaeran. | On compose de belles complaintes et chansons sur les plus belles mélodies.
Er brehoneg e zou enta inouretoh pé inouret bamdé get en ol dud a spered ha kement-sé e zeli lakat leùiné én hur haloneu ni, Breihiz, ha gobér eùé inour d’emb. | Le breton est donc de plus en plus honoré chaque jour par tous les gens d'esprit et cela doit apporter de la joie dans nos cœurs, à nous Bretons, et nous faire honneur aussi.
Mes mar zou saùet skolieu aveit diskein brehoneg d’en dud pinúik, mar vollér bep plé ur ioh livreu brehonek eit en dud disket, mar saùér guerzenneu ha soñnenneu hemb par aveité, perak er bobl a Vreih, er beizanted hag er labourerion, hag e gonz berpet brehoneg, perak n’hellehent ket ind eùé hanaùein guelloh pe guèl bamdé ou iéz ? | Mais si des écoles sont créées pour enseigner le breton aux gens riches, si on imprime chaque année tout plein de livres en breton pour les gens instruits, si on compose complaintes et chansons incomparables pour eux, pourquoi le peuple de Bretagne, les paysans et les travailleurs, qui parlent toujours breton, pourquoi ne pourraient-ils pas eux aussi connaître de mieux en mieux chaque jour leur langue ?
LC > lexical : [Vannetais Breton: pinùik] = “rich”. 
LC > typo : [Vannetais Breton: error = pinúik ; correction = pinùik] — correction of the diacritic (ù). 
Perak n’ou dehé ket ind eùé treu brehonek de len èl en duchentil ? | Pourquoi n'auraient-ils pas aussi des choses en breton à lire comme les gens aisés ?
Perak n’hellehent ket ind eùé diskein soñnenneu ha guerzenneu neùé aveit ou laret ér festeu hag ér filajeu ? | Pourquoi ne pourraient-ils pas aussi apprendre des chansons et des complaintes nouvelles pour les dire dans les fêtes et les veillées ?
Ia perak kement-sé ? | Oui, pourquoi tout cela ?
Bro Kerné, Bro Léon ha Bro Lanndregér en des a houdé guerso gazeteu ha livreu aveit er bobl. | La Cornouaille, le Léon et le Trégor ont depuis longtemps des journaux et des livres pour le peuple.
Breihiz er hornadeu-sé e len, de nebetan bep sul, sorbienneu, fidorienneu, soñnenneu ha guerzenneu brehonek. | Les Bretons de ces régions lisent, au moins chaque dimanche, des contes, des histoires, des chansons et des complaintes en breton.
Gouiein e hrant len er brehoneg guèl eit er galleg ha n’ou dé ket méh anehé é laret é mant Breihiz. | Ils savent lire le breton mieux que le français et n'ont pas honte de dire qu'ils sont Bretons.
Er Morbihan, allas ! e zou chomet ardran: er réral e zou dihunet ha ni zou ni ataù kousket. | Le Morbihan, hélas ! est resté à la traîne : les autres sont réveillés et nous, nous sommes encore endormis.
Mes arriù é eùé genemb en ér de zihousk ha mal é d’emb rak mar ne zihunamb ket bremen marsé ni gouskou aveit mat. | Mais l’heure pour nous de nous réveiller est aussi arrivée et il est temps pour nous de le faire, car si nous ne nous réveillons pas maintenant, peut-être dormirons-nous pour toujours.
Ha perak é chomamb ni ardran ? | Pourquoi restons-nous à la traîne ?
Perak é talhamb ni de gousket èl tud hantér varù ? | Pourquoi continuons-nous à dormir comme des gens à moitié morts ?
Rak ne houiamb ket più omb ; Rak ne houiamb ket len na skriù hur iéz. | Parce que nous ne savons pas qui nous sommes ; Parce que nous ne savons pas lire ni écrire notre langue.
Ni e gred ataù penaus é omb tud ag er bazen izellan ; penaus nen d’omb mat nameit de huizein ha de labourat harz pé krev èl loñned, ha penaus er brehoneg e zou ur iéz dizinouret hag e hra méh d’en hani er honz. | Nous croyons encore que nous sommes du menu peuple ; que nous ne sommes bons qu'à suer et à travailler marche ou crève comme des bêtes, et que le breton est une langue sans honneur et qui fait honte à celui qui le parle.
Ha rah en treu-sé e hra éleih a zroug d’emb hag e sekour mat en eurusted de bellat muioh mui ahanomb. | Et toutes ces choses nous font beaucoup de mal et contribuent vraiment à nous rendre le bonheur de plus en plus inaccessible.
Ama ni za ni de laret d’oh dihun. | Eh bien, nous venons vous dire de vous réveiller.
Ha n’hum goutanteemb ket d’el laret d’oh, ni fal d’emb rein en dorn d’oh ha hou sekour de zihun, de seùel ha de gemér éndro, èl er Vreihiz aral, el léh e za d’oh ar en doar, el léh ihuellan hag el léh inouraplan. | Et nous ne nous contenterons pas de vous le dire, nous voulons vous tendre la main et vous aider à vous réveiller, à vous lever et à reprendre, comme les autres Bretons, la place qui vous revient sur terre, la place la plus haute et la plus honorable.
Hag aveit kement-sé é saùamb en dastumaden-men. | Et c'est pour cela que nous créons cette revue.
Ur huéh bep deu viz é vou mollet ha ne goustou nameit deu vlank pep niveren deustou mar hé dou huezek pajen ha ma vou kavet énni sél guéh: ur pennad-skriù èl hennen, lan a alieu mat ; ur fidorien pe ur sorbien ; ur pennad-skriù aveit er beizanted ar zivout ou labourieu: diu pé tér soñnen get en toñnieu ; buhé ur Sant koh a Vreih, pé buhé un dén brudet aral a hur Bro ; doéréieu ; alieu mat eit guellat de glenùedeu en dud hag el loñned ; ha treu aral... | Elle sera imprimée tous les deux mois et ne coûtera que deux sous par numéro, malgré le fait qu'elle aura seize pages et qu'on y trouvera à chaque fois : un texte comme celui-ci, plein de bons conseils ; une histoire ou un conte ; un texte sur les travaux agricoles à l’intention des paysans ; deux ou trois chansons avec les mélodies ; la vie d'un Saint breton d’autrefois, ou encore la vie d'un autre homme célèbre de notre pays ; des informations nouvelles ; de bons conseils pour guérir les maladies des gens et des bêtes ; et d'autres choses...
Chetu ol er péh e vou reit d’oh aveit deu vlank ha chetu penaus eùé é hremb plijadur d’oh chèr gober vad, ar un dro, d’hou korv, d’hou spered ha d’hous inéan. | Voilà tout ce qui vous sera donné pour deux sous, et voilà comment aussi nous vous ferons plaisir tout en faisant du bien, à votre corps, à votre esprit et à votre âme.
Hui huélou mar d’omb lorberion. | Vous verrez si nous sommes des menteurs.
