Anamnèse
Le cas présenté est celui d'une femme caucasienne de 54 ans au moment du diagnostic oncologique.
Ses antécédents médicaux comprennent une allergie au ruban adhésif, un tabagisme actif (deux paquets par jour depuis l'âge de 20 ans), une hypercholestérolémie, un antécédent d'infarctus aigu du myocarde Killip I en août 2009 traité par revascularisation percutanée et mise en place de 3 stents enrobés dans l'artère coronaire droite.
Elle a subi une hystérectomie pour un myome utérin en novembre 2005 et a subi en 2012 une excision radioguidée d'un carcinome lobulaire in situ (LCIS) au sein gauche. Ses antécédents familiaux de cancer comprennent un cancer des lèvres chez son père à l'âge de 58 ans (fumeur) et un cancer du poumon chez sa mère à l'âge de 89 ans (non-fumeuse).
Traitement habituel : atorvastatine 40 mg un comprimé par jour, ézétimibe 10 mg un comprimé par jour, irbésartan 150 mg un comprimé par jour et clopidogrel 150 mg un comprimé par jour.

Examen physique
"Poids : 63 kg. Taille : 157 cm. Surface corporelle : 1,66 m2. Indice de masse corporelle (IMC) : 26 kg/m2 . État général : 0 (ECOG).
"Conscient et orienté. Pas de lymphadénopathie palpable. Sein gauche avec cicatrice au niveau du quadrant supéro-interne sans érythème ni signe de surinfection. Sein droit sans altération notable. Pas d'adénopathie latérocervicale ou sus-claviculaire. Auscultation cardio-pulmonaire sans altération. Pas d'organomégalie ni de masse abdominale. Pas d'ascite. Pas d'œdème malléolaire. Le reste est sans intérêt.

Examens complémentaires
La patiente a été diagnostiquée à la suite d'une mammographie de contrôle réalisée le 3 novembre 2016 lors du suivi du CLIS. Celle-ci a révélé un nodule spiculé de 5 mm dans le tiers postérieur de la jonction du quadrant inférieur du sein gauche.
Une biopsie à l'aiguille de la lésion a été réalisée, dans laquelle des cellules compatibles avec un carcinome infiltrant ont été détectées, et une immunohistochimie a été réalisée avec des résultats négatifs pour les récepteurs hormonaux (RH) (œstrogènes et progestérone), avec un indice de prolifération (KI 67) de 30 % et une surexpression positive du récepteur HER-2 (HERCEPTEST +++/+++).
Sur le plan analytique, la patiente ne présentait pas d'altérations pertinentes ni d'élévation des principaux marqueurs tumoraux (CEA et Ca 15. 3).
Le 5 décembre 2016, une IRM mammaire bilatérale a été réalisée pour compléter la stadification loco-régionale au cours de laquelle une lésion infiltrante de 7 mm a été identifiée dans le sein gauche à l'endroit indiqué précédemment, située à 1,2 mm du grand pectoral ipsilatéral et sans signe d'infiltration de ce dernier.

Diagnostic
Carcinome canalaire infiltrant de 7 mm du sein gauche de sous-type HER-2 enrichi avec stadification pré-chirurgicale cT1bN0Mx (stade I).

Traitement
Après évaluation par le comité des tumeurs mammaires, il a été décidé de procéder à une tumorectomie avec biopsie sélective du ganglion lymphatique sentinelle (BSGC). L'opération a été réalisée le 14 décembre 2016 sans complications. Au cours de l'intervention chirurgicale, un résultat négatif de la SLNB a été rapporté et n'a donc pas été étendu à la lymphadénectomie.
Le résultat anatomopathologique de la pièce opératoire était un carcinome canalaire infiltrant de grade deux de 8 mm dans le quadrant-union inféro-interne des quadrants inférieurs du sein gauche. Aucune perméation vasculaire ou infiltration périneurale n'a été détectée, laissant les bords chirurgicaux libres. Le résultat de la BSGC a été l'isolement d'un seul ganglion lymphatique sans aucun signe de métastase (<100 nombre de copies).
Par la suite, elle a bénéficié d'un traitement adjuvant de chimiothérapie selon le schéma hebdomadaire paclitaxel 80/m2 associé au trastuzumab (4 mg/kg en dose de charge, 2 mg/kg par la suite) pendant douze semaines (du 3 février 2017 au 28 avril 2017). Par la suite, il a débuté un traitement de radiothérapie locale le 31 mai 2017, dont la fin est prévue le 11 juillet 2017, et a poursuivi un traitement adjuvant par trastuzumab pendant un an (6 mg/kg) toutes les 3 semaines.

Évolution
Un ajustement de dose a été nécessaire, réduisant la dose de paclitaxel de 15% au 5ème cycle en raison d'une neurotoxicité de grade 2. Sinon, la tolérance au traitement par paclitaxel et trastuzumab a été bonne, sans détérioration significative de la fonction rénale, hépatique ou cardiaque, ni autre toxicité grave.
Actuellement, la neurotoxicité est en rémission et elle poursuit le traitement radiothérapeutique, ayant reçu la dernière dose de trastuzumab intraveineux le 09/06/2017.