Anamnèse
Une femme de 59 ans, sans antécédents intéressants, a été admise en neurologie en décembre 2012 en raison de vertiges rotatoires et de troubles de la démarche et de l'équilibre.
Les examens effectués comprenaient des résultats évoquant une maladie leptoméningée cérébelleuse à l'imagerie par résonance magnétique (IRM) cérébrale et une masse ovarienne droite, des adénopathies iliaques et rétropéritonéales à la tomodensitométrie (TDM) thoraco-abdominale.
Au vu de ces résultats, la patiente a été transférée en gynécologie pour être opérée le 28 janvier 2013 (hystérectomie, annexectomie gauche, omentectomie supra-mésocolique, hémicolectomie droite avec lavage péritonéal et exérèse de l'adénopathie iliaque droite avec biopsie peropératoire positive pour un carcinome indifférencié).

Examen physique
Sain et stable sur le plan hémodynamique. Conscience normale. Anarthrie. Compréhension d'ordres simples et réponse à des questions simples en fermant les yeux. Mouvements erratiques du regard conjugué dans les deux directions. Tétraparésie proximale et distale avec amyotrophie distale. Sensibilité préservée.

Examens complémentaires
NFS : Hb 10 g/dl, Ht 29,4 %, plaquettes 773 000 et leucocytes 13 200 (N 10 900). Biochimie normale.
Biopsie de l'utérus : adénocarcinome papillaire séreux de haut grade (peu différencié) avec de larges zones de nécrose métastasant à l'adénopathie iliaque.
Rapport immunologique : anticorps anti-Yo positifs.
Électromyographie : amplitudes réduites des potentiels évoqués moteurs. Amplitudes normales des potentiels évoqués sensoriels. Vitesse de conduction sensorielle réduite du nerf médian gauche.
Absence de réponse F dans les nerfs médian et périnéal. Absence de tracé volontaire du tibialis anterior gauche.
Résultats correspondant à une myopathie grave.

Diagnostic
Cancer de l'ovaire intervenu de stade IIIC (atteinte résiduelle des ganglions lymphatiques rétropéritonéaux).
Dégénérescence cérébelleuse paranéoplasique sévère (anticorps anti-Yo positifs).

Traitement
Une semaine après l'intervention chirurgicale, une chimiothérapie à base de carboplatine 175 mg/m2 IV et de paclitaxel AUC6 est mise en place, pour un total de trois cycles avec peu d'amélioration clinique. Par la suite, de la méthylprednisolone intraveineuse (500 mg/24 h) est administrée pendant 5 jours consécutifs et des immunoglobulines intraveineuses (2 g/kg de poids corporel/24 h) pendant 5 autres jours.

Evolution
Malgré les traitements reçus, l'état neurologique s'est progressivement aggravé, nécessitant en fin d'évolution une assistance pour toutes ses activités habituelles et une alimentation par gastrostomie percutanée, étant exitus trois mois après le diagnostic initial.