Ha hui bremen, Breihiz kalonek, béléan, mistr-skol, tuchentil a gér ha tuchentil diar er mézeu, hui hag en des, èlomb ur garanté tinér é kevér hur Bro karet Breih-Izél ha hur iéz beniget ; hui hag e fal d’oh ma virou hun hanbroiz, èl ou zud koh ou Fé, ou spered, ou iéz, ou guskemanteu hag ou akustumanseu kaer, ha ma tihuneint aveit kerhet arauk, ha ma vireint èlsé d’oh ou eneberion a ou luein get ou geuier ; hui hag e zou ankinet é huélet er péh e hrér hiniù enep de Vreih-Izél, reit en dorn d’emb ! | Et vous maintenant, Bretons courageux, prêtres, instituteurs, messieurs de la ville et de la campagne, vous qui, comme nous, aimez tendrement notre pays bien-aimé, la Basse-Bretagne, et notre langue bénie ; vous qui voulez que nos compatriotes conservent, comme leurs ancêtres, leur foi, leur esprit, leur langue, leurs costumes et leurs belles coutumes, et qu'ils se réveillent pour se mettre en marche, et qu'ils empêchent ainsi leurs ennemis de les tromper avec leurs mensonges ; vous qui êtes affligés de voir ce qu'on fait aujourd'hui contre la Bretagne, aidez-nous !
N’ankoéhamb ket guéh erbet en dra-men: mar fal d’emb kanderhel hun hanbroiz én hent mat ; Mar fal d’emb ou lakat de vonet arauk hemb ne golleint er péh e hra ou gloér, red é d’emb labourat start eit ma hoarneint ou spered. | N'oublions jamais ceci : si nous voulons que nos compatriotes restent dans le droit chemin ; si nous voulons les faire progresser sans qu'ils perdent ce qui fait leur gloire, il faut que nous travaillions dur pour qu'ils gardent leur esprit breton.
Hag eit en dra-zé nen des nameit ur moiand: hum chervijamb ag er brehoneg. | Et pour cela, il n'y a qu'un moyen : servons-nous du breton.
Er brehoneg e zou goarnour hur spered, hag er spered brehonek e zou er stiren e verchou en hent mat d’er Vreihiz. | Le breton est le gardien de notre esprit, et l'esprit breton est l'étoile qui montrera le bon chemin aux Bretons.
Chetu er huirioné. | Voilà la vérité.
Ni fal d’emb gouiet enta mar zou ér Morbihan tud disket ha tud pinùik hag e gar é guirioné er bobl hag e faut dehé gobér un dra benak aveiton. | Nous voulons donc savoir s'il y a dans le Morbihan des gens instruits et des gens riches qui aiment vraiment le peuple et qui veulent faire quelque chose pour lui.
LC > grammar : [Vannetais Breton: pobl (f.) + aveiton (masc. form)] — agreement error ; correct form: aveiti.
N’en dé ket mui erhoalh laret a veg é karér Breih-Izél hag er Vreihiz ; arriù é en ér d’en diskoein dré obéreu. | Il ne suffit plus de dire oralement qu'on aime la Basse-Bretagne et les Bretons ; l’heure est arrivée de le montrer par des actes.
Treitour henneh e dennou ardran. | Qui tournera casaque commettra trahison.
Get er bobl ni e houlen lén hun dastumaden eit ma tigorou é zeulagad d’er huirioné ha ma hellou len hag hanaùein mat é iéz ; ha get en dud pinùik, get en dud disket, ni houlen sekour hag argand. | Nous demandons au peuple de lire notre revue pour qu'il ouvre les yeux à la vérité et qu'il puisse lire et bien connaître sa langue ; et aux riches, aux gens instruits, nous demandons de l'aide et de l'argent.
Gellein e hramb goulen kement-sé hemb méh, rak er péh e fal d’emb gobér n’er gremb ket aveit gouni argand: ni e rei hur poén hag hun amzér eit Breih-Izél hag eit gobér vad. | Nous pouvons demander cela sans honte, car ce que nous voulons faire, nous ne le ferons pas pour gagner de l'argent : nous donnerons notre peine et notre temps pour la Basse-Bretagne et pour faire le bien.
Abalamor de gement-sé é pédamb er ré e kav geté é hramb mat, er ré e zou Breihiz a galon ha non pas a veg, d’hur sekour. | C'est pourquoi nous prions ceux qui trouvent que nous faisons bien, ceux qui sont Bretons de cœur et non pas simplement en paroles, de nous aider.
Ind e hel er gobér: én ur gemér ur bléad a hun dastumaden, kement-sé e goustou dek blank hemb kin dehé hag én ur houlen get ou amizion gobér èlté ; Én ur rein ur blankig benak d’emb eit sekour péein mollein en dastumaden hag én ur zastum argand tro ha tro dehé (ni zigemérou get plijadur en donézoneu distéran) ; én ur glah é pep borh un ti pé un dén aveit guerhein en dastumaden ; én ur skriù soñnenneu, pennadeu-skriù pé sorbienneu aveit en dastumaden. | Ils peuvent le faire : en prenant un abonnement annuel à notre revue, cela leur coûtera seulement dix sous, et en demandant à leurs voisins de faire de même ; en nous donnant quelque petit sou pour aider à payer l'impression de la revue et en collectant de l'argent autour d'eux (nous recevrons avec plaisir les dons les plus modestes) ; en cherchant dans chaque bourg une maison ou une personne chargée de vendre la revue ; en écrivant des chansons, des articles ou des contes pour la revue.
Péh guir Vreihad ne hel ket gobér ahoel unan ag en treu-sé aveit hun sekour ? | Quel vrai Breton ne peut pas faire au moins une de ces choses pour nous aider ?
Revé ma kerhou en treu ha doh en argand e arriùou genemb Dihunamb ! e zei de vout miziek devéhatoh ha marsé mem suhuniek mar plij get Doué ha get Sent koh hur Bro bénigein hul labour distér. | Selon la façon dont notre entreprise progressera et en fonction de l'argent qui nous parviendra, Dihunamb  ! deviendra mensuel plus tard et peut-être même hebdomadaire, si Dieu et les Saints d’autrefois de notre pays daignent bénir notre humble travail.
FJ > lexical : [Vannetais Breton: Dihunamb ; French: “Réveillons-nous”] — title of a periodical in the original text. 
Edan ou goard, damb arauk ! | Sous leur garde, mettons-nous en marche !
Ha revou peb unan soursius d’hober é zevér. | Et que chacun ait le souci de faire son devoir.
Aveit Breih, Dihunamb pautred ! | Pour la Bretagne, Réveillons-nous, les gars !
Chonig ha hé goaz | Chonig et son mari
D’er Bléhenegiz ha d’er Gaudaniz | Aux Plouhinecois et aux Caudanais
« Ha ! Iouañn, n’hun es chet hineah memb un tam bara séh de chakein. » | « Ah ! Iouañn, nous n'avons ce soir même pas un morceau de pain sec à mâcher. »
« Ne chomeemb ket elkent hemb koén Chonig ? | Nous ne resterons tout de même pas sans dîner, Chonig ? »
« O  ! Geou, merhat ! » | « Si, sans doute ! »
« Mes a pe gareheh monet de houlen get Doué un tam bara, hui hel bout sur hou pehé geton a p’en dé guir é ma Mestr ar er pinùidigeh èl ar er beuranté. » | « Mais si vous vouliez aller demander à Dieu un morceau de pain, vous pouvez être sûr qu’il vous en donnerait, puisqu'il est le Maître de la richesse comme de la pauvreté. »
LC > grammar : [Vannetais Breton: pinùidigeh (f.)] — mutation after the definite article [Vannetais Breton: er] ; correct form: [Vannetais Breton: er binùidigeh]. 
Er geh voéz e cheleuas doh hé goaz ha hi e bignas d’er baraouiz dré ur huéen hir, hir, hir, én ur vonet a var de zélen hag a zélen de var betag en néan. | La pauvre femme écouta son mari et monta au paradis par un arbre haut, si haut, si haut, en allant de branche en feuille et de feuille en branche jusqu'au ciel.
A p’arriùas étal er baraouiz hi e skoas ar en nor: pan ! pan ! pan ! | Quand elle arriva près du paradis, elle frappa à la porte : pan ! pan ! pan !
Sant Pér e zas kentéh de zigor dehi. | Saint Pierre vint aussitôt lui ouvrir.
« Petra e fal d’oh hui, boufamig, e houlenas éan geti ? » | « Que voulez-vous, petite bonne femme, lui demanda-t-il ? »
« Ama, kèh Sant, me garehé konz un tammig doh en Eutru Doué ? » | « Eh bien, cher Saint, j'aimerais parler un peu au Bon Dieu ? »
En disipl e halùas nezé é Vestr karet. | Le disciple appela alors son Maître bien-aimé.
Hennen e zas hemb dalé. | Celui-ci vint sans tarder.
Chonig er saludas én ur soublein hé fen ha hum daulas ar hé deuhlin étal é dreid. | Chonig le salua en inclinant la tête et se jeta à genoux à ses pieds.
Jézuz hé saùas hag e laras dehi bout hemb eun. | Jésus la releva et lui dit d’être sans crainte.
Er boufamig e zisplégas hé zreu dirakton nezé. | La petite bonne femme lui exposa alors son problème.
« O Doué truhéus, emé hi, deit on d’hou kuélet get ur galon goasket ha glaharet. | « Ô Dieu miséricordieux », dit-elle, « je suis venue vous voir avec un cœur oppressé et affligé. »
« Petra e zou enta ? » | « Qu'y a-t-il donc ? »
« Fé dam ! Ur beuranté vras e zou ém zi ; n’em es chet memb un tam bara de rein d’em goaz: dopen trist é hun tiegeh ! Plijet enta genoh rein d’emb ahoel un tam bara séh eit predein ? » | « Ma foi ! Une grande pauvreté règne chez moi ; je n'ai même pas un morceau de pain à donner à mon mari : notre foyer est très triste ! Voudriez-vous donc bien nous donner au moins un morceau de pain sec pour nous restaurer ? »
« Er péh e houlennet, Chonig e zigoéhou genoh hineah memb. » | « Ce que vous demandez, Chonig, vous l'obtiendrez dès ce soir. »
Goudé en devout trugèrékeit hé obérour mat, er groah e zichennas ar en doar én ur saill a zélen de var, a var de zélen hag a zélen de var. | Après avoir remercié son bienfaiteur, la vieille femme descendit sur terre en sautant de feuille en branche, de branche en feuille et de feuille en branche.
Ne oé ket hoah dichennet mat anehi a pe huélas ur péh tam bara get Iouañn é chakein. | Elle était à peine arrivée au sol qu'elle vit Iwan occupé à mâcher un gros morceau de pain.
Er joé hum verchas kentéh ar fas en deu bried: en distéran tra mar a huéh, hui e huél, e zigas er bourusted. | La joie illumina aussitôt le visage des deux époux : la plus petite chose parfois, voyez-vous, apporte le bonheur.
Neoah bara séh e zas de ben a chuéhein fonnapl en deu zen ha Chonig e ias arré devat Jézuz. | Cependant, les deux époux en vinrent vite à se fatiguer à manger du pain sec et Chonig retourna vers Jésus.
« O, Ol-Gelloudek ! emé hi, hui e zou bet dopen mat én hur hevér beta bremen, rak reit e hues d’emb bara eit torrein hun nan ; én drespet d’er péh hun es bet genoh, me goaz en des hoah men digaset d’hou kavet. »  | « Ô, Tout-Puissant ! dit-elle, vous avez été très bon envers nous jusqu'à présent, car vous nous avez donné du pain pour apaiser notre faim ; malgré ce que nous avons eu de vous, mon mari m'a à nouveau envoyée vous trouver. »
« Bara, Eutru, e zou mat erhoalh de zèbrein, mes pe vé un tam kig hoh eit en druat ne vé ket meit guèl ? » | « Le pain, Seigneur, est assez bon à manger, mais quand un morceau de viande vient l’engraisser, n'est-ce pas encore mieux ? »
« Er huirioné e zou genoh Chonig ha me ven ma vou reit d’oh hou koulen hiniù memb. » | « Vous avez raison, Chonig, et je veux que votre demande soit exaucée aujourd'hui même. »
Er boufamig e zilézas Jézuz. | La petite bonne femme quitta Jésus.
Én ur arriù ar en doar, hi e huélas Iouañn é hal ar un tam kig dalhet édan é ved. | En arrivant sur terre, elle vit Iwan en train de tirer sur un morceau de viande qu’il maintenait sous son pouce.
Éan e bouizé, e stardé, e halé kement ma tivéré en druoni doh é vizied ha doh é jod. | Il pressait, serrait, tirait tellement que la graisse coulait le long de ses doigts et sur sa joue.
En dèbr, e larér, e zigas séhed. | Manger, dit-on, donne soif.
Iouañn e hras embèr en aprov a gement-sé. | Iwan en fit bientôt l'expérience.
Éan e voutas enta é zurhunel éndro de glah guin dehon. | Il renvoya donc sa douce et tendre lui chercher du vin.
Hur Salvér e ras dehi hé goulen. | Notre Sauveur exauça sa demande.
Er boulom, eit trugèrékat Doué, e ziskoas dehon é oé mat é huin én ur bakein ur horvad anehon. | Le bonhomme, pour remercier Dieu, lui montra que son vin était bon en s’en prenant une biture.
Nezé, èl ma oé hantér penfollet dré en ivaj, éan e ias beta pédein é voéz de vonet de houlen get Jézus léh Doué eiton éan, ha léh er Huerhiéz Vari eiti hi. | Alors, comme la boisson l’avait rendu à moitié fou, il alla jusqu'à prier sa femme d'aller demander à Jésus la place de Dieu pour lui-même, et celle de la Vierge Marie pour elle.
Chonig e bignas enta arré ér huéen vras hag e ias a var de zélen hag a zélen de var betag er Paléz ligernus. | Chonig monta donc à nouveau au grand arbre et alla de branche en feuille et de feuille en branche jusqu'au Palais lumineux.
Azé hi e gonzas doh « en Hani e zou hag e vou ». | Là, elle s’adressa à « Celui qui est et qui sera ».
« Ama, e laras hi dehon, eurus hum gavet ar hou tron kaer ? » | « Eh bien, lui dit-elle, vous vous sentez heureux sur votre beau trône ? »
« Dam ia, Chonig, en ol eurusted e zou amen hui hel bout sur. » | « Oui, vraiment, Chonig, tout le bonheur est ici, vous pouvez en être sûre. »
« Me gred erhoalh, e reskondas hi dehon, chetu perak eùé é tan a berh me fried de houlen genoh, ur momandig hou léh eiton éan ha, eidonn-me, léh hou Mam karet. » | « Je vous crois bien, lui répondit-elle, voilà aussi pourquoi je viens de la part de mon mari vous demander un petit instant votre place pour lui et, pour moi, la place de votre Mère bien-aimée. »
« Èlse ahoel é veemb ni eùé hun deu roué ha rouañnez ? » | « Ainsi au moins, serons-nous aussi tous deux roi et reine ? »
« Braù meurbet é, boufamig, hou hoantaden ha dopen braù é hani hou poulom. » | « Il est remarquable, petite bonne femme, votre souhait et encore plus celui de votre bonhomme. »
« Eit hou koutantein, me lak Iouañn roué ar er gohanned e zou ér hoedeu, ha hui Chonig hui e vou ou rouañnéz. » | « Pour vous satisfaire, je fais Iwan roi des chouettes qui sont dans les bois, et vous Chonig vous serez leur reine. »
« Hui e vou enta er boufam Haha, hag Iouañn e vou er boulom Houhou. | « Vous serez donc la bonne femme Haha, et Iwan sera le bonhomme Houhou. »
Chonig kentéh e zichennas ér huéen burhudus én ur gañnein: Haha ! Haha ! | Chonig descendit aussitôt l'arbre merveilleux en chantant : Haha ! Haha !
Ha hé goaz e reskondé dehi azoh d’en dias: Houhou ! Houhou ! | Et son mari lui répondait d'en bas : Houhou ! Houhou !
A houdé en amzér-sé é kleuér d’en noz, boéhieu hirvoudus Chonig ha hé goaz ér hoedeu don. | Depuis ce temps, on entend la nuit les voix plaintives de Chonig et de son mari dans les bois profonds.
Chetu er péh en doé gouniet en deu amoed-sé é houlen rè a vadeu léh oh léh ! | Voilà ce qu'avaient gagné ces deux imbéciles en demandant trop de biens l’un à la suite de l’autre !
LC > orthography : [Vannetais Breton: léh oh léh] — incorrect form ; correct form: [Vannetais Breton: lerh oh lerh]. 
Er sorbien-men e gontas d’ein er boulom Haketu er suhun treménet én ur filaj. | Cette histoire m'a été racontée par le bonhomme Haketu la semaine passée lors d’une veillée.
Kalz a sorbienneu èlsé e houi hoah er boulom, ha ré kaer !… | Le bonhomme en connaît encore beaucoup, de ce genre de contes, et des beaux !…
Job En Drouz-vor. / Job le Bruit de la Mer.
LC > comment : [Vannetais Breton: Job En Drouz-vor ; French: Job le Bruit de la Mer] — this is the author’s signature. 
Kalz a sorbienneu èlsé e houi hoah er boulom, ha ré kaer !… | Le bonhomme en connaît encore beaucoup, de ce genre de contes, et des beaux !…
Er Meùel Bras | Le Grand Valet
Eit kerhet | Pour marcher
Sellet duhont é kreiz er prad O gé ! O gé ! er meùel bras é labourat. | Regardez là-bas au milieu du pré Ô gué ! Ô gué ! le grand valet au travail.
Ti nina nina tra la la la la la ! | Ti nina nina tra la la la la la !
Deit é er hours de trohein foen O gé ! O gé ! | L'heure est venue de couper le foin Ô gué ! Ô gué !
Er falh e rid tré er flouren. | La faux court à travers la prairie humide.
Tuem é en héaul ha hemb arsaù er falh e rid, e rid ataù. | Le soleil est chaud et sans repos la faux court, court toujours.
Bet é zeuhlin ér huimen glas, huizein e hra er meùel bras. | Jusqu’aux genoux dans l'herbe de repousse toute verte, le grand valet transpire.
É falh dir e zou luemmet mat, a sted é koéh er géaut ér prad. | Sa faux d'acier est bien affûtée, l'herbe tombe en rangées dans le pré.
LC > orthography : [Vannetais Breton: mat,] — incorrect comma ; correct form: [Vannetais Breton: mat]. 
Er boketeu milén ha glas e hoarnis treid er meùel bras ; Er boketeu milén ha ru e hoarnis é hent a bep tu. | Les fleurs jaunes et bleues garnissent les pieds du grand valet ; Les fleurs jaunes et rouges garnissent de chaque côté son trajet son chemin.
Drest é ben en héaul splann ha braù: ridet falh dir, ridet ataù. | Au-dessus de sa tête, le soleil brillant et beau : courez, faux d'acier, courez toujours.
Lan é er prad a foen trohet. | Le pré est plein de foin coupé.
Argand d’er mestr, bouid d’er loñned. | De l'argent pour le maître, de la nourriture pour les bêtes.
Bouid d’er loñned, d’er mestr dañné, d’er meùel bras inour ha joé. | De la nourriture pour les bêtes, de la richesse pour le maître, de l'honneur et de la joie pour le grand valet.
D’er meùel bras inour ha joé, ti ha tachen un dé marsé. | Pour le grand valet, honneur et joie, une maison et une ferme un jour peut-être.
Er meùel bras e gavou ti, hag ur vestréz eit er hondui. | Le grand moissonneur trouvera une maison, et une maîtresse pour conduire le ménage.
Rak er merhed e sel dohton a pe basant tré en hent don. | Car les filles le regardent quand elles passent par le chemin creux.
Tré en hent kuh a pe basant é lugern sel er merhed koant. | Par le chemin caché, quand elles passent, le regard des jolies filles brille.
Mari-Jojeb en des chomet doh en toul-klud eit er sellet. | Mari-Jojeb est restée près de l’entrée du champ pour le regarder.
Doh en toul-klud un hantér-ér, hi e spias er labourér. | Près de l’entrée du champ une demi-heure, elle a espionné le travailleur.
Hag en noz-sé, érauk kousket, hi e laras ur chapelet. | Et cette nuit-là, avant de dormir, elle dit un chapelet.
Ur chapelet hi e laras, Eit bout pried d’er meùel bras. | Un chapelet elle dit, Pour être l'épouse du grand valet.
Ridet ataù, ridet falh dir ; hou mestr hui e vou guerhet kir ! | Courez toujours, courez, faux d'acier ; votre maître coûtera cher !
Hou mestr hui ar zoar ter parréz e hellou choéjein é vestréz ; rak ol en dud tré-men e lar: « Job e vou ur meitour hemb par ». | Votre maître sur trois paroisses pourra choisir sa fiancée ; car tous les gens par ici disent : « Job sera un métayer sans pareil ».
FJ > lexical : [Vannetais Breton: meitour ; French: métayer] — extended meaning possible: “tenant”. 
« Me meùel », e lar er pen-ti, « E zou guellan pautr hur Bro-ni ». | « Mon valet », dit le chef de famille, « est le meilleur garçon de notre pays ».
Reih a galon, kriù a zivréh, « me meùel e zou inour Breih ». | Homme au cœur droit, doté de bras vigoureux, « mon valet fait l'honneur de la Bretagne ».
LC > orthography : [Vannetais Breton: “Reih a galon”] — incorrect initial quotation mark ; correct form: [Vannetais Breton: Reih a galon]. 
Er soñnen-men e zou ar don: ma er melinér ar er pont. | Cette chanson se chante sur l'air : le meunier est sur le pont.
Er meùel bihan. | Le petit valet.
Soñnen er lér neùé | La chanson de l’aire neuve
Tud iouank a Vreih-Izél ha hui tud koh eùé. | Jeunes gens de Basse-Bretagne et vous aussi les anciens.
Mar plij genoh me cheleu hui gleuou un doéré. | Si vous daignez m'écouter, vous entendrez une nouvelle.
Na hui gleuou, mar karet, soñnen er lér neùé. | Vous entendrez, si vous voulez, la chanson de l’aire neuve.
Mar plijou d’oh me soñnen kañnet hi hoah goudé | Si ma chanson vous plaît, chantez-la à votre tour.
É Kernozegan Kéùen inou ‘oé béh dilun ; Inou é oé ronsed vras ha tud iouank dihun ! | À Kernozegan en Quéven, là-bas il y avait grande animation lundi  ; là-bas, il y avait de grands chevaux et des jeunes gens éveillés  !
Mab Beltram a Doul-er-leu e oé inou eùé é dok doh kosté é ben hag é foet ar é skoé. | Le fils de Beltram de Toul-er-leu était là aussi, le chapeau planté sur le côté de la tête et le fouet sur l’épaule.
LC > grammar : [Vannetais Breton: Toul-er-leu ; French: Trou-des-Poux] — mutation to D after the preposition [Vannetais Breton: a]. 
É dok doh kosté é ben hag é foet ar é skoé, aveit krog, e laré éan, n’oé ket èl é avé. | Le chapeau planté sur le côté de la tête et le fouet sur l’épaule, il disait que pour commencer son attelage n’avait pas son pareil.
Job en Arhul a Gergad e laré ne oé ket Parréz erbet èl Kaudan aveit desaù ronsed. | Job en Arhul de Kergad disait que pas une paroisse ne pouvait rivaliser avec Caudan en matière d’élevage des chevaux.
LC > lexical : [Vannetais Breton: en Arhul ; French: le Mulet] — lexical equivalent. 
LC > orthography : capital letter applied to [Vannetais Breton: Parrez] because the word appears at the beginning of a verse in a song — poetic usage, form preserved. 
Loeiz er Foèuour a Huidél, én ur darhein é foet: lakeit étal men deu jau, hou ré zou tammeu koed ! | Loeiz er Foèuour de Guidel, en faisant claquer son fouet : comparés à mes deux chevaux, les vôtres sont des morceaux de bois !
LC > lexical : [Vannetais Breton: er Foèuour ; French: le Vantard] — lexical equivalent. 
Mar dé ker kriù hou ronsed, emé Iann er Minour, hui e huélou tuchantig petra talv kerh Plañour ! | « Vos chevaux ont beau être forts », dit Iann er Minour, « vous verrez bientôt ce que vaut l’avoine de Ploemeur ! »
LC > lexical : [Vannetais Breton: er Minour ; French: l’Héritier] — lexical equivalent. 
« Ne gonzet ket rè ihuél », emé Jil er Hakouz, hui gred morfat é vagér ronsed Kéùen get plouz ! | « Ne parlez pas trop fort », dit Jil er Hakouz, « vous croyez sans doute qu'on nourrit les chevaux de Quéven avec de la paille ! »
LC > lexical : [Vannetais Breton: kakouz ; French: lépreux] — mutated form after article: [Vannetais Breton: er hakouz]. 
Tuchant é tistañnou d’oh, e huché Jak er Baill, Ronsed Pont-Skorù, èl ou zud, e zou lapoused kaill ! | « Bientôt, vous allez en rabattre », criait Jacques le Bail, « Les chevaux de Pont-Scorff, comme leurs maîtres, sont des vedettes ! »
Er Luhern, ag er Bod-Skaù, ne laré gir erbet: Ronsed lann e oé geton, nitra oent de guélet. | Er Luhern, du Bod-Skaù, ne disait rien : il avait des chevaux de lande, pas jolis à voir.
LC > lexical : [Vannetais Breton: er Luhern ; French: le Renard] — nickname that can also be used as a family name. 
LC > grammar : g → h mutation after the preposition [Vannetais Breton: de] ; correct form: [Vannetais Breton: de huélet] instead of [Vannetais Breton: de guélet]. 
Mar damb ha chom ér vouillen, emé Foèuour Guidél, Er Luhern hun tennou tré get é zeu goh ebél ! | Au cas où nous nous embourberions, dit le Foèuour de Guidel, « Le Luhern nous sortira du bourbier avec ses deux pauvres poulains ! »
Dihoapeit « Iahoh » foèuour, e reskond Job aben, Tuchantik é vou guélet più e blégou é ben. | Cessez de vous moquer, « Guidelois » vantard, répondit aussitôt Job, « Bientôt on verra qui baissera la tête. »
LC > lexical : [Vannetais Breton: iahoh] — literally “you-are healthy” ; nickname of the inhabitants of Guidel (Guidelois), referring to their traditional greeting in which they ask whether one is in good health. 
A pe ias Job er Foèuour d’en doulen de glah doar, nag éan e gasas geton tregont dén en é gar. | Quand Job er Foèuour alla au ravin chercher de la terre, il emmena avec lui trente hommes dans sa charrette.
Mes a pe oé tont éndro get é gar gourlañnet, a pe ias eit mont ér lér é vourdas é ronsed ! | Mais quand il revenait avec sa charrette surchargée, quand il voulut entrer sur l’aire, ses chevaux s'arrêtèrent !
Kaer en doé skoein get é foet ha huchal ha touiet, er ronsed vras a Huidél n’araugent tam erbet. | Il avait beau frapper de son fouet, crier et jurer, les grands chevaux de Guidel n'avançaient pas d'un pouce.
Na kezeg kriù Mab Beltram ha marhed vat Kéùen, ré Pont-Skorù ha ré Plañour, rah choment ér vouillen ! | Les chevaux forts du fils de Beltram, et les bons étalons de Quéven, ceux de Pont-Scorff et ceux de Ploemeur, tous restaient dans le bourbier !
Er Luhern oé tont eùé get ur pikol karad, é zeu zorn ardran é gein ha éan é huitellat. | Le Luhern arrivait aussi avec une grande charretée, ses deux mains derrière le dos et il sifflait.
A p’arriùas tal er lér, éan grogas ér gideu: hei Bichet ! Diha Péchard ! | Quand il arriva près de l’aire, il saisit les guides : allez Bichette ! À droite, Péchard !
D’emb ni é er gajeu. | À nous les gains.
En deu loñnig bihan-sé labouré ar ou goar ; hemb gouiet nitra dehé oent ér lér get ou har. | Ces deux petites bêtes travaillaient lentement ; sans rien paraître, les voilà sur l’aire avec leur charrette.
Hag Er Luhern e hoapas nezen é gansorted : Tapet en des hou ronsed er miruidig, pautred. | Et le Luhern se moqua alors de ses compagnons. « Vos chevaux ont attrapé la pépie, les gars. »
Distaget, Loeiz, hou teu jau ha kaset ind d’er hreu, staget en ou léh diù havr marsé iei guèl hou treu. | « Détachez, Loeiz, vos deux chevaux et menez-les à l’étable, attachez à leur place deux chèvres, peut-être que ça ira mieux. »
Iouañned e oé inou get er merhed aral Bleuein e hré hé halon é kleuet Job farsal ; Bleuein e hré hé halon é huélet er meud louet é mont get Job Er Luhern hé guellikan karet. | Yvonne était là avec les autres filles son cœur se réjouissait en entendant Job plaisanter ; son cœur se réjouissait en voyant Job Le Luhern, son bien-aimé, emporter le bélier gris.
Dalhet chonj, o foèuerion, ag er gentél vat-men: guélein e hrér ronsed vras é chomel ér vouillen… | Souvenez-vous, ô vantards, de cette bonne leçon : on voit de grands chevaux rester dans le bourbier…
Sent hur bro | Les saints de notre pays
SANT GELTAZ leshanùet « en dén fur » | SAINT GILDAS surnommé « le sage »
Sant Geltaz e oé genedik a Vreih-Veur, hiniù Bro-Sauz. | Saint Gildas était originaire de Grande-Bretagne, aujourd'hui l'Angleterre.
É kér Arkluid é ma bet gañnet ér blé 493. | Il est né dans la ville d'Arclid en l’an 493.
É dad, hag e vezé groeit Kaun anehon e oé roué. | Son père, qu'on appelait Kaun, était roi.
Ur hristén mat e oé deustou ma oé neoah paian gozik rah en dud ag er vro-zé. | C'était un bon chrétien, bien que presque tous les gens de ce pays fussent alors païens.
Kaun e fautas dehon rein un diskemant mat ha kristén d’é groèdur, chetu perak éan er hasas d’er skol de Vro-Kanbri, de venati sant Iltud. | Kaun voulut donner une bonne éducation chrétienne à son enfant, c'est pourquoi il l'envoya à l'école au pays de Galles, au monastère de saint Iltud.
Hennen, dré é gentélieu vat, e hras a Heltaz ur pautr lan a furnéz ha karantéus é kevér Doué. | Celui-ci, par ses bons enseignements, fit de Gildas un garçon plein de sagesse et d'amour pour Dieu.
A p’arriùas én oed a bemzek vlé, Kaun e gasas é vab d’er skol de Vro-Gal. | Quand il eut quinze ans, Kaun envoya son fils à l'école en Gaule.
Épad er seih vlé é chomas inou, é abilted, é furnéz hag é garanté é kevér Doué e greskas muioh mui bamdé ; a pe zistroas d’er gér, kalz a dud iouank a é gornad hum dolpas tro ha tro dehon aveit hum ziskein geton. | Pendant les sept ans qu'il y resta, son érudition, sa sagesse et son amour pour Dieu grandirent chaque jour  ; quand il revint chez lui, beaucoup de jeunes de sa région se rassemblèrent autour de lui pour s'instruire avec lui.
MMT > lexical : [Vannetais Breton: abil (adj.)] — attested in FF 1992 ; sense expanded in AB 2004 ; means “educated” in the sense of wise or skilled ; notion combining knowledge, discernment, and skill. 
MMT > lexical : [Vannetais Breton: abilded (f.)] — attested in FF 1992 ; sense expanded in AB 2004 ; means “erudition”. 
Er vrud vat a é vuhé santél hag a é labourieu e hras ma oé bet béleget de bemp plé arnuigent, deustou ne vezé béleget nezé nameit d’en oed a dregont vlé. | La renommée de sa vie sainte et de ses travaux fit qu'il fut ordonné prêtre à vingt-cinq ans, bien qu'on ne fût alors ordonné qu'à trente ans.
Adalek er prantad-sé Geltaz e zilézas é vuhidegeh a beah ha hum lakas de bredeg en aviél en é gornad bro. | À partir de ce moment, Gildas abandonna sa vie paisible et se mit à prêcher l'évangile dans sa région.
Donet e hras de ben a lakat éleih a baiañned é hent er huirioné. | Il réussit à mettre beaucoup de païens sur le chemin de la vérité.
Santéz Brehet hag e oé nezé én Iverhon, e gleuas konz a é labourieu burhudus. ; hi er goulennas aveit donet de bredeg el lézen a gristeneh d’en Iverhoniz ha d’ou halonekat un tammig, rak a houdé marù Sant Patrig, ur ioh anehé e oé deit de vout digas ar zivout er relijion. | Sainte Brigitte, qui était alors en Irlande, entendit parler de ses actes miraculeux ; elle demanda qu’il vienne prêcher la religion chrétienne aux Irlandais et les raffermir un peu dans la foi, car depuis la mort de saint Patrick, beaucoup d'entre eux s’étaient détournés de la religion.
Arlerh en devout predeget ha poéniet inou, Geltaz e zas éndro de Vreih-Veur, devat deu vignon dehou, sant David ha sant Kadeu, hag en doé er sekouret liés én é bredegeu. | Après avoir prêché et peiné là-bas, Gildas revint en Grande-Bretagne, retrouver deux amis à lui, saint David et saint Cado, qui l'avaient souvent aidé dans ses prédications.
Un herrad amzér é chomas get é gansorted ; éan e skriùas inou ul livr kaer énep de zirollereheu Breihiz en amzér-sé, hag e ias goude d’hobér penijen ar ur hareg diamén. | Il resta un certain temps avec ses compagnons ;il y écrivit un beau livre contre les débordements des Bretons de ce temps, et partit ensuite faire pénitence sur un rocher isolé.
Geltaz e viùas inou mar a vlé get pisked ha uieu éned mor. | Geltaz y vécut plusieurs années en se nourrissant de poissons et d’œufs d’oiseaux de mer.
Un dé neoah é huélas ul lestr é tremén tost d’é hareg  ; éan e houlennas ul léh arnehi aveit donet de Vreih-Izél, léh ma oé deit kalz a Vreihiz de chom a houdé un nebed bléieu. | Un jour cependant, il vit un navire passant près de son rocher  ; il demanda une place sur ce navire pour venir en Basse-Bretagne, où de nombreux Bretons étaient venus s’installer depuis quelques années.
LC > grammar : [Vannetais Breton: é hareg] — incorrect form ; K/G mutation after masculine singular possessive → correct form: [Vannetais Breton: é gar(r)eg]. 
É inizen Hoad é toaras hag inou é oé éngorto de achiù é vuhé, pèl doh safar er bed. | Il aborda l’île d’Houat et c’est là qu’il espérait finir sa vie, loin du fracas du monde.
Mes en arvorizion dré hrès Doué, e houias é oé arriù inou hag ind e ias d’er pedein de zonet én ou mesk aveit diskein ou bugalé. | Mais les habitants de la côte, grâce à Dieu, apprirent qu’il était arrivé à cet endroit et ils s’y rendirent pour le prier de venir s’installer parmi eux pour instruire leurs enfants. 
Red e oé bet enta de Geltaz dilézel é inizen aveit monet éndro de bredeg er huirioné. | Gildas fut donc bien obligé de quitter son île pour retourner prêcher la vérité.
É gourinizen Ruiz é tichennas hag é saùas é loj. | C’est sur la presqu’île de Rhuys qu’il descendit et qu'il construisit sa cabane.
Mes embér er loj e zas de vout ur menati, ha tro ha tro d’er menati-zé é saùas ur gérig. | Mais bientôt la cabane devint un monastère, et autour de ce monastère il construisit un village.
Aveit hum vagein ha magein en dud e oé tro ha tro dehon, Geltaz e zigoras get é veneh el lanneuiér hag er hoedeu ag en dro, hag e hras ag er hornad doar-sé guéharal goleit a zrein hag a hué, en tachad druan ha kaeran e oé moiand de huélet. | Pour se nourrir et nourrir les gens qui l’entouraient, Gildas, avec ses moines, défricha les landes et les bois d’alentour et fit de ce coin de terre, autrefois couvert de ronces et d’arbres, l’endroit le plus fertile et le plus beau qu’il se put voir.
Mes deustou ma vouré bras é mesk é dud, Geltaz e glaské neoah en tu de zilézel er bed aveit gellein pédein Doué é peah ha hum santélat. | Mais bien que la compagnie de ses gens lui plût beaucoup, Gildas cherchait néanmoins le moyen de quitter le monde pour pouvoir prier Dieu en paix et se sanctifier.
Un dé, ma oé oeit d’hobér un dro en argoed, éan e arriùas é kreiz ur hoed hag e basé er Blañoeh abarh. | Un jour qu’il faisait un tour dans les terres, il arriva au milieu d’un bois traversé par le Blavet.
Inou éan e geuas ur hroh doh tor ur mañné hag e hras ur chapélig én ur horn anehi : ér horn aral éan e hras é hulé. | À cet endroit, il creusa une grotte dans le flanc de la montagne et construisit une petite chapelle dans un coin de cette grotte : dans l’autre coin, il installa son lit.
Geltaz e viùas inou mar a vlé. | Gildas y vécut plusieurs années.
Er perhinderion e ia get en hent hoarn de Gelùen béniget e huél ataù, a p’arriùant ar zoar parréz Bihui, tostik tra d’er Blañoeh, er groh-sé léh m’en doé hum dennet sant Geltaz. | Les pélerins qui empruntent le chemin de fer pour se rendre à Quelven, lieu béni, peuvent toujours voir, en arrivant sur les terres de la paroisse de Bieuzy, tout près du Blavet, cette grotte où saint Gildas s’était retiré.
Én amzér ma oé sant Geltaz én é hroh, un dén kri a galon hag e vezé groeit Konomor anehon, e oé é terhel léh er roué Childeber é Breih. | À l'époque où saint Gildas était dans sa grotte, un homme cruel de cœur qu'on appelait Conomor, représentait le roi Childebert en Bretagne.
Èl ma oé marù é voéz ketan, éan ias de houlen de ziméein merh Ereg, Roué Guéned, hag e vezé groeit Trifin anehi. | Comme sa première femme était morte, il alla demander en mariage la fille d'Érec, roi de Vannes, qu'on appelait Triphine.
Trifin e oé ur plah koant, mes fur ha santél bras: disket e oé bet dré sant Geltaz èl ul lod vras a verhed a stad ihuél a vro Guéned. | Triphine était une jolie fille, mais très sage et très sainte : elle avait été instruite par saint Gildas comme beaucoup de jeunes filles de haute condition du pays de Vannes.
Mes Ereg ne vennas ket rein é verh d’un dén ken digalon. | Mais Érec ne voulut pas donner sa fille à un homme si cruel.
Konomor e zas neoah, un tammig devéhatoh de houlen éndro Trifin. | Conomor vint cependant, un peu plus tard, demander à nouveau Triphine.
Ereg e reskondas er huéh-men dehon: « N’hou pou me merh, nameit mar dei Geltaz d’hé goulen genein aveidoh ! » | Érec lui répondit cette fois-ci : « Vous n'aurez ma fille que si Gildas vient me la demander pour vous ! »
Konomor e gasas kentéh deu pé tri a é vignoned de pédein Geltaz de houlen Trifin aveiton : « Ur fal zén, un dén kri é hou mestr », e reskondas Geltaz de vignoned Konomor. | Conomor envoya aussitôt deux ou trois de ses amis prier Geltaz de demander Triphine pour lui : « Votre maître est un mauvais homme, un homme cruel », répondit Gildas aux amis de Conomor.
Neoah goude en devout pédet Doué hag aveit miret azoh Konomor a hobér brezél d’é vro, Geltaz e ias de houlen Trifin get hé zad : reit hé d’ein, emé éan d’Ereg, ha get sekour Doué, m’hé dakorou d’oh éndro iah ha divaheign. | Cependant, après avoir prié Dieu et pour empêcher Conomor de faire la guerre à son pays, Gildas alla demander Triphine à son père : « donnez-la-moi, dit-il à Érec, et avec l'aide de Dieu, je vous la rendrai saine et sauve. »
LC > grammar : confusion between the pronouns [Vannetais Breton: hé] and [Vannetais Breton: hi] — correct form: [Vannetais Breton: reit hi d'ein]. 
Konomor e ziméas enta de Drifin. | Conomor épousa donc Triphine.
Ag en tauleu ketan é ié mat erhoalh en treu get en deu bried, mes Konomor e oé rè fal é galon aveit karein pèl amzer ur voéz ker santél èl Trifin. | Au début, les choses allaient assez bien entre les deux époux, mais Conomor avait le coeur trop mauvais pour aimer longtemps une femme aussi sainte que Triphine.
Embér éan e houlennas en hantér a é vadeu get Éreg, mes hennen ne vennas ket dishéritein é vugalé aral aveit plijein d’é vabeg. | Bientôt, il demanda la moitié de ses biens à Érec, mais celui-ci ne voulut pas déshériter ses autres enfants pour plaire à son gendre.
Konomor e déras ru é huélet kement-sé hag èl ne hellé ket klask kapaill doh é dadeg éan e chonjas el lakat de blégein dehon én ur hoalgasein Trifin. | Voyant cela, Conomor entra en furie et, comme il ne pouvait pas chercher querelle à son beau-père, il pensa lui faire plier en maltraitant Trifin.
Mes a pe huélas er beurkeh moéz petra e zé dehi, hi e lakas én hé fen téhein kuit. | Mais quand la pauvre femme vit ce qui l'attendait, elle décida de s'enfuir.
Un noz enta hi e ias kuit ag er manér. | Une nuit donc, elle quitta le manoir.
Mes Konomor e houias kent pèl petra en doé groeit é voéz. | Mais Conomor apprit bientôt ce qu'avait fait sa femme.
Get un nebed a é dud éan e ias ar hé lerh, hag a p’arriùas geti, en dén kri-zé e zahaùas un taul gléan ar goug é voéz. | Avec quelques-uns de ses hommes, il partit à sa poursuite, et quand il la rattrapa, cet homme cruel porta à sa femme un coup d'épée au cou.
LC > typo : [Vannetais Breton: e zahaùas] — incorrect form ; correct form: [Vannetais Breton: e zarhaùas].
Ereg a pe gleuas konz ag er goaleur e oé arriù get é verh, e ias, lan a hlahar, de gavet sant Geltaz : « ar hou koal hui é em es kollet me merh, emé éan de Heltaz ; dakoret hé d’ein éndro él hou poé éan grateit. » | Quand Éreg entendit parler du malheur arrivé à sa fille, il alla, plein de chagrin, trouver saint Gildas : « C'est de votre faute si j'ai perdu ma fille, dit-il à saint Gildas ; rendez-la moi comme vous l'aviez promis. »
Sant Geltaz én ur gleuet kement-sé e ias kentéh devat Konomor. | En entendant cela, saint Gildas alla aussitôt trouver Conomor.
Mes a p’ou doé éan guélet é tonet, soudarded Konomor e cherras en dorieu dohton ha hum lakas d’er goapat ha d’en hujautal. | Mais quand ils le virent venir, les soldats de Conomor fermèrent les portes devant lui et se mirent à se moquer de lui et à le vilipender.
Chifet bras, Geltaz e bédas Doué hag e daulas un dornad sabl doh mangoérieu er manér ; kentéh ind e goéhas én ul lahein soudarded Konomor. | Très fâché, Gildas pria Dieu et jeta une poignée de sable contre les murs du manoir ; aussitôt, ils tombèrent, provoquant la mort des soldats de Conomor.
Goudé en dra-zé Geltaz e ias de gavet er Brinséz Trifin  ; éan hé havas astennet ar en doar, er goed poulet édandi. | Après cela, Gildas alla trouver la Princesse Triphine  ; il la trouva étendue par terre, le sang formant une flaque sous elle.
Get sekour Doué, Geltaz e zigasas éndro buhé dehi hag hé dakoras d’hé zad èl m’en doé éan grateit dehon. | Avec l'aide de Dieu, Gildas lui rendit la vie et la ramena à son père comme il le lui avait promis.
Geltaz e hras nezé d’er bobl hum seùel énep de Gonomor. | Gildas incita alors le peuple à s’élever contre Conomor.
Un nivér bras a dud, peizanted, meneh, eskobed, hum dolpas hag e gondañnas er multrér-sé de gol rah é vadeu ha de vout eskomuniet. | Un grand nombre de gens, paysans, moines, évêques, se rassemblèrent et condamnèrent ce meurtrier à perdre tous ses biens et à être excommunié.
Arlerh en treu-zé, Geltaz e ias éndro de huélet é veneh. | Après ces événements, Gildas retourna voir ses moines.
É hobér pénijen hag é labourat, é trémenas Geltaz en achimant ag é amzer. | Gildas consacra le reste de sa vie à la pénitence et au travail.
Guéh é vezé én é groh, ar ribl er Blañoeh, guéh en é venati a Ruiz ha guéharal é inizen Hoad  ; iés éan e ié eùé d’hobér predegeu ér hornadeu aral a Vreih. | Tantôt il était dans sa grotte, sur la rive du Blavet, tantôt dans son monastère de Rhuys et tantôt encore dans l’île d'Houat  ; souvent aussi, il allait prêcher dans les autres régions de Bretagne.
Én Hoad é hras Doué dehon de houiet é oé tost er marù dehon. | À Houat, Dieu lui fit savoir que sa mort était proche.
Éan e velzas é veneh d’hum dolpein tro ha tro dehon hag épad eih dé éan e bredegas dehé bout madelehus ha karantéus é kevér en ol. | Il avertit ses moines de se rassembler autour de lui et pendant huit jours, il leur prêcha d'être bienveillants et charitables envers tous.
En devéhan dé, arlerh en devout reseùet é sakremanteu get ur Fé berùidant, sant Geltaz e ias de reseù get Doué er priz ag é labourieu hemb par. | Le dernier jour, après avoir reçu ses sacrements avec une foi ardente, saint Gildas alla recevoir de Dieu la récompense pour ses travaux incomparables.
Ér blé 570, d’en 20 a viz Genvér, é varùas sant Geltaz. | Saint Gildas mourut en l'an 570, le 20 janvier.
Sant Geltaz e vé pédet aveit ésat d’er ré e vé dantet d’er chas klan, d’er ré en dé droug pen, ha d’er ré en dé droug dent. | On prie saint Gildas pour guérir ceux qui sont mordus par des chiens enragés, ceux qui ont des maux de tête, et ceux qui ont mal aux dents.
É bardon e vé groeit é Sant-Geltaz-a-Ruiz d’en 29 a henvér. | Son pardon est célébré à Saint-Gildas-de-Rhuys le 29 janvier.
Geltaz (pé Gueltaz) e zou un hanù kaer bras de rein d’er bautred. | Gildas (ou Gweltaz) est un très beau nom à donner aux garçons.
Donézoneu | Dons
Chetu amen hanùeu er Vreihiz hag er Vreihadézed vat en des reit en dorn aveit seùel DIHUNAMB. | Voici les noms des généreux Bretons et des Bretonnes qui ont aidé à fonder DIHUNAMB.
Kren-lavareu Bro-Guéned | Proverbes du pays de Vannes
Termour ha termeréz, tud anehé eit jaméz. | Geignard et geignarde, gens à vivre éternellement.
Deustou péger fin oh, hui gavou ker fin èloh | Si intelligent que vous soyez, vous trouverez aussi intelligent que vous.
En tostan d’en tan e duem ketan. | Le plus près du feu se chauffe le premier.
N’en dé ket ér sehiér bras é ha rah er gran d’er marhad. | Ce n'est pas dans les grands sacs que tout le grain va au marché.
Un tammig tan e zou natur, kerklous d’ur vam èl d’ur hroèdur. | Un peu de feu fait du bien à la mère comme à l’enfant.
Bleu n’en dé ket avaleu ; mes avaleu e zou chistr erhat. | Les fleurs, ce n’est pas des pommes ; mais les pommes, c’est du cidre sûrement.
Guèl é ur varrikad avaleu aveit ur harrad bleu. | Mieux vaut une barrique de pommes qu'une charretée de fleurs.
Pisked dizreinet e zou mat. | Le poisson désossé sans ses arêtes est bon.
Keneu tarhet ha pisked dizreinet. | Noix éclatées et poissons désossés sans arêtes.
Labour groeit e blij de var a unan. | Le travail déjà fait plaît à tout le monde.
Guèl é get er pisked deur eit eur. | Les poissons préfèrent l’eau à l’or.
Bihan sekour e hra vad. | Un peu d'aide fait du bien.
Pinijen goudé rillen. | Après bombance, pénitence.
Bet du, bet guen, pep gavr e gar hé men. | Qu’il soit noir, qu’il soit blanc, chaque chèvre aime son petit.
Dré hé beg é tov er iar. | C'est par son bec que la poule pond.
Hi e zov doh ma vé maget. | Elle pond selon comment elle est nourrie.
D’er ré e fautou dehé guerhein DIHUNAMB ni e rei un hantér blank aveit ou foén dré bep nivéren e huerheint. | À ceux qui voudront vendre DIHUNAMB, nous donnerons un demi-sou pour leur peine par numéro vendu.
Pédein e hramb guerherion DIHUNAMB pé hun mignoned en des plijet geté hum soursial a hun dastumaden de gas d’emb pep tri miz – d’er 1an a imbril, d’er 1an a hourhelén, d’er hetan a hénoal (pé gouil-Mikél) ha d’er 1an a henvér – guerh DIHUNAMB goudé bout lakeit a kosté aveité er hart ag er huerh. | Nous prions les vendeurs de DIHUNAMB ou nos amis qui ont bien voulu s'occuper de notre revue de nous envoyer tous les trois mois – le 1er avril, le 1er juillet, le 1er octobre et le 1er janvier – l'argent de la vente de DIHUNAMB après avoir mis de côté pour eux le quart de la vente.
Ni ou féd de gas d’emb ar un dro en nivérenneu e vehé chomet geté, én ur pakad stardet mat, ur vanden arnehon hag ar er vanden ker liés timbr a santim ma vou a nivérenneu ér pakad. | Nous les prions de nous envoyer en même temps les numéros qui leur resteraient, dans un paquet bien serré, sous un bandeau et sur le bandeau autant de timbres d'un centime qu'il y aura de numéros dans le paquet.
DIHUNAMB e gonzou ag el livreu e vou kaset DEU anehé dehi. | DIHUNAMB parlera des livres dont DEUX exemplaires lui seront envoyés.
A pe ne vou kaset nameit unan é vou embannet hemb kin. | Quand un seul exemplaire sera envoyé, il sera annoncé sans plus.
En dornskrideu kaset d’emb aveit bout mollet é DIHUNAMB ne veint ket dakoret d’er ré en dou ind kaset. | Les manuscrits envoyés pour être imprimés dans DIHUNAMB ne seront pas rendus à ceux qui les auront envoyés.
Dalhet perpet chonj ag en dra-men: DIHUNAMB nen dé ket dastumaden deu pe tri dén hemb kin MES HANI OL ER VREIHIZ AG ER MORBIHAN. | Gardez toujours à l'esprit ceci : DIHUNAMB n'est pas la revue de deux ou trois personnes seulement MAIS CELLE DE TOUS LES BRETONS DU MORBIHAN.
Nen dé ket aveit gouni argand de hennen pé de henneh é ma saùet, MES AVEIT SEKOUR ER VREIHIZ de gerhet én hent mat ha de gas ou bro ar huellat. | Elle n'est pas créée pour que tel ou tel gagne de l'argent, MAIS POUR AIDER LES BRETONS à marcher sur le bon chemin et à faire progresser leur pays.
Rak-sé pep guir Vreihad e zeli rein en dorn d’emb eit ma hellou en dastumaden-men GOBER VAD ; hag er guellan féson d’hé lakat d’hobér vad e zou klaskein dehi lénerion ha drest pep tra komenanderion. | C'est pourquoi tout vrai Breton doit nous aider pour que cette revue puisse FAIRE DU BIEN ; et la meilleure façon de lui faire faire du bien est de lui chercher des lecteurs et surtout des abonnés.